Présentation de d’Irlande

Présentation du pays

Nom officiel : Irlande
Nature du régime : République parlementaire
Chef de l’Etat : Michael D. HIGGINS, Président (depuis le 11.11.2011, pour 7 ans)

Données géographiques

Superficie : 70 273 km²
Capitale : Dublin
Villes principales : Cork, Galway, Limerick, Waterford
Langues officielles : anglais et gaélique irlandais
Monnaie : euro (mis en circulation : 1.1.2002)
Fête nationale (NB : l’Irlande n’a pas de fête nationale officielle) : 17 mars (St Patrick)

Données démographiques

Population : 4,77 millions (2016)
Croissance démographique (2014) :1,2%, (le solde migratoire est à nouveau négatif depuis 2008)
Espérance de vie : 78,3 ans pour les hommes, 82,8 ans pour les femmes)
Taux d’alphabétisation : 99 %
Religions : catholiques (88,4 %), Eglise d’Irlande (y compris protestants 2,95%), chrétiens (sans précision) 0,5%, presbytériens 0,5%, musulmans 0,5%, sans religion 3,5%.
Indice de développement humain (Classement ONU 2011) : 7è

Données économiques

PIB : 288 Mds€ (2016)
PIB par habitant (2016) : 61 736€
Taux de croissance (en % du PNB) : 7,8% (2015), 5,1 %( 2016) (4,7% prévision pour 2017)
Taux de chômage : 9,4% (2015), 8,2% (2016p)
Taux d’inflation : 0,0% (2015), 0,3% (2016p)
Solde budgétaire : -2,3% (2015), -1,1% (2016p)
Dette publique : 93,8% (2015), 89,1% (2016p)
Solde de la balance courante (en % du PIB) : 4,4% (2015)
Commerce extérieur (2015) : exportations de biens : 111,3 Mds€ - importations de biens : 68, 2Mds€ - Solde commercial : 43,1 Mds€ (2015)
Principaux clients (2015) : Etats-Unis (23,8%), Royaume-Uni (13,7%), Belgique (13,1%), Allemagne (6,5%), Suisse (5,5%), Pays-Bas (4,4%)
Principaux fournisseurs (2015) : Royaume-Uni (31,8%), Etats-Unis (15%), France (10,2%)

Part des principaux secteurs d’activités dans le PIB :

  • agriculture : 1,6 % (Répartition de l’emploi : 5,7%)
  • industrie : 25,6 % (Répartition de l’emploi : 18,3 %)
  • services : 72,8% (Répartition de l’emploi : 76%)

Exportations de la France vers l’Irlande : 2,8 Mds€ (2017) en baisse de 1,7ù par rapport à 2016, 2,30 Mds€ (2014), 2,6 Mds€ (2015)
Importations françaises d’Irlande : 6,6 Mds € (2017) 6,7 Mds€ (2016), 6,06 Mds€ (2014), 6,3 Mds€ (2015)

Notre déficit commercial avec l’Irlande à 3,8 mds € en 2017 est stable par rapport à 2016.

La France est le 7e client et le 3e fournisseur de l’Irlande (2017), l’Irlande est le 33e client et le 15e fournisseur de la France (2015).
http://www.tresor.economie.gouv.fr/Pays/irlande

Composition du Gouvernement

Président de la République : Michael D. Higgins (Labour), président depuis le 11.11.2011 (mandat de7 ans).

Premier ministre (Taoiseach) : M. Léo VARADKAR (FG)

Vice-Premier ministre (Tánaiste), ministre des Affaires étrangères et du Commerce : M. Simon COVENEY (FG)

Ministre des Finances, de la Dépense publique et de la Réforme : M. Pascal DONOHOE (FG)

Ministre de l’Economie, des Entreprises et de l’Innovation : Mme Heather HUMPHREYS (FG)

Ministre de l’Emploi et de la Protection sociale : Mme Regina DOHERTY (FG)

Ministre de l’Agriculture, de l’Alimentation et des Affaires maritimes : M. Michael CREED (FG)

Ministre de l’Enfance et de la Jeunesse : Mme Katherine ZAPPONE (Ind.)

