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2018

Les armes à feu illicites issues des Balkans constituent malheureusement une menace majeure pour la sécurité européenne, et lors des attentats qui ont endeuillé la France en janvier et en novembre 2015, les terroristes avaient utilisé des armes illicites en provenance de cette région.

La Grande-Bretagne a fait son choix. Cela remonte au mois de juin 2016 : les Britanniques ont décidé de quitter l’Union européenne. Nous le regrettons mais c’est une réalité qu’il faut mener jusqu’à son terme et comme vous le savez, depuis pas loin de deux ans maintenant, il y a eu des négociations sur un mandat qui avait été donné à Michel Barnier par les 27 pour mettre en place les conditions du divorce.

Depuis des siècles, les deux rives de la Méditerranée sont reliées par le fil d’un destin commun. C’est notre histoire, faite d’échanges, de rencontres et d’émulation. Et, comme vous le dites, il s’agit aussi de notre avenir.

Je n’étais pas venu ici depuis deux ans et je m’attendais à une forme de fatalisme, de résignation auprès des autorités mais aussi auprès de la population. Et je trouve que, malgré les difficultés que vous évoquez, y compris la permanence de l’insécurité, il y a de la détermination, de la volonté et voire même de l’espoir.

Ces échanges reflètent la grande qualité du dialogue entre la France et l’Algérie et notre volonté d’avancer ensemble sur les dossiers d’intérêt commun et ils sont nombreux. Il s’agit d’un dialogue de confiance, d’un dialogue exigeant, et d’un dialogue de confiance qui a pour objectif de renforcer le caractère privilégié de la relation qui unit dans l’histoire et dans l’avenir l’Algérie et la France.

Je suis ému, car je vois renaître ce quartier de Boeing, Bimbo 3, avec le soutien de la France et avec le soutien de l’organisation non gouvernementale Acted, pour aider ce pays à reprendre espoir et à se revitaliser, pour qu’il retrouve la capacité d’explorer l’ensemble de ses richesses.

C’est un crime contre un journaliste, contre les droits fondamentaux de l’humanité, au-delà de la personne de Monsieur Khashoggi. Il importe que ce crime soit puni, que les auteurs soient identifiés, que la vérité soit faite.

Je m’exprime en français mais c’est relativement logique puisque nous aurons bientôt ici, en 2020, le sommet de la Francophonie, qui marquera par ailleurs les 50 ans de l’Organisation internationale de la Francophonie. Je suis très heureux que cela puisse se passer ici à Tunis.

Nous venons d’ouvrir une session de travail qui nous a permis de confirmer notre grande proximité de vues, à la fois sur l’accord nucléaire iranien, sur la situation en Ukraine, sur la solution politique en Syrie, sur le Traité de l’Elysée en voie de révision.

Il y a une situation de double paradoxe aujourd’hui en Europe, parce que si on regarde ce qui s’est passé depuis 18 mois, l’Europe n’a jamais été aussi ferme et unie, malgré les critiques.

il y a un risque de désastre humanitaire et de désastre sécuritaire, si d’aventure le régime syrien soutenu par la Russie voulait poursuivre ses intentions.

J’ai rappelé notre attachement à la stabilité régionale et notre volonté que les différends soient surmontés par le respect du droit international tout simplement.

Les Grecs tournent la page d’une crise qui n’était pas seulement leur crise, mais qui était aussi une crise européenne. C’est pour cela que nous avons toujours plaidé pour la voie de la solidarité.

Il importe pour la sécurité de la Libye, pour la sécurité de l’Europe, pour la stabilité dans la région que l’on prenne le chemin d’une solution politique qui n’a pas lieu depuis 2011. Dans ce cadre, la proposition qui a été faite par le président de la République et qui a été validée au cours de cette réunion qui permettrait des élections à la fin de l’année reste sur la table

Il y a un risque humanitaire et il y a aussi une bombe à retardement sécuritaire. C’est une situation très grave qui peut exploser dans peu de jours puisque manifestement le régime de Bachar El-Assad souhaite la reconquête militaire.

