Données générales

Présentation du pays

Nom officiel : Etat de Libye (dans l’attente de l’adoption d’une constitution)
Nature du régime : Parlementaire (Déclaration constitutionnelle transitoire d’août 2011)
Chef de l’Etat et du Gouvernement : M. Fayez Sarraj (selon l’article 8 de l’Accord de Skhirat, le Président du Conseil présidentiel a pour mandat de « représenter l’Etat dans ses relations étrangères. »)

Données géographiques

Superficie : 1 759 500 km²
Capitale : Tripoli
Villes principales : Tripoli, Benghazi, Misrata, al-Beïda, Zouara, Sebha
Langue (s) officielle (s) : Arabe
Langue (s) courante (s) : Arabe dialectal, langues berbères, langues toubous
Monnaie : Dinar libyen (LYD) 1€ = 1,62 LYD (03/01/2018)
Fête nationale : indéterminée (17 février : anniversaire de la Révolution de 2011 ; 23 octobre : anniversaire de la proclamation de la libération de 2011).

Données démographiques

Population : 6 290 000 (2016, Banque Mondiale)
Densité : 3,6 hab./km2 (2015, Banque Mondiale)
Croissance démographique : 0,31% (2015, Banque Mondiale)
Espérance de vie : 71,8 ans (2015, Banque Mondiale)
Taux d’alphabétisation : 89,5% (2013, PNUD)
Religion (s) : Islam sunnite (97 %) autres (3 %)
Indice de développement humain (2016) : 0,716 () (PNUD)

Données économiques

PIB : 40,02Mds USD en 2016 (e) (CIA World Factbook) (41,1 Mds USD en 2014 ; 65,5 Mds USD en 2013 ;Banque Mondiale)
PIB par habitant : 4500USD/hab (2016, Banque mondiale) (4640 USD/hab en 2015, 10 563 USD/hab en 2013)

Taux de croissance : -4,9% en 2017-6% en 2015 ; -24% en 2014 ; - (estimations African Economic Outlook)
Taux de chômage : )17,7% (2017, Banque mondiale)
Taux d’inflation : 12,9 (prévision 2017) (estimé à 8,6 en 2015) (African Economic Outlook)
Dette intérieure : 53,7 milliards de dinars libyens soit 38,9 milliards de dollars (mars 2017)

Solde budgétaire : déficit estimé à 63,9% du PIB en 2016, et prévision de 22% pour 2017 ( Banque Mondiale)
Solde extérieur (biens et services) : déficit à hauteur de 30,9% du PIB en 2014 (Banque Mondiale)

Principaux clients : Italie, Allemagne, Chine, France
Principaux fournisseurs : Italie, Chine, Turquie, Egypte

Part des principaux secteurs d’activités dans le PIB (2016, CIA World Factbook) :
Agriculture : 1,7%
Industrie : 38,2% Services 60,1%

Production d’hydrocarbures : 1 million b/j (NOC, novembre 2017)
Exportations de la France vers la Libye (2015) : 689 M€
Importations françaises depuis la Libye (2015) : 848 M€)

http://www.tresor.economie.gouv.fr/pays/libye

Présence française

Site internet de l’ambassade : http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/dossiers-pays/libye/
L’Ambassade de France, repliée à Tunis, a entamé le retour progressif d’une présence diplomatique permanente à Tripoli depuis la fin de l’année 2017.
Consulat (s) de France : en raison de la situation sécuritaire fragile en Libye, l’ensemble des services de l’ambassade ont été déplacés à Tunis.
Communauté française en Libye : les ressortissants français ont été évacués à l’été 2014.
Communauté libyenne en France : 994 (au 31 décembre 2011)

