Présentation de Trinité-et-Tobago

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Présentation du pays

TRINITÉ-ET-TOBAGO {JPEG}

Données générales

Nom officiel : République de Trinité-et-Tobago
Nature du régime : régime parlementaire inspiré du Royaume-Uni
Chef de l’État : Mme Paula-Mae WEEKES (depuis le 19 mars 2018)
Chef du Gouvernement : M. Keith ROWLEY (depuis le 9 septembre 2015).

Données géographiques

Superficie : 5 130 km² (Banque mondiale 2017)
Capitale : Port-d’Espagne (43 396 habitants)
Villes principales : Port d’Espagne, San Fernando et Chaguanas
Langue (s) officielle (s) : anglais
Langue (s) courante (s) : anglais trinidadien, hindoustani, espagnol, « patois » (créole français)
Monnaie : dollar trinidadien (TT$). 1 TTD = 0,131 € au 2 mars 2020 (taux de chancellerie)
Fête nationale : 31 août (1962, date de l’indépendance)

Données démographiques

Population (Banque mondiale 2017) : 1,36 million d’habitants
Densité (Banque mondiale 2017) : 266 habitants par km²
Croissance démographique (Banque mondiale 2017) : 0,30 %
Espérance de vie (Banque mondiale 2017) : 73 ans
Taux d’alphabétisation (CEPAL 2013) : 98,7 %
Religion (s) : 50 % de chrétiens (dont 26 % de catholiques ; parmi les protestants, 7,8 % d’anglicans, 6,8 % de pentecôtistes, 4 % d’adventistes du 7e jour, 3,3 % de presbytériens, 1,8 % de baptistes et 0,9 % de méthodistes) ; hindouistes (22,5 %) ; musulmans (7,5 %).
Indice de développement humain (2018) : 0,784 soit le 69e rang mondial sur 188

Éléments d’actualité

Politique intérieure

Institutions : Le président de la République (dont les pouvoirs sont essentiellement protocolaires) est élu par le Parlement. Celui-ci est bicaméral avec une Chambre des représentants (41 membres élus au suffrage universel tous les 5 ans au scrutin majoritaire à un tour) et un Sénat (31 membres nommés par le président de la République, dont 16 sur proposition du Premier ministre et 6 du chef de l’opposition).
Le pouvoir exécutif est exercé par le Premier ministre, chef de la majorité parlementaire.

Les deux partis qui dominent la scène politique sont :

  • L’United National Congress Alliance (UNC), qui s’appuie largement sur la population originaire du sous-continent indien (40 % de la population), dirigée par Mme Kamla PERSAD-BISSESSAR. Ce parti détient 17/41 sièges à la Chambre des représentants et 6/31 au Sénat (soit 31,9 % des sièges).
  • Le People’s National Movement (PNM), au pouvoir de 2002 jusqu’aux élections anticipées du 24 mai 2010, dont l’électorat est principalement afro-trinidadien (37 % de la population) et créole. Il rassemble 23/41 sièges à la chambre et 15 sièges au Sénat (soit 52,7 % des sièges).

L’UNC avait remporté les élections en 1995, puis en 2000, contre le PNM. Lors d’élections anticipées le 10 décembre 2001, l’UNC et le PNM obtinrent un nombre égal de sièges provoquant une crise politique et institutionnelle. Celle-ci trouva son épilogue avec l’organisation de nouvelles élections le 7 octobre 2002, qui virent la victoire du PNM de M. Patrick MANNING, rééditée lors des élections du 5 novembre 2007. Lors des élections anticipées de mai 2010, c’est une coalition (le People’s Partnership), constituée notamment de l’UNC, du Congress of the People (COP) créé en 2006 par un ancien dirigeant de l’UNC, M. Winston DOOKERAN, opposé à la politique traditionnellement menée par les partis sur une base ethnique, ainsi que du parti régional de l’île de Tobago, la Tobago Organisation of the People (TOP), qui l’emporte. Mme Kamla PERSAD-BISSESSAR, dirigeante de l’UNC, devient Premier ministre. Elle a convoqué les élections municipales le 26 juillet 2010, à l’issue desquelles le PP et l’UNC ont conquis 11 des 14 municipalités du pays, alors que l’UNC n’en contrôlait que 5 auparavant. Le PNM conserve toutefois la mairie de Port-d’Espagne, la capitale. Aux élections législatives du 7 septembre 2015, le PNM remporte 23 sièges contre 18 pour la coalition de Mme Kamla Persad Bissesar. M. Keith Rowley, chef de l’opposition, est nommé Premier ministre le 9 septembre 2015. Mme Paula-Mae WEEKES, magistrate, a été élue le 19 mars 2018, sans opposant, par le Parlement comme la 6e Présidente de la République et la 1re femme à ces fonctions pour 5 ans, succédant à M. Anthony CARMONA (2013-2018).

