Données générales

Présentation du pays

Nom officiel : Royaume de Norvège
Nature du régime : Monarchie constitutionnelle ayant un système parlementaire
Chef de l’Etat : S. M. le Roi Harald V (17 janvier 1991)
Chef du gouvernement : Erna Solberg

Données géographiques

Superficie : 323 802 km² (Svalbard inclus)
Capitale : Oslo (l’agglomération d’Oslo regroupe 634.463 habitants)
Villes principales : Bergen, Trondheim, Stavanger, Tromsø
Langue officielle : Norvégien (bokmål, langue parlée dérivée du danois, et nynorsk, langue écrite, « nouveau norvégien »). Dans certaines régions, le sámi (ou lapon) est également langue officielle.
Monnaie : Couronne Norvégienne (NOK) – taux de change juillet 2016 : 1 EUR = 9,4517 NOK
Fête nationale : 17 mai (fête de sa Constitution de 1814, largement inspirée par la France et deuxième Constitution plus ancienne toujours en vigueur)

Données démographiques
(chiffres du Bureau des statistiques de Norvège)

Population : 5.258.317 (1er janvier 2016)
Croissance démographique : 1 % (par rapport à 2015)
Densité de la population : 15,9 hab. par km²
Espérance de vie : Femmes : 84,2 ans, hommes : 80,6 ans (2016)
Taux de fécondité : 1,71 (2016)
Population active : 2.630.800 personnes (2014)
Taux d’alphabétisation : 100%
Religions : Évangéliques luthériens de Norvège (87%), musulmans (1,5%),
catholiques (1%)
Indice de développement humain : Classement PNUD 2014 : 0, 944 (1ère place)

Données économiques
(sources : Commission européenne et DG Trésor)

PIB (mds €) : 393,3 (2013), 377,6 (2014), 350,9 (2015), 344,3 (2016)
PIB par habitant (en €) : 77.381 (2013), 73 376 (2014), 70 324 (2015), 70 733 (2016)
Taux de croissance : 0,7% (2013), 2,2% (2014), 1,6% (2015), 1,2 (2016), 1,8% (2017)
Taux de chômage : 3,4% (2013), 3,4% (2014), 4,2% (2015), 4,8(2016), 4,1% (2017)
Taux d’inflation : 2% (2013), 1,9% (2014), 2% (2015), 3,6% (2016), 1,7% (2017)
Solde budgétaire (% PIB) : 10,7 (2013), 8,7 (2014), 5,7 (2015), 6,1 (2016)
Dette publique (% PIB) : 29,2 (2013), 26,6 (2014), 27,6 (2015), 30,6 (2016)

Balance commerciale : 48 Mds € (2013), 40,9 Mds € (2014), 24,9 Mds € (2015)
Principaux clients (2016) : Royaume-Uni (20%), Allemagne (17,8%), Pays-Bas (11%), France (6,3%),
Principaux fournisseurs (2016) : Suède (11%), Allemagne (11,3%), Chine (10,5%),

Part des principaux secteurs d’activités dans le PIB :

  • secteur primaire : 1,7%
  • secteur secondaire : 38,2%
  • secteur tertiaire : 60,1%

Exportations françaises : 1,48 Mds € (2013), 1,6 Mrd € (2014), 1,5 Mds € (2015), 1,5 Mds € (2016)
Importations françaises : 5,36 Mds € (2013), 3,1 Mrd € (2014), 3 Mds € (2015), 3,3 Mds € (2016)
Solde commercial : -3,84 Mds € (2013), -1,5 Mds € (2014), -1,6 Mds € (2015), -1,8 Mds € (2016)
Total des échanges : 6,8 Mds € (2013), 4,7 Mds € (2014), 4,5 Mds € (2015)
Part de marché de la France (%) : 3,3 (2013), 3,4(2014), 3,2 (2015), 3,4 (2016)
Flux d’IDE sortant de France : 1,585 Mds € (2011), 1,34 € (2013), 146 M € (2014), -420,4 M € (2016)
Stocks d’IDE français en Norvège : 5,09 Mds € (2013), 6,21 Mds € (2014), 6,9 Mds € (2015), 6,6 Mds € (2016)
Rang du pays dans les stocks d’IDE : 22e (2011), 26e (2012), 24e (2013), 16e (2014)

http://www.tresor.economie.gouv.fr/Pays/norvege

Présence française

Consulats généraux de France : Section consulaire de l’ambassade à Oslo
Consulats honoraires : Alesund, Bergen, Narvik, Stavanger, Tromso et Trondheim

Communauté française en Norvège : 5.100 personnes
Communauté norvégienne en France : 7.000 personnes

https://no.ambafrance.org/

Éléments d’actualité

Politique intérieure

La portée de la Norvège sur la scène internationale est décuplée, grâce à sa position géostratégique (elle borde tout le littoral atlantique du nord-ouest, et elle partage une frontière commune avec la Russie), la richesse de sa population liée à la manne pétrolière (PNB/habitant de l’ordre de 70.000$ par an), une diplomatie ambitieuse, aussi discrète qu’efficace, en particulier en termes de médiation ou d’APD.