La France et la Suisse entretiennent des relations étroites depuis plusieurs siècles et aujourd’hui, notre relation bilatérale est particulièrement dense, dans tous les domaines.

La France va accueillir soixante personnes, mais nous ne sommes pas seuls : l’Espagne, le Portugal, l’Allemagne et le Luxembourg se sont unis dans cet effort de solidarité. Cette solution de coopération permet de répondre à ce défi humanitaire et de sauver l’honneur de l’Europe.

Il faut trouver une logique pérenne sur l’accueil des réfugiés en situation dramatique au niveau humanitaire, mais, en même temps, mener les actions nécessaires pour réguler les migrations, parce que le principe de base, c’est qu’il n’y ait plus de migrations. Qu’il n’y ait plus ce type de risque évidemment.

La France est souhaitée comme pivot de l’action internationale, dans un monde qui est aujourd’hui balkanisé, où l’on voit des puissances émerger, où la régulation est en train de disparaître, on se retourne vers la stabilité, et la France aujourd’hui est un pôle de stabilité, et c’est un peu le pivot de l’action diplomatique, que ce soit en Europe ou dans le monde.

Il y a des sympathies historiques. Il y a un humus cumulé au cours des années, voire même des siècles, avec l’Amérique latine, y compris par les références que faisaient les fondateurs des indépendances en Amérique latine aux valeurs des Lumières et aux valeurs de la France.

À Paris le 29 mai, les principaux acteurs se sont fixés l’objectif d’unifier les institutions économiques et sécuritaires sous l’autorité du pouvoir civil. La sortie de la crise du croissant pétrolier, et le travail initié sur la banque centrale sont autant de pas faits dans cette direction. À Paris, les responsables politiques libyens se sont également engagés à tenir des élections présidentielles et législatives selon un calendrier précis, d’ici la fin de l’année, et c’est ce que prévoit le plan d’action du représentant spécial du secrétaire général des Nations unies, M. Ghassan Salamé.

On ne rompt pas des traités comme cela, et par ailleurs, sur l’Ukraine, la posture de la Russie est quand même sujette à caution et à discussion, nous avons des désaccords avec la Russie sur l’usage de l’arme chimique, nous avons un certain nombre de désaccords, mais nous voulons garder le dialogue, un dialogue ferme, mais un dialogue qui existe, qui se maintient.

Q - Qui impose la loi du plus fort ?
R - …Nous avons des contentieux à l’égard de la Chine.
J’ai accompagné le Premier ministre en Chine il y a quelques jours. Nous avons pu, par la discussion, permettre des avancées, je pense en particulier à la levée de l’embargo sur le boeuf. Donc il faut parler, il faut discuter, il y a un lieu pour le faire qui s’appelle l’OMC et, aujourd’hui, Trump rompt avec cette logique-là. C’est un jeu dangereux. Ce n’est pas encore la guerre commerciale mais cela ressemble à la guerre commerciale, beaucoup

Non. Lorsqu’il y a un drame de ce type qui se profile et qui est identifié, il y a des règles qui doivent être respectées, et les règles c’est l’accès d’un bateau en difficulté, dans le port le plus proche et dans le port le plus sûr.

Nous nous sommes mis d’accord sur six points majeurs

Je rencontre très régulièrement le président Idriss Déby, que ce soit ici au Tchad, que ce soit dans les réunions internationales, parce que son avis sur les situations internationales et en particulier sur les grands enjeux africains m’est extrêmement précieux.

Dans cette période troublée, déstabilisante, et nous l’avons évoqué longuement ensemble, je pense qu’il nous faut garder trois exigences, sur lesquelles nous sommes d’accord

D’abord, ces mesures sont brutales, inacceptables, illégales. Ce sont des applications de la loi du plus fort et je dois vous dire que, pour la France mais aussi pour les pays européens, les relations internationales ce n’est pas le Far West et pourtant on a l’impression d’y être.

Nous avons, avec Mike Pompeo, des préoccupations communes à l’égard des risques que fait courir l’Iran sur l’ensemble de la région.

