Suisse - Entretien de M. Pascal Confavreux, porte-parole du ministère de l’Europe et des affaires étrangères, avec « BFM TV » (Paris, 2 janvier 2026)
Q - Avec nous en plateau, Pascal Confavreux. Bonjour.
R - Bonjour.
Q - Porte-parole du ministère des affaires étrangères. Merci de venir sur le plateau de « BFM Première » pour faire ce matin un dernier point sur ce que l’on sait. D’abord, le bilan. Vous nous confirmez que des ressortissants français manquent toujours à l’appel ?
R - Déjà, nous avons une pensée pour les victimes, leurs familles et bien sûr les autorités suisses et le peuple suisse, hier et ce matin. Les informations que nous avons sont les suivantes : il y a neuf blessés français qui sont pris en charge actuellement, et il y a huit ressortissants français dont nous sommes sans nouvelles. Nous sommes en contact avec leurs familles, le centre de crise à Paris et nos autorités consulaires sur place, le consulat général de France à Genève, qui est compétent pour cette circonscription. Nous en sommes là, actuellement.
Q - Qu’est-ce qu’on sait, de ces Français qui passaient leurs vacances en Suisse ? Ce sont des résidents ? Ils vivaient là-bas ou ils étaient simplement là pour les fêtes ?
R - Les situations sont très diverses. Je ne vais pas rentrer encore dans le détail. L’urgence, actuellement, c’est de pouvoir faire cette identification. C’est ce à quoi s’attellent les autorités suisses. Le Président de la République, le ministre des affaires étrangères Jean-Noël Barrot ont été en contact avec leurs homologues pour leur dire notre offre de soutien dans cette tragédie. Vous l’avez dit un peu plus tôt, mais la France a réservé 19 lits, 15 adultes et 14 pédiatriques, pour pouvoir accueillir des blessés.
Q - Ça dit beaucoup de l’âge.
R - Ça dit effectivement aussi de l’âge. Donc là, c’est juste de la réponse aux besoins des autorités suisses qui sont les premières en ligne sur cette affaire.
Q - Vous l’avez dit, il y a quelques mètres du bureau du ministre des affaires étrangères, il y a ce centre de crise et de soutien au Quai d’Orsay, qui réunit à la fois des spécialistes juridiques, humanitaires, des secours. Comment, précisément, un 1er janvier, fonctionnent ces services-là, en coopération avec vos autorités consulaires en Suisse ?
R - Ils centralisent toutes les informations. Dans un tel cas, il y a une forte coordination interministérielle. Il y a bien sûr le ministère des affaires étrangères qui assure cette coordination avec les services consulaires sur place et en centrale. Mais beaucoup d’autres ministères sont concernés. Il y a le ministère de la Santé, évidemment, le ministère de l’intérieur, le ministère des armées. Tous sont à la manœuvre et ont été très mobilisés aussi cette nuit. Je veux les saluer, notamment parce que les autorités suisses nous ont indiqué que nous prenions huit patients supplémentaires. Nous en avons déjà accueilli trois hier, deux à Lyon, un à Paris, deux étaient français et un était suisse. Et il y a huit patients, dont nous sommes en train de voir comment pouvoir les prendre en charge dans nos hôpitaux.
Q - Sans dévoiler l’identité des personnes portées disparues, vous parliez de l’âge tout à l’heure, et on le voit sur les photos. Vous nous confirmez qu’il s’agit de jeunes victimes, de jeunes qui participaient parfois, même de mineurs. Est-ce que vous avez cette information ?
R - C’est ça qui est terrible dans cette affaire. Je crois qu’il y a aussi beaucoup d’identification de la part des uns et des autres. C’est qu’il s’agit de personnes qui peuvent être jeunes.
Q - Parmi les personnes portées disparues, il y a des mineurs ?
R - Je ne serai pas plus précis sur les personnes dont nous n’avons pas d’informations sur la localisation, mais il y a, en tout cas dans les personnes blessées, les autorités suisses nous ont fait des demandes aussi pour des personnes de lits pédiatriques.
Q - Je voulais revenir sur ces personnes qu’on n’arrive pas à localiser. Qu’est-ce que ça veut dire, quand on n’arrive pas à les localiser ? Je suis désolée de poser la question, mais est-ce que ces huit personnes sont considérées comme mortes ?
R - Non. Dans une telle situation, c’est souvent les familles qui sont en contact avec nous et qui nous disent « nous n’avons pas d’informations » sur telle ou telle personne. Ce sont des situations qui sont traitées de manière très individuelle, très discrète aussi, et sur lesquelles nous essayons d’avancer avec les autorités suisses sur place, pour arriver très vite à avoir l’information.
Q - Merci beaucoup Pascal Confavreux. Vous nous confirmez donc ce matin le bilan, pour l’instant, provisoire encore, de neuf Français blessés et huit de nos ressortissants dont on est toujours sans nouvelles, qu’on a du mal encore à localiser.
R - Exactement.
Q - On comprend bien que les services du ministère des affaires étrangères suit ce dossier de près.
Source : BFM TV, émission « BFM Première » du 02/01/2026 à 08h05