Présentation du Vénézuéla

Données générales

VÉNÉZUÉLA {JPEG}

Présentation du pays

Nom officiel : République bolivarienne du Vénézuéla
Nature du régime : République fédérale présidentielle

Données géographiques

Superficie : 912 050 km²
Capitale : Caracas
Villes principales : Maracaibo, Valencia, Barquisimeto, Maracay, Ciudad Guayana
Langue officielle : espagnol
Langues courantes : environ 40 langues autochtones (wayuu, piaroa, pemón, guahibo, etc.)
Monnaie : bolivar souverain (1€ = 15 280 BsS - taux au 13/08/19).
Fête nationale : 5 Juillet, jour de l’Indépendance (1811)

Données démographiques

Population (2015) : 31,83 millions (moins de 15 ans : 29,6 % ; urbaine : 93,4 %)
Densité :  28,5 habitants par km²
Croissance démographique : 1,5 %
Espérance de vie (PNUD, 2017) : 74,7 ans (hommes 70,8 ans ; femmes 78,9 ans)
Taux d’alphabétisation (PNUD, 2016) : 97,1 %
Religions : catholicisme (96 %), protestantisme (2 %), autres (2 %)
Indice de développement humain (PNUD, 2017) : 0,761 (78e)
Indice d’inégalité de genre (PNUD) : 0,454 (78e mondial)

Données économiques

PIB (FMI, 2018) : 98,47 Mds USD (2017 : 143,84Mds USD)
PIB par habitant (FMI, 2017) : 3 370 USD (2016 : 4 720 USD)
Taux de croissance (FMI, 2018) : - 18 % (2017 : - 15,7 %)
Taux de chômage : inconnu
Taux d’inflation (FMI, 2018) : 929 790 %
Dette publique (FMI, 2018) : 175,16 % du PIB
Balance commerciale (FMI, 2018) : 5,906 Mds USD
Principaux clients (2012) : États-Unis (40 %) ; Chine (20 %) ; Inde (10 %) ; Singapour (5 %) ; Cuba (5 %)
Principaux fournisseurs (2012) : États-Unis (25 %) ; Chine (16 %) ; UE (14 %) ; Brésil (9 %) ; Colombie (5 %)

Éléments d’actualité

Politique intérieure

La « Révolution bolivarienne » lancée par Hugo Chavez a profondément changé les institutions, la politique et la société vénézuélienne depuis 1998. La « République bolivarienne » instaure un Parlement monocaméral, des éléments de démocratie participative dont le référendum révocatoire pour tout mandat électif et un « État communal » transférant une part du pouvoir décisionnel au niveau local à des assemblées non élues de citoyens. Le régime reste présidentiel, le président est élu au suffrage universel direct pour un mandat de 6 ans reconductible indéfiniment depuis la réforme constitutionnelle de 2009. Au sommet du pouvoir judiciaire se trouve le Tribunal suprême de justice (TSJ – Cour suprême) et à la tête du pouvoir électoral, le Conseil national électoral (CNE), deux institutions considérées comme dominées par des proches de l’Exécutif.

Sous ses mandats (1999-2012), le président Chavez a mis en œuvre une ambitieuse politique sociale placée sous le signe du « socialisme du XXIe siècle » et financée par les importants revenus de la manne pétrolière. Des nombreux programmes sociaux regroupés autour d’une trentaine de « missions » visaient à améliorer l’accès des plus démunis à la santé, au logement, à l’éducation, à l’alimentation, à l’emploi. Ces programmes ont alors permis de réduire la pauvreté qui, selon la Commission économique pour l’Amérique latine et les Caraïbes (CEPALC) a reculé de 54 % à 23,8 % de 2003 à 2009. Ces chiffres contrastent fortement avec la situation socio-économique et humanitaire prévalant aujourd’hui au Vénézuéla.

En 2013, la mort d’Hugo Chavez et l’élection de son dauphin, Nicolas Maduro, marquent le début d’une crise politique qui se prolonge aujourd’hui. L’élection de Nicolas Maduro face à Henrique Capriles en 2013 est contestée par l’opposition malgré un audit de l’UNASUR qui certifie les résultats. En janvier et en février 2014, une partie de l’opposition radicale associée à un mouvement étudiant décrète « La Sortie » (« La Salida ») du gouvernement en place. Les manifestations dégénèrent et se soldent par 43 morts, l’un des principaux leaders de l’opposition, Leopoldo Lopez, est arrêté et condamné à 13 ans de prison à l’issue d’un procès controversé. En 2016, l’opposition tente d’organiser un référendum révocatoire à l’encontre du président Maduro mais le CNE parvient à empêcher la tenue de ce scrutin.

