Présentation du Soudan

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Présentation du pays

SOUDAN {JPEG}

Données générales

Nom officiel : République du Soudan
Nature du régime : Gouvernement fédéral
Chef de l’Etat : Abdelfattah al-Burhan
Transition politique en cours depuis le 17 août 2019

Données géographiques

Superficie : 1,886 millions de km²
Capitale : Khartoum
Villes principales : Omdurman, Port-Soudan, Nyala, Wad Medani, El Obeid.
Langue officielle : arabe
Langues courantes : anglais, langues locales (plus de 100 langues et dialectes, dont 27 sont parlées par plus de 100 000 personnes).
Monnaie : livre soudanaise (SDG) ; 1 EUR = 464,37 SDG (8 juillet 2022)
Fête nationale : 1er janvier (date de l’indépendance en 1956)

Données démographiques

Population : 45 millions d’habitants (Banque mondiale, 2021)
Densité : 24 habitants/km² (Banque mondiale, 2021)
Croissance démographique : +2,4 % par an (Banque mondiale, 2021)
Espérance de vie : 66 ans (Banque mondiale, 2020)
Taux d’alphabétisation (2020) : 60,7 % des plus de 15 ans (UNDP)
Religions : Islam (96,7 %), Christianisme (3 %), religions traditionnelles.
Indice de développement humain : 0,51 - 170e sur 189 pays (2020)

Éléments d’actualité

Politique intérieure

Le Soudan a connu une vague de contestation d’ampleur entre décembre 2018 et l’été 2019, qui a conduit à la déposition par l’armée de l’ancien Président Omar el-Béchir - au pouvoir depuis 1989. Cette révolution s’est conclue par la signature d’un Document constitutionnel le 17 août 2019 entre les forces civiles de la Révolution, regroupées dans la coalition des Forces pour la liberté et le changement (FFC), et les militaires, ouvrant une période de transition politique.

Cette transition reposait sur un partenariat bicéphale entre les forces armées et les mouvements civils. La présidence du Conseil de souveraineté revenait au général Burhan, tandis que le gouvernement civil était dirigé par le Premier ministre Abdallah Hamdok depuis septembre 2019.

Au cours des deux premières années de la transition, les autorités soudanaises ont concentré leurs efforts pour redresser l’économie nationale et résoudre les conflits dans la périphérie. Des accords de paix ont été signés le 3 octobre 2020 à Djouba avec plusieurs groupes armés du Darfour et des régions du sud du pays (Sud-Kordofan, Nil bleu). Cet accord a été suivi de l’intégration des anciens rebelles au sein de l’exécutif le 8 février 2021.

Par un coup d’Etat militaire le 25 octobre dernier, le général Burhan a écarté le gouvernement civil. Cette action a été condamnée par les partenaires du Soudan et a entraîné une nouvelle vague de contestation populaire, avec des manifestations importantes à Khartoum et dans les principales villes du pays, faisant plusieurs dizaines de victimes.

Un accord politique a été signé le 21 novembre entre le général Burhan et Abdallah Hamdok, réinstallant le second comme Premier ministre. Cet accord n’a cependant pas tenu, faute d’adhésion, et A. Hamdok a démissionné le 2 juillet.

Les Nations unies ont proposé leur facilitation politique pour accompagner une sortie de crise. Elle est menée par le représentant spécial du secrétaire général de l’ONU (RSSGNU) Volker Perthes, puis a été étendue à l’Union africaine et l’Autorité intergouvernementale pour le développement (IGAD). Cette facilitation tripartite a mené des consultations auprès des parties militaires et civiles. Ces négociations ont été suspendues suite aux importantes manifestations du 30 juin, qui ont fait plusieurs morts et crispé les relations entre civils et militaires.

En parallèle de cette crise politique, la situation sécuritaire et humanitaire au Darfour et dans certaines périphéries du pays est restée extrêmement fragile. Un regain des violences intercommunautaires et ethniques ont été observé dans l’ouest du Darfour depuis novembre. Des éruptions de violences se produisent régulièrement dans la région, opposant différentes communautés et engendrant un lourd bilan humain. Les dernières violences courant juin ont fait au moins 126 morts.

La mise en œuvre des dispositions sécuritaires des Accords de paix progresse peu. Le premier contingent des forces conjointes (armée soudanaise et groupes armés darfouris) prévues par les Accords de Djouba pour sécuriser la région a toutefois finalisé début juillet sa formation. L’absence de deux groupes rebelles ayant des forces sur le territoire soudanais fragilise l’accord : le Sudan Liberation Movement (SLM) d’Abdelwahid Nour et le Sudan People’s Liberation Movement-North (SPLM-Nord) d’Abdelaziz al-Hilu.

Politique étrangère

Le Soudan entretient des relations contrastées avec ses voisins et ses interlocuteurs.

Égypte :

Le Caire suit de très près l’évolution de la situation au Soudan. Les relations avec l’Égypte sont très nourries, du fait de la proximité entre les deux populations. Le Caire voit la stabilité du Soudan comme un élément essentiel à sa propre sécurité. Les visites bilatérales sont nombreuses et régulières.

Éthiopie :

Les relations avec l’Éthiopie se sont dégradées depuis 2020, alors que le Premier ministre Abiy Ahmed avait joué un rôle de premier plan dans la médiation entre civils et militaires en 2019. Le déclenchement du conflit au Tigré en novembre 2020, a poussé près de 70.000 Éthiopiens à se réfugier au Soudan. Surtout, il a entraîné un regain de tensions sur le territoire frontalier d’el-Fashaga. A la faveur du déploiement de troupes le long de la frontière, Khartoum a repris le contrôle de la zone contestée où vivaient des fermiers éthiopiens depuis plusieurs décennies. Doublé du différend autour du Barrage de la Renaissance, ces tensions ont fortement envenimé les relations entre Khartoum et Addis-Abeba.

