Présentation de Malte

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Présentation du pays

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Données générales

Nom officiel : République de Malte
Nature du régime : Démocratie parlementaire
Chef de l’État : George Vella depuis le 4 avril 2019

Données géographiques

Superficie : 316 km²
Capitale : La Valette
Villes principales : Birkirkara, Mosta, Qormi, Zabbar
Langues officielles : maltais et anglais
Langues courantes : maltais et anglais
Monnaie : euro
Fêtes nationales : la République n’a pas établi de jour précis, mais célèbre avec solennité plusieurs moments importants de son histoire : 8 septembre : fête de la Victoire 21 septembre : Jour de l’indépendance ; 13 décembre : Jour de la République

Données démographiques

Population (2020) : 514 564 habitants
Densité : 1 633 hab/km² (densité la plus élevée parmi les États membres de l’UE)
Croissance démographique (2020) : 4%
Espérance de vie (2019) : 83 ans
Taux d’alphabétisation (2018) : 93,3%
Religion (s) : catholicisme à 83% (religion d’État) ; une communauté musulmane en développement (estimée à 8% de la population) et environ 7% d’autres chrétiens.
Indice de développement humain (2019) : 0.885 (28ème rang mondial)

Éléments d’actualité

Politique intérieure

Robert Abela a été nommé Premier ministre le 12 janvier 2020 à l’issue d’une crise politique inédite qui avait entraîné la démission de Joseph Muscat, au pouvoir depuis 2013. Une élection au sein du parti travailliste l’avait désigné en amont.

Malte a été relativement préservée lors de la première vague du Covid-19 au printemps 2020 en raison d’une population assez jeune, de son insularité et de la fermeture de son aéroport, mais l’archipel a en revanche été assez fortement impacté début 2021. Malte a coopéré avec la France dans le contexte de cette crise, notamment en faisant des dons de matériel médical.

La crise politique a été déclenchée par l’accélération, en novembre 2019, de l’enquête sur l’assassinat survenu le 16 octobre 2017 de la journaliste Daphné Caruana Galizia, principale journaliste d’investigation maltaise et actrice majeure des révélations du « Panama Gate ». L’arrestation, puis l’inculpation, de l’homme d’affaires Yorgen Fenech, suspecté d’être le commanditaire de cet assassinat, ont amené le directeur de cabinet du Premier Ministre, Keith Schembri, et le ministre du tourisme, Konrad Mizzi à démissionner en raison de leurs liens avec l’intéressé. Ils ont été entendus par la justice à plusieurs reprises, y compris pour d’autres affaires de corruption.

Le nouveau Premier ministre a pris des décisions de rupture en affichant des priorités en phase avec les préoccupations européennes : démission du chef de la Police, séparation des rôles de procureur général et du procureur de la République, instructions pour respecter le mémorial de Daphné Caruana Galizia, création d’une commission de gouvernance, promesses de mise en place des recommandations de la Commission de Venise de novembre 2018 (p.m. renforcement du rôle du Président de la République et de l’indépendance du pouvoir judiciaire notamment), et enfin mise en œuvre des recommandations du rapport Moneyval (blanchiment d’argent et défaillances des poursuites judiciaires). La nouvelle Commission européenne avait marqué sa vigilance dès décembre 2019 par des déclarations de la présidente Von der Leyen et du commissaire Reynders, à la fois sur l’enquête judiciaire en cours et sur la réforme du système judiciaire maltais. Pour mémoire, bien que le pays figure sur la liste blanche de l’OCDE, l’organisation a classé Malte sur la liste des 21 juridictions à risque dans le domaine du blanchiment et de l’évasion. Pour autant, Robert Abela n’entend pas abolir le programme "passeports" dorés", fortement critiqué par la Commission européenne qui a ouvert une procédure d’infraction contre Malte en octobre 2020.

Politique étrangère

Relations avec l’UE

Nombre de députés au Parlement européen : 6/705 (pas d’évolution suite au Brexit)
Commissaire européenne : Helen Dalli - Portefeuille : égalité

Malte s’investit particulièrement sur la Méditerranée et les crises régionales. Elle reste en particulier très attentive à la crise libyenne, en raison de la proximité géographique de l’archipel, des flux migratoires auxquels elle est soumise et des relations économiques anciennes qui la lient à la Libye. Le premier Ministre accompagné du ministre des Affaires étrangères et du ministre de l’Intérieur maltais, s’est rendu à Tripoli pour rencontrer M. Fayez Sarraj le 28 mai 2020 et pour évoquer les questions migratoires, ainsi que le 5 avril 2021 pour rencontrer M. Dbeibah, toujours accompagné des deux ministres. Au cours de cette dernière visite, M Abela a annoncé la réouverture de l’ambassade de Malte en Libye ainsi que le souhait commun d’une reprise des liaisons aériennes directes entre les deux Etats.