De élections se tiendront en 2020 pour les 42 sièges de la Chambre des représentants au cours desquelles, sans surprise, les deux grands partis (PNM et UNC) devraient à nouveau s’opposer.

Politique étrangère

Trinité-et-Tobago est membre de l’Organisation des Nations unies (ONU), de l’Organisation des États américains (OEA), de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), de l’Association des États de la Caraïbe (AEC, dont le siège est à Port-d’Espagne), de la Communauté économique de la Caraïbe (CARICOM), ainsi que du Commonwealth. Son statut de pays à revenu élevé lui a permis de renforcer son rôle à l’échelle régionale, notamment au sein de la CARICOM, dont il assure plus des deux tiers des échanges extérieurs.

Trinité-et-Tobago entretient un réseau d’une vingtaine d’ambassades et consulats généraux à travers le monde (3 implantations en Europe : Londres, Bruxelles et Genève ONU). L’appartenance à la CARICOM, à l’Organisation des États américains (OEA) et au Commonwealth reste une donnée essentielle de la politique extérieure du pays. Il avait ainsi accueilli successivement, en 2009, un sommet des Amériques (en avril), puis un sommet du Commonwealth (en novembre). Le pays contribue à la coopération régionale en matière de lutte contre la drogue et accueille le secrétariat du Groupe d’action financière des Caraïbes (GAFIC).

Trinité-et-Tobago entretient une relation privilégiée avec les États-Unis d’où provient la majeure partie (69,2 %) des investissements directs étrangers reçus par le pays, et où s’est établie une importante diaspora trinidadienne (plus de 400 000 Trinidadiens, dont la moitié a acquis la citoyenneté américaine et quelque 165 000 résidents légaux), ainsi qu’avec le Canada, qui accueille plus de 200 000 Trinidadiens. Trinité-et-Tobago entretient également une relation spéciale avec le Royaume-Uni (diaspora de près de 100 000 membres, plusieurs experts britanniques auprès des autorités trinidadiennes – justice, police -). Depuis quelques années, la Chine prend une place accrue dans les relations extérieures du pays. Le Premier ministre de Trinité-et-Tobago s’est rendu en visite officielle en Chine en mai 2018 et a signé un accord de partenariat avec Pékin prévoyant le rattachement de son pays au projet chinois de « nouvelles routes de la soie maritimes ».

Le Vénézuéla est un partenaire historique incontournable de Trinité-et-Tobago (projets d’exploitation conjointe de gisements de gaz offshore). La dégradation de la situation de ce pays est un sujet de forte préoccupation à Trinidad qui craint une forme de contagion (situé à « 7 miles nautiques » des côtes vénézuéliennes et qui accueille déjà sur son sol près de 80 000 clandestins en provenance de son voisin).

Trinité-et-Tobago reste proche de Nicolas Maduro et prône, à l’instar d’une majorité de pays de la CARICOM, la non-ingérence.