Barrage de la Renaissance :

La gestion des eaux du Nil est un pan essentiel des relations entre l’Ethiopie et l’Egypte dans le cadre des négociations sur le Barrage éthiopien de la Renaissance (GERD) sur le Nil bleu. Le Caire et Khartoum s’inquiètent des conséquences du barrage sur le débit du Nil, la salinité et des conséquences sur leurs productions agricoles. Même si le barrage offrirait une meilleure régulation des crues pour le Soudan, Khartoum craint que le remplissage du réservoir du barrage ait des effets négatifs sur le barrage de Rosières en aval du GERD. Les négociations tripartites n’ont pas permis d’arriver à un accord à ce stade. Une session du Conseil de sécurité sur le Barrage de la Renaissance s’est tenue le 8 juillet 2021.

Soudan du Sud :

Avec le Soudan du Sud, les relations sont marquées historiquement par les guerres civiles (1955-1972, 1983-2005) puis la sécession de 2011. Après des tensions vives, les relations sont réchauffées depuis 2019. Djouba a assuré la médiation conduisant aux Accords de paix du 3 octobre 2020. Khartoum est garant avec l’Ouganda de l’Accord de paix pour le Soudan du Sud de 2018. Le général Hemedti a présidé la signature de l’accord de mai 2022 entre le Président Kiir et Riek Machar pour la répartition des postes de commandement dans l’armée sud-soudanaise. Près de 800.000 Sud-Soudanais sont réfugiés au Soudan.

Tchad :

Le Tchad et le Soudan partagent des liens humains denses, en particulier par le Darfour. Ils se sont rapprochés à partir de 2009 et ont signé l’année suivante un accord de paix créant la Force militaire mixte tchado-soudanaise pour assurer la sécurité frontalière. Le Tchad accueille environ 370.000 réfugiés soudanais et suit de près l’évolution de la situation au Darfour, craignant une déstabilisation de sa propre transition.

Arabie Saoudite et Émirats Arabes Unis :

Le Soudan a également des liens forts avec les pays du Golfe, qui jouent un rôle politique important depuis la chute de l’ancien président Omar el-Béchir. Riyad et Abou Dabi ont soutenu la transition politique. Les deux pays ont des investissements économiques majeurs au Soudan, notamment dans le secteur agricoles, et suivent de près l’évolution de la crise politique au Soudan.

Situation économique

Depuis sa séparation avec le Soudan du Sud en 2011, le pays connaît une crise économique majeure, qui s’est aggravée depuis 2018. Cette crise se caractérise par une très forte inflation et l’épuisement des réserves en devises, en raison de la perte des trois quarts des importants revenus pétroliers tirés du Sud. Avant 2011, l’exploitation du pétrole lui procurait des devises et stimulait les secteurs de la construction et des services. Par ailleurs, l’État enregistre des recettes fiscales parmi les plus faibles au monde (5,6 % du PIB). Au-delà des considérations politiques, la crise économique a été une des sources de la révolution de 2019.

Le gouvernement de transition a entrepris de redresser la situation économique exsangue, avec l’adoption de plusieurs réformes majeures (levée des subventions sur le carburant, unification des taux de changes). Afin d’apporter une première aide économique à la transition politique engagée, le groupe des Amis du Soudan a mobilisé 1,8 Mds$ de dons lors de la conférence de Berlin en juin 2020. La France a contribué à ce mouvement à hauteur de 60 M$. Ces sommes ont majoritairement été consacrées au Programme d’appui aux familles, lequel fournit un soutien social et humanitaire.

En défaut sur sa dette souveraine (plus de 55 Mds$), tout traitement de la dette était jusqu’à présent bloqué par l’inscription du Soudan sur la liste américaine des Etats soutenant le terrorisme. Cette inscription participait à entretenir la méfiance des investisseurs potentiels à l’égard de Khartoum : malgré la levée des sanctions économiques américaines à l’automne 2017, certaines banques occidentales continuent de pratiquer une politique de surconformité. La sortie du Soudan de la liste des Etats soutenant le terrorisme a permis d’initier le processus de remise de dette dans le cadre de l’Initiative Pays Pauvres Très Endettés (PPTE) en juin 2021.

Le coup d’État d’octobre a enrayé la dynamique vertueuse de l’économie soudanaise. Le pays reste en proie à une inflation très vive (plus de 300% en juin 2022), tandis qu’une large partie de la population voit son niveau de vie s’éroder. La guerre en Ukraine a également des conséquences pour les Soudanais : dépendant à 55% d’importations en blé de l’Ukraine et de Russie, l’insécurité alimentaire pourrait menacer jusqu’à 20 millions de Soudanais.

Depuis la sécession sud-soudanaise, la balance commerciale est déficitaire. En 2021, les principaux partenaires commerciaux du Soudan sont les Émirats Arabes Unis, la Chine, l’Égypte, l’Inde et l’Arabie Saoudite.

Le Soudan aspire à un allègement de sa dette extérieure dans le cadre de l’Initiative pays pauvres très endettés (PPTE). Après le lancement du processus en juin 2022, le processus a été suspendu par les partenaires membres du Club de Paris.

Mise à jour : 03.08.22

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