Comme vous vous en êtes rendu compte, nous nous voyons très souvent. Et cette semaine, nous nous voyons aujourd’hui lundi, demain à Bruxelles pour parler de l’Iran, et nous nous voyons de nouveau vendredi pour parler de notre partenariat sur la lutte contre l’impunité chimique.

Il se passe désormais ce que nous avions craint : la fusion entre l’espace de guerre syrien et l’enjeu iranien.

C’est une situation qui devient très dangereuse ; la région était déjà très déstabilisée avec la guerre en Syrie et l’annonce du retrait américain de l’accord de Vienne a contribué à renforcer cette déstabilisation.

Non, cet accord n’est pas mort. Il y a eu une longue discussion pour aboutir à ce qu’on appelle l’accord de Vienne qui a abouti en juillet 2015, après un marathon diplomatique considérable mené à l’époque par Laurent Fabius pour la France.

Cet entretien m’a permis de souligner à nouveau l’excellence de la relation entre la France et le Mexique, une amitié fondée sur des valeurs partagées et une communauté de vues sur des sujets essentiels pour l’avenir

Une nécessité d’agir vite dans ce genre de situation, et d’agir parfois par surprise.

L’Union européenne et les Etats membres nous ont soutenus dans cette volonté de prévenir et de dissuader toute utilisation de l’arme chimique.

La protection et la couverture par la Russie de Bachar El-Assad ne peut pas se justifier.

Le gouvernement de Bachar al-Assad, les forces armées syriennes ont utilisé l’arme chimique ; elle est banalisée pour eux. Il fallait mettre un coup d’arrêt.

Nos relations politiques vont en s’intensifiant avec ma visite et je l’espère la visite prévue du Président de la République avant la fin de cette année.

Je crois que jamais, depuis la fin de la Guerre froide, on a connu une période aussi tendue, avec autant de risques, autant de menaces, autant de tensions, autant de problèmes de conflictualité qui risquent d’un jour à l’autre d’éclater.

L’histoire s’accélère. Qu’on se rappelle 2014 ou, en un seul été, les autorités politiques de notre pays durent faire face à la menace terroriste dans la bande sahélo-saharienne, aux ondes de choc de la guerre dans le Donbass, aux conquêtes territoriales de Daech au Levant et à leurs conséquences pour la sécurité intérieure.

En Syrie, le risque d’un embrasement régional est déjà là

Il n’y a pas de mots pour décrire l’horreur de ce qui se passe en ce moment dans la Ghouta Est. Il y a une centaine de morts par jour, des hôpitaux sont bombardés

Il n’y a pas de mots pour décrire ce qu’il se passe dans La Ghouta Est. Ce sont les termes employés aujourd’hui par l’UNICEF. Une centaine de morts par jour, dont de nombreux enfants, des hôpitaux bombardés, … en violation du droit international. Il n’y a eu qu’un seul convoi humanitaire depuis début janvier, sans parler des blessés. Face à cela, tout immobilisme est coupable. Il faut agir vite.

Dans un monde en quête de repères, les idées et les savoirs sont un domaine à part entière du jeu planétaire de puissance où s’affrontent aujourd’hui des visions contradictoires.

Le plus important, à mes yeux, a été de démontrer qu’on peut mener une diplomatie qui soit directement au service de tous les Français, à commencer par leur sécurité.

La France est très vigilante sur le respect de l’accord de Vienne, considérant que cet accord de non-prolifération est essentiel, qu’il n’y a pas d’alternative, et donc qu’il importe qu’il soit respecté par l’ensemble des parties.

2017

J’ai apporté au président Sarraj le soutien de la France à l’action entreprise par le représentant du secrétaire général des Nations unies, M. Salamé, pour mettre en œuvre le processus institutionnel dont je viens de parler, avec en particulier la mise en œuvre d’élections au printemps, avec auparavant la mise en œuvre du dialogue national qui sera une étape significative avant d’aller vers les élections.

