BtoA : Business to Ambassadeur

C’est avec un enthousiasme sans égal que je suis arrivée aujourd’hui avec d’autres étudiants de l’INALCO au centre de conférences du MAEDI pour l’ouverture de la semaine polyglotte. Au programme : un speed-dating unique où ambassadeurs et entrepreneurs ont l’occasion d’échanger durant quinze minutes sur un projet.

Tout au long de l’après-midi, j’ai découvert des ambassadeurs aux multiples facettes : à la fois des négociateurs, des médiateurs culturels mais surtout des Hommes.

Un ambassadeur-négociateur ?

Si plus de 400 entrepreneurs français ont participé au speed-dating aujourd’hui, c’est avant tout pour s’introduire sur un marché étranger par le biais de partenariats, prospection ou appels d’offre. D’autres m’ont expliqué qu’ils veulent consolider des liens commerciaux et industriels déjà existants avec un pays étranger. Dans les deux cas, ils ont des ambitions et espèrent bien trouver des réponses à leurs questions.

« Comment entrer sur le marché iranien ? »
« Comment s’introduire le mieux possible sur le marché russe ? »
« Comment puis-je trouver un partenaire chinois ? »

J’ai réalisé à quel point le rôle de l’ambassadeur est ici crucial : il est la personne la mieux placée pour y répondre.

Ils sont grands connaisseurs de la situation économique, politique et administrative du pays, les ambassadeurs peuvent aider des petites entreprises à s’introduire à long terme sur son marché. Que ce soit dans des domaines aussi variés que l’environnement, la cybersécurité, la gastronomie, le luxe etc. Cependant, seuls quelques uns peuvent réellement répondre aux intérêts du pays.

Les ambassadeurs permettent justement de concilier les intérêts des Français et les intérêts locaux ; ils trouvent les bonnes opportunités et surtout les bons interlocuteurs. La compétition est rude car la France n’est pas toujours une priorité.

J’ai compris comme cette journée est donc une occasion unique pour les entreprises de se développer hors de l’Hexagone et travailler dans un esprit de confiance avec des partenaires étrangers. Et ça marche ! : « plus de 1 500 entreprises françaises sont localisées en Chine et génèrent plusieurs dizaines de milliards de chiffres d’affaire » m’expliquait Maurice Gourdault-Montagne, ambassadeur de France en Chine.

Un ambassadeur-interprète ?

Pas toujours ! Bien que les ambassadeurs insistent sur le fait de maitriser la langue du pays dans lequel ils travaillent, j’ai découvert au détour d’un amuse-gueule au buffet qu’ils ne la parlent pas toujours. Et qu’ils sont avant tout des médiateurs : ils connaissent les codes, la culture, le contexte social, et en informent les entrepreneurs.

Les ambassadeurs sont des passeurs de cultures, mais eux mêmes passent aussi d’une culture à une autre durant leur carrière : ils ne restent pas « campés » dans une zone géographique mais apprennent toujours plus en voyageant de pays en pays. A leur plus grand plaisir.

Par ailleurs, beaucoup m’ont raconté être entré au MAEDI par le concours des cadres d’Orient, et la plupart est passée par les Langues’O. Du coup, c’est presque avec complicité que nous avons échangé sur nos parcours, sur les diverses langues, les voyages …

Discuter avec ces Alumnis des Langues’O, aujourd’hui devenus des personnes importantes sur la scène internationale est un réel encouragement pour les étudiants de l’INALCO aspirant à une carrière de diplomate.

Un ambassadeur, avant tout humain.

De nombreuses personnes faisant la queue.
Des froissements de papiers et de dossiers.
Des sourires et des cartes de visite…

C’est finalement dans une ambiance bon enfant qu’entrepreneurs et ambassadeurs ont échangé durant le speed-dating. Avec humour et à la fois avec sérieux, les ambassadeurs écoutent et conseillent les entrepreneurs. Une qualité est ici nécessaire, d’après l’un d’eux : « l’empathie ». Et je l’ai bien remarqué au cours de la journée. D’ailleurs, durant leur pause, les ambassadeurs se sont livrés à nous, les étudiants. Curieux de connaître notre parcours et nos ambitions professionnelles, les ambassadeurs ont témoigné une véritable humanité. J’ai été impressionnée par leur disponibilité et leur naturel.

Il est indéniable que tous ont apprécié la richesse des échanges de la journée. Moi compris.

Regards croisés par : Elisabeth Collard, Bassir Hamid, Valeriia Lemeshko, Jingwei Li, Asta Pramuditya, Chady Raad Jawad et Laura Séré.