Présentation

Données générales

Présentation du pays

Nom officiel : République du Suriname
Nature du régime : République (Constitution adoptée le 30 septembre 1987)
Chef de l’Etat : M. Désiré Delano BOUTERSE (depuis le 12/08/2010, renouvelé dans ses fonctions le 14/07/2015)

Données géographiques

Superficie : 163 270 km²
Capitale : Paramaribo
Villes principales : Wanica (86 000), Nickerie (39 000)
Langue officielle : néerlandais
Langues courantes : néerlandais et sranan tongo (créole à base d’anglais, de néerlandais aux emprunts portugais et aux langues ouest-africaines)
Monnaie : dollar surinamien (SR$)
Fête nationale : 25 novembre (anniversaire de l’indépendance, en 1975)

Données démographiques

Population (CEPAL 2018) : 568 000 hab. ; on estime à plus de 320 000 la population surinamienne ou d’origine surinamienne installée aux Pays-Bas.
Composition ethnique : Hindoustanis (27,4%) ; Marrons (21,7%) ; Créoles (15,7%) ; Javanais (13,7%) ; Métis (13,4%) ; Autres dont Amérindiens et Chinois (8,1%) [Recensement 2012].
Croissance démographique (CEPAL 2018) : 0,9%
Espérance de vie à la naissance (CEPAL 2018) : 72 ans
Taux d’alphabétisation (CEPAL 2012) : 97,7 %
Religions : Hindous (22,3%) ; Protestants évangéliques (22,3%) Catholiques (21,6%) ; Islam (13,9%) ; Athées (7,5%) ; Autres (6,1%) ; Winti -croyances afro-surinamiennes- (1,8%) [Recensement 2012].
Indice de développement humain (PNUD 2015) : 0,725 (97ème/182)

Données économiques (FMI)

PIB (2017) : 3,35Mds USD (3,28 Mds USD en 2016 ; 3,86 Mds USD attendus en 2018)
PIB par habitant (2017) : 5746 USD (5700 USD en 2016 ; 6 530 USD attendus en 2018)
Taux de croissance (2017) : 0% (-5,1% en 2016 ; 1,4% attendus en 2018)
Taux de chômage (2014) : 7,7% (9,6% en 2016 ; 7,3% attendus en 2018)
Taux d’inflation (2017) : 22% (55,5% en 2016 ; 8,9% attendus en 2018)
Dette brute (2017E) : 72,1% du PIB (75,8% en 2016 ; 68,5% attendus en 2018)
Solde budgétaire (2017E) : -7,5% du PIB (-7,8% en 2016 ; -5% attendus en 2018)

Principaux clients (2016, OMC) : Suisse (444 MUSD), EAU (441 MUSD), Belgique (134 MUSD), Guyana (81 MUSD), Trinidad et Tobago (49 MUSD, chiffre 2015)
Principaux fournisseurs (2016, OMC) : Etats-Unis (467 MUSD, en 2015), Pays-Bas (269 MUSD, en 2015), Trinidad-et-Tobago (183 MUSD, en 2015), Chine (112 MUSD), Japon (31 MUSD)

Part des principaux secteurs d’activités dans le PIB (2016, BM) : agriculture 10%, industrie 32% (dont production manufacturière 13%), services 58% ; principales industries : mines (bauxite, or, alumine), pétrole, exploitation forestière, pêche

Présence française

Exportations françaises (2017) : 9,4 MEUR (-78% par rapport à 2013)
Importations françaises (2017) : 66 MEUR (+26% par rapport à 2013)

Communauté française au Suriname : 211 inscrits au 22/09/2017

Éléments d’actualité

Politique intérieure et évolution socio-économique

Le Suriname est une République parlementaire dont l’Assemblée nationale composée de 51 membres élus à la proportionnelle pour un mandat de cinq ans, élit le Président qui est aussi chef de gouvernement.

En 2010, Dési Bouterse revient au pouvoir suite à la victoire de l’alliance « Mega Combinatie » réunissant notamment son parti, le NDP (Parti démocratique national), et le parti de la minorité javanaise KTPI (Kerukanan Tulodo Pranatan Ingit, Parti pour l’Unité nationale et la Solidarité) qui obtient 23 sièges. Ne bénéficiant pas de la majorité absolue, il gouverne avec le soutien du parti de son ancien ennemi, l’ABOP (Algemene Bevrijdings en Ontwikkelingspartij – Party de la libération générale et du développement) de Ronnie Brunswijk. En 2015, le Président Bouterse est réélu pour un second mandat, le NDP, remportant cette fois la majorité absolue des sièges (27), n’a plus besoin de faire alliance pour gouverner. L’opposition affaiblie est réunie dans la coalition « Nouveau front pour la démocratie et le développement » qui compte 14 sièges dont le parti historique de l’indépendance, le NPS, représentant des élites créoles, en net déclin (4 sièges) et le plus dynamique VHP (Vooruitsrtrevende Hervormings Partij - Parti de la réforme démocratique), représentant de la communauté hindoustanie perçue comme dominante économiquement. Les prochaines élections générales se tiendront en 2020, le Président Bouterse a annoncé qu’il ne se représentera pas pour un troisième mandat.