M. Bachar Al-Assad ne me semble pas vraiment en situation de pouvoir affirmer une prise de position politique tant qu’il est dépendant de la Russie et de l’Iran. Ensuite, quand on a été le premier à libérer les djihadistes de Daech on ne donne pas de leçons. Et, enfin, quand on a passé son temps à massacrer son peuple on a généralement un peu plus de discrétion.

L’espace numérique peut donner à nos valeurs démocratiques un nouveau souffle, mais nous faisons aussi face au risque d’un monde numérique manipulé contre les vertus d’ouverture dont il devait être le garant. La remise en question de la neutralité du Net en est un nouvel exemple. La France réitère son attachement à ce principe.

Sur la position prise à l’égard de Jérusalem et la décision annoncée de reconnaitre Jérusalem comme capitale d’Israël et transférer l’ambassade américaine, la France a fait état de son désaccord. La réalité c’est que sur cette question, il faut un cadre, une méthode et un objectif. Le cadre, c’est le respect du droit international. Il y a eu une série de résolutions du conseil de sécurité concernant la situation au Proche-Orient, concernant le positionnement d’Israël et de la Palestine. Il faut les respecter. Ça, c’est le cadre.

L’enjeu numérique est considérable dans notre pays, il est aussi pour l’Europe, à la fois en terme de développement économique, de l’aspect de la libre concurrence et de l’innovation, en terme de respect du droit de chacun, sa capacité à ce que les données personnelles soient vraiment régulées.

Nous avons évoqué, aujourd’hui comme lors de nos entretiens antérieurs, de nombreux sujets, avec des points d’accord importants. C’est le cas de celui qui nous réunissait ce matin sur le Liban

Nous sommes heureux d’accueillir ici le président du Conseil libanais, Saad Hariri, deux semaines après sa venue à Paris à l’invitation du président de la République, et quelques jours après la confirmation de son maintien à la présidence du Conseil des ministres libanais.

Entretien de Jean-Yves Le Drian, ministre de l’Europe et des affaires étrangères, avec « France Inter » (Paris, 8 décembre 2017)

La France est en situation de responsabilité. Elle n’a jamais été autant entendue dans le monde face à un désordre majeur, face aux menaces et aux risques qui existent dans plusieurs théâtres et plusieurs régions du monde. La France peut agir mais la France ne peut agir seule.

Au cours de ce déjeuner, nous avons évoqué tous les sujets d’actualité et vous imaginez qu’ils sont nombreux. En premier lieu, nous avons fait le point sur les progrès récents en matière d’Europe de la défense, progrès qui n’auraient pas été possibles sans l’impulsion donnée par nos deux pays depuis la rencontre de Bratislava à l’automne 2016. Nous avons évidemment décidé de poursuivre dans cette direction.

Q - On peut imaginer un calendrier pour le retour des réfugiés ?

R - Il s’agit d’un million de personnes. On voit bien que ce sera un travail de longue haleine qui sera difficile ; il y aura sans doute encore des tensions. Mais ce qui était très fort ce matin, lors de la réunion sur l’Arakan en marge de l’ASEM, l’Asia-Europe meeting, c’était la volonté collective affichée./.

Ce partenariat stratégique, il est basé sur la confiance, il est basé sur les valeurs démocratiques qui nous unissent. Et il est basé sur une certaine conception du fonctionnement de la communauté internationale. Nous partageons une analyse commune des grands enjeux internationaux.

Nous avons parlé du Liban et j’ai redit le souci de la France que ce pays garde sa stabilité, sa souveraineté, qu’il soit à l’abri des ingérences extérieures, et que les communautés qui le constituent soient respectées.

La France a, avec l’Arabie saoudite, une relation historique et nous sommes tout à fait impressionnés par l’ampleur des réformes engagées par le prince héritier Mohammed ben Salman et par cette détermination à entrer dans la modernité.

Notre relation a aujourd’hui pour objectif de contribuer à la paix et à la sécurité de notre environnement pour contrer les forces destructrices de l’extrémisme violent. Notre relation a également pour objectif d’apporter emploi et prospérité à nos deux pays et de développer un idéal de coopération dans le respect des identités françaises et algériennes et dans le respect de nos souverainetés

Je suis venu pour rencontrer le président Macky Sall parce que se tient à Dakar la quatrième édition du forum « paix et sécurité. » Lorsque j’étais ministre de la défense de la République française, j’avais été à l’initiative de ce forum, maintenant repris par les autorités sénégalaises.