Ministre de la Santé : M. Simon HARRIS (FG)

Ministre des Transports, du Tourisme, et des Sports : M. Shane ROSS (Indépendants))

Ministre du Logement, de l’Urbanisme et des Collectivités locales : M. Eoghan MURPHY (FG)

Ministre des Arts, du Patrimoine, et des Affaires régionales, rurales et gaéliques : Mme Josepha MADIGAN (FG)

Ministre des Communications, de l’Action pour le climat et de l’Environnement, M. Denis NAUGHTEN (Indépendants.)

Parmi les Secrétaires d’Etat

Mme Helen McENTEE (FG), Secrétaire d’Etat chargée des Affaires européennes, auprès du Premier ministre, et du ministre des Affaires étrangères et du Commerce

Mme Mary MITCHELL O’CONNOR (FG), Secrétaire d’Etat chargée de l’enseignement supérieur auprès du ministre de l’Education

M. Paul KEHOE (FG), Secrétaire d’Etat chargé de la Défense auprès du Premier ministre et du Ministre de la Défense

M. Finian McGRATH (IND), Secrétaire d’Etat chargé du handicap auprès du Ministre de la protection sociale

M. Patrick O’DONOVAN (FG), Secrétaire d’Etat chargé de la commande publique et de l’administration en ligne auprès du ministre des finances

M. Michael d’ARCY (FG), Secrétaire d’Etat chargé des services financiers et des assurances auprès du ministre des Finances

M. Ciarran CANON (FG), Secrétaire d’Etat chargé de la diaspora et du développement international auprès du ministre des Affaires étrangères et du commerce.

M. Jim DALY (FG), Secrétaire d’Etat chargé de la santé mentale et des personnes âgées auprès du ministre de la santé.

Présence française

Site internet de l’ambassade : https://ie.ambafrance.org

Consulats : section consulaire à Dublin, antennes consulaires à Cork, Galway, Limerick, antenne spécialisée dans les Affaires maritimes à Dunmore East (consuls honoraires).
Communauté française en Irlande : 10 723 inscrits (au 31/12/2017) ; total 25 000 (estimation)
Communauté irlandaise en France : 15 000 (estimation)

Éléments d’actualité

Politique intérieure

L’arrivée au pouvoir en juin 2017 du nouveau premier ministre Leo Varadkar s’est effectuée dans des conditions inhabituelles - M. Varadkar ayant succédé à Enda Kenny pourtant reconduit en 2016 à la suite des élections générales – et à la faveur de la prise de contrôle de son parti (Fine Gaelt). Leo Varadkar incarne une Irlande dynamique et décomplexée. Ilr bénéficie d’une popularité inédite depuis 20 ans pour un chef de gouvernement irlandais (Bertie
Ahern au lendemain de l’Accord du Vendredi saint de 1998). Porté notamment par le succès de la phase I des négociations sur le Brexit, il est crédité de 60 % d’opinions favorables.

Sur le plan sociétal, le Taoiseach a pris l’initiative, en annonçant le 29 janvier 2018 la tenue d’un referendum sur l’abrogation de l’interdiction constitutionnelle d’avorter. Il devrait avoir lieu le 25 mai prochain , soit en amont de la visite en Irlande du Pape François à la fin du mois d’août. Le referendum pourrait , au vu des sondages, ouvrir la voie à une libéralisation de l’avortement par la voie législative.

