Présentation de l’Islande

Données générales

ISLANDE {JPEG}

Présentation du pays

Nom officiel : République d’Islande
Nature du régime : République parlementaire
Chef de l’État : Guðni Th. Jóhannesson (1er août 2016)
Chef du gouvernement : Katrín Jakobsdóttir (30 novembre 2017)

Données géographiques


(chiffres du Bureau des statistiques de l’Islande)

Superficie : 103 000 km²
Capitale : Reykjavík (l’agglomération de Reykjavík regroupe 207 174 habitants)
Villes principales : Akureyri, Keflavík, Egilsstaðir, Hafnarfjörður, Kópavogur
Langue officielle : Islandais (langue la plus proche de l’ancien nordique)
Monnaie : Couronne islandaise (ISK) – taux de change : 1 EUR = 138,1 ISK (novembre 2018)
Fête nationale  : 17 juin (1944, fondation de la République)

Données démographiques

Population : 348 450 (2018)
Croissance démographique (2016) : + 1,4 %
Densité de la population (hab. par km²) : 3,3 (2016)
Espérance de vie (2016) : 82 ans
Taux d’alphabétisation : universel
Taux de fécondité (2017) : 1,7
Population active (2015) : 191 000 personnes
Religions : protestants luthériens (76,2 %), catholiques (3,4 %)
Indice de développement humain (Classement PNUD 2014) : 0,895 (13e rang).

Données économiques

(Sources : DGT sauf autrement signalé et chiffres du Bureau des statistiques de l’Islande)

PIB (€) : 12,87 (2014), 15,75 (2015), 17,40 (2016)
PIB par habitant (€) : 39 525 (2014), 48 030 (2015), 51 460 (2016)

Taux de croissance : + 1,9 % (2014), + 4,3 % (2015), + 7,5 % (2016), + 3,6 % (2017), + 2,9 % (prévision 2018)
Taux de chômage : 5 % (2014), 4 % (2015), 2,6 % (2016), 2,8 % (2017)
Taux d’inflation : 2 % (2014), 1,6 % (2015), 2,1 % (2016), 1,8 % (2017)
Solde budgétaire (du PIB) : - 0,2 % (2014), 0,0 % (2015), 0,1 % (2016)
Dette publique (% du PIB) : 81,2 % (2014), 81,9 % (2015), 79,3 % (2016p), 35 % (2017)
Balance commerciale (% du PIB) : 6,4 % (2014), 6,7 % (2015), 6,4 % (2016)

Principaux clients (2016) : Pays-Bas (25,5 %), Royaume-Uni (11,3 %), Espagne (10,38 %), États-Unis (7,78 %), Allemagne (6,94 %)
Principaux fournisseurs (2016) : Allemagne (10,5 %), États-Unis (10,04 %), Norvège (8,97 %), Pays-Bas (7,46 %), Chine (7,35 %),
Part des principaux secteurs d’activités dans le PIB (2016, Banque Mondiale) :

  • agriculture et pêche : 5 %
  • industrie : 20 %
  • services : 69,7 %

Exportations de la France vers l’Islande (2016) : 92 millions d’euros, (2017) 406 millions d’euros (équipements mécaniques, matériels électriques, électroniques et informatiques, matériels de transport et produits des industries agroalimentaires).

Importations françaises d’Islande (2016) : 281 millions d’euros (produits des industries agroalimentaires, produits métallurgiques et métalliques).

Le dernier index de compétitivité (Global Competitiveness Index, GCI) publié par le World Economic Forum (WEF) classe l’Islande en 24e position (France = 17e).

Consulter la fiche pays économique Islande sur le site du Trésor

Présence française

Consulats généraux de France : section consulaire de l’ambassade à Reykjavík
Trois consulats honoraires : Akureyri, Ísafjörður et Egilsstaðir
Communauté française en Islande : 349 personnes
Communauté islandaise en France : 300 personnes

Éléments d’actualité

Politique intérieure

Depuis 2008 et la révolution des « casseroles », l’Islande, avec une population de moins de 350 000 habitants, a connu une période de forte instabilité politique avec pas moins de sept gouvernements en 10 ans et un éclatement des partis traditionnels dont sont issus différents mouvements plus ou moins éphémères, comme, par exemple, celui des Pirates. Les crises politiques des dernières années contrastent fortement avec le redressement spectaculaire de la situation économique du pays, notamment grâce à l’augmentation historique de la fréquentation touristique et à la levée du contrôle des capitaux.

