Covid-19 : l’aide à l’Afrique

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Covid-19 : l’aide à l’Afrique (5 mai 2020)

L’épidémie de Covid-19 touche tous les continents. Cette crise sanitaire mondiale appelle une réponse globale, multilatérale et coordonnée, ainsi qu’une aide particulière aux pays les plus fragiles.

La France, 5e bailleur de fonds dans le monde*, a décidé de mobiliser des moyens conséquents, à hauteur d’1,2 milliard d’euros, à la lutte contre la propagation de la Covid-19 dans les pays les plus vulnérables, dont une majorité est située en Afrique. La France renforce ses contributions et son engagement auprès des instances multilatérales qui luttent contre la pandémie : l’ONU et ses institutions et programmes spécialisés, notamment l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et le Programme alimentaire mondial (PAM), ainsi que les fonds multilatéraux compétents, comme le Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme, ou Unitaid.

La France plaide aussi au sein de différentes instances multilatérales et régionales (G7, G20, Union européenne), en pleine coopération avec l’Union africaine, pour que les besoins spécifiques à l’Afrique soient pris en compte, en particulier à travers un accès facilité aux produits de santé issus de la recherche sur le virus (tests, traitements et futur vaccin).

Elle est ainsi à l’origine de l’Initiative internationale pour répondre à l’impact de la Covid-19 en Afrique, lancée par l’appel de 18 chefs d’État et de Gouvernement africains et européens, dont le Président Macron, du 15 avril dernier. Cette initiative comprend quatre piliers : le soutien aux systèmes de santé africains, le soutien à la recherche africaine, le soutien humanitaire et le soutien économique.

Soutenir l’Afrique dans quatre grands domaines : sanitaire, recherche, humanitaire et économie

Pour faire face à la pandémie, la France a développé une stratégie autour de quatre axes, mise en œuvre avec des financements bilatéraux et multilatéraux.

Aide sanitaire

Renforcer la capacité des États et des communautés à faire face à l’épidémie est une priorité. L’objectif est d’aider les pays dont le système de santé est fragile et de les épauler tant que les traitements et les vaccins ne sont pas encore disponibles. Il s’agit de mobiliser avant tout des financements de court terme en soutien à l’action de l’Organisation mondiale de la santé. L’OMS joue un rôle clé de coordination internationale ainsi qu’un rôle normatif dans le domaine de la santé. La France agit aussi via son soutien aux agences et fonds multilatéraux (Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme, Unitaid et Gavi, l’Alliance du vaccin), ainsi qu’à de nombreuses associations et ONG.

Aide à la recherche : appui à la coopération scientifique dans les domaines de l’épidémiologie, de la recherche médicale et des sciences sociales

L’objectif de la France est de soutenir la collaboration scientifique entre les établissements français et africains, en renforçant les partenariats existants, et aussi de donner davantage de moyens à la recherche en Afrique. Cela concerne en particulier le travail mené par les réseaux des Instituts Pasteur, de l’Institut de recherche pour le développement (IRD) et de l’Agence nationale de recherche sur le sida et les hépatites et les maladies virales (ANRS), en lien avec les universités et organismes de recherche. Les projets visent une meilleure compréhension des facteurs de l’épidémie (zoonoses), l’élaboration de diagnostics, de remèdes et de vaccins et l’analyse des phénomènes sociaux liés à la pandémie dans un objectif de conseil à la décision publique.
Le 24 avril 2020, la France a lancé, aux côtés du Secrétaire général des Nations unies et de l’OMS, une initiative mondiale « ACT Accelerator » pour accélérer la conception et la production de moyens de diagnostics, de traitements et de vaccins et garantir un accès sûr, équitable et universel à ceux-ci.

En savoir plus sur l’initiative mondiale sur les diagnostics, traitements et vaccins

Aide humanitaire

La pandémie affecte particulièrement les populations les plus fragiles. Leur accès à la nourriture et aux soins primaires est une priorité. Une attention spécifique est apportée aux femmes, à travers un soutien renforcé aux soins primaires en santé sexuelle, reproductive, maternelle et infantile.
Les déplacements des personnes et des biens étant drastiquement réduits en raison de la pandémie, la France agit sur le terrain pour accéder aux zones reculées, avec son réseau diplomatique et de coopération ainsi que par l’intermédiaire des agences internationales, en particulier le Programme alimentaire mondial.