La perspective du Brexit est une source de grande inquiétude pour l’Irlande, qui anticipe des répercussions importantes sur le plan économique, mais aussi des conséquences potentielles pour ses citoyens (qui jouissent d’un statut privilégié au Royaume-Uni) et un risque de déstabilisation en Irlande du Nord du fait d’un possible rétablissement d’une frontière physique avec le reste de l’île d’Irlande. Le gouvernement irlandais se mobilise pour faire valoir ses préoccupations spécifiques auprès des partenaires européens. Il mène également des discussions continues avec le gouvernement britannique pour faire en sorte que ce dernier prenne en compte les priorités irlandaises : la préservation de la « zone de voyage commune » entre les deux pays (sur la base d’arrangements bilatéraux, les deux pays n’étant pas membres de l’espace Schengen) ; le maintien de liens économiques aussi étroits que possible ; enfin, trouver une solution afin d’éviter le rétablissement d’une frontière physique entre l’Irlande et l’Irlande du Nord (qui deviendra une frontière extérieure de l’Union européenne). Le sujet de la « border » demeure la priorité pour Dublin, alors que viennent de débuter les négociations de la 2ème phase du Brexit.

Situation économique

Sortie du programme UE-FMI (67,5 Md€) en décembre 2013, l’économie irlandaise a connu une reprise vigoureuse au cours des dernières années : le PIB a crû de 7,8% en 2015, de 5,1 % en 2016 et de 7,3 % en 2017. , Ce rythme a été le plus rapide de l’UE et situe le PIB irlandais au-dessus de son niveau d’avant-crise. La croissance irlandaise a partie liée avec la situation économique au Royaume-Uni et aux Etats-Unis, deux principaux partenaires commerciaux d’une petite économie très ouverte, mais également avec des facteurs internes. La croissance irlandaise a également tiré profit de la politique monétaire accommodante de la BCE, et se propage progressivement à travers les différents secteurs de l’économie.

Le rythme exceptionnel de la reprise a produit des revenus fiscaux très supérieurs aux prévisions du gouvernement. Le déficit public a été de 0,9% du PIB en 2016, et le niveau de dette publique régresse plus rapidement que prévu : il s’élève actuellement à 79% du PIB, et le gouvernement s’est donné pour objectif d’atteindre 45% au milieu des années 2020.

Dès 2016, la chute de la livre sterling a fait baisser de 4% les exportations irlandaises au Royaume-Uni, qui est de loin le premier partenaire commercial de l’Irlande ; le secteur agroalimentaire est particulièrement touché. Les projets de la nouvelle administration américaine de rapatrier certains IDE américains (dont l’Irlande est une destination privilégiée, notamment dans les secteurs du web et de la pharmacie) sont une source d’incertitudes .

Le taux d’impôt sur les sociétés à 12,5% reste un élément pivot de la stratégie irlandaise pour attirer les investissements directs étrangers (secteurs de la pharmacie, informatique et services financiers). Malgré la fin annoncée de certains dispositifs fiscaux, les révélations sur la situation particulièrement avantageuse de quelques multinationales implantées en Irlande (leur taux d’imposition effectif pourrait être de 2% seulement) ont donné une nouvelle acuité à la question. Le nouveau cadre fiscal pour la propriété intellectuelle, la Knowledge Development Box (précédemment appelée « Patent box »), est entré en vigueur au 1er janvier 2016, avec un taux d’imposition de 6,25%. Il s’agit de la première mesure de ce type au monde, conforme aux règles de l’OCDE autorisant un taux dérogatoire à condition que les dépenses de R&D s’effectuent dans le pays de la résidence fiscale.

Depuis début 2018, les commentateurs parlent du « phénix celtique » (référence au « tigre celtique » dont la crise des années 2008-2013 avait précipité l’extinction) du fait des solides prévisions de croissance de la Banque centrale d’Irlande (4,4 % en 2018 ; 3,9 % en 2019), d’un chômage en baisse continue (prévision de 5,5% en 2018), d’une inflation au plus bas et d’un budget à l’équilibre. Les questions fiscales représentent un point de divergence avec la France, l’Irlande étant fermement attachée à son taux d’impôt sur les sociétés et étant réticente à engager la discussion sur ces questions au sein de l’UE, préférant la renvoyer à l’OCDE.
L’économie irlandaise fait désormais face à des difficultés engendrées par son dynamisme : tensions sur l’immobilier, sur les infrastructures et sur les salaires.