À l’issue des dernières élections du 28 octobre 2017, un nombre record de huit partis politiques sont représentés au parlement monocaméral, l’Althingi (63 sièges). Le Parti de l’Indépendance (conservateur), le Parti du Progrès (centre-droit) et le Parti de la Gauche-Verte forment une coalition dirigé par la populaire Katrin Jakobsdóttir (Présidente de la Gauche-Verte).

La première ministre Jakobsdóttir s’est donnée pour mission notamment de rétablir la confiance entre la population islandaise et ses dirigeants politiques.

Les prochaines élections législatives auront lieu en 2021.

Situation économique

Dans les années précédant la crise de 2008, l’Islande a connu une croissance économique rapide, soutenue par d’importants investissements dans le secteur électro-intensif (aluminium) et dans le secteur de la construction, qui s’est accompagnée de déséquilibres financiers importants. Confrontées à une crise bancaire et de change (dépréciation de la couronne de 50 % et jusqu’à 20 % d’inflation en 2009) provoquant une contraction de l’activité (baisse du PIB de 13 % entre le pic de 2007 et le creux de 2010), les autorités islandaises ont nationalisé le système bancaire, mis en place un système de contrôle des changes et sollicité l’aide du FMI.

L’économie a connu un redressement spectaculaire depuis 2009, tiré en particulier par l’essor du tourisme. Avec 2,2 millions de visiteurs en 2017 contre moins de 500 000 à la fin des années 2000, il pèse plus de 8 % du PIB. La croissance annuelle moyenne des flux touristiques a été d’ordre de 24,5 % entre 2010 et 2017. Toutefois, l’an dernier, ce chiffre aurait chuté à 5,5 %.

La levée du contrôle des capitaux ainsi que l’essor du tourisme ont contribué à l’assainissement des comptes publics. Un redressement économique remarquable a eu lieu en 2016 avec un taux de croissance de 7,4 % (croissance la plus élevé de l’OCDE) puis 3,6 % en 2017, et une croissance du PIB estimée à 4,3 % pour 2018, une réduction de la dette publique à 35 % du PIB en 2017, un taux de chômage proche de 3 %. Néanmoins, les prévisions économiques pour 2019 pointent un ralentissement plus important que prévu de la croissance (PIB estimé à 1,8 %). La faillite de la compagnie aérienne islandaise WOW air le 28 mars dernier pourrait impacter négativement la situation économique islandaise.

La pêche représente encore 40 % des exportations. Le fait que l’énergie soit abondante et en quasi-totalité renouvelable (géothermie et hydroélectricité) représente par ailleurs un atout.
L’Islande a signé un accord de libre-échange (ALE) avec la Chine qui est entré en vigueur en juillet 2014 et lèvera les barrières tarifaires progressivement au cours des prochaines années. C’est le premier accord de ce genre entre un pays européen et la Chine : il s’inscrit dans le cadre d’un rapprochement progressif entre les deux pays qui ont par ailleurs conclu des coopérations dans les domaines des sciences et technologies marines et polaires, de la géothermie et de l’énergie solaire.

L’Islande souhaite négocier un ALE avec les États-Unis. Lors de sa visite en Islande mi-février dernier, le secrétaire d’État américain n’a pas exclu cette perspective sur le long terme mais a souhaité, dans un premier temps, privilégier la mise en place d’une enceinte annuelle de « dialogue économique » associant les secteurs publics et privés des deux pays.

Politique étrangère

La politique internationale de l’Islande s’articule surtout autour des priorités liées à l’Arctique, l’Alliance atlantique et les relations avec la Russie.

Malgré la pause sur le dossier européen, la politique étrangère du gouvernement est marquée par une continuité sur la plupart des autres sujets (Arctique, sécurité, aide publique au développement).

