Relations avec l’Union européenne

Membre de l’UE depuis 1973.
Deux opt-outs : Schengen, JAI.

Contribution au budget de l’UE : 1,69 Mds€ (2014). Longtemps bénéficiaire net, l’Irlande est devenue contributeur net (+ 168 M€). Elle porte une attention particulière aux négociations du prochain Cadre financier pluriannuel (CFP).

Emily O’Reilly exerce la fonction de Médiateur européen depuis 2013. Phil Hogan, ancien ministre de l’Environnement, est Commissaire européen pour l’agriculture.

L’Irlande est un État membre actif et respecté dans les instances européennes. Elle est souvent proche des vues de la Commission européenne. Grande bénéficiaire de son adhésion à l’UE (sur les plans économique, de modernisation, et d’influence internationale, et tout particulièrement dans le domaine agricole qui a grandement bénéficié de la PAC), l’Irlande est aujourd’hui l’un des rares pays membres dans lequel il n’y a pas de parti anti-européen. Même le Sinn Féin (parti républicain et nationaliste de gauche), qui affiche une forte volonté de réformer l’Union, récuse toute perspective de sortie.

Le Brexit est l’enjeu majeur pour le gouvernement de Leo Varadkar et le plus important défi économique et stratégique à relever pour l’Irlande depuis des décennies. L’Irlande considère qu’elle est l’État membre de l’Union européenne le plus touché par la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne. Un rétablissement d’une frontière physique (douanière pour les biens) avec l’Irlande du Nord menacerait selon Dublin le fragile équilibre de paix apporté par l’accord du Vendredi Saint en 1998. En outre, 14 % des exportations irlandaises sont destinées au marché britannique (dont 40 % des exportations agroalimentaires) et 80 % des exportations destinées à l’UE transitent par le territoire britannique.

M. Varadkar et son vice-premier ministre Coveney ont beaucoup insisté ces derniers mois sur les risques qu’un « no deal » ferait peser sur la paix en Irlande du Nord. Aujourd’hui, des voix s’élèvent, de plus en plus nombreuses, en public comme en privé, pour s’inquiéter d’une résurgence de la violence. Elles pointent l’absence de dialogue entre les communautés en Irlande du nord, et l’absence d’un exécutif à Belfast depuis janvier 2017

En cas de Brexit dur, le gouvernement irlandais craint un retour des violences en Irlande du nord notamment après la mort de Lyra McKee décédée dans la nuit du jeudi 18 au vendredi 19 avril 2019, date du Vendredi Saint, à Derry en Irlande du Nord, victime d’une balle perdue lorsque des membres du groupe armé extrémiste "New IRA" ont ouvert le feu sur des policiers nord-irlandais lors d’une descente de police dans le quartier de Creggan à la recherche de caches d’armes. Lyra McKee était une journaliste nord-irlandaise de 29 ans. Sa mort a suscité une vive émotion en Irlande ravivant le spectre du retour des troubles.

Conformément à son régime de dérogation, obtenu à la suite du rejet irlandais du traité de Lisbonne, et à son statut de neutralité, l’Irlande s’oppose à toute évolution vers la défense commune et la constitution d’une « armée européenne », mais elle reste engagée dans l’affirmation de la Politique de sécurité et de défense commune (PSDC) comme instrument concret d’action extérieure au profit de la paix et de la sécurité internationale. De manière générale, Dublin considère que la coopération en matière de défense relève de la compétence des Etats membres, qui seuls décident de la conduite de leurs politiques.

Malgré les avancées en matière d’Europe de la défense depuis près de deux ans, l’Irlande est restée assez réservée sur les améliorations apportées à la dimension militaire de la PSDC en freinant certaine initiatives (notamment sur les actions de renforcement des capacités de défense des partenaires de l’Union – « initiative CBSD » / Capacity Building in support of security and development) et en réduisant leur ambition.

Actuellement, l’Irlande contribue à l’opération de PSDC au Mali (5e contributeur avec 17 personnels).

Mise à jour : 29.05.19

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