Données générales

Présentation du pays

KÉNYA {JPEG}

Nom officiel : République du Kenya
Nature du régime : République
Chef de l’État : M. Uhuru Kenyatta

Superficie : 580 367 km²
Capitale : Nairobi
Villes principales : Nairobi, Mombasa, Kisumu, Eldoret, Nyeri, Meru, Embu
Langue(s) officielle(s) : anglais, swahili
Langue(s) courante(s) : anglais, swahili, plus de 40 autres langues
Monnaie : Shilling kenyan ; 1 EUR = 123,9 KES (décembre 2017)
Fête nationale : 12 décembre (Indépendance)

Données démographiques : (source : PNUD)

Population : 49,7 millions (2017)
Densité : 85,3 habitants/km² (2017)
Croissance démographique : 2,5 % (2017)
Espérance de vie : 67 ans (2017)
Taux d’alphabétisation : 78 % (2016)
Indice de développement humain : 0, 590 - 179e sur 228 (2017)
Religions : Protestants 45 % ; Catholiques 33 % ; Musulmans 10 % ; Animistes 10 % ; autres 2 %

Données économiques : (source Banque Mondiale - FMI)

PIB : 79 milliards USD (2017)
PIB par habitant : 1678 USD/habitant (2017)
Taux de croissance : 4,9 % (2017)
Taux d’inflation : 7,9 % de moyenne annuelle (2017)
Taux de chômage : 11,0 % (estimé en 2017 par le BIT)

Déficit public : 8,4 % du PIB (2017) – source FMI
Dette publique : 56,2 % du PIB (2017) – source FMI
Balance commerciale : - 8,6 Mds USD (2017) – source kenyane (KNBS)
Principaux clients : Ouganda (11,4 %), Pays-Bas (8,0 %) et États-Unis (8,0 %) – source KNBS
Principaux fournisseurs : Chine (23,1 %), Inde (14,1 %) et Emirats Arabes Unis (6,3 %) – source KNBS
Part des principaux secteurs d’activités dans le PIB (2016) : Agriculture : 22,6 % ; Industrie : 17,7 % ; Services : 59,7 % - calcul SER à partir des sources kenyanes (KNBS)

Commerce bilatéral France- Kenya : 275 M€ (2018) – excédent de 60 M€ en faveur de la France
Exportations de la France vers le Kenya : 167,6 M€ (2018)
Importations françaises depuis le Kenya : 107,6 M€ (2018)

Lien utile : http://www.tresor.economie.gouv.fr/pays/kenya

Présence française

Ambassade de France : Nairobi
Consulats de France : Nairobi (section consulaire de l’Ambassade), Mombasa (consulat honoraire)
Communauté française au Kenya : 1884 Français inscrits au registre des Français établis hors de France (octobre 2018)
Touristes français au Kenya : +/- 18 000 par an
Communauté kenyane en France : 1022 (2017)

Éléments d’actualité

Politique intérieure

Le Kenya, indépendant depuis 1963, fait figure d’exemple en matière de stabilité politique et de transition démocratique en Afrique. En 2007, le Kenya connait cependant une grave crise politique. Les résultats de l’élection présidentielle est contesté par l’opposition et des violences éclatent dans l’ensemble du pays faisant plus de 1300 morts et 600 000 déplacés.

L’adoption par référendum d’une nouvelle constitution en août 2010 constitue une avancée majeure pour le pays. Des réformes sont lancées pour œuvrer à la réconciliation nationale et garantir la transparence des élections générales de mars 2013 :

  • réforme institutionnelle pour rééquilibrer les pouvoirs : création d’un Sénat ; processus de décentralisation avec la création de 47 comtés (« counties ») dotés d’un gouverneur et d’une assemblée ; suppression du poste de Premier ministre ; meilleure prise en compte des droits politiques et sociaux ;
  • réforme électorale pour garantir un processus électoral transparent et prévenir tout risque d’instabilité à l’approche des élections : création d’une Commission électorale indépendante (Independent Electoral and Boundaries Commission) ; loi sur les partis ; loi sur les sondages

Ces élections générales de mars 2013 se sont déroulées sans heurt majeur. Uhuru Kenyatta, leader de la coalition « Jubilee » et fils du père de l’indépendance, Jomo Kenyatta, a été élu président de la République dès le premier tour avec 50,07 % des voix.

L’élection présidentielle du 8 août 2017, largement remportée par Uhuru Kenyatta (54 % des suffrages exprimés contre 44 % à son rival Raila Odinga) a été annulée par la Cour suprême le 1er septembre, ce qui constitue le premier cas de figure sur le continent africain.

Le nouveau scrutin présidentiel du 26 octobre 2017, boycotté par Raila Odinga, a été remporté par Uhuru Kenyatta avec plus de 98 % des voix, mais avec une faible participation au niveau national (38,8 % contre 79,1 % pour le scrutin du 8 août). Le 20 novembre, la Cour suprême a confirmé la réélection d’Uhuru Kenyatta. L’opposition n’a pas reconnu sa victoire et a adopté une posture d’obstruction au gouvernement.

Lors de la cérémonie d’investiture du 28 novembre 2017, U. Kenyatta s’est donné comme priorités la mise en place d’une couverture médicale universelle, la facilitation de l’accès au logement et notamment à la propriété, la création d’emplois et d’opportunités pour les jeunes et l’amplification des relations commerciales du Kenya avec ses partenaires extérieurs.

Le 11 mars 2018, Uhuru Kenyatta et Raila Odinga ont scellé leur réconciliation par une poignée de main et se sont accordés sur la nécessité d’engager des réformes dans 9 domaines (Building Bridge Initiative). Par la suite, le 20 octobre 2018, Raila Odinga a été nommé haut-représentant de l’Union africaine pour le développement des infrastructures.