La Valette, après avoir accueilli le lancement de la préparation du Sommet des Deux Rives le 18 janvier 2019 lors de réunion ministérielle du dialogue « 5+5 » entre les États de la Méditerranée occidentale, a organisé, les 24 et 25 avril 2019, l’un des forums préparatoires de ce sommet intitulé : « Jeunesse, Education, Mobilité », puis a accueilli le MED7 le 14 juin 2019.

Le sujet des migrations reste un enjeu prioritaire pour Malte, situé sur la route de Méditerranée centrale. La Valette souhaite une solidarité européenne plus marquée à son égard, compte tenu de sa taille et de sa géographie qui en fait un pays de première entrée, et plaide pour une relocalisation durable des migrants. La France a appuyé de façon constante Malte pour mobiliser les partenaires européens et faciliter leur appui, notamment pour la relocalisation de demandeurs d’asile depuis Malte.

Malte, qui s’investit prioritairement à Bruxelles sur les sujets d’intérêt national immédiat et défend globalement des positions compatibles avec les nôtres, est cependant réticente à l’égard de toute remise en cause de ses prérogatives fiscales dans le cadre européen, l’attractivité de sa fiscalité étant au cœur de son modèle de développement.

Enfin, les liens de Malte avec la Turquie se sont resserrés : le 20 juillet 2020, une rencontre tripartite à Ankara Turquie-Libye-Malte a été organisée, avec la participation du ministre de l’intérieur B. Camilleri, puis avec la visite à Malte du ministre de la défense turc le 4 juillet 2020 à son retour de Tripoli, et celle d’Evarist Bartolo à Ankara le 14 juillet 2020. Si une coopération économique est avancée, c’est avant tout de Libye et de migrations qu’il s’agit.

Situation économique

PIB : 13,59 Mds€ en 2020,
PIB par habitant : 26 410€ en 2020
Croissance : +4,9% en 2019 (moyenne 2014-2018 : 7,8% soit l’un des taux les plus élevés de l’UE), - 7% en 2020.
Chômage : 3,4% en 2019 et 4,5% en 2020

Après avoir progressé de près de 50% entre 2011 et 2019, le commerce extérieur maltais accuse un recul. L’excédent de la balance extérieure maltaise a diminué en 2020 pour s’établir à près de 900 M€, soit 7% du PIB (-7%). En effet, la crise sanitaire affecte négativement les exportations maltaises de biens (-19% pour les biens hors énergie) ; les importations de biens étant également en repli (-17%, le déficit commercial de l’archipel se rétracte et vient s’inscrire à -1,4 Md€ (+11%). La chute de la fréquentation touristique pèse sur la balance des services dont le surplus se maintient (2,3 Milliards€) mais diminue de près de 40%.

La situation des finances publiques maltaises est saine : Malte a atteint fin 2017 son objectif d’équilibre budgétaire de moyen terme trois ans plus tôt que prévu, et sa dette publique poursuivait en 2019 sa diminution (42,6% du PIB, soit -2,6 %). En 2020, le niveau de la dette devrait s’établir à 55%, en deçà du seuil des 60% prévu par les traités européens. L’excédent budgétaire s’était réduit à 0,5% en 2019 (après +2% en 2018), mais le solde budgétaire devrait afficher un déficit de -9,4% en 2020. Il confirme que le dynamisme, soutenu par les recettes (impôt sur les sociétés, programme d’investissement individuel) est à court terme vulnérable aux chocs externes (tourisme, IDE etc.), ainsi qu’au vieillissement de la population (financement des retraites et de la santé).

La crise sanitaire interrompt la croissance qui est négative en 2020 : - 7%. Après une moyenne de +6,9% entre 2014 et 2018, la croissance réelle du PIB avait déjà ralenti à +4,9 % en 2019. Cette dynamique reposait sur la demande intérieure alimentée depuis 2010, d’un point de vue sectoriel, par la forte contribution des activités de services (85% de la valeur ajoutée nationale en 2019, et plus particulièrement l’hôtellerie-restauration, transport et commerce, les services publics (16,3%) et les services aux entreprises. Les contributions directes du secteur des jeux en ligne et de celle du tourisme sont estimées respectivement à 13,3% et à 16,3%.

Mise à jour : 12.08.21

Informations complémentaires