Comme vous le savez, nous vivons une séquence importante de la relation entre le Sénégal et la France, puisqu’il y a quelques jours s’est tenu à Paris le séminaire franco-sénégalais. C’est à ce moment-là qu’il avait été décidé que je me rende ici à Saint-Louis pour me rendre compte des enjeux.

La réunion que j’ai présidée était dans ce scénario, elle a été très positive, elle a rappelé que le terrorisme au Sahel présentait une menace à la paix et à la sécurité, non seulement pour la région, mais aussi au niveau international.

Et surtout, cette réunion a permis de consolider la vision des membres du conseil de sécurité et cela permet une réaction claire, forte, et coordonnée."

Les experts ont conclu que le texte de l’accord CETA intègre les garanties nécessaires en matière de préservation du droit à réguler et d’application du droit des normes européennes. Cette conclusion rejoint la décision du Conseil constitutionnel qui, comme vous le savez, a jugé le Traité conforme à la Constitution.

Nous pouvons faire plus et nous avons décidé l’un et l’autre de renforcer nos coopérations dans de nombreux domaines. D’abord dans le domaine de l’innovation à la fois au niveau des grands groupes comme au niveau des start-up. Le plus grand incubateur de start-up au monde, la Halle Freyssinet, a ouvert en France en 2016 et notre pays soutient fortement les entreprises étrangères innovantes, notamment grâce au FrenchTech et au crédit d’impôt recherche.

R - Ce qui m’importe dans cette affaire, c’est qu’il y a un État de droit à respecter et qu’il soit partout la référence centrale de la construction européenne. Sinon, on se retrouve dans une situation de dislocation dangereuse. M. Rajoy a annoncé des élections au plus vite en Catalogne. Je souhaite qu’elles permettent de clarifier la situation et de retrouver le chemin d’un dialogue constructif dans une sérénité retrouvée et un cadre légal.

En ce qui concerne l’appréciation de la situation, le président de la République française a été très clair tout au long de ses déclarations sur ce sujet, y compris hier soir, nous sommes attachés à l’unité de l’Espagne, nous sommes amis de l’Espagne et nous sommes attachés à son unité et à ses fondamentaux constitutionnels.

Nous avons toujours sur l’ensemble des grands enjeux du monde et en particulier sur les situations de crise, des postures et des positions très proches, très convergentes. Nous allons avoir l’opportunité de nouveau de les identifier, de les passer en revue, à un moment où jamais les tensions, les risques, les menaces n’ont été aussi grands, à un moment où le multilatéralisme est en crise et où il nous faut resserrer les liens entre nous et en particulier, la force européenne, la puissance européenne, l’unité européenne.

Sur la question de Raqqa, je voudrais d’abord vous dire que j’ai été très ému de C’est une victoire qui ne s’est pas encore affirmée définitivement mais qui est en cours. Parce que chacun sait que c’est de Raqqa que sont venus les ordres, les décisions, les acteurs des attentats qui ont eu lieu en France et que c’est à ce moment-là que la coalition, sur notre demande, c’était singulièrement le cas dans une réunion de janvier 2016 qui avait été organisée à Paris, en présence du ministre de la défense espagnol d’ailleurs, que la coalition avait décidé de faire aussi de Raqqa un objectif majeur, comme de Mossoul.

Le deuxième sujet, c’est bien sûr l’Iran. Avec ce pays, la situation est bien différente puisque nous disposons d’un accord, le JCPOA, signé à Vienne en 2015. Cet accord demeure valable malgré la décision prise par le président des États-Unis de ne pas en certifier la mise en oeuvre.

La bataille de Raqqa se termine. Raqqa est, pour ainsi dire, libérée.