La Première ministre sortante Erna Solberg a été reconduite au gouvernement à la suite des élections du 11 septembre 2017. Le gouvernement actuel (dernier remaniement en janvier 2018) est minoritaire et se compose du Parti Conservateur, du Parti du Progrès et du Parti Libéral (80 sièges, pour une majorité à 85 sièges sur un total de 169 sièges).

Au mois de mars dernier, de vives tensions politiques ont été déclenchées par les propos de la ministre très controversée de la justice et de l’immigration, dans le cadre du débat sur la déchéance de nationalité des terroristes. La démission de la ministre a permis d’éviter une crise.

Situation économique

L’économie norvégienne est stable, elle fait preuve de dynamisme et s’est nettement redressée en 2017. Relativement épargnée par la crise internationale (chute de 1,5% du PIB en 2009), sa croissance est tirée par la consommation privée et les investissements pétroliers. Grâce aux revenus pétroliers, le gouvernement a su conserver une marge budgétaire qu’il a utilisée pour des ajustements de sa politique. La production norvégienne actuelle de gaz devrait rester stable jusque 2035, en incluant des nouvelles découvertes attendues.

La capitalisation du fonds souverain, auquel est versée la quasi-totalité des revenus des hydrocarbures norvégiens a dépassé les 800 Mds€ en mai 2015. Il s’agit d’un enjeu considérable pour l’économie norvégienne (plus de 200% du PIB norvégien) et d’un partenaire important pour la France, qui occupe la 4ème place dans le portefeuille d’actions du fonds (6% en valeur), bien que sa part soit en déclin au profit des pays émergents. Son volume (1,2% de la capitalisation mondiale) en fait un prescripteur incontournable sur les marchés. Cependant, pour la première fois en 2016, la Norvège a davantage puisé dans le fonds qu’elle n’y a placé.

L’innovation occupe une place croissante dans l’économie norvégienne, notamment depuis que la conjoncture affecte les exportations d’hydrocarbures. Elle revêt une importance considérable dans des perspectives de développement économique durable, liées au changement climatique et au potentiel ouvert par les énergies vertes, mais également dans les secteurs des transports, des industries extractives ou piscicoles. A ce titre, les partenariats entre les mondes de la recherche et industriels sont encouragés. Le pays souhaite renforcer sa place sur le marché européen, dans les secteurs des énergies renouvelables, de la bio économie, ou encore de la digitalisation. L’émergence d’une « marque » Norvège constitue à ce titre un objectif économique d’avenir.

Politique étrangère

La Norvège est très engagée sur la scène internationale (le prix Nobel de la paix est remis à Oslo), dans les instances multilatérales (ONU, OTAN, OSCE, Conseil de l’Europe) et sur certains sujets tels que la lutte contre la mortalité infantile et maternelle, l’accès aux médicaments, la lutte contre le changement climatique, ou l’engagement en faveur de l’abolition de la peine de mort. Elle consacre 1% de son RNB à l’APD avec comme priorité l’aide humanitaire, la santé, l’éducation, le développement économique et le climat/environnement, et démontre un haut niveau d’engagement dans les crises humanitaires, notamment en Afrique.

L’appartenance de la Norvège à l’ONU depuis sa création a joué un rôle de premier plan dans la politique étrangère du pays. Les Norvégiens ont fourni un effort considérable dans ce domaine (plus de 41 000 casques bleus depuis l’origine et le premier secrétaire général, Trygye Lie). La Norvège est, selon les années, le 7e contributeur volontaire aux Nations unies (1er par habitant).

Membre fondateur et partenaire fiable de l’OTAN, elle considère l’Alliance comme le garant de sa sécurité et reste très attachée à la préservation du rôle et des compétences de l’organisation, perçue comme un instrument de sécurité et d’influence inégalable en Europe (la PSDC apparaissant comme un complément). Attachée au maintien d’une implantation significative sur le sol européen, la Norvège soutient l’idée d’un recentrage du rôle de l’Alliance sur ses fonctions traditionnelles et sur son territoire premier, l’Europe. Elle défend un rôle important des implantations sur son propre territoire (commandement de Stavanger) et n’hésite pas pour cela à mobiliser des moyens importants. La nomination de Jens Stoltenberg au poste du SG de l’OTAN en 2014 reflète la reconnaissance de l’engagement de la Norvège au sein de l’Alliance et de sa capacité à mener un dialogue responsable et ferme avec la Russie.

