Présentation du Timor oriental

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Présentation du pays

TIMOR ORIENTAL {JPEG}

Données générales

Nom officiel : République démocratique du Timor oriental
Nature du régime : Démocratie parlementaire
Chef de l’Etat : Francisco Guterres (depuis mars 2017)
Premier Ministre : Taur Matan Ruak (depuis le 22 juin 2018)
Parlement : Parlement national, monocaméral

Données géographiques

Superficie : 15 410 km²
Capitale : Dili
Villes principales : Bacau
Langue officielle : tetum, portugais
Langues courantes : tetum, portugais, indonésien
Monnaie : dollar américain et centavos (en-dessous d’1 $)
Fête nationale : 20 mai (date de l’indépendance)

Données démographiques

Population (2019) : 1,29 M
Densité : 86 h/km²
Croissance démographique : 1,6 %
Espérance de vie (2018) : 69,3 ans
Taux d’alphabétisation (2015) : 82,2 %
Religions : catholique (97 %), islam (1 %), protestantisme (1 %), autres (1 %)
Indice de développement humain (2018) : 0,626 (169ème)

Éléments d’actualité

Politique intérieure

Plus jeune État d’Asie (il a accédé à l’indépendance en 2002), le Timor oriental est l’un des pays les plus pauvres de la région et qui reste dépendant, pour sa croissance économique et son développement humain, de l’aide internationale.

La première élection présidentielle sans la supervision des Nations unies s’est tenue le 20 mars 2017, après une campagne électorale sans incident notable. Soutenu par les deux principaux partis du pays, Francisco GUTERRES, a été élu à la tête du pays avec 57% des suffrages, à l’issue du premier tour de l’élection.

Les élections législatives de mai 2018 ont amené le Premier ministre Taur Matan Ruak dont le gouvernement a été confronté à une série de défis. La démission du Premier ministre en février 2020 a été retirée pour assurer le gouvernement du pays au cours de la crise sanitaire.

Le budget de l’éducation reste très modeste, alors même que la population est très jeune (les moins de 25 ans représentent plus de 60% de la population). Les dépenses consacrées à la santé et à l’agriculture restent également modestes (70% de la population vit du secteur agricole et avec moins de deux dollars US par jour).

La seconde priorité s’appuie sur le développement des transports et des communications, ainsi que celui du secteur de l’industrie minière (marbre, or…) qui favorisera les investissements étrangers. Les secteurs de la pêche, du tourisme et du tertiaire ont également été mentionnés. Le Premier Ministre souligne l’importance de redistribuer les revenus de la rente pétrolière à la population, tout en intégrant les objectifs de développement durable.

La pandémie mondiale de Covid-19 a conduit à l’instauration de l’état d’urgence et à l’isolement du pays (fermeture des frontières sauf exception, suspension des lignes aériennes en dehors d’une seule ligne).

Politique étrangère

La politique étrangère du Timor-Oriental s’articule autour de deux priorités : le développement des relations bilatérales avec ses voisins directs (notamment l’Australie) et l’adhésion à l’ASEAN.

Avec l’Australie, un accord sur la délimitation frontalière a été signé en avril 2018 permettant de faciliter le développement des relations bilatérales. Un accord économique (l’Australian Pacific Labour Scheme) permet, par ailleurs, l’envoi de 50000 travailleurs saisonniers en Australie (150 000 bénéficiaires sur plusieurs années), dispositions importantes dans un pays où l’envoi de fonds depuis l’étranger constitue la troisième source de revenus.

Au plan régional, le Timor oriental recherche une position d’équilibre dans l’espace indopacifique : « rester indépendant, sans être mis sur la touche ». Le Ministère des Affaires étrangères et de la coopération n’a pas souhaité conclure d’accord avec Pékin sur les nouvelles routes de la soie, mais a adhéré à la Banque asiatique pour les investissements dans les infrastructures (BAII). La Chine contribue actuellement à la modernisation de l’armée timoraise et construit notamment des infrastructures routières.
L’adhésion à l’ASEAN constitue la priorité diplomatique du gouvernement avec une candidature déposée officiellement en 2011. Les négociations restent toutefois à un stade encore peu avancé. Le Timor oriental s’efforce d’obtenir des réponses des partenaires de l’ASEAN pour faire progresser le processus d’adhésion et en connaitre les critères précis. La visite d’une délégation de l’ASEAN en 2019 a permis de progresser sur ce plan ; elle visait à évaluer les conditions politiques (sécurité-défense), économiques et socio-culturelles d’une éventuelle future adhésion.