Sur le Venezuela, pensez-vous que l’Union européenne s’avance vers des sanctions, notamment au vue des résultats des élections régionales ?

C’est encore un peu tôt, nous n’avons que très peu évoqué cette question puisque les résultats viennent d’arriver et, vous le savez, ils sont contestés. Nous attendons d’y voir un peu plus clair dans la journée de demain et nous répétons notre position : il importe qu’il y ait au Venezuela d’abord la fin des violences, le retour à l’État de droit et une médiation qui aboutisse à une réconciliation. L’Union européenne, et la France en particulier, est très favorable à cette médiation, il y en a une qui est en gestation autour de l’ancien président du gouvernement espagnol, M. Zapatero. J’ai souhaité pour ma part, lorsque j’ai reçu le ministre des affaires étrangères du Venezuela à Paris il y a quinze jours, que cette médiation puisse se poursuivre de la meilleure manière. Mais pour l’instant, je ne ferai pas de commentaires sur le résultat des élections tant qu’ils ne sont pas dûment vérifiés

Concrètement, par rapport à l’Iran, comment l’Europe veut-elle agir ?

Pour l’instant, il n’y a pas de renoncement, d’aucune partie, à l’accord. La seule mesure qui a été prise est le renoncement, par le président Trump, à certifier le respect par l’Iran de l’accord. Nous en sommes-là. Et nous souhaitons vivement que cet accord soit intégralement respecté car nous aurons d’autant plus de force, d’une part, à interpeller l’Iran à la fois sur son comportement régional et sur sa volonté d’acquisition balistique, que nous aurons respecté l’accord, et nous aurons, d’autre part, d’autant plus de force à inciter fortement la Corée du Nord à venir à la table des négociations que cet accord-là, en Iran, sera respecté. La prolifération ne se divise pas.

Quelle est votre approche de la relation avec la Russie ?

Fermeté et dialogue. Ou dialogue et fermeté. La Russie est un grand pays, une puissance, elle a un rôle international. Nous avons des relations économiques importantes et une histoire avec ce pays. Mais nous avons aussi de vrais désaccords.

La France reconnaît l’unité espagnole, l’autorité espagnole et souhaite que le règlement de cette crise, qui nous préoccupe, se fasse dans le dialogue et dans le respect de la constitution espagnole.

Cette visite est marquée aussi par la signature de cet avenant, ce contrat global qui permet le financement de la ligne à grande vitesse (LGV). J’ai pu ce matin me rendre compte de la qualité de sa réalisation, de son avancement et le respect global de son calendrier. J’ai pu voir en hélicoptère le TGV franchir la barre des 270 km/h, ce qui en fait le train le plus rapide de toute l’Afrique.

Cette visite s’intègre dans un cycle important de rencontres franco-marocaines. Le président de la République était venu ici le 10 juin pour son premier déplacement en dehors de l’Europe et son deuxième déplacement en tant que chef de l’État.

Et j’ai apprécié aussi la qualité de la recherche pour le passage de la langue initiale au français et de l’initiation bilingue qui se fait dans ce type d’école. C’est une nouveauté pédagogique qui est sans doute très utile. C’est l’image la plus forte que j’ai eue durant cette matinée même si elle a été aussi consacrée à des questions de sécurité, ce qui me ramenait à mes anciennes fonctions.

La France et la Côte d’Ivoire ont noué une relation de grande confiance. Le président ivoirien Alassane Ouattara était à Paris à la fin du mois d’août dernier et le président français Emmanuel Macron sera à Abidjan à la fin du mois de novembre pour prendre part au sommet entre l’Union africaine et l’Union européenne. J’aurai d’ailleurs le plaisir de l’accompagner. La France partage avec l’Afrique un devenir commun et nous travaillons ensemble dans une logique de grand partenariat.

Il y a donc une déstabilisation de la zone, et c’est la raison pour laquelle il faut être extrêmement ferme à l’égard de la Corée du Nord. C’est la raison pour laquelle des sanctions ont été prises, des sanctions ont été renforcées, il faut les tenir.