Depuis les accords d’Oslo, le Proche-Orient fait également l’objet d’un engagement constant de la diplomatie norvégienne.

Le Grand Nord et son rôle dans la coopération pour l’Arctique.

La région du Grand Nord (délimitée à l’Ouest par la mer de Norvège et à l’Est par la mer de Barents) est une priorité de la politique étrangère norvégienne, le pays y possédant des intérêts énergétiques, halieutiques et scientifiques. Le développement à terme du transport commercial par le passage du Nord-Est (triplement prévu du trafic maritime en moins de 10 ans du fait de la fonte de la banquise) est une autre source d’intérêt pour la Norvège. Ces perspectives doivent être conciliées avec la protection d’un environnement particulièrement fragile. Dans ce contexte, la Norvège souhaite renforcer le rôle du Conseil de l’Arctique, dont elle héberge le secrétariat permanent (à Tromsø). Elle est le pays le plus favorable à une implication des États observateurs du Conseil dans la coopération en Arctique et soutient la candidature de l’UE à un statut d’observateur. Outre son rôle actif au sein du Conseil nordique qui réunit les cinq pays nordiques, ses territoires autonomes et, comme observateurs, les pays baltes, elle est à l’origine de la création du Conseil euro-arctique de la mer de Barents et participe au Conseil des États riverains de la mer Baltique.

L’importance de la région du Sahel.

Le Sahel constitue une priorité pour la politique étrangère norvégienne, notamment depuis l’intégration du pays à l’espace Schengen et la crise migratoire. La Norvège souhaite construire des projets intégrant les dimensions « sécurité » et « développement » (455 millions de NOK auraient été affectées en 2018 aux pays du Sahel au titre de l’APD),. Notre coopération en matière de défense dans la région est importante et la Norvège contribue à l’effort international en faveur du Mali par l’intermédiaire de la MINUSMA (2,5M$ au fonds fiduciaire), au sein de laquelle elle est engagée jusqu’en 2020.

Les relations avec la Russie.

Après 40 ans de négociations, les deux pays ont signé un accord sur la délimitation et la coopération en Mer de Barents et dans l’Océan Arctique, à Mourmansk (Russie) le 15 septembre 2010, et un accord sur le « petit trafic frontalier », entré en vigueur le 29 mai 2012, facilitant les échanges à la frontière russo-norvégienne. Cependant, à la suite des sanctions contre la Russie, que la Norvège a approuvées, les mesures de rétorsion sur la pêche prises par les Russes ont fortement touché la Norvège.
Les relations russo-norvégiennes des derniers mois ont été marquées par des tensions. Le rapport annuel d’évaluation de la menace de l’agence de sécurité de la police norvégienne (PST) indique ainsi que l’intensification des activités de renseignement russes pourrait porter atteinte aux intérêts norvégiens.

La Norvège et l’Union européenne.

L’adhésion à l’Union européenne n’est pas d’actualité.
Si le peuple norvégien a rejeté par référendum l’entrée de son pays dans l’Union européenne (en 1972 et 1994), les gouvernements successifs ont cherché à maintenir des liens aussi étroits que possible avec l’Union. La Norvège , membre de l’Association européenne de libre-échange, elle participe ainsi depuis 1994 au marché intérieur de l’UE grâce à l’accord sur l’espace économique européen (EEE), à l’espace Schengen (accord d’association avec l’Union européenne du 18 mai 1999) et, depuis 2001, à la convention de Dublin (asile) ainsi qu’à Europol et Eurojust. La Norvège s’aligne très souvent sur les positions européennes en matière de politique étrangère et participe à des opérations de la politique européenne de sécurité et de défense commune. De même, elle fait partie des programmes européens Horizon 2020 (coopération scientifique) et Erasmus+ (programme étudiant d’échange). Enfin, au titre de l’EEE, la Norvège contribue financièrement à la politique européenne de cohésion. Les contributions pendant la période 2014-2021 prévoient une augmentation des fonds norvégiens de 11,2%.

L’euroscepticisme tient au souhait de la Norvège de conserver toute la maîtrise de sa politique en matière de pêche et d’agriculture (exclues de l’accord EEE), à sa prospérité économique, à la préservation de son modèle social (« scandinave ») et au fait qu’elle bénéficie déjà du marché intérieur européen via l’accord EEE. Il faut aussi y voir le souci de préserver une indépendance somme toute assez récente.