En octobre 2019, le Premier ministre cambodgien Hun Sen s’est prononcé publiquement en faveur de l’adhésion du Timor oriental et a enjoint l’ASEAN à endosser cette candidature au sommet de Bangkok. Lors du Sommet ASEAN de 2020 à Hanoi, les pays de l’ASEAN ont apporté leur soutien à la demande d’adhésion du Timor-Oriental. Ils se sont engagés à appuyer les démarches du Timor oriental et à partager leur expérience avec le pays candidat dans les préparatifs de son admission ainsi que dans l’évaluation des capacités et de l’état de préparation du pays.

Concernant les relations avec l’Union européenne, le troisième dialogue politique avec le gouvernement timorais s’est tenu à Dili en mai 2019 ; l’UE a confirmé à cette occasion son aide dans le cadre du 11e Fonds européen de développement (FED) à hauteur de 95M€ dans le domaine de la gouvernance (programme d’appui budgétaire, renforcement des capacités des institutions, promotion des droits de l’Homme) et du développement rural (programme agro-forestier).

Situation économique

Le pays figure parmi les pays moyennement avancés grâce à des recettes pétrolières qui lui ont permis de générer une croissance économique forte.
La croissance soutenue a suivi l’évolution des prix du pétrole depuis 2006 et a permis d’engager une politique ambitieuse en matière d’infrastructures. Toutefois, les dernières évolutions montrent la fragilité d’une croissance liée essentiellement à la manne pétrolière, peu diversifiée et donc soumise aux aléas de l’économie mondiale. Le Timor-Oriental a également adopté en 2011 un « plan stratégique de développement 2011-2030 », dont l’un des objectifs est d’éradiquer l’extrême pauvreté d’ici 2030 (plus du tiers de la population vit sous le seuil de pauvreté).

Le Timor oriental est l’un des pays les plus dépendants des hydrocarbures au monde. Le Fonds pétrolier du Timor-Oriental (Petrolum Fund) est évalué à 18 Mds USD (9 fois le PIB) en juin 2020. La production de pétrole à Bayu-Undan (principal champ pétrolier du pays) étant susceptible de s’achever dans quelques années, cette situation nécessite une gestion prudente du Fonds pétrolier qui alimente le budget annuel. De plus, l’impact de la Covid-19 sur les marchés mondiaux de l’énergie pourrait influencer les décisions sur le développement des champs pétroliers et gaziers de Greater Sunrise.

Les dépenses publiques ont été limitées en raison de la crise institutionnelle que traverse le pays. Le budget 2020 a donc reposé sur des versements mensuels d’un douzième du budget précédent, à savoir le budget en vigueur en 2019. Les dépenses publiques s’élevaient à 452 M USD en juin 2020 (-7% en g.a.).

Selon les prévisions de la Banque mondiale, le PIB devrait se contracter de 6,8% en 2020 d’abord en raison de la crise du Covid-19. Il s’agit de la plus forte baisse du PIB depuis l’indépendance du pays. Le Timor oriental devrait renouer avec la croissance en 2021 (+3,1% selon la Banque mondiale et +3,9% selon le gouvernement) grâce à la reprise de l’investissement privé et de la consommation des ménages (prévisions établies en novembre 2020).

Un Fonds Covid-19 a été créé en avril 2020 pour financer des mesures préventives en matière de santé (acquisition de fournitures médicales, installations de quarantaine et d’isolement, formation) et des mesures de soutien économique. Son budget devrait atteindre 220 M USD.

Le gouvernement a mis en place un plan de relance de 140 M USD (7% du PIB) avec des mesures de soutien direct à certains ménages (100 USD pendant 2 mois) et des subventions à certaines entreprises (sur les salaires et aides aux utilisateurs des services publics eau et électricité). Des stocks alimentaires on été constitué par le gouvernement (approvisionnement en riz du Vietnam). Un programme de crédit garanti couvre les petites et moyennes entreprises (PME) ainsi que les microentreprises.

Mise à jour : 5.02.21

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