Covid-19 : l’aide à l’Afrique

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(Mise à jour : 17 février 2021)

Malgré une apparition plus tardive qu’ailleurs, la Covid-19 touche désormais tous les pays africains.

La France a agi dès le début de la pandémie pour soutenir les pays les plus vulnérables et encourager une réponse commune au sein des instances multilatérales. Elle a notamment mobilisé plus de 1,6 milliard d’euros pour la lutte contre la pandémie dans les pays les plus vulnérables, dont une majorité est située en Afrique.

Un virus aux conséquences sanitaires, économiques et sociales dans tous les pays africains

Au 9 février 2021, le continent africain comptait plus de 3,5 millions de cas confirmés de Covid-19 et 91 524 décès, soit une augmentation de 167 % des décès depuis la fin septembre 2020 (soit 34 300 décès). Après cette évolution à la hausse, une baisse du nombre de cas est désormais observée, alors que de plus en plus de pays se remettent de leur deuxième vague de cas.

Cependant, les mesures de riposte sanitaire face à la crise, en particulier les mesures de confinement général, ont eu de lourdes conséquences :

  • la déstabilisation des systèmes de santé, déjà fragiles dans la plupart des pays africains qui menace l’accès des populations aux services de santé primaire.
    D’après l’OMS, 90% des pays ont connu des interruptions de services de santé essentiels comme le diagnostic et le traitement des maladies non transmissibles, la planification familiale et la contraception, le traitement des troubles mentaux ou du cancer, les programmes de vaccination obligatoire,
  • le risque d’une déscolarisation massive liée aux ruptures d’apprentissage dues aux mesures de confinement.
    Selon une étude de l’UNESCO, de l’UNICEF et de la Banque mondiale, les fermetures d’écoles ont entraîné une rupture de l’apprentissage pour des centaines de millions d’élèves et nombre d’entre eux n’ont toujours pas repris le chemin de l’école. Ceci alors que les solutions d’enseignement à distance ne sont pas envisageables pour au moins 580 millions d’élèves dans les pays à faible et moyen revenus,
  • la crainte d’une hausse importante de la pauvreté et de l’insécurité alimentaire.
    Il est estimé qu’au plan mondial, la pandémie de la Covid-19 pourrait faire passer de 690 millions à 820 millions le nombre de personnes souffrant de sous-alimentation.

Soutenir l’Afrique dans 4 grands domaines : sanitaire, humanitaire, économique et scientifique

Pour faire face à la pandémie, la France a développé une stratégie autour de 4 axes, mis en œuvre avec des financements bilatéraux, européens et multilatéraux.

L’aide sanitaire

ACT-A, initiative multilatérale globale portée par la France

L’initiative pour accélérer l’accès aux outils de lutte contre la Covid-19, Access to Covid-19 Tools Accelerator (ACT-A) a été lancée le 24 avril 2020 à l’initiative du président de la République. Son objectif est de favoriser le développement, la production et l’accès équitable et universel aux tests, diagnostics, traitements et vaccins contre la Covid-19, ainsi que de renforcer les systèmes de santé.

L’Initiative projette de fournir, d’ici à la fin de l’année 2021 :

  • 2 milliards de doses de vaccins dans 92 pays à revenu faible et intermédiaire via le mécanisme COVAX ;
  • au moins 245 millions de traitements et 500 millions de tests pour les pays à revenu faible et intermédiaire.

La France soutient ACT-A et ses différents piliers à hauteur de 510 millions d’euros, dont 50 millions d’euros via l’OMS qui en assure la coordination et lui apporte sa légitimité et son expertise. Elle plaide également pour que le vaccin soit un bien public mondial afin de le rendre accessible à tous, dans les pays les plus pauvres, que cela soit en termes de prix et de quantité. .

La France promeut une charte pour l’accès équitable aux diagnostics, traitements et vaccins contre la Covid-19, qui a été adoptée le 9 février 2021 par les membres du Conseil de facilitation d’ACT-A.

La France contribue directement à cet objectif sur les vaccins au travers :

  • d’un soutien de l’Union européenne de 400 millions d’euros à la facilité COVAX,
  • d’une contribution de 100 millions d’euros à GAVI (une fois le vaccin mis au point) annoncée par le président de la République.

Les grands fonds multilatéraux en santé

La France apporte un soutien financier majeur à des fonds multilatéraux comme le Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme, ainsi que l’Alliance du vaccin GAVI, le Fonds Français Muskoka et Unitaid qui sont mobilisés dans la lutte contre la pandémie dans les pays en développement, notamment en Afrique sub-saharienne.
Ces initiatives ont permis de mettre à disposition des financements rapides pour faire face aux premiers besoins identifiés.