Aide économique

L’objectif est de soutenir les économies africaines au moyen des instruments déployés par les institutions internationales, en particulier le FMI et la Banque mondiale.
L’aide apportée se fait sous deux formes :

  • financière, à travers l’augmentation des capacités de droits de tirage spéciaux pour les pays africains ;
  • budgétaire, via la mise en place d’un moratoire sur la dette et des perspectives d’annulations de dettes, conformément à l’appel du Président Macron.
    Il est à noter que les entreprises françaises présentes en Afrique apportent également leur concours à la lutte contre la pandémie.

Redéploiement d’une partie de l’aide bilatérale française au profit de la lutte contre la Covid-19

La France s’est engagée à augmenter son aide publique au développement d’ici à 2022 pour atteindre 0,55% de son revenu national brut. Afin d’adapter cette aide aux défis et à l’urgence de la pandémie, elle a décidé d’en redéployer une partie vers des projets visant à lutter contre la propagation de la Covid-19 dans les pays les plus vulnérables.

Au total, 1,2 milliard d’euros de prêts et dons bilatéraux sont concernés, dont une majorité pour l’Afrique subsaharienne. En complément de ces actions, d’autres moyens sont redéployés vers la lutte contre la Covid-19 en Afrique par le ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche et de l’innovation (MESRI), le ministère des solidarités et de la santé (MSS) ou le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères (MEAE), notamment à travers son Centre de crise et de soutien.

Selon les domaines, les projets sont portés par :

  • l’Agence française de développement (AFD) et Expertise France, pour des projets plus particulièrement axés sur la réponse sanitaire, le renforcement des capacités de surveillance épidémiologique et le financement des plans nationaux de réponse à la Covid-19 ;
  • les réseaux de recherche soutenus par la France, tels que les laboratoires publics français implantés en Afrique (Institut de recherche pour le développement - IRD, Centre de coopération internationale de recherche agronomique pour le développement - CIRAD et l’Agence nationale de recherche sur le sida, les hépatites et les maladies virales - ANRS) ou en France (Institut national de la santé et de la recherche médicale -INSERM, Centre national de la recherche scientifique - CNRS, universités).

Ces réseaux travaillent en collaboration avec des instituts de recherche africains, dont le réseau des Instituts Pasteur en Afrique, ainsi que des hôpitaux locaux.

L’Institut Pasteur de Paris - organisme privé reconnu d’utilité publique, percevant une subvention de l’État et des dons - a engagé près de 3 millions d’euros en soutien aux capacités du réseau de recherche en Afrique et pour des projets collaboratifs. Il finance une dizaine de chercheurs français présents sur ce continent, pour un montant de 2,5 millions d’euros. Il est également associé, avec la Fondation Mérieux, à plusieurs actions de lutte contre la pandémie. Un financement exceptionnel de 4 millions d’euros a été accordé par le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères et l’AFD pour le réseau des Instituts Pasteur en Afrique en vue de renforcer la recherche permettant la validation de tests de diagnostic rapides, adaptés et à prix coûtant (y compris sérologie et formation de personnels de laboratoire).

L’IRD, qui va bénéficier d’un soutien de 2 millions d’euros, le CIRAD et l’ANRS participent aussi à cet effort par le biais de projets scientifiques collectifs, en particulier sous l’angle d’une approche intitulée « One Health » et en dégageant des fonds dédiés. L’ANRS déploie ainsi 4 millions d’euros dans le cadre d’un appel à projets associant des laboratoires.

  • le ministère de l’Europe et des affaires étrangères (MEAE) finance pour sa part, directement ou par l’intermédiaire d’ONG, des programmes d’aide alimentaire, en lien avec le Programme alimentaire mondial (PAM).

Grâce au Fonds de solidarité pour les projets innovants (FSPI), les ambassades de France en Afrique financent des projets de formation et de recherche en santé (à hauteur de 1,4 million d’euros en 2020). A titre d’exemple, dans le cadre de ces FSPI, le ministère finance des postes d’assistants techniques-chercheurs en santé au sein des Instituts Pasteur africains et de l’ANRS, et octroie des subventions exceptionnelles en appui aux initiatives locales.