L’élection législative de 2015 remportée haut la main par l’opposition marque le début d’une grave crise institutionnelle entre les pouvoirs exécutif et législatif qui ne se reconnaissent plus. Le 9 janvier 2017, le Parlement déclare le président Maduro en « abandon de charge » et en mars 2017 le Tribunal suprême de justice considère l’Assemblée nationale en situation de « désobéissance » (« desacato »), une sentence qui vient parachever une série de décisions du Tribunal suprême de justice dépossédant le Parlement de ses pouvoirs. Entre les mois de mars et d’août 2017, l’opposition se mobilise massivement, le bilan des troubles est évalué à 124 morts par le Haut-Commissariat de l’ONU pour les droits de l’homme. En août 2017, s’installe une Assemblée nationale constituante (ANC) controversée dont l’élection a été boycottée par l’opposition et qui n’est pas reconnue par la majorité des pays du continent américain et l’Union européenne.

Face au profond blocage politique, plusieurs tentatives de négociations ont été menées sans jamais déboucher sur un accord. Deux cycles de médiation sous l’égide du Vatican et de l’UNASUR sont initiés au printemps 2014 et à l’automne 2016 mais tournent court. En septembre 2017, la République dominicaine est l’hôte d’une série de négociations entre l’opposition et le gouvernement, celles-ci sont suspendues sine die le 7 février 2018 constatant l’incapacité des parties à atteindre un accord.

Le gouvernement décide de convoquer dans un premier temps unilatéralement des élections anticipées au 20 avril 2018, repoussées dans un second temps au 20 mai 2018 suite à un accord avec des fractions minoritaires de l’opposition le 1er mars. Le scrutin du 20 mai 2018 qui se tient dans des conditions très controversées et est boycotté par une majorité de l’opposition, voit Nicolas Maduro être réélu avec 67 % des suffrages et une abstention qui bat un record historique en dépassant les 53 % selon les chiffres officiels. Le principal candidat d’opposition, Henri Falcon, rejette les résultats en dénonçant des irrégularités et le non-respect par le gouvernement des conditions agréées dans l’accord du 1er mars. L’Assemblée nationale ne reconnaît pas non plus le résultat. De nombreux pays dénoncent un scrutin ni libre, ni transparent parmi eux les pays latino-américains réunis dans le Groupe de Lima, les États-Unis et l’UE. La réélection de Nicolas Maduro est en revanche reconnue par les pays alliés de Caracas, notamment la Russie, la Chine, la Bolivie, Cuba, le Nicaragua et la Turquie.

Dans ce contexte, le 23 janvier 2019, Juan Guaido, élu président du Parlement vénézuélien le 5 janvier 2019, se proclame président par intérim et reçoit le soutien des États-Unis et de la majorité des pays latino-américains. Constatant le refus de Nicolas Maduro de convoquer de nouvelles élections présidentielles, la majorité des États membres de l’Union européenne, dont la France, considère Juan Guaido comme le président par intérim en charge de l’organisation d’élections démocratiques. Fin mai 2019, la Norvège annonce la tenue de pourparlers directs entre le régime et l’opposition vénézuélienne, cette médiation est soutenue notamment par l’Union européenne et le Groupe de contact international. Le 5 juillet la Haute-Commissaire des Nations unies pour les droits de l’homme, Michelle Bachelet, publie un rapport soulignant les violations aux droits de l’homme et en particulier la stratégie des autorités « visant à neutraliser, réprimer et incriminer les opposants politiques ».

Situation économique

Bien que détenteur des plus grandes ressources pétrolières prouvées du monde (300 milliards de barils), le Vénézuéla traverse depuis plusieurs années la plus grave crise économique de son histoire. La baisse drastique des cours du brut sur la même période n’a fait que révéler les faiblesses structurelles d’une économie dont la dépendance à la rente pétrolière n’a cessé de croître. Sur les cinq dernières années, l’économie vénézuélienne s’est contractée de plus de moitié, le pays est confronté à une hyperinflation sans précédent évaluée à plus de 1 000 000 % en 2018, à un effondrement de sa production pétrolière et à un épuisement de ses réserves monétaires conduisant à une réduction drastique des importations. Malgré plusieurs réévaluations, le salaire mensuel minimum est estimé à moins de 10 dollars, soit le plus faible du continent américain. La dette est évaluée à plus de 150 milliards de dollars et l’État vénézuélien ne parvient plus à se refinancer sur les marchés financiers internationaux du fait des sanctions financières américaines et de sa faible crédibilité auprès de ses créanciers.

Corolaire de cette crise économique, la situation humanitaire s’est fortement dégradée. Selon l’ONU, près d’un quart de la population, soit 7 millions de personnes, a besoin d’aide humanitaire. Le pays est régulièrement confronté à d’importantes pannes d’électricité affectant la distribution de l’eau et le fonctionnement des hôpitaux. La Croix rouge intervient dans le pays depuis le mois d’avril 2019 mais est confrontée à des besoins exponentiels. Selon l’ONU, 4 millions de Vénézuéliens ont quitté leur pays, soit plus de 10 % de la population, les estimations tablent sur plus de 7 millions d’ici la fin de l’année 2020. La crise migratoire vénézuélienne est l’une des plus importantes au monde.