La coopération nordique se place au premier rang des priorités de la diplomatie islandaise. L’Islande est membre du Conseil nordique, forum de coopération régionale, qui réunit les cinq pays nordiques, ses territoires autonomes et, comme observateurs, les pays baltes. Le Conseil nordique en tant que tel ne dispose pas du pouvoir d’édicter des normes, mais chaque gouvernement a l’obligation de transposer ses décisions, sur le même modèle que les directives de l’Union européenne. Au cours de sa présidence en 2009, l’Islande a promu l’ouverture du Conseil aux États baltes (elle a été le premier État à reconnaître leur indépendance). L’Islande préside le Conseil nordique des ministres en 2019. Les priorités sont les jeunes dans les pays nordiques, le tourisme durable, et l’océan. L’Islande sait néanmoins se désengager, le cas échéant, de la solidarité nordique (vote favorable, tout comme la Finlande et la Norvège, à l’admission de la Palestine à l’UNESCO).

Les droits de l’homme sont une priorité de longue date de la diplomatie islandaise, avec une attention particulière aux questions LGBT et à la défense des droits des enfants et des femmes.

L’Arctique, axe principal de la politique étrangère de l’Islande

Suite à l’adoption d’une stratégie arctique en février 2011, un comité interministériel présidé par le chef du gouvernement a été créé en 2013 soulignant l’importance de l’Arctique pour l’Islande.

De fait, la fonte des glaces due au réchauffement climatique a un impact majeur sur les eaux territoriales islandaises (migration des stocks halieutiques vers le Nord, perspectives d’exploitation des hydrocarbures). L’ancien président de la République, Olafur Ragnar Grímsson, avait déployé une large diplomatie arctique, et créé en 2013 la conférence « Arctic Circle » qu’il préside aujourd’hui. Ce « Davos » du nord attire désormais tous les ans à Reykjavík environ 2 000 spécialistes d’une quarantaine de pays sur des questions arctiques. En 2015, le président de la République, François Hollande y a délivré le discours principal en vue de la COP21 en y présentant les grandes lignes de la feuille de route nationale pour l’Arctique.

L’Islande est membre actif du Conseil de l’Arctique qu’elle présidera pour deux ans de mai 2019 à mai 2021.

L’Islande et la politique de sécurité

Membre fondateur de l’OTAN et pays sans armée, l’Islande poursuit ses intérêts de sécurité (en y consacrant un peu moins de 0,2 % de son PIB) dans les cadres de l’Alliance atlantique et de la coopération nordique. Le pays occupe une place stratégique dans l’Alliance puisque son positionnement est indispensable pour surveiller et assurer la sécurité de l’espace euro-atlantique. Le pays a récemment intensifié son activité au sein de l’initiative de coopération de défense nordique, NORDEFCO. L’Islande a participé à l’exercice « Trident Juncture 2018 » de l’OTAN.

Les relations avec la Russie

Les relations entre l’Islande et la Russie sont principalement structurées par leur coopération dans l’Arctique, en particulier dans le cadre du Conseil de l’Arctique. Les autorités islandaises souhaitent que la question ukrainienne n’ait pas d’impact négatif sur la coopération arctique. La Russie tient à limiter le rôle des acteurs internationaux extérieurs dans la région et s’est ainsi opposée au statut d’observateur pour l’UE au sein du Conseil, en représailles des sanctions.

Questions environnementales

L’Islande affiche un engagement ancien sur les questions environnementales mais en même temps le pays a augmenté de 25 % ses émissions de gaz à effet de serre. Il présente un taux de carbone par habitant parmi les plus élevés au monde, ce qui s’explique notamment par une industrie lourde (aluminium, silicium) très consommatrice d’énergie, par une flotte de bateaux de pêche très importante et polluante et enfin par une croissance importante des échanges aériens.

L’Islande souhaite une mise en œuvre conjointe de son engagement dans la lutte contre le changement climatique avec l’UE. Elle s’est donné pour objectif, à l’horizon 2050, de devenir le premier pays au monde totalement indépendant des ressources fossiles et polluantes. Aujourd’hui, c’est le seul pays où la production d’électricité est entièrement d’origine renouvelable.

Relations avec l’Union européenne

L’Islande est membre de l’espace économique européen (EEE) depuis 1994, où elle concentre près des trois quarts de ses exportations. Elle avait déposé sa candidature pour l’adhésion à l’UE le 16 juillet 2009 au terme d’un long débat interne.