Le ministère met en œuvre, principalement via des ONG, des projets humanitaires d’urgence dans les pays prioritaires en matière d’aide française ou dans les pays les plus affectés. Ces projets portent sur le renforcement des capacités de prise en charge des structures sanitaires, des activités de prévention et de contrôle de l’infection, ou permettant de limiter la propagation du virus eau, assainissement, mise à l’abri de populations vulnérables…). La France a été motrice dans l’initiative européenne de mise en place d’un pont humanitaire, pour faciliter l’accès humanitaire dégradé par la crise actuelle et la France organise le premier vol du dispositif, vers Bangui.

Les moyens de la communauté internationale : la France parmi les principaux contributeurs

Au sein de l’Union européenne (UE)

La France a engagé un plaidoyer vigoureux pour que l’Afrique soit considérée comme un continent prioritaire dans la riposte d’urgence financée par l’Union européenne à destination des pays en développement. Ainsi, sur les 15,6 milliards d’euros d’aide d’urgence annoncés par l’UE le 8 avril 2020 pour lutter contre la pandémie, 3,6 milliards sont consacrés à l’Afrique subsaharienne.

La réponse de l’UE à la crise sanitaire est financée par les instruments d’aide extérieure, principalement le Fonds européen de développement, qui est en grande partie consacré à l’Afrique et auquel la France contribue à hauteur de 5,4 milliards d’euros pour la période 2014-2020, et la Banque européenne d’investissement.

Un appel spécifique du Partenariat Europe – pays en développement sur les essais cliniques (EDCTP) a été doté d’un budget 4,75 millions d’euros, dont 1 million apporté par la France, en soutien au développement des capacités de recherche en Afrique pour répondre à la crise.

Au sein du G20

Les pays du G20 ont décidé, à l’initiative de la France, d’agir sur la dette de 77 pays parmi les plus vulnérables, dont 41 pays d’Afrique subsaharienne. En conséquence, les créanciers membres du Club de Paris et les créanciers émergents ont décidé conjointement d’une suspension du remboursement des intérêts et du principal de la dette du 1er mai 2020 au 31 décembre 2020. Cette suspension correspond à un effort important pour la France, équivalent à 1 milliard d’euros.

Ce ballon d’oxygène d’environ 20 milliards de dollars [18,4 milliards d’euros] pour quarante [et un] pays doit leur permettre d’investir davantage pour lutter contre la Covid-19.
(Jean-Yves Le Drian, Le Monde, 20 avril 2020)

Au-delà du moratoire, la France plaide en faveur d’une restructuration de la dette des pays les plus fragiles, en particulier en Afrique.

Nous devons aussi savoir aider nos voisins d’Afrique à lutter contre le virus plus efficacement, les aider aussi sur le plan économique en annulant massivement leur dette.
(Emmanuel Macron, 13 avril 2020)

Soutien aux fonds et instances multilatérales

La France compte parmi les premiers bailleurs des grands instruments multilatéraux en matière de santé, qu’il s’agisse du Fonds mondial, du Gavi ou d’Unitaid. Ces derniers ont réorienté une partie de leurs programmes en faveur de la lutte contre la Covid-19 à hauteur de 144 millions de dollars et vont poursuivre leurs efforts.

L’Organisation mondiale de la Santé

La France est le 6e contributeur au budget de l’OMS (environ 20 millions d’euros par an), laquelle joue un rôle majeur notamment dans la coordination de la réponse internationale face à la pandémie.

L’Association internationale pour le développement (AID)

La France est le 5ème contributeur de l’Association internationale pour le développement (AID), avec 1,4 milliard d’euros investis sur la période 2021-2023. Ce guichet de la Banque mondiale dédié aux pays les moins avancés est désormais pleinement mobilisé dans le cadre de la facilité Covid-19 de réponse d’urgence, dotée de 14 milliards de dollars, ainsi que du plan de soutien économique à moyen terme, doté de 160 milliards de dollars.

*En 2019, la France a consacré près de 11 milliards d’euros à l’aide publique au développement.

(Mise à jour : 5 mai 2020)