Politique étrangère

La politique extérieure de la République bolivarienne du Vénézuéla se caractérise par son « anti-impérialisme », son tiers-mondisme et sa défense d’un monde multipolaire. L’opposition aux États-Unis a structuré la politique étrangère d’Hugo Chavez qui s’est rapproché de pays entretenant de relations difficiles avec Washington, en premier lieu l’Iran, la Chine et la Russie, ces deux derniers comptant parmi les principaux créanciers du Vénézuéla. La promotion d’une diplomatie Sud-Sud s’inscrit dans la continuité de la diplomatie vénézuélienne historique. Le Vénézuéla de Carlos Andrés Pérez (1974-1979 ; 1989-1993) était un membre influent du Mouvement des non-alignés, mouvement dont le Vénézuéla assume la présidence depuis 2016. Aussi, le Vénézuéla est membre fondateur de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP).

L’arrivée au pouvoir d’Hugo Chavez en 1999 marque le début du « virage à gauche » du continent américain. Dans ce contexte, le Vénézuéla devient le principal promoteur de l’intégration régionale en profitant de sa proximité avec les présidents Lula au Brésil, Nestor Kirchner en Argentine, Evo Morales en Bolivie ou encore Rafael Correa en Équateur. Hugo Chavez est à l’initiative de la fondation de l’ALBA (Alliance bolivarienne pour les peuples de notre Amérique) en 2004 qui regroupe 12 pays de la région. En 2005, il lance PetroCaribe le programme d’approvisionnement en pétrole des pays de la région Caraïbe à des conditions préférentielles, et il fonde la chaîne de télévision régionale Telesur. Poursuivant sa politique « anti-impérialiste », le Vénézuéla participe activement à la formation d’organisations régionales excluant les États-Unis, notamment la Communauté des États latino-américains et caribéens (CELAC), instituée en 2011 à Caracas, ou encore en marginalisant l’Organisation des États américains (OEA) qu’il quitte en avril 2019.

Par son ampleur, la crise vénézuélienne a pris une dimension régionale et internationale. Sur le plan régional le Vénézuéla est passé ces dernières années du statut de principal promoteur de l’intégration régionale à celui d’État isolé au sein du continent américain. La dérive autoritaire du gouvernement vénézuélien est régulièrement condamnée par le Groupe de Lima réunissant onze pays américains (Argentine, Brésil, Canada, Chili, Colombie, Costa Rica, Guatemala, Honduras, Panama, Paraguay, Pérou). Les pays d’Amérique du Sud confrontés à la crise migratoire vénézuélienne, en premier lieu la Colombie accueillant plus de 1,2 million de Vénézuéliens, appellent à la solidarité de la communauté internationale. Depuis mars 2015, les États-Unis ont adopté plusieurs séries de sanctions individuelles contre une centaine de hauts responsables vénézuéliens. Washington a également adopté des sanctions financières en août 2017, en mars 2018 puis en août 2019 ainsi qu’un embargo pétrolier en janvier 2019. À l’inverse, la Russie, la Chine, l’Iran, la Turquie, Cuba, la Bolivie et le Nicaragua soutiennent Nicolas Maduro est condamnent « l’ingérence » dans les affaires internes du Vénézuéla.

L’Union européenne a adopté un embargo sur les armes et le matériel de répression en novembre 2017 ainsi que des sanctions visant 18 haut-responsables vénézuéliens coupables de violation aux droits de l’homme et d’atteinte à l’état de droit, en janvier et juin 2018. L’Union européenne n’a pas considéré les résultats de l’élection présidentielle anticipée de mai 2018 comme représentatifs de la volonté du peuple vénézuélien. L’UE a appelé à la fin de la répression visant les opposants politiques en particulier les députés de l’Assemblée nationale et à la libération de tous les prisonniers politiques. L’UE a été à l’initiative du Groupe de contact international (GCI) dont l’objectif est de promouvoir une sortie négociée et pacifique à la crise passant par la tenue d’élections libres ainsi que la livraison d’une aide humanitaire dans le strict respect des principes humanitaires. Le Groupe de contact est composé de 8 pays européens (Allemagne, Espagne, France, Italie, Pays-Bas, Portugal, Royaume-Uni, Suède) et de 5 pays latino-américains (Bolivie, Costa, Rica, Equateur, Panama, Uruguay). Le GCI soutient la médiation sous l’égide de la Norvège. Depuis 2018, l’UE a débloqué 117,6 millions d’euros d’aide humanitaire pour les Vénézuéliens au Vénézuéla et ceux réfugiés dans les pays de la région.

Mise à jour : 20.08.19

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