L’aide humanitaire

La pandémie affecte particulièrement les populations les plus fragiles pour qui l’accès aux moyens de subsistance, à la nourriture et aux soins de santé primaire est une priorité. L’action française se concentre dans les zones où préexistait une crise humanitaire qui a été aggravée par les conséquences de la pandémie. Une attention spécifique est apportée aux femmes et à leur santé, à travers un soutien renforcé aux soins primaires en santé sexuelle, reproductive, maternelle et infantile.

Les projets financés sont mis en œuvre par les acteurs humanitaires, ONG et organisations internationales.

Pour le volet « lutte contre la pandémie », ils concernent :

  • des programmes de prévention et de contrôle de l’infection ;
  • le renforcement des capacités de détection et de prise en charge des cas ;
  • des programmes d’accès à l’eau pour faciliter le respect des gestes d’hygiène.

Pour le volet « socio-économique », il s’agit de :

  • l’accès à l’alimentation et aux programmes de nutrition ;
  • la réponse multisectorielle pour les populations les plus fragilisées ;
  • la résilience et le soutien aux moyens de subsistance.

Les déplacements des personnes et des biens étant drastiquement réduits en raison de la pandémie, l’accès aux populations les plus vulnérables est crucial pour les acteurs humanitaires. La France a ainsi participé à la mise en place d’un pont aérien humanitaire avec l’Union européenne dès le mois de mai. Elle poursuit sa mobilisation en faveur de l’accès humanitaire via son réseau diplomatique et de coopération ainsi que par l’intermédiaire des agences internationales, en particulier le Programme alimentaire mondial (PAM).

Concrètement, l’aide humanitaire française concerne  :

  • l’assistance alimentaire et nutritionnelle d’urgence : la France a tenu compte de la crise sanitaire et de ses conséquences dans le cadre de son dispositif d’Aide alimentaire programmée (AAP), notamment en Afrique.
    En 2020, environ 63% des fonds de l’AAP ont été attribués aux pays d’Afrique subsaharienne, soit plus de 32 millions d’euros.
    Une partie des fonds a été attribuée au PAM, premier opérateur de cette aide, selon une procédure exceptionnelle d’urgence, afin de tenir compte des conséquences de la crise sanitaire en Afrique de l’Ouest et au Sahel et de prévenir l’aggravation des crises alimentaires.
  • le financement de projets humanitaires pour prévenir l’épidémie ou répondre à ses conséquences pour les populations les plus vulnérables (via le Centre de crise et de soutien). Ces projets portés par des ONG sont mis en œuvre dans 10 pays africains pour un montant total de 15 millions d’euros dont 10 millions d’euros issus de fonds exceptionnels destinés à faire face rapidement aux conséquences humanitaires de la pandémie en Afrique.
  • un pont aérien humanitaire mis en œuvre par l’UE pour faire face aux défis logistiques d’acheminement vers les zones de crise. Dans ce cadre, la France a facilité une dizaine de vols à destination de 6 pays (République centrafricaine, République démocratique du Congo, Burkina Faso, Haïti, Soudan du Sud, et Soudan).
  • l’envoi d’aide en nature (équipements de protection individuelle et d’oxygénothérapie) à destination des structures de santé nationales dans plus d’une vingtaine de pays à travers le monde dont l’Afrique du Sud, les Comores, Djibouti, le Gabon, la République démocratique du Congo, la Mauritanie.
  • la mobilisation des ressources du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères (MEAE) grâce à la réaffectations du Fonds humanitaire d’urgence (16 millions d’euros) et des Fonds de solidarité pour les projets innovants, les sociétés civiles, la francophonie et le développement humain (FSPI). À titre d’exemple et en partenariat avec l’OMS (1 million d’euros pour 2020-2021), ce dispositif permet de financer le renforcement des plans nationaux en santé publique dans la lutte contre la pandémie de Covid-19 au Burkina Faso et au Mali.
  • le soutien à travers le PAM au service aérien d’aide humanitaire des Nations unies (UNHAS) au Burkina Faso et en République centrafricaine.
Pour aller plus loin : quelques exemples du soutien humanitaire apporté par le MEAE - (PDF, 209.6 ko)

L’aide économique

La France a soutenu la mobilisation des institutions financières internationales (Fonds monétaire international (FMI) et Banque mondiale), en faveur des économies les plus vulnérables, en particulier en Afrique. Elle a appuyé les efforts du FMI pour augmenter ses programmes en cours, attribuer des financements d’urgence et procéder à des remises de dette, par le biais notamment de l’Instrument de financement rapide, de la Facilité de crédit rapide (destinée aux pays les plus pauvres) et du Fonds pour l’assistance et la lutte contre les catastrophes.

