L’action de la France au Mali et au Sahel

Les pays du Sahel (Burkina Faso, Mali, Mauritanie, Niger, Tchad) sont confrontés à de multiples défis : progression de la menace terroriste et du crime organisé, changement climatique, expansion démographique… autant de facteurs qui contribuent à fragiliser la région. Face à ces défis communs, la réponse doit être politique, militaire et en matière de développement. Pour coordonner leurs actions, les chefs d’État de la région ont créé en 2014 le G5 Sahel, cadre intergouvernemental de coopération, afin de proposer une réponse régionale aux différents défis. L’une des structures lancées par le G5 est, en matière de sécurité, la Force conjointe du G5 Sahel, créée en 2017 par les 5 États de la région.

L’Alliance Sahel, lancée en 2017 par la France, l’Allemagne et l’Union européenne, et désormais composée de douze bailleurs, a été créée pour améliorer l’efficacité de l’aide au développement dans la zone et être l’interlocuteur du G5 sur les questions de développement. Pour cela, elle coordonne l’action des grands partenaires du développement dans la région afin d’accélérer la mise en œuvre d’actions de développement qui correspondent directement aux besoins exprimés par les populations.

La France participe à la mobilisation internationale en faveur de ces deux initiatives exemplaires.

Le G5 Sahel : une décision politique africaine

Le G5 Sahel, dont le siège est situé à Nouakchott, est un cadre de coopération intergouvernemental créé le 16 février 2014 sous l’impulsion de la présidence mauritanienne de l’Union africaine.

L’organisation du G5 Sahel entend à la fois lutter contre l’insécurité et mener des actions de développement pour désenclaver la zone.

Le 2 juillet 2017, les cinq chefs d’États du G5 Sahel ont officialisé à Bamako le lancement d’une force conjointe transfrontalière en vue de mutualiser leurs efforts dans la lutte contre les menaces sécuritaires au Sahel. Cette force militaire conjointe a été actée par la résolution 2359 du Conseil de sécurité de l’ONU (21 juin 2017), portée par la France.

Endossée par le Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine (CPS/UA), la Force conjointe a pour mission de lutter contre le terrorisme, le crime organisé transfrontalier et le trafic d’êtres humains dans l’espace du G5 Sahel. Sa première opération a eu lieu en novembre 2017 avec les armées du Burkina Faso, du Mali et du Niger.

La Force conjointe doit rassembler, en pleine capacité opérationnelle, 5 000 hommes (7 bataillons répartis sur trois fuseaux Ouest, Centre et Est). Elle intervient sur une bande de 50 km de part et d’autre des frontières communes. Dans un second temps, il est prévu qu’une brigade sahélienne contre-terroriste se déploie au nord du Mali.

L’impulsion politique de la force est assurée par la présidence en exercice du G5 (le Burkina Faso depuis 2019) et son contrôle stratégique par la réunion des ministres de la Défense des pays du G5. Les opérations de la Force conjointe du G5 sont orientées sur les zones frontalières et s’étendent sur trois zones : le fuseau Ouest dont le poste de commandement (PC) est situé à Néma (Mauritanie), le fuseau Centre avec un PC à Niamey, et le fuseau Est commandé par N’Djamena (Tchad). Ces PC sont coordonnés par le QG de la Force, situé à Bamako. La Force a déjà réalisé avec succès plus d’une dizaine opérations conjointes et continue d’en planifier pour 2019. La force du G5 Sahel est un dispositif souple prévu pour s’adapter à l’évolution de la menace et être modulable selon les priorités d’intervention. Elle ne remplace pas mais complète l’action de la Mission des Nations Unies au Mali (MINUSMA) dont le mandat est d’aider les autorités maliennes à stabiliser leur pays. L’articulation de la Force conjointe avec la MINUSMA est cadrée par la résolution 2391 (8 décembre 2017) qui prévoit un soutien opérationnel et logistique de la seconde à la première.

L’appui financier et matériel au G5 Sahel progresse. La conférence de la Coalition Sahel organisée le 13 décembre à l’initiative de la France à La Celle Saint-Cloud a permis de conforter le niveau des soutiens internationaux. Elle a été suivie par une conférence de soutien en faveur du G5 Sahel, organisée le 23 février à Bruxelles par l’Union européenne, l’Union africaine, l’ONU et le G5 Sahel. A la suite de ces deux événements qui témoignent de l’engagement de la communauté internationale pour le Sahel, des contributions financières d’un montant total de 414 millions d’euros ont été entérinées. Ces sommes servent à équiper et former les armées du G5.