Le rapprochement Kenyatta/Odinga, réalisé sans l’aval des autres leaders de la coalition de l’opposition (NASA), pourrait redessiner les alliances politico-ethniques en vue des élections de 2022, pour lesquelles William Ruto, le vice-président (Kalenjin), apparait déjà en campagne.

Situation économique

Le Kenya est la troisième économie d’Afrique de l’Est (après le Soudan et l’Ethiopie) avec un PIB de 79 milliards de dollars en 2017.

Le Kenya a bénéficié d’une accélération marquée de sa croissance économique au cours de la dernière décennie (5,9 % en moyenne depuis 2010). Le pays est depuis 2014 classé parmi les pays à revenu intermédiaire de la tranche inférieure.

La croissance économique kenyane devrait rester forte (5,7 % anticipés pour la période 2017-2019). Toutefois, le modèle économique kényan doit faire à un certain nombre de défis :
 la répartition très inégale des revenus à travers le territoire (20 % de la population appartiennent à la classe moyenne mais 40 % vivent toutefois sous le seuil de pauvreté) ;
 des facteurs de production sont souvent coûteux ; l’accès aux financements reste difficile pour les PME ; le secteur informel concurrence un secteur formel encore en développement. La lutte contre la corruption est également un enjeu majeur ;
 la modernisation de l’agriculture (30 % du PIB, mais qui occupe les deux-tiers de la population active) et le développement du secteur industriel (20 % du PIB) ;
 le rééquilibrage de la situation extérieure du pays. Le déficit commercial est chronique, important (8,4 % du PIB) et structurel (faible diversification des exportations - thé, café, fleurs - alors que les besoins de capitaux extérieurs et d’équipements sont importants) ;
 l’amélioration de la gestion des finances publiques. Une politique budgétaire expansionniste a engendré des déficits budgétaires chroniques (7 % PIB en 2016) et une hausse de la dette publique kényane (+10 points de PIB en cinq ans), notamment extérieure. En octobre 2018, le FMI a fait passer le risque pesant sur la dette kenyane de « faible » à « modéré ».

Le Kenya est le 6e récipiendaire de l’aide internationale en Afrique (2,8 milliards de dollars en 2016 ; +/- 4 % du PIB). Au titre du 11e Fonds européen de développement, le Kenya bénéficie pour la période 2014-2020 d’un programme de 435 M€, centré sur trois secteurs : la sécurité alimentaire et la résilience, les infrastructures durables et la gouvernance et l’État de droit.

Par ailleurs, le 28 mai 2019, le conseil d’administration de la Banque mondiale a approuvé une opération de soutien budgétaire de 750 M USD.

Politique étrangère

La politique étrangère du Kenya est centrée en priorité sur son environnement régional direct et la promotion de ses intérêts économiques. La situation en Somalie est pour le Kenya un sujet d’inquiétude majeur. Le pays a subi deux attaques majeures du groupe Al Shebab (affilié à al Qaeda) : du 21 au 24 septembre 2013, le centre commercial du Westgate a été la cible du groupe terroriste tuant 68 personnes et faisant plus de 200 blessés ; le 2 avril 2015, l’université de Garissa a également été la cible d’une attaque qui a fait 152 victimes. Plus récemment, le 15 janvier 2019, un autre complexe commercial de Nairobi a été pris d’assaut par un groupe de Shebab provoquant une quinzaine de morts.

Somalie

La Somalie est en crise depuis 1991. En octobre 2011, craignant les incursions de la milice islamiste Al Shebab sur son territoire, le Kenya est intervenu militairement en Somalie, et a créé une zone tampon le long de sa frontière. Depuis février 2012, les forces kenyanes (environ 4 000 hommes) sont intégrées au sein de la mission de l’Union africaine en Somalie (AMISOM), déployée depuis 2007.

Le Kenya abrite près de 500 000 réfugiés, principalement venant de Somalie (275 000) et du Soudan du sud (115 000) et compte environ 300 000 déplacés internes. Le camp de Dadaab, le plus grand camp de réfugiés au monde, accueille à lui seul 230 000 personnes. Le gouvernement a toutefois annoncé à plusieurs reprises qu’il comptait le fermer, le considérant comme le refuge de nombreux terroristes. Des retours volontaires en Somalie sont ponctuellement organisés en coordination avec l’UNHCR et l’OIM.

Les relations diplomatiques entre les deux pays se tendent régulièrement notamment du fait du contentieux sur le tracé de la frontière maritime, délimitant les zones économiques exclusives (ZEE). Le litige est en cours d’instruction à la Cour internationale de Justice (CIJ).

Intégration régionale

Le Kenya est membre fondateur de la Communauté d’Afrique de l’Est (EAC) avec la Tanzanie et l’Ouganda. Il a joué un rôle moteur dans les différentes étapes de l’intégration de cette organisation intergouvernementale : union douanière en 2005 ; lancement d’un marché commun le 1er juillet 2010 ; projet d’union monétaire ; lancement en juin 2015 de la zone de libre-échange tripartite réunissant les 26 pays de l’EAC. L’institution est cependant en déficit d’une nouvelle impulsion politique et doit faire face à des difficultés financières. Par ailleurs, l’instauration de barrières non-tarifaires de la part de certains pays freine l’intégration économique de la région.

Le Kenya est également membre de l’IGAD (Intergouvernemental Authority on Development) regroupant les sept pays de la Corne de l’Afrique ; de la COMESA avec vingt autres pays de l’Afrique orientale et australe ; et de la SADC avec quinze autres pays d’Afrique australe.

Mise à jour : 03.06.19

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