Interventions à l’Assemblée nationale et au Sénat

"Je souhaite apporter quelques éléments de réponse. Le débat a été nourri et il n’y a pas grand suspense quant au résultat du vote. Nous l’interpréterons comme un témoignage de l’attachement de votre assemblée à l’action de l’AEFE, attachement que M. Le Drian et moi-même partageons d’ailleurs."

"Monsieur le Député, nous sommes tous attachés à l’agriculture française, qui jouit de nombreux débouchés dans le monde grâce à ses produits d’excellence et contribue fortement aux résultats du commerce extérieur de la France."

"Les autorités israéliennes viennent effectivement d’annoncer leur refus d’accueillir une visite de parlementaires français pour rencontrer notamment Marouane Barghouti et Salah Hamouri. On peut le regretter, mais c’est une décision souveraine."

  • [Projet de loi de finances pour 2018 - Français de l’étranger - Développement - Sahel - Attractivité - Audition de M. Jean-Yves Le Drian, ministre de l’Europe et des affaires étrangères, et de M. Jean-Baptiste Lemoyne, secrétaire d’État auprès du ministre de l’Europe et des affaires étrangères devant la commission des affaires étrangères, de la défense et des forces armées du Sénat (Paris, 24/10/2017)]

"(Interventions des parlementaires)

M. Jean-Baptiste Lemoyne, secrétaire d’État. - La part de nos contributions volontaires à certaines organisations internationales peut paraître faible à première vue, mais la France a fait le choix d’une diplomatie universelle, avec des moyens d’actions diversifiés et de nombreuses obligations alors que beaucoup de pays concentrent leur action diplomatique sur ces contributions. Cela explique souvent les décalages observés.

Toutefois, le président de la République a décidé de mettre l’accent sur l’éducation car celle-ci est la condition fondamentale de réussite de tous les projets de développement. C’est le sens de la contribution franco-sénégalaise pour relancer le partenariat mondial pour l’éducation, dont la conférence de financement aura lieu à Dakar en février prochain.

Enfin, en matière d’influence, une étude américaine place la France sur la première marche du podium !

(Interventions des parlementaires)

M. Jean-Baptiste Lemoyne, secrétaire d’État. - Avec la régulation budgétaire de juillet, il s’agissait de s’assurer que la France respecterait l’objectif de 3% de déficit, afin de notre crédibilité sur la scène européenne. Tous les ministères ont été mis à contribution. Depuis, lors de l’assemblée des Français de l’étranger en octobre, le président de la République a annoncé qu’il souhaitait que la subvention de l’État à l’AEFE reste stable en 2018 et 2019. Il n’en demeure pas moins que 33 millions d’euros ont été annulés en juillet. Le président de l’AEFE a écrit aux directeurs d’établissement à l’étranger pour mettre en place une hausse temporaire de la participation financière complémentaire des EGD et des établissements conventionnés qui passera de 6% à 9% en 2018, puis retombera à 7,5% en 2019, avant de diminuer par la suite en cas de retour à meilleure fortune. Ce prélèvement temporaire ne s’accompagnera pas nécessairement d’une hausse des frais de scolarité. Tout dépendra du dialogue local entre le proviseur, les familles et tous les acteurs. Certains décideront de prélever les réserves d’exploitation, d’autres d’augmenter les frais de scolarité.

Les critiques de la cour des comptes sur la gouvernance visent sur une situation qui a cessé, lorsque l’AEFE était contrôlé par le directeur de la direction générale de la mondialisation, de la culture, de l’enseignement et du développement international (DGM) alors que celui-ci avait été précédemment directeur à l’AEFE. Le système de gouvernance en vigueur me semble justifié dans la mesure où le ministère des affaires étrangères participe au budget de l’AEFE.

En ce qui concerne l’APD, le budget pour 2018 réenclenche une logique vertueuse et d’augmentation. Une nouvelle trajectoire pluriannuelle permettra d’atteindre l’objectif de 0,55% du PIB en 2022. Dès 2018, les crédits augmenteront de 119 millions d’euros. La réflexion sera affinée lors de la réunion du 20 décembre du comité national de la solidarité internationale, puis en février avec la réunion du comité interministériel de la coopération internationale et du développement (CICID).

(Interventions des parlementaires)

M. Jean-Baptiste Lemoyne, secrétaire d’État. - Selon certaines études, le monde comptera, en 2050, 750 millions de locuteurs francophones. Je me méfie de ces chiffres qui représentent en réalité la somme des populations des États membres de l’organisation internationale de la Francophonie. Mais dans la réalité le français sera parlé par une élite, sans être nécessairement parlé par la majeure partie de la population. C’est pour cela que nous devons mener une action volontariste pour veiller à la diffusion du français, défendre son usage dans les affaires, la culture, ou dans la vie quotidienne.

Le président de la République a demandé de préparer pour le premier semestre un grand plan pour la langue française et le plurilinguisme. Vous évoquiez le cas du Sénégal : vous avez raison, dans la région du fleuve, beaucoup de jeunes Français n’ont pas eu accès à l’enseignement du français. Pour y remédier, outre le réseau des Alliances françaises et de la mission laïque française qui font un travail remarquable, nous développerons l’école numérique et entendons multiplier les canaux d’accès. On constate par exemple que des institutions privées jouent un rôle important pour l’enseignement du français, à l’image de certains établissements bilingues. Les initiatives foisonnent en matière d’enseignement. Il faut les soutenir.

La modification de notre architecture budgétaire et la fusion des programmes 151 et 185 ne constituent pas la réponse. Le programme 151 est un programme dédié aux Français de l’étranger, bien identifié, auquel cette communauté tient. Il faut peut-être mieux articuler les actions culturelles et les actions de ce programme, mais une fusion des programmes nécessiterait une modification de la loi organique qui ne semble pas nécessaire."

"Par ailleurs, le gouvernement reste évidemment très actif dans la communauté du Pacifique. Il reste attaché au fonds Pacifique, qui permet une coopération économique, sociale et culturelle. Il noue aussi un partenariat stratégique avec les États voisins - je pense bien sûr à l’Australie, et au dialogue dense que nous menons avec la Nouvelle-Zélande."

"Qu’est-ce qui réunit le Sénégalais Léopold Sédar Senghor, l’Icaunais Pierre Larousse, le Cajun Zachary Richard, le Valdôtain Émile Chanoux, l’Algérien Kamel Daoud et le Premier ministre français Édouard Philippe ?

L’amour de la langue française, de ses mots et de son point de vue sur le monde. Et je crois que cette langue, que nous avons en partage avec de nombreux peuples sur les cinq continents, composante de notre histoire, de notre identité mais aussi de notre avenir peut nous réunir très largement, sur tous les bancs de cette assemblée."

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