Relations bilatérales

Relations politiques

La relation franco-italienne est dense, à la mesure d’une coopération entre deux grands partenaires frontaliers, membres fondateurs de l’Union européenne et étroitement liés par les échanges économiques, la culture et l’histoire. La coopération bilatérale est rythmée par un sommet annuel, institutionnalisé en février 1982 à Rome.

Dans le cadre du trente-quatrième sommet bilatéral, tenu à Lyon le 27 septembre 2017, le président de la République a accueilli le président du Conseil de la République italienne accompagné de dix ministres. La déclaration finale a donné une nouvelle impulsion à la relation franco-italienne, en marquant notamment la volonté commune de renforcer le réflexe franco-italien aux niveaux bilatéral, européen et multilatéral. La concrétisation des convergences de vues entre les deux Etats s’est notamment traduite par l’adoption de huit feuilles de route ministérielles contenant des projets concrets souvent liés à l’ambition européenne commune affichée par la France et l’Italie.

https://it.ambafrance.org/34e-sommet-franco-italien-a-Lyon

Les deux pays mènent également une concertation étroite dans le cadre du G20 / G7. L’Italie, pôle onusien dans le domaine de l’agriculture, joue ainsi un rôle actif pour promouvoir le thème de la régulation des prix des matières premières agricoles. Elle partage les grandes priorités françaises, notamment en matière de régulation financière et de renforcement de l’efficience du système institutionnel mondial. Rome demeure très attachée au caractère informel du G20 et au maintien d’un rôle clé du G7, dont elle assure la présidence en 2017 (http://www.g7italy.it/).

Visites

Les contacts politiques bilatéraux, sur les crises internationales, sur les questions européennes et sur les enjeux économiques et culturels, sont très réguliers. Le président de la République italienne, M. Sergio Mattarella, a été reçu à Paris par le président de la République le 30 mars 2015. Son prédécesseur, M. Giorgio Napolitano avait effectué une visite d’Etat en France en novembre 2012.
Le président du Conseil des ministres, M. Paolo Gentiloni, tout comme le ministre des affaires étrangères et de la coopération internationale, M. Angelino Alfano, ont réservé à la France leurs premiers déplacements à l’étranger.

Les rencontres à niveau politique (chefs d’Etat, chefs de gouvernements, ministres) sont particulièrement nombreuses, notamment dans le cadre de la concertation sur les dossiers européens. La présidence italienne du G7 en 2017 a conduit à de nombreux déplacements d’autorités françaises en Italie (un sommet des chefs d’Etat et de gouvernement, treize réunions ministérielles).

Relations économiques

La France et l’Italie sont, l’une pour l’autre, le deuxième partenaire commercial (avec 68,1 milliards d’euros d’échanges en 2016). Le déficit commercial (hors énergie) poursuit son recul (entamé en 2015), principalement grâce à une augmentation des exportations françaises vers l’Italie plus importante que celle des exportations italiennes vers la France. Sur le plan sectoriel, les exportations françaises de matériels de transport vers l’Italie ont enregistré un bond de +23,4% en 2016 en lien avec les mesures incitatives à la modernisation des équipements mises en place par le gouvernement italien. Les exportations de machines, de produits métallurgiques et métalliques, de produits informatiques, électroniques et optiques et enfin d’équipements électriques et ménagers ont également contribué au recul du déficit commercial de la France avec l’Italie. En revanche, l’excédent commercial en faveur de la France relatif aux produits agroalimentaires et agricoles a poursuivi son repli en raison de l’augmentation de +8,3% des importations de produits agricoles italiens.

Avec un solde commercial bilatéral de -6,4 milliards d’euros en 2016, l’Italie représente notre 6ème plus fort déficit commercial. La France est le premier investisseur en Italie (hors Luxembourg et Pays-Bas qui constituent des plateformes d’investissements étrangers), avec un stock d’investissements représentant 1/5e des investissements internationaux en Italie. L’Italie est le cinquième investisseur en France, derrière les Etats-Unis, l’Allemagne, le Royaume-Uni et la Suisse. Au total, près de 1 300 filiales italiennes sont installées en France, employant près de 80 000 salariés.

Les groupes français sont présents aussi bien dans la grande distribution italienne (1 600 filiales et 200 000 emplois), l’énergie que les banques. Le secteur de l’énergie concentre environ 10% des investissements français. Les services représentent près des trois quarts des stocks d’IDE français en Italie, dont près de 30% pour l’assurance et les banques.

Le sommet franco-italien de Lyon de 2017 a inclus un important volet économique et industriel, en particulier en matière navale, avec la conclusion d’un accord équilibré sur l’actionnariat de STX France ainsi que le lancement de travaux en vue de constituer une alliance, dans le domaine naval militaire, entre Fincantieri et Naval Group.

Coopération culturelle, scientifique et technique

Les relations culturelles franco-italiennes sont anciennes et denses. Elles sont rythmées par de grandes saisons dans différents domaines artistiques (cinéma, danse, théâtre et musique). Notre action s’appuie aussi sur des institutions prestigieuses comme la Villa Médicis, l’Ecole française de Rome et le Centre Jean Bérard à Naples. Les réseaux d’enseignement comprennent six établissements (dont le lycée Chateaubriand à Rome). S’y ajoute une trentaine d’Alliances françaises. Le français est la seconde langue étudiée en Italie après l’anglais. Un accord relatif à la double délivrance du baccalauréat et de l’Esame di Stato, dit ESABAC, a été signé en 2009 et permet de valoriser avec succès une formation bilingue et biculturelle. Le dispositif a été étendu au domaine technologique en 2016. Dans le domaine universitaire, une Université Franco-Italienne (UFI) a été créée en 1998, afin de promouvoir les échanges d’enseignants et d’étudiants, favoriser des initiatives d’intérêt commun en matière de formation et de recherche, et faciliter l’accès des actions de coopération franco-italiennes aux programmes communautaires et internationaux.

Dans le domaine scientifique, la France et l’Italie ont développé une coopération spatiale structurée par un accord intergouvernemental de coopération (2007).
http://institutfrancais-italia.com/fr

Coopération transfrontalière

Les relations transfrontalières entre la France et l’Italie sont dominées par les questions d’infrastructures et de transports qui s’inscrivent le plus souvent dans le cadre de programmes cofinancés par l’Union européenne. Plusieurs grands projets de coopération transfrontalière sont emblématiques de la relation bilatérale : le Tunnel du Mont-Blanc, qui relie depuis 1965 Chamonix-Mont-Blanc (Haute-Savoie) à Courmayeur (Val d’Aoste) ; le Tunnel du Fréjus qui relie Modane (France) à Bardonnèche (Italie) ; le projet de liaison ferroviaire entre Lyon et Turin, initié en 1996 et dont l’accord intergouvernemental pour le lancement des travaux définitifs de la section transfrontalière est entré en vigueur le 1er mars 2017. Le « Lyon-Turin » est actuellement le projet phare de notre relation bilatérale. Ce chantier poursuit des objectifs très ambitieux, tant sur le plan de la relation bilatérale (effacement de la barrière alpine) que sur les plans européen (développement du corridor sud), environnemental (report modal) et économique. Le sommet franco-italien de Lyon de septembre 2017 a confirmé le plein engagement des deux parties dans le projet, tout en mettant en place un groupe de travail entre ministères des transports pour préciser les termes futurs du projet en ligne avec le coordinateur européen.

Mise à jour : 22.11.17

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