Syrie - Situation dans la Ghouta orientale (15 décembre 2017)

La France dénonce la situation insoutenable des populations syriennes dans la Ghouta orientale. Celle-ci, assiégée par l’armée de Bachar al-Assad depuis plusieurs années, est censée être l’une des zones de désescalade établies dans le cadre du processus d’Astana.

En violation des engagements qu’il y a pris, le régime syrien mène néanmoins d’intenses bombardements qui ont causé plusieurs centaines de victimes civiles ces dernières semaines. Il bloque l’accès à l’aide humanitaire pour les 400 000 habitants de la région et refuse l’évacuation médicale d’urgence de près de 500 civils, dont 137 enfants.

Il est donc urgent que la Russie et l’Iran, garants du processus d’Astana et alliés du régime de Damas, prennent leurs dispositions pour que celui-ci cesse les bombardements et que l’aide humanitaire parvienne de manière sûre, complète et sans entrave aux personnes qui en ont besoin. La France rappelle avec force que l’accès des personnels médicaux et humanitaires aux zones de conflit est un impératif. En refusant l’accès humanitaire, le régime de Damas se rend responsable de crimes de masse, en particulier à travers l’utilisation du siège comme arme de guerre. Nous exprimons notre préoccupation particulière pour les enfants, dont la malnutrition s’ajoute à leurs souffrances depuis le déclenchement du conflit.

La France continuera d’œuvrer pour que l’aide humanitaire soit accessible à tous sur l’ensemble du territoire syrien. Elle agira notamment en faveur du renouvellement de la résolution 2165 du Conseil de sécurité autorisant l’aide humanitaire transfrontalière.

Q - Comment évaluez-vous le processus de Genève pour la Syrie faisant suite au constat par l’envoyé spécial d’un échec total ? Est-ce que cela ne démontre pas l’impuissance de ce processus, de l’envoyé spécial et des parrains ?

R - La France rappelle qu’il n’y a pas d’alternative à une solution politique négociée agréée par les deux parties sous l’égide des Nations unies, seul cadre agréé par la communauté internationale sur la base du communiqué de Genève et de la résolution 2254 du Conseil de sécurité. Elle réitère à cet égard son soutien aux efforts de l’envoyé spécial du Secrétaire général des Nations unies pour la Syrie, Staffan de Mistura.

Nous déplorons l’attitude du régime syrien, qui a refusé de s’engager dans la discussion depuis le 28 novembre. Il s’agit d’une stratégie d’obstruction irresponsable par rapport à l’ampleur des enjeux auxquels est confrontée la Syrie, afin de rétablir la paix, de permettre le retour des réfugiés et d’éradiquer le terrorisme.

Après bientôt sept années de guerre, le bilan du conflit continue pourtant de s’alourdir. Le régime syrien porte la responsabilité de l’absence de progrès dans les négociations. Nous relevons à l’inverse, comme l’ont souligné les Nations unies, l’attitude constructive de l’opposition syrienne, qui s’est présentée unie à Genève.

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