Turquie - Q&R - Extrait du point de presse du 10 novembre 2016

Q - Le journaliste d’opposition turc Can Dündar était à Paris mardi, il a dénoncé le silence et la réaction tardive des gouvernements européens, notamment des autorités françaises et allemandes, face à la vague d’arrestations de journalistes, politiques et opposants dans le pays depuis le coup d’Etat de juillet. Jean-Marc Ayrault a indiqué hier s’être entretenu avec son homologue turc : cette question a-t-elle été abordée ? Si oui en quels termes ? Est-ce qu’une action coordonnée européenne est envisagée ?

R - Sur ce sujet, je vous rappelle les déclarations de M. Jean-Marc Ayrault à l’Assemblée nationale le 8 novembre dernier :

" Depuis plusieurs semaines, la Turquie connaît une évolution préoccupante. (…)
Il faut faire face à ces évolutions, il faut être lucide sur la situation et clair sur nos principes. La lucidité, c’est de reconnaître que la Turquie est la cible du terrorisme, qu’il vienne de Daech ou du PKK. (…) La Turquie a donc le droit de se défendre, mais à nos yeux, elle ne peut pas le faire sans respecter les principes de l’État de droit. Je l’ai dit très clairement à mes interlocuteurs (…).

Nous pensons qu’il faut maintenir le dialogue avec la Turquie, mais ce dialogue doit être clair et franc. En particulier, il est nécessaire de rappeler que la Turquie fait partie du Conseil de l’Europe - comme nous - et que cela implique le respect d’un certain nombre de valeurs fondamentales, par exemple, le refus de la peine de mort. Nous devons faire comprendre à la Turquie qui se replie aujourd’hui, qu’elle n’a aucun intérêt à agir ainsi. Si elle veut respecter le droit, elle doit commencer par respecter l’État de droit."

Par ailleurs, je vous rappelle que la situation en Turquie sera évoquée au Conseil des affaires étrangères du lundi 14 novembre auquel M. Jean-Marc Ayrault participera.

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