La société surinamienne compte parmi les plus hétérogènes du monde et sa diversité ethnique renvoie à la composition de nombreuses autres sociétés caribéennes. Le poids des religions explique pour partie le conservatisme de cette société où l’avortement est interdit et où les minorités sexuelles ne bénéficient pas de protection particulière. En revanche, la peine de mort a été abolie dans le code pénal en 2015.

Les difficultés économiques (cf. infra) et les décisions du gouvernement d’augmenter les prix de l’essence, de l’eau et de l’électricité génèrent une vague de mécontentement se concrétisant par d’importantes manifestations au printemps 2017 sous le slogan « We zign moe-dig » (« On en a marre »).

L’économie du Suriname est essentiellement primaire. Elle repose sur la production de bauxite, d’or et de pétrole, qui représentent 30% du PIB, 80% des exportations et 35% des recettes fiscales. Le secteur agricole (banane, riz et bois) représente 5% du PIB mais occupe un quart de la population. La croissance régulière de son PIB entre 2000 et 2014 a fait rentrer le pays dans la catégorie des pays à revenu intermédiaire, le PIB/habitant ayant pratiquement doublé sur cette période atteignant 9 380 USD en 2014. La dette publique est volatile : ramenée de 39% du PIB en 2004, à 22% en 2013, elle atteint près de 76% en 2016 au plus fort de la crise. Les carences en matière d’éducation et de santé sont révélées par un IDH moyen (0,725, 97ème rang sur 182 en 2015). Le poids de l’économie informelle serait considérable et est évalué à 30% du PIB, en particulier celui des activités en marge de la légalité (22 casinos, 33 maisons de change pour 200 000 touristes) et illégales (contrebande, trafic de drogue). Le secteur public pléthorique (120 entreprises publiques, représentant au total 55% de l’emploi formel) tarde à être réformé. L’économie surinamienne, qui manque de diversification, est victime de sa dépendance aux évolutions des cours des matières premières dont la baisse durable a généré une crise financière et budgétaire aiguë en 2015-2016. La conclusion avec le FMI d’un programme de réformes structurelles de 478MUSD a toutefois permis au Suriname de stabiliser sa situation et favorisé son accès à une série de prêts contractés auprès d’autres bailleurs (Banque islamique de développement, Banque mondiale, Banque chinoise de développement, Banque interaméricaine de développement, Banque caribéenne de développement, le Chinois Exim Bank), pour un montant total d’au moins 2,5 Mds USD. Une partie de ces prêts financera le développement des réseaux d’infrastructures (routes, électricité, etc.).

Politique étrangère

Le Suriname est resté longtemps isolé sur la scène politique régionale du fait de son histoire (seul pays néerlandophone sur le continent), de son enclavement géographique, de ses orientations politiques dans le contexte de la Guerre froide (engagement aux côtés de Cuba, du Nicaragua, de la guérilla salvadorienne, du régime de Maurice Bishop à la Grenade au début des années 80) puis de ses troubles internes (guerre civile de 1986-1992). Dans les années 1990, le Suriname s’ouvre et rejoint les organisations régionales en 1995 (AEC, Caricom). Il est également membre de l’Organisation du Traité de Coopération Amazonienne (OTCA), de l’OEA, de la CELAC et de l’UNASUR, dont il assura la présidence pro tempore en 2013.

Membre du Mouvement des Non-Alignés et conformément à ses orientations historiques en faveur des gouvernements de gauche, le Suriname de Bouterse intègre l’ALBA en 2012. Du fait de l’importante minorité musulmane, le Suriname a adhéré à l’Organisation de la Coopération Islamique (OCI). Le Suriname est membre de l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC).

Suite à l’élection du Président Bouterse les liens se distendent entre Paramaribo et l’ancienne puissance coloniale. Le nouveau gouvernement surinamien cherche à diversifier ses partenaires à l’international en se rapprochant notamment de la France, du Maroc, de la Russie, de la Serbie, de la Chine et de l’Inde. La relation avec le Brésil est une priorité pour le Suriname qui partage une frontière avec ce pays-continent, le Président Bouterse a réalisé une visite officielle à Brasilia le 2 mai 2018 au cours de laquelle plusieurs accords de coopération ont été signés.

Mise à jour : 20.06.18

Informations complémentaires

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