Trois questions à Anne-Marie Maskay, déléguée de la DFI (publié le 06.11.18)

Anne-Marie MASKAY a pris ses fonctions de déléguée aux fonctionnaires internationaux le 2 novembre 2018.

Pouvez-vous nous présenter votre parcours et nous dire si vous avez une expérience en organisation internationale (OI) ?

J’ai un parcours quelque peu atypique, car je suis arrivée à la diplomatie sur le tard, après des études scientifiques. C’est en 2002 que j’ai rejoint le ministère des Affaires étrangères, où j’ai été affectée à la direction de la Coopération européenne de l’époque. J’ai ensuite eu la chance d’être mise à disposition de la Commission européenne en qualité d’experte nationale détachée (END) sur des sujets relatifs à l’élargissement de l’UE, avant de revenir dans le giron du ministère, mais toujours à Bruxelles, auprès de la représentation permanente de la France auprès de l’Union européenne (RPUE), où j’ai eu le privilège de vivre la présidence française de l’UE de 2008. De là, je suis partie au cabinet des ministres de l’Écologie, de l’Énergie, du Développement durable et de la Mer, avant de rejoindre la mission permanente de la France auprès des Nations unies à New York. C’est là, en tant que responsable du pôle ressources humaines, réformes, présence française et francophonie que j’ai acquis une expérience solide du système des Nations unies. J’ai aussi passé quelques années comme numéro deux de l’ambassade de France en Hongrie. Plus récemment, j’ai exercé les fonctions de déléguée adjointe aux Affaires francophones avant de prendre mon poste actuel à la DFI.

Mon expérience auprès des instances européennes, onusiennes et francophones me permettent d’appréhender ce nouveau poste dans sa globalité. Avec l’excellente équipe qui constitue la DFI, je me réjouis d’avance de pouvoir contribuer au soutien et à la promotion de la présence de nos compatriotes dans les organisations internationales.

Quels sont vos projets pour la délégation aux fonctionnaires internationaux (DFI) ?

Quelle que soit la qualité de ses conseillers sectoriels, la DFI ne peut travailler seule. Comme mes prédécesseurs l’ont fait, je vais évidemment m’attacher à construire une relation étroite avec tous les interlocuteurs pertinents, bien sûr au sein du MEAE, mais aussi dans les autres ministères, avec les OI concernées et les homologues dans d’autres pays, sans oublier nos partenaires, comme les associations de fonctionnaires internationaux français. La bonne circulation de l’information, via l’établissement de réseaux solides et efficaces, est l’une des clés du succès.

Dans le même esprit, la sensibilisation de tous les publics aux opportunités des carrières internationales doit être encore renforcée. La DFI poursuivra donc la professionnalisation de sa communication.

Elle amplifiera son action auprès des établissements d’enseignement supérieur pour toucher un nombre encore plus grand de jeunes futurs diplômés, dans une perspective de construction de carrière originale et riche.C’est dans cette optique qu’elle tiendra son propre stand à la Journée de la Diplomatie, le samedi 17 novembre, au Centre de conférences ministériel du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères (MEAE). Au-delà, nous restons ouverts à toute proposition d’intervention en région parisienne et en province, que ce soit au sein d’établissements d’enseignement supérieur ou à l’occasion de forums carrières.

La DFI continuera enfin à développer sa présence sur les réseaux sociaux professionnels comme LinkedIn, où elle met en avant les opportunités à saisir et les informations utiles pour les candidats. La forte progression des abonnements à sa lettre électronique hebdomadaire témoigne de l’intérêt des lecteurs et laisse augurer d’un bon potentiel de développement de son action.

Sur un plan plus technique, nous nous attacherons à améliorer l’application CIEL, qui est depuis quelques années déjà notre moteur de recherche pour les carrières internationales en ligne, afin de le rendre plus performant et mieux adapté aux évolutions et exigences actuelles.

Les Français ont-ils encore un avenir dans les organisations internationales ?

Bien sûr, et plus que jamais ! Vous le savez, le multilatéralisme constitue une priorité de la France, comme l’a rappelé récemment encore le Président de la République dans son discours du 25 septembre dernier à l’Assemblée générale des Nations unies à New York ou celui du 11 octobre lors du sommet de la Francophonie à Erevan. Or, un multilatéralisme robuste et efficace repose sur des organisations multilatérales crédibles, solides, aptes à répondre aux défis de notre temps. Et ce sont des femmes et des hommes aux origines, parcours et compétences riches et divers qui composent ces organisations, à tous les niveaux de grades et dans tous les types d’emplois.

La présence des Français y demeure nécessaire, même si d’aucuns disent que nous sommes déjà particulièrement bien représentés. Ce qui n’est pas faux, mais il n’y a aucune raison de s’auto-censurer : les Français sont toujours recherchés par les gestionnaires des RH des OI, non seulement en raison de l’excellence de leur formation, reconnue par les recruteurs, mais aussi parce qu’ils sont mobiles et ouverts à des expériences internationales dans des cadres où sont promues les valeurs universelles dans lesquelles ils se reconnaissent. Les organisations internationales continuent donc de présenter, pour les Françaises et les Français, des possibilités formidables de carrières passionnantes et engagées. Quoiqu’il ne faille pas sous-estimer la difficulté à y entrer, les opportunités existent, et la DFI est là pour accompagner ceux qui souhaitent se lancer, que ce soit en tout début de carrière via les jeunes experts associés (JEA), les volontaires des Nations unies (VNU), les jeunes professionnels en délégation de l’UE, ou au-delà, pour effectuer une mobilité ou construire un parcours international. N’hésitez pas à nous contacter !

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