Les négociations d’adhésion avec l’Islande avaient progressé rapidement : 27 chapitres sur 33 avaient déjà été ouverts en juillet 2010 et 11 refermés provisoirement. Procédure très rare, du fait du haut niveau d’alignement de l’Islande qui s’explique notamment par l’appartenance de cette dernière à l’EEE (qui a conduit l’Islande à reprendre, avant même le début des négociations, près de 80 % de l’acquis communautaire).

Les négociations d’adhésion à l’UE, ouvertes en 2010, ont été gelées par le précédent gouvernement de M. Gunnlaugsson, eurosceptique, dès son arrivée aux affaires. Cela avait suscité le mécontentement de la population, qui tout en rejetant l’entrée dans l’UE, souhaitait que les négociations soient poursuivies jusqu’à leur terme. La coalition au pouvoir avait présenté en février 2014 un projet de loi au Parlement prévoyant le retrait de la candidature d’adhésion sans débat public sur la question alors qu’un référendum avait été promis par le gouvernement. Cela avait conduit à une mobilisation forte de la population qui réclamait un vote sur le retrait de la candidature islandaise. La pétition dans ce sens avait atteint 70 000 signatures, menant à l’abandon du projet de loi.

Dans une lettre du 12 mars 2015 à la Présidence lettone du Conseil de l’Union européenne et à la Commission européenne, le gouvernement islandais indiquait qu’il n’avait « pas l’intention de reprendre les négociations d’adhésion ». Par conséquent, il demandait à ne plus être considéré comme candidat sans formellement retirer sa candidature. L’Islande s’est dite satisfaite de la réponse de la Commission annonçant la révision des procédures de travail en prenant en considération la nouvelle situation islandaise. Il est désormais fait référence à l’Islande comme simple membre de l’AELE et plus comme candidat.

L’actuel gouvernement, comme le précédent, affiche néanmoins son attachement à l’espace économique européen, conscient du caractère essentiel de l’accès au marché intérieur pour le pays.

Cependant les relations de l’Islande avec l’EEE rencontrent aussi des difficultés : En janvier 2015, le pays a été condamné par l’autorité de surveillance de l’AELE pour la lenteur de la transposition des normes. De plus, l’Islande, avec les autres pays de l’EEE, s’oppose à la demande de la Commission européenne d’augmenter leur contribution financière au fonds de cohésion.

Selon un récent sondage d’opinion effectué par Gallup, 57,3 % des répondants sont opposés à l’adhésion à l’Union européenne (l’UE) par rapport à 42,7 % qui favorise l’adhésion à l’UE.

L’Islande est un partenaire important des relations qu’entretient l’UE en matière de pêche avec ses voisins de l’Atlantique nord-est. Toutefois, contrairement à la Norvège, aux Îles Féroé et au Groenland, aucun accord de pêche bilatéral n’a été signé entre l’Union européenne et l’Islande depuis 2009. Un accord tripartite entre l’UE, la Norvège et les Iles Féroé sur la gestion des stocks de maquereaux, de harengs atlanto-scandiens et de merlans bleus a été conclu en mars 2014. L’Islande n’a pas été autorisée à se joindre aux autres États côtiers en raison de sa participation à la pêcherie exploratoire de maquereaux menée par le Groenland dans ses eaux. En effet, cette pêcherie, qui suit une courbe exponentielle, est fermement condamnée par la Norvège et l’UE. Cette pratique génère une ponction substantielle sur le stock en dehors du dispositif de gestion conclu entre les États côtiers. Retour ligne automatique
La décision russe de mettre en place le 13 août 2015 des sanctions économiques et un embargo contre les produits de la mer islandais a créé une forte inquiétude chez les armateurs et les pêcheurs.

L’Islande contribue à la politique de cohésion de l’UE à travers le mécanisme financier de l’EEE en faveur de 16 États membres. Un accord sur le renouvellement des montants des mécanismes financiers a été trouvé en juillet dernier. Il marque une augmentation de 11 % de la contribution financière de l’Islande pour la période 2014-2021 (sur la base d’environ 49,4 M d’euros pour 2009-2014). En échange, cette dernière a obtenu une augmentation des volumes de produits de la pêche (saumon rouge et homard congelé) qu’elle pourrait exporter sur le marché de l’Union européenne. L’accord trouvé fait néanmoins actuellement l’objet de discussions au sein du groupe AELE sur la question du contrôle des fonds alloués à la société civile.

Mise à jour : 11.04.19

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