Encouragée par la France, la mobilisation de la Banque mondiale a permis de mettre en place, en mars 2020, une « facilité Covid-19 » dotée de 14 milliards de dollars. Elle aide les pays clients dans leur réponse immédiate à la crise sanitaire (achat de matériel médical, renforcement d’infrastructures médicales, appui à la conception des politiques publiques).
Début septembre 2020, 84 projets avaient été validés, pour un montant total de 4 Milliards de dollars.

L’aide à la recherche : appui à la coopération scientifique dans les domaines de l’épidémiologie, de la recherche médicale et des sciences sociales

Ce volet de l’aide française soutient la collaboration scientifique entre les établissements français et africains. Il renforce les partenariats existants et donne davantage de moyens à la recherche sur le continent. À travers les subventions du MEAE et de l’AFD, la contribution s’élève, à ce jour, à près de 18 millions d’euros pour la recherche et la coopération scientifiques dans le cadre de la lutte contre la Covid-19.

Les travaux sont conduits par les réseaux des Instituts Pasteur, de l’Institut de recherche pour le développement (IRD), de la Fondation Mérieux et du consortium d’équipes et laboratoires de recherche dit REACTing en lien avec les universités et d’autres organismes de recherche, dont l’Agence nationale de recherche sur le sida et les hépatites virales (ANRS). Globalement, les projets visent à :

  • une meilleure surveillance épidémiologique ;
  • l’étude des facteurs contribuant à l’émergence de nouvelles maladies transmises à l’homme par des animaux ;
  • l’élaboration de diagnostics, de traitements et de vaccins ;
  • l’analyse des phénomènes sociaux pouvant influencer l’évolution de la pandémie dans un objectif de conseil à la décision publique.

Adapter l’aide bilatérale française aux défis de la lutte contre la Covid-19

Pour adapter son aide publique au développement (APD) aux défis et à l’urgence de la pandémie, la France a décidé d’en redéployer une partie dans la lutte contre la propagation de la Covid-19 dans les pays les plus vulnérables. Elle a mobilisé 1,2 milliard d’euros, via l’initiative « santé en commun » mise en œuvre par l’AFD.

La stratégie comprend plusieurs volets :

  • un renforcement des réseaux régionaux de surveillance épidémiologique ;
  • des contributions aux plans nationaux de réponse à la Covid-19 des pays africains ;
  • des appuis aux principaux acteurs français de la réponse à la Covid-19 (ONG, fondations, réseaux, organismes de recherche, etc.).

Plus d’informations sur le site de l’AFD

La France se mobilise également pour soutenir l’entreprenariat africain face à la crise ainsi que les entreprises françaises présentes en Afrique et qui apportent leur concours à la lutte contre la pandémie.

Les réseaux de recherche soutenus par la France

Le réseau d’acteurs publics de recherche français implantés en Afrique s’est rapidement mobilisée dans l’objectif d’apporter un soutien à la recherche africaine sur la Covid-19 en collaboration très étroite avec des hôpitaux ainsi que des instituts de recherche locaux, dont le réseau des Instituts Pasteur en Afrique.

La coordination entre les acteurs de la recherche s’organise}}

  • L’Institut Pasteur a lancé, dès janvier 2020, une task force Coronavirus pour coordonner ses recherches sur l’infection par le nouveau coronavirus. Depuis le début de la crise, cette fondation privée reconnue d’utilité publique a engagé près de 2,5 millions d’euros sur fonds propres en soutien au réseau international des Instituts Pasteur et missionné des chercheurs sur le continent africain.
  • Une subvention de 2 millions d’euros a été octroyée à l’Institut Pasteur pour le financement du programme REPAIR de certification des tests Covid en Afrique. Le Coordonné par l’Institut Pasteur de Dakar, ce projet mobilise les 10 Instituts Pasteur africains dans un objectif commun, la riposte contre la pandémie sur le continent.
  • Aux initiatives pasteuriennes s’ajoute le programme RESAOLAB, mené par la Fondation Mérieux et financé via l’AFD à hauteur de 1,5 million d’euros pour aider 7 pays de l’Afrique de l’Ouest sur les questions de diagnostic du SARS-CoV2.
  • L’Inserm et ses partenaires de l’Alliance pour les sciences de la vie et de la santé (Aviesan) contribuent également au dispositif français au travers du dispositif APHRO-COV financé via l’AFD à hauteur de 1,5 million d’euros. Il permet d’assurer un diagnostic précoce et une prise en charge adéquate et rapide des cas de Covid-19.
  • L’IRD, le CIRAD et l’ANRS-MIE sont également engagés par le biais de projets scientifiques collectifs, dans une approche intitulée « One Health ». Bénéficiant d’une subvention de l’AFD de 2 millions d’euros, l’IRD a conçu un projet d’Appui à la riposte africaine à l’épidémie de Covid-19 (ARIACOV) permettant l’élaboration et le renforcement des stratégies de réponse à la pandémie en Afrique de l’ouest et centrale.
  • L’ANRS-MIE déploie plus de 4 millions d’euros dans le cadre d’un appel à projets associant des équipes de recherche sur les thématiques de virologie, de recherche clinique, d’épidémiologie ou encore en sciences sociales et humaines.