Éléments d’actualité

Politique intérieure

Une phase de transition démocratique s’est ouverte en Libye depuis 2011, mettant fin à une dictature de quarante-deux ans. Après le succès des premières élections du 7 juillet 2012, qui se sont déroulées dans de bonnes conditions le Congrès général national a été formé. Le processus de transition a marqué le pas en 2014 du fait de l’opposition croissante entre les tendances islamistes et nationalistes. Au printemps 2014, le lancement de l’opération « Dignité » par le Général Hafter et la constitution de la coalition « Aube de la Libye » alliant Tripoli et Misrata ont précipité la division de la Libye en deux camps, chacun doté de son parlement et de son gouvernement. Alors que la communauté internationale a reconnu la légitimité de la Chambre des Représentants élue lors des élections du 25 juin 2014, installée à Tobrouk, le Congrès général national de Tripoli s’est auto-renouvelé en contestant ces élections.
Des avancées majeures ont été réalisées grâce à la médiation onusienne du Représentant spécial du Secrétaire général des Nations unies lancée en septembre 2014 (le RSSGNU est aujourd’hui M. Ghassan Salamé, qui a pris ses fonctions au mois de juillet 2017 ). Ces efforts ont abouti à la signature entre représentants des différentes parties libyennes de l’accord politique inter-libyen le 17 décembre 2015 à Skhirat (Maroc). La communauté internationale a entériné cet accord à travers la résolution 2259 (2015) votée à l’unanimité.
L’accord de Skhirat a créé un organe spécifique, un Conseil présidentiel de neuf membres dirigé par le Premier ministre Fayez Sarraj et chargé de constituer le gouvernement d’entente nationale. Le Premier ministre M. Sarraj et plusieurs membres du Conseil présidentiel et de son gouvernement sont installés à Tripoli depuis le 30 mars 2016.

Reposant sur un équilibre complexe, et négocié sans les acteurs sécuritaires, l’accord de Skhirat n’a pas été entièrement mis en œuvre. Les affrontements se sont ainsi poursuivis au cours de l’année 2016, avec en point d’orgue la prise du croissant pétrolier par l’armée nationale libyenne et la lutte pour le contrôle du centre de la Libye.

L’enjeu est aujourd’hui de relancer la transition politique et de sceller une véritable réconciliation nationale.M. Ghassan Salamé a proposé une feuille de route qui a été endossée par le Conseil de sécurité des Nations unies. Ce plan comprend trois volets : (i) l’amendement de l’accord de Skhirat (ii) l’organisation d’une conférence nationale inclusive, regroupant les représentants de la société libyenne, et (iii) l’organisation des prochaines élections en 2018. Ces travaux sont concomitants. Le premier volet a fait l’objet d’une série de réunions à Tunis entre le 26 septembre et le 21 octobre, entre représentants du Conseil d’Etat et de la Chambre des représentants. Malgré des points d’accord substantiels, le texte de compromis issu de ces échanges et proposé par le RSSGNU aux deux chambres a été uniquement endossé par la Chambre des représentants, le Conseil d’Etat contestant certaines dispositions.

Situation économique

Les fortes variations de la croissance libyenne s’expliquent principalement par les variations de la production pétrolière, qui représente environ 70% du PIB ces dernières années. Les recettes pétrolières se sont effondrées depuis 2011 sous l’effet de la chute de la production entraînée par la dégradation sécuritaire, conjuguée à la baisse des prix. La production de pétrole est passée de 1,65 million de barils/jour (b/j) début 2011 à un peu plus de 600 000 b/j début 2017, pour se stabiliser à environ 1 millions de b/j ces sept derniers mois, permis par la relative stabilisation de la situation sécuritaire, notamment dans le secteur du croissant pétrolier, contrôlé par l’ANL depuis le mois de septembre 2016. La production n’est néanmoins pas totalement stabilisée du fait de fermetures et réouvertures de champs et de terminaux pétroliers, notamment celui de Sharara, dans le Sud, qui bénéficie d’une importante capacité de production. . L’économie libyenne a connu quatre années de récession en 2011, 2013, 2014 et 2015, qui ont réduit le PIB de moitié (82 Mds USD en 2012 contre 41 Mds USD en 2014) mais s’est redressée au 1er semestre 2017 grâce au redémarrage et à la stabilisation de la production d’hydrocarbures Bien que la production pétrolière se soit redressée en 2017, elle n’est pas encore à son niveau de 2011, pour cela le gouvernement d’entente nationale doit rechercher des accords avec les différents acteurs impliqués et investir massivement dans la modernisation des infrastructures.

A cette dépendance aux hydrocarbures, s’ajoutent d’autres faiblesses structurelles qui obèrent le potentiel de croissance de l’économie libyenne : hypertrophie du secteur public, faible diversification, environnement des affaires inadapté, infrastructures obsolètes. Par ailleurs, le chômage (17.7%) est exacerbé par le manque de formation et l’inadaptation du système éducatif au marché du travail.

Les défis demeurent donc immenses pour le gouvernement d’entente nationale : à court terme, résolution de la crise de liquidité bancaire et des insuffisances du réseau électrique ; à plus long terme, développement du secteur privé, rationalisation de la gestion des finances publiques, modernisation du secteur financier.

