Syrie - Q&R (5 octobre 2018)

Q : Bonjour. Mme Merkel et M. Erdogan ont laissé entendre qu’il pourrait y avoir un sommet Russie-Turquie-France-Allemagne dans les prochaines semaines pour parler de la Syrie. Quand et où pourrait être cette rencontre ? Quelle appréciation portez-vous sur l’accord Turco-Russe pour Idlib ?

R  : La France poursuit deux objectifs immédiats vis-à-vis de la situation à Idlib : d’une part éviter une offensive de la part du régime et de ses alliés qui provoquerait un désastre humanitaire, migratoire et sécuritaire avec des conséquences intolérables pour la région et pour l’Europe, d’autre part permettre de réunir les conditions d’une relance du processus politique qui demeure la seule voie pour un règlement durable de la crise syrienne.

À cette fin, la France s’est mobilisée pour prévenir une attaque sur cette zone où résident trois millions de civils, que ce soit au Conseil de sécurité des Nations unies, aux côtés de l’Allemagne, de la Turquie et de la Russie lors de la réunion quadrilatérale du 14 septembre à Istanbul, ainsi qu’en rappelant sa détermination à apporter une réponse ferme avec ses alliés en cas d’usage d’armes chimiques par le régime de Damas. Dans ce contexte, la France appelle à ce que l’accord de Sotchi soit pleinement respecté par toutes les parties, et en particulier par le régime de Damas et ses alliés, et à ce qu’il apporte la garantie d’un cessez-le-feu durable dans la région d’Idlib.

En outre, la France appelle à un lancement dans les meilleurs délais du comité constitutionnel constitué sous l’égide des Nations unies, comme l’a souligné la déclaration conjointe publiée à l’issue de la réunion ministérielle du Small Group à l’initiative de la France du 27 septembre, en marge de l’Assemblée générale des Nations unies. Elle a rappelé cette exigence lors de la réunion quadrilatérale des conseillers diplomatiques à Istanbul et entend compter sur le plein soutien de la Russie et des garants d’Astana au lancement de ce comité, neuf mois après la conférence de Sotchi qui en a annoncé la création.

Dans ce contexte, la France est attachée à faire émerger les conditions d’un rapprochement des pays les plus influents en vue d’un règlement de la crise syrienne, en particulier du Small Group et du groupe d’Astana, qui devra garantir une solution politique juste et durable à la crise syrienne, conforme à la résolution 2254.

Q : Quelle est la réaction de la France suite au déploiement de missiles S300 russes en Syrie ?

R : La France constate avec préoccupation la livraison par la Russie de capacités antiaériennes sophistiquées au bénéfice du régime syrien.

Cette livraison intervient quelques jours après un incident grave causé par la défense antiaérienne syrienne qui a coûté la vie à 15 soldats russes.

Dans un contexte de tensions régionales, la livraison de tels équipements par la Russie contribue à entretenir le risque d’escalade militaire et à éloigner la perspective d’un règlement politique de la crise syrienne.

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