Sylvain Robak était Attaché culturel à l’Institut français du Chili

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Faisons connaissance

J’occupais le poste d’Attaché culturel à l’Institut français du Chili et j’étais également en charge du Relais spécialisé pour le spectacle vivant en Amérique du Sud hispanophone. Ma mission consistait à concevoir et à mettre en œuvre l’ensemble de la coopération artistique et culturelle entre la France et le Chili et aussi de coordonner une action régionale à travers le Relais spécialisé pour le spectacle vivant. Venant du secteur public, j’avais auparavant travaillé pendant 7 ans au Bureau du spectacle à la direction des Affaires culturelles de la Ville de Paris sur des missions d’expertise, de conception et de suivi de projets.

Une journée type ?

La journée commençait généralement par une première réunion avec l’équipe du service culturel au sein de l’Institut français du Chili pour faire le point sur les projets en cours de réalisation.

Puis elle se poursuivait avec la rencontre d’opérateurs chiliens afin de prévoir les prochains partenariats. Plusieurs échanges avec les interlocuteurs en France rythmaient la journée, que ce soit avec l’Institut français, le ministère de la Culture, les porteurs de projets et les artistes souhaitant présenter leur création au Chili.

La plupart des soirées était consacrée aux lancements de nos évènements ainsi qu’à des manifestations organisées par nos partenaires chiliens. C’était alors l’occasion de prolonger les échanges de la journée tout en renforçant les liens de convivialité.

Qu’est-ce ce qui vous plaît dans votre métier ?

Le métier d’Attaché culturel au Chili est captivant à maints égards. Le terrain de la coopération culturelle reste en effet fertile grâce à la longue histoire des échanges franco-chiliens. Il est aujourd’hui passionnant de s’inscrire dans cette lignée d’échanges culturels en contribuant à la promotion de nos créations contemporaines. Le secteur culturel chilien se trouve en plein développement. Il est à ce titre largement réceptif aux propositions artistiques et aux influences françaises, trouvant un écho particulier tant auprès du public que de la presse.

C’est également un métier plein de découvertes et de rencontres grâce à la diversité des interlocuteurs avec lesquels on est amené à construire des relations sur le long terme. Cela permet de s’imprégner du pays, d’en comprendre les enjeux mais aussi les aspirations qui trouvent souvent à s’exprimer en premier lieu sur la scène culturelle.

Des défis à relever ?

L’un des premiers défis à relever lors de l’arrivée en poste consiste à gagner la confiance des interlocuteurs locaux afin de consolider et développer le réseau sur lequel s’appuyer. Dans le même temps, il s’agit de s’adapter aux capacités et aux moyens sur place pour garantir la faisabilité des projets imaginés.

Il est aussi souhaitable de faire preuve d’une grande souplesse pour répondre rapidement à l’évolution des situations.

Quelles sont, selon vous, les qualités requises pour occuper votre poste ?

Pour exercer ce poste, une bonne connaissance de la création contemporaine sous ses différentes formes me paraît d’abord nécessaire afin d’être en mesure de proposer une programmation culturelle innovante.

Il faut ensuite avoir un sens de la communication développé, les Chiliens attachant une grande importance à la qualité et à la chaleur des échanges personnels, facteurs essentiels à la réussite des relations professionnelles.

L’expérience montre également qu’être rodé au montage de projets complexes faisant intervenir de multiples partenaires et avoir l’habitude de mobiliser des équipes sont souhaitables pour exercer ce poste.

Et le contexte interculturel ?

Travailler à l’étranger dans un contexte culturel différent est en premier lieu très enrichissant car cela suppose de mettre en perspective ses propres modèles et ses habitudes de travail.

Il faut ensuite arriver à composer avec les codes et la manière de fonctionner des collaborateurs et des partenaires locaux. Une bonne connaissance de l’histoire du pays et de sa composition sociale permet de comprendre et d’appréhender plus rapidement ce qui se joue à travers ces différences culturelles.

Le contexte interculturel demande donc un certain temps d’apprentissage, cette expérience s’avère par la suite un véritable atout, renforçant sa capacité d’adaptation aux différents environnements.

Un projet phare ?

L’exercice de ce métier est source de nombreuses satisfactions quand on repense au travail mené en équipe, aux réalisations et aux répercussions des projets. Je garde tout particulièrement en mémoire la tournée du spectacle de cirque contemporain "Acrobates" en Argentine, au Chili et en Équateur. Cette programmation régionale, fruit d’un travail en réseau sur plusieurs pays, a permis de présenter un spectacle ayant touché un large public. Les ateliers qui ont accompagné cette tournée ont par ailleurs donné l’occasion à des artistes de cirque d’Amérique du Sud d’explorer de nouvelles pistes concernant la dramaturgie de leur création. Cette tournée a ainsi permis de nouer des relations durables entres artistes français et sud-américains ayant donné naissance à des créations communes. Ce genre de projets, dont les ramifications se prolongent dans le temps, donne une teinte particulière au rayonnement culturel français à l’étranger.

Et le retour en France ?

Exercer dans le réseau culturel à l’étranger apporte une ouverture indéniable et permet de développer ses compétences professionnelles ainsi que ses capacités d’adaptation dans des contextes fort différents. L’expérience de la conception d’une grande variété de projets doublée de la constitution d’un large réseau de partenaires m’a permis de retrouver rapidement un poste en France en adéquation avec mon parcours et mon souhait de travailler sur un évènement culturel d’ampleur comme l’est "Nuit Blanche" à Paris, à la fois inscrit dans un territoire et ouvert à l’international.

Mise à jour : juin 2017