Pour l’heure, la Norvège considère que ses intérêts sont garantis de manière satisfaisante par l’accord EEE, qui prévoit la reprise de l’ensemble de l’acquis communautaire en matière de marché intérieur. La Norvège est de fait quasi-intégrée à l’UE (l’Union est le 1er partenaire commercial de la Norvège, et la Norvège le 5ème partenaire commercial de l’UE). Le mécanisme de reprise quasi-automatique de l’acquis fonctionne bien, la Norvège possède une des meilleures performances en matière de transposition des directives sur le marché intérieur (99,1%). Confortée dans son choix depuis la crise économique, la population norvégienne, protégée par la manne pétrolière, demeure opposée à une adhésion à l’UE . Alors que le parlement compte désormais une très forte majorité de parlementaires favorable à une adhésion de la Norvège à l’UE (70%), le gouvernement Solberg a accordé plus d’importance aux questions européennes. La mesure la plus symbolique du gouvernement a été la disparition de la « clause suicidaire » dans l’accord de coalition, qui visait à rendre caduc l’accord dès lors qu’un des partis aurait décidé de lancer le débat sur la question de l’appartenance à l’UE. Le 9 mai 2018, le gouvernement a présenté sa stratégie européenne pour la période 2018-2021, dont l’objectif est de communiquer vis-à-vis de la population norvégienne sur l’importance de l’Europe et d’entretenir la mobilisation interministérielle sur ces questions. A cet égard, au-delà des seuls sujets économiques, qui se traduisent par la volonté f de voir préservé le fonctionnement actuel de marché intérieur après le Brexit, l’accent est mis sur les questions de sécurité et les politiques sociales.

La Norvège, tout comme l’Islande, applique l’acquis de Schengen dans son intégralité. Les dispositions relatives au Système d’information Schengen (SIS) sont entrées en vigueur le 1er janvier 2000. Les deux pays prennent ainsi part aux discussions sur le développement de l’acquis de Schengen, mais pas aux votes. La Norvège a également adhéré le 26 juin 2010 au traité de Prüm sur la lutte contre le terrorisme, la criminalité et l’immigration illégale. Elle est partie à la Convention de Dublin (aujourd’hui Dublin II) et suit la politique européenne sur l’immigration. Elle participe dans le cadre de la politique de redistribution européenne de demandeurs d’asile et s’est dit prête à accueillir des migrants. Les efforts de la Norvège dans ce domaine sont significatifs. Elle verse 50 millions de NOK au Fonds européen d’urgence pour la stabilité et la lutte contre la migration illégale en Afrique, et participe au programme européen de relocalisation des réfugiés.

Par ailleurs, Oslo souhaiterait faire partie du deuxième volet du fond européen de défense et pouvoir participer à des projets menés dans le cadre de la coopération structurée permanente de la PSDC. Bien que la PESC n’entre pas dans le cadre de l’accord EEE, un dialogue politique existe, formalisé par une déclaration annexée à l’accord. La Norvège s’aligne ainsi régulièrement sur les déclarations PESC. Elle participe aussi à des missions militaires de l’UE dans les Balkans, en Asie et au Moyen-Orient et fournit des troupes aux groupes de combat nordiques sous l’égide de l’UE.

La Norvège et le Brexit.

La Norvège est proche culturellement du Royaume-Uni, qu’elle considère comme un allié, et avec lequel les contacts de haut niveau sont nombreux. La Norvège et le Royaume-Uni entretiennent en outre des liens historiques et culturels très forts.
Les autorités norvégiennes ont exprimé leur forte déception à la suite du résultat du référendum britannique. Le Royaume-Uni a toujours été perçu par les Norvégiens comme l’un des principaux pays partenaires et pays d’accès à l’UE. La question de Brexit suscite donc un certain nombre d’interrogations et de préoccupations, notamment concernant la relation future entre la Norvège et le Royaume-Uni, dans la perspective d’un possible accord entre l’UE et ce pays.

L’objectif de la Norvège est de conserver l’accord EEE et les principaux accords qui la lient à l’UE, tout en maintenant une collaboration et un dialogue avec le Royaume-Uni. Elle souhaite être intégrée aux dispositifs à venir, notamment en matière des droits des ressortissants installés dans un autre pays de l’UE/ EEE.
Le gouvernement norvégien travaille de manière intensive sur le Brexit et s’attend à d’âpres négociations avec Londres sur les quotas de pêche.

Mise à jour : 13.07.18

Informations complémentaires

PLAN DU SITE