Jean-Yves Le Drian - Europe 1, Didier François (22 février 2018)

Bombardement dans la Ghouta : "Tout immobilisme est gravement coupable", alerte Le Drian

07h20, le 22 février 2018

INTERVIEW - Alors que les bombardements du régime de Bachar al-Assad sur l’est de Damas font chaque jour des centaines de morts, la France appelle la Russie à faire pression sur son allié syrien pour la mise en place d’un cessez-le-feu.

Un déluge de feu quotidien. Emmanuel Macron a appelé mercredi à une trêve dans la Ghouta orientale, à l’est de Damas, alors que les bombardements du régime syrien et de son allié russe contre cette enclave rebelle tuent en masse des civils. "Il n’y a pas de mots pour décrire l’horreur de ce qui se passe en ce moment dans la Ghouta Est. Il y a une centaine de morts par jour, des hôpitaux sont bombardés", a déclaré jeudi auprès d’Europe 1 Jean-Yves Le Drian, le ministre des Affaires étrangères.

"Une trêve humanitaire immédiate". La France demande une cessation provisoire des combats afin que les civils puissent être évacués et une aide humanitaire acheminée sur place. "Il n’y a eu qu’un seul convoi humanitaire depuis début janvier et dans une telle situation dramatique, tout immobilisme est gravement coupable", pointe le chef de la diplomatie française. "La France pèse de tout son poids pour qu’une résolution du Conseil de sécurité [de l’ONU, ndlr] puisse valider une trêve humanitaire immédiate pour évacuer les blessés et mettre un minimum de calme dans cet enfer", assure-t-il.

L’influence russe. Acteur clef de cette crise : la Russie, principal soutien au régime de Bachar al-Assad. De quoi laisser craindre que Moscou ne dépose un veto à toute résolution du Conseil de sécurité contre ces bombardements. "Il faut que chacun prenne ses responsabilités, on sait que la Russie a les moyens de pression nécessaire. Elle doit valider aussi cette résolution, faire en sorte que la trêve soit respectée et que les moyens humanitaires soient acheminés", répond Jean-Yves Le Drian. "La Russie a les moyens de pression nécessaire auprès de Bachar al-Assad", répète le ministre.

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