Syrie - Q/R - Extrait du point de presse (23 août 2018)

Q – Selon le ministère des affaires étrangères, quelles sont les conditions nécessaires à un retour sûr, digne et volontaire des réfugiés en Syrie ? Estimez-vous qu’un retour puisse commencer dans les conditions actuelles ?

R – Plus de 5,6 millions de Syriens sont réfugiés dans les pays voisins et en Europe. La Syrie compte 6,6 millions de déplacés internes, représentant la plus grande population déplacée dans le monde. Ces personnes ont fui la violence, l’insécurité et les exactions d’un régime criminel. Leur retour doit impérativement être volontaire et leur garantir de vivre dignement et en sécurité, conformément aux critères du HCR.

À ce jour ces conditions ne sont pas réunies. L’adoption de la loi 10 qui prive les réfugiés et les déplacés de leurs propriétés, l’instabilité du pays et les cas d’arrestation et de conscription forcée de réfugiés rentrés depuis le Liban, témoignent de la poursuite par le régime d’une stratégie de prédation envers les réfugiés et les déplacés. Alors que cette année a vu le mouvement de déplacés le plus important depuis le début du conflit, avec 920 000 nouveaux déplacés depuis janvier 2018 et que l’ensemble de la communauté internationale alerte sur les risques d’une crise humanitaire et migratoire majeure en cas d’offensive contre la province d’Idlib, envisager un retour des réfugiés est illusoire, dans les conditions actuelles.

La France demeure mobilisée pour soutenir les efforts des pays voisins qui accueillent des millions de réfugiés. C’est dans cet esprit que nous avons annoncé un engagement de plus d’un milliard d’euros pour 2018-2020 pour la Syrie et les pays d’accueil des réfugiés syriens, lors de la conférence de Bruxelles II du 25 avril dernier.

Nous sommes également mobilisés dans les instances internationales et avec nos partenaires pour que les conditions d’un retour volontaire, sûr et digne, soient respectées. Nous demandons notamment l’abrogation de la loi 10 et des garanties de la part du régime d’exemption de représailles et de conscription forcée. Nous rappelons que seule une solution politique négociée conforme à la résolution 2254 du Conseil de sécurité des Nations unies permettra de créer les conditions d’un retour sûr, digne et volontaire des réfugiés et des déplacés internes.

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