Turquie - Nord est syrien (07.10.19)

Nous sommes vivement préoccupés par les informations relatives à une éventuelle opération militaire unilatérale de la Turquie dans le nord-est syrien. Nous appelons la Turquie à éviter une initiative qui irait à l’encontre des intérêts de la Coalition globale contre Daech dont elle fait partie.

Toute action unilatérale pourrait avoir des conséquences humanitaires importantes et ne permettrait pas de réunir les conditions nécessaires au retour sûr et volontaire des réfugiés dans leurs régions d’origine. Elle nuirait à la stabilité de cette région et aux efforts que nous menons directement sur le terrain, à travers une action militaire, humanitaire et de stabilisation aux côtés des Forces démocratiques syriennes pour lutter durablement contre le terrorisme et contribuer à un retour à une vie normale, dans le respect des droits des populations locales.

Daech, qui est passé à la clandestinité depuis sa défaite territoriale, demeure une menace importante pour notre sécurité nationale. En Syrie, l’organisation dispose encore de ressources et de capacités d’action importantes.

Les combattants terroristes qui sont en détention, y compris ceux de nationalité étrangère, doivent faire l’objet d’un jugement là où ils ont commis leurs crimes. Ce jugement et leur détention sûre dans le nord-est de la Syrie sont par ailleurs un impératif de sécurité pour éviter qu’ils ne viennent renforcer les rangs des groupes terroristes. Toute initiative pouvant remettre en cause ces objectifs doit être évitée.

La France est en lien étroit avec ses partenaires européens sur ce sujet, ainsi qu’avec ses partenaires de la Coalition globale contre Daech.

Q : La Maison Blanche a annoncé dimanche que les troupes américaines stationnées en Syrie allaient se retirer des abords de la frontière turque car la Turquie va « bientôt » mettre en œuvre une « opération prévue de longue date » dans le nord du pays. Quelle est la position de la France sur cette opération turque annoncée et sur le retrait américain ?

Q : La Maison Blanche évoque également la possibilité de confier à la Turquie la responsabilité des combattants européens de l’EI actuellement détenus par les Kurdes dans le nord-est de la Syrie. Est-ce une option pour les ressortissants français et pourraient-ils dans ce cas, en vertu du protocole Cazeneuve, être rapatriés en France ?

Q : Quels sont les contacts que la France a ou va établir avec la Turquie au sujet des combattants français de l’EI ? Que souhaitez-vous faire avec ces combattants ?
Vous êtes-vous coordonnés avec l’Allemagne ou l’UE ?

R : Je vous renvoie à ma déclaration de ce jour à ce sujet.

Informations complémentaires