Déclaration conjointe d’Amélie de Montchalin, secrétaire d’État chargée des Affaires européennes de la République française et Nicolae Popescu, ministre des Affaires étrangères et de l’intégration européenne de la République de Moldavie (Chisinau, 13 septembre 2019)

À la suite de leur entretien à Paris le 13 juin 2019, Nicolae Popescu, ministre des Affaires étrangères et de l’intégration européenne de la République de Moldavie, et Amélie de Montchalin, secrétaire d’État chargée des affaires européennes de la République française, se sont à nouveau entretenus à Chisinau le 13 septembre 2019, à l’occasion de la première visite de Mme de Montchalin en République de Moldavie.

Cette visite intervient à un moment important dans les relations de la Moldavie avec la France et l’Union européenne. Le 20 juin, le Conseil européen a salué la récente passation de pouvoir pacifique en Moldavie et a appelé l’Union européenne à aider la Moldavie à mener à bien ses réformes. Amélie de Montchalin a souligné le soutien de la France au réengagement de l’Union européenne en Moldavie, pays qui joue un rôle clé pour la stabilité régionale dans le voisinage oriental de l’UE.

Au cours des leurs consultations politiques, Nicolas Popescu et Amélie de Montchalin ont couvert un large éventail de questions internationales, régionales et bilatérales. Ils sont convenus de donner une nouvelle impulsion aux relations politiques, économiques et culturelles entre la République de Moldavie et la France. Le dialogue politique entre les représentants des deux pays va s’intensifier au cours des prochains mois.

Dans de nombreux secteurs de l’agriculture, des infrastructures et des services, le potentiel pour des échanges commerciaux et des investissements supplémentaires entre la Moldavie et la France est fort, de nouveaux investisseurs français ayant manifesté leur intérêt à faire des affaires en République de Moldavie. Une Lettre d’intention a été signée aujourd’hui sur la rénovation par des entreprises françaises de la ligne de chemin de fer Chisinau-Ungheni. Amélie de Montchalin a également indiqué que le gouvernement français était disposé à coopérer avec la République de Moldavie sur les questions fiscales, afin d’éviter la double imposition, de prévenir l’évasion fiscale et de lutter contre le financement du terrorisme. En outre, Amélie de Montchalin a annoncé la tenue, à l’automne prochain, de missions d’experts français destinées soutenir les réformes entreprises par la Moldavie dans les secteurs de la justice et de la santé, et a confirmé le lancement de nouvelles initiatives franco-moldaves en matière de coopération technique de policière. Par ailleurs, Proparco, filiale de l’Agence française de développement (AFD) spécialisée dans le financement du secteur privé, a manifesté un vif intérêt au développement de sa présence en Moldavie, notamment dans le but de renforcer le secteur bancaire.

Soulignant que la dimension culturelle et linguistique est une priorité essentielle de la relation bilatérale, les deux ministres ont exprimé leur soutien aux efforts en cours pour renforcer la coopération universitaire entre la France et la Moldavie et ont souligné la nécessité de mesures supplémentaires destinées à maintenir la position de la langue française dans le système éducatif moldave.

Le Ministre et la Secrétaire d’État ont également passé en revue les priorités du dialogue Moldavie-UE et réaffirmé l’objectif de renforcer l’association politique et l’intégration économique entre l’Union européenne et la République de Moldavie. Nicolae Popescu a réaffirmé le ferme engagement du gouvernement à mettre en œuvre l’Accord d’association et la zone de libre-échange approfondi et complet, ainsi qu’à promouvoir l’agenda des réformes. Constatant que le programme du nouveau gouvernement reprend bon nombre des priorités de l’Accord d’association, notamment les réformes structurelles visant à lutter plus efficacement contre la corruption et la détermination à renforcer l’État de droit et l’indépendance du pouvoir judiciaire, Amélie de Montchalin a encouragé les autorités moldaves à rapidement mettre en œuvre ces intentions et à apporter des changements concrets dans le pays. Tout en rappelant la nécessité pour la Moldavie de respecter strictement les conditions posées par l’UE, elle a réaffirmé l’engagement ferme de la France à soutenir les réformes en Moldavie, afin que le gouvernement puisse offrir espoir et opportunités à tous les citoyens de Moldavie.

Nicolae Popescu et Amélie de Montchalin ont également procédé à un échange de vues sur plusieurs questions internationales et régionales. Un sujet de discussion spécifique a porté sur le conflit transnistrien. Les deux parties ont réaffirmé leur ferme volonté de parvenir à un règlement global, pacifique et durable de ce conflit, fondé sur la souveraineté et l’intégrité territoriale de la République de Moldavie à l’intérieur de ses frontières internationalement reconnues, avec un statut spécial pour la région transnistrienne garantissant pleinement les droits humains, politiques, économiques et sociaux de sa population. Rappelant la résolution 72/282 adoptée par l’Assemblée générale des Nations unies le 22 juin 2018, Nicolae Popescu et Amélie de Montchalin ont réaffirmé la nécessité d’un retrait total et sans condition des forces militaires russes et de leurs armements du territoire de la République de Moldavie, conformément aux décisions pertinentes de l’Organisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe et comme convenu lors de son sommet tenu à Istanbul en 1999.

Amélie de Montchalin a souligné les priorités de la présidence française du Comité des ministres du Conseil de l’Europe et a invité les autorités moldaves à ratifier dès que possible la Convention du Conseil de l’Europe sur la prévention et la lutte contre la violence à l’égard des femmes et la violence domestique ainsi qu’à prendre toutes les mesures nationales possibles en la matière. Amélie de Montchalin a également salué le soutien apporté par la République de Moldavie à la mise en place d’un observatoire pour l’enseignement de l’histoire en Europe, compte tenu de l’importance de l’enseignement de l’histoire pour rapprocher les Européens et créer un sentiment d’appartenance commune.

Au cours de cette journée, Nicolae Popescu et Amélie de Montchalin ont échangé avec 250 étudiants francophones à l’Université d’État de Moldavie au sujet des défis européens actuels, des relations entre l’UE et la Moldavie et du rôle clé de la jeunesse moldave dans la construction d’un pays moderne, prospère et démocratique.

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