Dans le cadre de sa mission de développement et pour rendre durables les actions de sécurité dans la région, le G5 Sahel a élaboré en 2014 un Programme d’investissements prioritaires (PIP) composé de 40 projets régionaux, pour un coût de 2,4 milliards d’euros. Les projets du PIP concernent principalement les zones frontalières du Sahel et illustrent la solidarité et la coopération entre ces pays traversés par les mêmes crises et qui ont choisi d’y apporter une réponse régionale. Le PIP contient principalement des initiatives d’infrastructures en matière de désenclavement (routes, ponts, liaisons aériennes, extension de la couverture téléphonique), d’accès aux ressources (projets agro-hydrauliques, électrification) et de gouvernance (inclusion des femmes, appui à la justice). Il comprend également un programme de stabilisation d’urgence à déployer immédiatement dans les régions les plus vulnérables.

Le 6 décembre 2018, une conférence internationale des bailleurs s’est tenue à Nouakchott, afin de financer le PIP du G5 Sahel. La France a annoncé à cette occasion son soutien à hauteur de 220M€ pour œuvrer au développement de la région, dont 90M€ au titre du programme de stabilisation d’urgence.


Une formation partagée pour les armées du G5 Sahel

En 2019, une première promotion d’officiers stagiaires sahéliens a été formée par le Collège de Défense du G5 Sahel de Nouakchott. 36 officiers supérieurs originaires de chacun des pays du G5 en ont bénéficié et partagent désormais une culture militaire commune, qui renforcera la cohésion et l’interopérabilité entre les différentes armées sahéliennes. Ce projet de Collège a été lancé en 2018 par les 5 pays du Sahel et soutenu par la France et d’autres partenaires internationaux dès sa création.

La formation repose sur deux piliers : l’un opérationnel et l’autre académique. Les cours de géographie, d’histoire, de géopolitique et de sociologie, axés sur la Sahel, permettent aux officiers
de mieux connaître et comprendre le Sahel et ainsi d’avoir une approche globale dans la résolution des crises sahéliennes. Enfin plus de 16 semaines sont consacrées à l’apprentissage des méthodes opérationnelles (enseignements et exercices pratiques).
La seconde promotion verra sa formation opérationnelle portée à 19 semaines et pourra prétendre à un Master 2 en défense et relations internationales.

Grâce à cette formation partagée, les armées du G5 disposent d’un nouvel atout pour travailler ensemble plus efficacement contre les menaces communes, notamment dans le cadre de la Force conjointe du G5 Sahel.

L’Alliance Sahel, un groupe de coordination des bailleurs qui agissent au quotidien en faveur du Sahel

L’effort consenti pour la sécurité de la région sera sans lendemain s’il n’est pas accompagné d’un effort durable en matière de développement.

Pour stabiliser la région et prévenir la radicalisation violente, il est indispensable de créer les conditions d’un développement économique créateur d’emplois, notamment pour une jeunesse en forte expansion.

Cela suppose des efforts de développement renforcés au bénéfice de cette région. L’Alliance Sahel lancée sous impulsion franco-allemande le 13 juillet à Paris, en présence du président de la République, de la Chancelière et de la Haute représentante de l’UE, Federica Mogherini, associe les principaux partenaires du développement multilatéraux et bilatéraux des États du Sahel. L’objectif est d’éviter le saupoudrage de l’aide, et d’en accélérer le déploiement, y compris dans les zones les plus vulnérables. L’Alliance compte aujourd’hui 12 membres : la France, l’Allemagne, l’Union européenne, la Banque africaine de développement, le Programme des Nations-Unies pour le développement, la Banque mondiale, le Royaume-Uni, l’Italie, l’Espagne, les Pays-Bas, le Luxembourg et la Finlande. Les États-Unis, la Norvège et la Finlande sont des membres observateurs.

L’Alliance n’est pas une nouvelle structure ni une enceinte de plaidoyer financier, mais un mécanisme de renforcement de la coordination des partenaires pour une aide plus rapide, plus efficace et mieux ciblée en faveur des zones vulnérables. Six secteurs clefs sont ciblés : éducation et employabilité des jeunes ; agriculture, développement rural et sécurité alimentaire ; énergie et climat ; gouvernance ; décentralisation et appui au déploiement des services de base ; sécurité intérieure.

Les bailleurs regroupés au sein de l’Alliance Sahel financeront plus de 600 projets dans la zone, pour un montant total de 9 milliards d’euros. La France sera intégralement partie à cet effort, puisque l’Agence française de développement financera plus de 1,6 milliard d’euros de projets – soit une hausse de 40 % de son action en faveur du Sahel sur la période 2018-2022 par rapport aux 4 années précédentes.

Par ailleurs, le G5 a signé le 30 octobre 2018 un accord de partenariat avec l’Alliance Sahel afin d’accroître la coordination entre l’offre des bailleurs et les besoins exprimés par les pays du Sahel, améliorant ainsi l’efficacité de l’aide au développement dans la région.

Mise à jour : juin 2019

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