Depuis le lancement du « dialogue économique » en novembre 2016, qui rassemble le Gouvernement d’entente nationale et les institutions économiques et financières libyennes, les autorités libyennes débattent des réformes à entreprendre.

La Libye conserve toutefois un potentiel important. Elle possède les premières réserves pétrolières d’Afrique, devant le Nigéria. Les institutions économiques et financières fonctionnent malgré la crise.

Politique étrangère

La Libye s’est efforcée de développer des relations de bon voisinage, malgré le maintien de certaines querelles. Les officiels libyens multiplient les visites dans les pays de la région pour affirmer leur volonté d’un retour à la stabilité politique mais aussi pour aborder le sujet sensible des anciens dirigeants libyens réfugiés dans divers pays. Dès 2012, la Libye a obtenu l’extradition de Baghdadi Al-Mahmoudi (ancien Premier ministre de Kadhafi) par la Tunisie et d’Abdallah Senoussi, ancien chef des renseignements, par la Mauritanie, puis celle de Saadi Kadhafi par le Niger en 2014.

La communauté internationale s’est engagée pour aider la Libye à sortir de l’impasse politique. Le Conseil de sécurité des Nations unies a adopté à l’unanimité la résolution 2259 (2015), qui entérine l’accord politique inter-libyen signé à Skhirat (Maroc). Les réunions ministérielles de Rome, le 13 décembre 2015, et de Vienne, le 16 mai 2016, en présence de plus de 20 pays et organisations internationales, ont joué un rôle décisif pour accompagner ce processus politique et apporter un soutien à l’accord de Skhirat et aux institutions qui en sont issues. Une réunion consacrée à la Libye s’est tenue en marge de l’Assemblée générale des Nations unies à New York le 20 septembre 2017, où le Représentant spécial du secrétaire des Nations unies (RSSGNU) M. Ghassan Salamé, a présenté sa feuille de route. Une série de réunions du dialogue économique entre le conseil présidentiel et les institutions économiques et financières libyennes a débuté le 1er novembre 2016 à Londres. La dernière en date s’est tenue à Tunis le 2 novembre 2017…

Situation sécuritaire

La faiblesse structurelle de l’armée sous le régime de Kadhafi et la division politique après 2014 ont favorisé le développement d’organisations terroristes et de groupes criminels. Cette dégradation des conditions de sécurité a conduit au repli du dispositif diplomatique français à Tunis depuis le 30 juillet 2014 (attentat contre l’ambassade de France le 23 avril 2013).
Les forces sous l’égide du gouvernement d’entente nationale ont lancé une offensive contre le fief de Daech en Libye, Syrte, en mai 2016 et ont bénéficié d’un soutien aérien américain à partir du 1er août 2016. La ville de Syrte a été reprise le 7 décembre 2016.
L’Armée nationale libyenne, commandée par le général Hafter contrôle la majorité de la ville de Benghazi depuis le 6 juillet 2017 mais des poches de résistances existent encore dans la ville.
La ville de Derna était encore assiégée par ses forces au mois de décembre 2017. Le Sud est agité par des tensions entre divers groupes et communautés (Ouled Slimane, Toubous, Touaregs, Arabes Zwaï) qui sont en concurrence pour le contrôle des villes (Ubari, Sabha, Murzuq), des axes routiers et des ressources économiques. Des efforts de médiation entre communautés ont cependant été entrepris au cours des trois dernières années.
L’instabilité de la Libye en a fait la plaque tournante des trafics, notamment d’armes (en violation de l’embargo onusien) et de migrants. La Libye est redevenue depuis avril 2016 le premier pays par lequel transitent les migrants vers l’Europe. Selon l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), 181 436 migrants sont arrivés sur les côtes italiennes en 2016 et 113 957 entre janvier et novembre 2017. Entre janvier et septembre 2017, les principales nationalités représentées sont les Nigérians (17 1000), les Guinéens (9217 les Bangladais (8870),) les Ivoiriens (8753), Maliens (6461), Erythréens (5711 ), Gambiens (5649), Sénégalais (5616), Soudanais (5569), Marocains(5193)),), ). En 2016, 4579 personnes sont décédées en tentant d’emprunter la route de la Méditerranée centrale (OIM). En 2017, 2966 personnes ont disparu au 14 novembre 2017.

Mise à jour : 15.01.18

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