Mobilisation de la communauté internationale : la France parmi les principaux contributeurs

Au sein de l’Union européenne

Le financement de la réponse européenne à la crise sanitaire est principalement assuré par le Fonds européen de développement (FED), auquel la France contribue à hauteur de 5,43 milliards d’euros pour la période 2014-2020, et par la Banque européenne d’investissement.

La France inscrit son action dans le cadre de l’approche « Équipe Europe » et soutient l’implication de la Commission européenne dans la facilité COVAX (pilier vaccin d’ACT-A) assortie d’un engagement de 400 millions d’euros de la Commission.

Au sein du G20

Les vulnérabilités liées à la dette publique des pays africains ont été décuplées ces derniers mois, dans le contexte de la crise sanitaire.

La France a joué un rôle clé dans les négociations qui ont abouti à l’adoption de l’initiative de suspension du service de la dette (ISSD) par le G20 et le Club de Paris.
Dans l’urgence de la crise, l’ISSD vise à répondre aux besoins immédiats de liquidités de 73 pays pauvres (dont 38 en Afrique).

  • La première phase, agréée le 15 avril 2020, permet le report sur 4 ans (dont 1 an de grâce) des échéances du service de la dette (intérêts et principal) dû aux créanciers officiels bilatéraux du G20 et du Club de Paris entre le 1er mai et le 31 décembre 2020.
  • Une seconde phase a été agréée le 14 octobre 2020, correspondant à une extension de 6 mois de l’initiative, pour un report sur 6 ans (dont 1 an de grâce) des échéances dues entre le 1er janvier et le 30 juin 2021. L’éventualité d’une deuxième extension de 6 mois pourrait être décidée à l’occasion des Assemblées de printemps 2021 du FMI et de la Banque mondiale, en fonction de la situation économique et financière des pays concernés. En 2020, 46 pays ont demandé à bénéficier de la première phase de l’initiative auprès des membres du G20, pour un montant total de report du service de la dette estimé à 5,7 milliards de dollars USD.
    En réponse au besoin d’une approche plus structurelle, les membres du G20 et du Club de Paris ont défini en novembre 2020 un « cadre commun » pour accorder des traitements de dette de manière coordonnée, dans un cadre multilatéral et au cas par cas, pour les pays éligibles à l’ISSD. Ce cadre commun a été endossé par les chefs d’État et de gouvernement du G20 lors du Sommet du G20 des 22 et 23 novembre 2020. Il s’agit d’un accord historique, qui engage pour la première fois, selon les mêmes modalités, les membres du Club de Paris et les créanciers émergents du G20. La France sera pleinement mobilisée pour sa mise en œuvre effective et transparente.

Au sein des fonds multilatéraux

La France compte parmi les premiers bailleurs des grands instruments multilatéraux en matière de santé. Le Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme, l’Alliance du Vaccin GAVI, le Fonds français Muskoka ou Unitaid ont réorienté une partie de leurs programmes en faveur de la lutte contre la Covid-19 et vont poursuivre leurs efforts.

Pour en savoir plus sur l’action française dans :

Au sein de l’Organisation mondiale de la santé (OMS)

L’OMS joue un rôle majeur notamment dans la coordination de la réponse internationale face à la pandémie.

Avec une contribution d’environ 20 millions d’euros par an, la France est le 6ème contributeur au budget de l’OMS. Elle a conforté son soutien à l’organisation d’abord par le versement d’urgence de 1 million d’euros dans le cadre du Plan stratégique de prévention et de réponse (PSPR) de l’organisation, puis par une contribution supplémentaire de 50 millions d’euros (pour la période 2020-2021) annoncée durant la conférence des donateurs de Bruxelles du 4 mai 2020.