Dans ce contexte de multiplication des crises, la priorité de la France est de travailler à des solutions concrètes, pour deux raisons : d’abord parce que ces crises nous concernent : elles affectent notre sécurité et celle de l’Europe, et ensuite parce que ces crises compromettent l’ordre international en affaiblissant les normes qui l’organisent et en affaiblissant les équilibres qui le sous-tendent.

Notre relation, vous l’avez dit, notre relation bilatérale est ancienne, profonde. Elle est renforcée par des cadres de coopération robustes. Un « Cadre stratégique de coopération » existe et cela a permis une première « feuille de route ». Nous sommes en train de préparer un deuxième cadre stratégique de coopération 2017-2020, je pense que nous aboutirons d’ici la fin de l’année à l’établir, et qui sera la nouvelle feuille de route qui renforcera notre partenariat.

Nous travaillons également étroitement avec Ankara sur le dossier syrien. Sur ce dossier, comme sur beaucoup d’autres au niveau régional et international, la Turquie est un partenaire important. C’est pourquoi nous souhaitons qu’elle fasse partie du groupe de contact sur la Syrie que la France propose pour relancer le processus politique.

La France à quatre principes de base pour identifier les acteurs susceptibles de porter le processus politique. D’abord, le renoncement à tout usage de l’arme chimique ; ensuite, la volonté et la détermination à éradiquer toutes les formes de terrorisme. Troisièmement, le fait que l’accès humanitaire soit possible partout et pour tous - j’entends bien pour les populations civiles. Il faut donc que chacun des acteurs s’engage dans cette direction, et enfin qu’une désescalade et un cessez-le-feu puissent permettre au processus politique de se mettre en oeuvre. À partir du moment où l’ensemble de ces conditions sont réunies, je pense qu’à l’Assemblée générale des Nations unies, à l’initiative du P5, le processus politique pourra s’engager afin de mettre progressivement fin à ce que l’on peut considérer comme un désastre humanitaire et une souffrance majeure d’un peuple qui demande maintenant à se retrouver.

La France a souhaité que le conseil de sécurité de l’ONU se réunisse hier, enceinte multilatérale où sont présentes la Russie, la Chine, qui, on le sait, sont des éléments qui comptent dans cet équilibre mondial. Le conseil de sécurité s’est donné une semaine pour prendre position. La France plaide pour un renforcement des sanctions, notamment des sanctions de l’Union européenne.

Notre objectif, c’est bien la stabilisation de la Libye dans l’intérêt des Libyens eux-mêmes, mais aussi dans l’intérêt des pays voisins dont nous faisons en quelque sorte partie. Cette stabilisation passe par l’application des déclarations de La Celle-Saint-Cloud, qui prévoit notamment l’amendement de l’accord de Skhirat et la tenue d’élections. Une Libye unie, dotée d’institutions fonctionnelles, est la condition pour éviter durablement la menace terroriste et permettre la réconciliation.

Votre ville incarne avec éclat les valeurs de l’Europe. La France tient à promouvoir la dimension européenne de votre ville, et donc, vous aurez perçu mon message, la France tient à la présence ici du siège du Parlement européen. Strasbourg, c’est la seconde ville diplomatique française.

Nous sommes en Irak dans la préparation de l’après-Daech. Et si je m’y suis rendu c’est parce qu’aujourd’hui les thèmes dont nous parlons ce sont réconciliation, stabilité et reconstruction. Nous en parlons avec le Premier ministre irakien, M. al-Abadi, parce qu’il va y avoir des élections en Irak.

Daech est en train de perdre. En Irak, nous sommes déjà dans la phase d’après même si les combats continuent : la reconstruction, la stabilisation et la réconciliation. En Syrie, il y a une guerre contre les djihadistes et une guerre civile. La logique militaire aboutira à l’éradication de Daech. Il faut donc vite retrouver la méthode pour permettre une transition politique inclusive, afin de régler l’autre aspect de la crise syrienne, la guerre civile qui dure depuis 2011. Le préalable n’en est plus un. Pour autant, nous disons aussi que l’aboutissement ne peut pas être Bachar al-Assad.

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