Relations avec l’Union européenne

La Roumanie est entrée dans l’Union européenne le 1er janvier 2007, mais reste à ce stade en dehors de l’espace Schengen et de la zone euro. L’appartenance à l’UE fait largement consensus parmi la classe politique et l’opinion publique roumaines. Le président Iohannis représente la Roumanie au Conseil européen.

Présidence du Conseil de l’UE

Bucarest a exercé au premier semestre 2019 sa première présidence du Conseil de l’UE, avec pour priorités l’Europe de la convergence, l’Europe de la sécurité, l’Europe acteur mondial, l’Europe des valeurs communes. Un Sommet informel a été organisé à Sibiu le 9 mai 2019. Recevant la Première ministre roumaine le 4 juin à Bruxelles, le président de la Commission européenne a salué les avancées permises par la présidence roumaine, notamment sur l’Autorité européenne du travail, la réforme du droit d’auteur, la révision du mandat de l’agence Frontex et la directive sur le gaz.

Présence dans les institutions européennes

Corina Crețu est commissaire européenne pour la politique régionale. Bucarest dispose de 32 députés au Parlement européen dans la législature actuelle (2014-2019) et de 33 dans la prochaine législature.

Avenir de l’UE

La Roumanie souhaite une relance du projet européen sur le fondement des traités et un approfondissement de l’intégration européenne. Elle est réticente à une Europe à plusieurs vitesses, au sein de laquelle elle craint d’être marginalisée, et reste attachée à la politique de cohésion et à la Politique agricole commune (PAC). Elle promeut la poursuite de l’élargissement de l’Union.

Brexit

La Roumanie regrette le Brexit, tout en respectant la décision britannique. Elle souhaite le maintien de liens aussi étroits que possible entre Londres et les 27, notamment sur les questions de politique étrangère, et reste très attentive aux conséquences budgétaires du Brexit (notamment sur les fonds structurels), ainsi qu’aux droits de ses ressortissants au Royaume-Uni (environ 410 000 personnes).

Défense européenne

La Roumanie manifeste un intérêt croissant pour la politique de sécurité et de défense commune (PSDC) (participation à la coopération structurée permanente), en restant attachée à sa complémentarité avec l’OTAN. Elle participe à l’ensemble des missions et opérations de l’UE (sauf EUBAM Rafah), avec des contributions significatives à EUFOR Althea, EULEX Kossovo, EUMM Géorgie et EUCAP Sahel Mali.

Réfugiés

Relativement épargnée par la crise migratoire, la Roumanie se veut cependant un partenaire responsable et solidaire : malgré un refus initial des décisions du Conseil justice et affaires intérieures (JAI) de septembre 2015, elle s’est finalement engagée à accueillir 4 260 personnes au titre des relocalisations et réinstallations (771 l’avaient effectivement été fin octobre 2018, en provenance essentiellement de Grèce).

Politique régionale

Pour la période 2014-2020, la Roumanie bénéficie de 30,8 Mds € de fonds européens structurels et d’investissement (environ 1 570 € par habitant), dont 22,5 Mds € au titre des fonds structurels et de cohésion et 8,3 Mds € au titre de la PAC (pilier développement rural, sachant que 45 % de la population roumaine est rurale). L’impact de ces fonds est important pour la croissance économique du pays et le développement de ses infrastructures. La Roumanie a absorbé 90 % de son enveloppe 2007-2013 et environ 20 % de son enveloppe 2014-2020. La négociation du cadre financier pluriannuel de l’UE post-2020 est l’un des principaux chantiers de la présidence roumaine du Conseil en cours.

Travailleurs détachés et paquet mobilité

La Roumanie a voté en faveur de la révision de la directive de 1996 sur le détachement des travailleurs lors du Conseil emploi, politique sociale, santé et consommateurs (EPSCO) du 23 octobre 2017. Elle s’est abstenue lors du vote sur le paquet mobilité au Conseil transports, télécommunications et énergie (TTE) du 3 décembre 2018.

Climat

Le président Iohannis a promulgué le 10 avril 2017 la loi ratifiant l’Accord de Paris (texte approuvé par la Chambre des députés le 7 novembre 2016, puis par le Sénat le 13 mars 2017).

Euro

La Roumanie se fixe pour objectif d’adopter la monnaie unique à l’horizon 2024, mais n’a pas déterminé de date pour rejoindre au préalable le mécanisme de taux de change européen (MCE II).

Schengen

La Roumanie participe à plusieurs composantes de Schengen et utilise ses bases de données. Conformément aux décisions prises au niveau européen en mars 2017 pour renforcer la sécurité de l’espace européen, elle a mis en place des contrôles renforcés à toutes ses frontières, y compris pour les ressortissants européens. Cependant, la levée des contrôles aux frontières internes, dans un premier temps au moins pour ses aéroports, demeure un objectif central de la Roumanie. En juin 2011, le Conseil a adopté des conclusions relevant un niveau de préparation de Bucarest et Sofia suffisant sur le plan technique, mais il n’y a pas eu d’unanimité des États membres en vue de l’adhésion des deux pays. L’examen de la question a été renvoyé à une date ultérieure au Conseil JAI de décembre 2013.

Mécanisme de coopération et de vérification

L’UE a mis en place le mécanisme de coopération et de vérification (MCV) lors de l’adhésion de la Roumanie en 2007 pour l’aider à progresser dans sa réforme judiciaire et la lutte contre la corruption. Dans ce cadre, le Conseil de l’UE a adopté le 11 décembre 2018 des conclusions soulignant les interrogations soulevées par la politique suivie depuis deux ans et invitant les autorités roumaines à réexaminer leur législation. Le 4 juin 2019, MM. Juncker et Timmermans ont salué l’engagement du gouvernement roumain à renoncer aux réformes controversées de la justice et à reprendre le dialogue avec la Commission dans le cadre du MCV.

Mise à jour : 31.07.19

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