Situation économique

PIB (Banque mondiale 2018) : 23,8 Mds USD courants
RNB par habitant (Banque mondiale 2017) : 15 340 USD courants
Croissance (Banque mondiale 2018) : -2 %
Chômage (Banque mondiale, 2017) : 4,8 %
Inflation (Banque mondiale 2018) : 1 %
Solde budgétaire (DGT 2018) : -5,49 % du PIB
Balance commerciale, hors services (Banque mondiale, 2018) : 3,7 Mds €
Principaux clients (Banque mondiale 2015) : États-Unis (41,73 %), Argentine (6,75 %), Colombie (4,07 %), Pérou (3,9 %) […] 9e France (2,25 %)
Principaux fournisseurs (Banque mondiale 2015) : États-Unis (31,95 %), Gabon (12,49 %), Chine (7,1 %), Colombie (5,51 %) […] 17e France (1,2 %)

Part des principaux secteurs d’activités dans le PIB (Banque mondiale, 2017) :

  • agriculture : 0,5 %
  • industrie : 38,2 %
  • services : 61,3 %

Exportations de la France vers Trinité-et-Tobago (en 2018 - Douanes) : 28,6 M € (-11 %)
Importations françaises depuis Trinité-et-Tobago (en 2018 - Douanes) : 209,2 M € (-20 %)

Pour aller plus loin, consultez la fiche pays sur le site de la Direction générale du Trésor

Après deux années de récession nette, le pays a connu une reprise de la croissance en 2018 et 2019 (entre 1 et 2 %), sous l’impulsion, essentiellement, du secteur du gaz naturel qui représente le 4e grand poste d’importations avec 15 M € avec trois producteurs majeurs BP, Shell et BHP.

Le PM a mis en place un « comité de 22 sages » mandaté pour réfléchir à l’après COVID et à un nouveau modèle économique et de croissance qui restera à préciser.

Les principaux atouts – et leviers – du gouvernement trinidadien dans ce contexte d’évidente fragilité de la croissance sont :

  • Un niveau important de réserves en devises (aux alentours de 8 mois d’importation) ;
  • Un niveau d’endettement qui demeure très largement soutenable ;
  • L’existence d’un fonds souverain important (6 Mds USD).

Les opportunités de diversification de l’économie, notamment en période de prix relativement bas du pétrole et du gaz, restent des plus aléatoires. Toutefois, Trinité-et-Tobago pourrait bénéficier, comme base arrière de services et d’approvisionnement, de l’essor des gisements d’hydrocarbures du Guyana.
Le secteur pétrolier, pour des raisons essentiellement liées à une fiscalité très lourde (existence d’un impôt dit Suplemental Petroleum Tax inadapté aux niveaux actuels du prix du brut) a réduit significativement ses niveaux de production (aujourd’hui 65 000 barils/jour). Le premier producteur privé est le Français Perenco (11 000 barils/jour).

Le secteur pétrolier fait l’objet d’une réorganisation, s’agissant de sa partie publique : la société nationale Petrotrin a été liquidée et a été scindée en deux entités Heritage (production) et Paria (importation distribution). La raffinerie, fermée, fait l’objet d’une mise en vente sur la base d’une consultation internationale. Globalement, aujourd’hui, le principal enjeu pour les autorités reste la définition d’une nouvelle politique énergétique (y compris s’agissant du secteur électrique) en cohérence avec les besoins de l’économie trinidadienne.

Trinité-et-Tobago a conclu avec la France une convention en vue d’éviter les doubles impositions, de prévenir l’évasion fiscale en matière d’impôts sur le revenu et d’encourager le commerce et les investissements internationaux. Trinité-et-Tobago ne figurait plus sur la liste française des États et territoires non coopératifs en matière fiscale mais a été listée après 2009 sur celle de l’OCDE en tant que juridiction non coopérative. C’est d’ailleurs le dernier et désormais seul pays à en faire partie (dernière liste validée le 7 juillet 2017).

Le Conseil EcoFin du 5 décembre 2007 a par ailleurs inscrit Trinité-et-Tobago sur la liste de l’Union européenne (1er exercice du genre) des juridictions non coopératives en matière fiscale, malgré ses efforts pour adhérer au cadre inclusif pour la mise en œuvre du projet BEPS), premier pas vers une mise en conformité plus large au regard des critères européens et de l’OCDE.

Trinité-et-Tobago, qui est sortie de la lise grise du GAFI en février 2020, a été inscrite sur la nouvelle liste grise AML-CFT de l’UE le 7 mai 2020.

Mise à jour : 15.06.20

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