Politique étrangère

La diplomatie de Dublin s’articule autour de quatre axes : les liens avec le Royaume-Uni et les Etats-Unis, l’engagement européen, les Nations Unies et les relations UE/Afrique

Les liens historiques et géographiques entre l’Irlande et le Royaume-Uni se traduisent par des relations commerciales étroites, un dispositif spécifique en termes de circulation (les citoyens des deux pays peuvent circuler librement sur l’ensemble des Iles britanniques), des droits des citoyens d’un pays résidant dans le pays voisin (plus étendus que les droits de citoyens européens), et une implication mutuelle dans le dossier nord-irlandais.

Depuis la visite de la Reine Elisabeth II en Irlande en mai 2011, et la visite du président Michael D. Higgins à Londres en avril 2014, les deux pays ont entamé un rapprochement bilatéral sans précédent. La perspective du Brexit crée une situation inédite pour la relation des deux pays : elle pourrait remettre en cause la frontière « invisible » entre l’Irlande et l’Irlande du Nord (qui deviendrait une frontière extérieure de l’Union européenne) et l’imbrication étroite des économies des deux pays.

Les liens entre les Etats-Unis et l’Irlande sont très étroits. Plus de quarante millions d’Américains se reconnaissent d’origine irlandaise. Les Etats-Unis ont souvent été impliqués dans le processus nord-irlandais au plus haut niveau. Ils sont de loin le premier investisseur étranger dans le pays (80 % des IDE), avec près de 600 entreprises (principalement informatiques et pharmaceutiques) tournées vers le marché européen et employant directement 100.000 personnes. L’élection de Donald Trump a créé une incertitude sur la situation de plusieurs dizaines de milliers d’Irlandais en situation irrégulière aux Etats-Unis et sur l’avenir des relations commerciales. Le Taioseach a effectué une visite d’une semaine aux Etats-Unis dans le cadre des festivités de la St Patrick 2018 au cours de laquelle il s’est notamment entretenu avec le Président Trump.

L’Irlande est très attachée au multilatéralisme et au système des Nations-Unes. . Elle déploie 510 personnels au sein de sept OMP, essentiellement au Moyen-Orient : FINUL (358 militaires dans le secteur Ouest), FNUOD (115 militaires depuis septembre 2013), ONUST (13 experts), FNUCHYP (12 policiers), MINURSO (3 experts), MONUSCO (3 militaires), ONUCI (2 experts). Rapportées aux effectifs de l’armée irlandaise, ces contributions dénotent un réel effort et un vif intérêt politique de l’Irlande pour les missions de maintien de la paix.

L’Irlande est candidate pour un siège de membre non permanent du Conseil de sécurité pour le biennum 2021/2022.

Suite aux attentats de Paris et à l’appel de la France à l’assistance au titre de l’article 42.7 TUE, l’Irlande s’est engagée à doubler ses effectifs (de 10 à 20) au sein de l’EUTM Mali et à renforcer son contingent dans la FINUL de 150 personnels.

Dans plusieurs de ses discours, le ministre irlandais Coveney s’est fait l’avocat d’un partenariat renforcé entre l’UE et l’Afrique à l’unisson de son Premier ministre qui plaidait dans son intervention le 17 janvier dernier devant le Parlement européen pour « un nouveau plan Marshall » en faveur du continent africain. M. Coveney s’est rendu en Ethiopie et au Kenya mi-novembre 2017 et mentionne fréquemment ses visites en Afrique dans ses interventions publiques, rappelant en particulier le défi démographique auquel fait face le continent (citant les chiffres de 2 millions de nouveaux arrivants sur le marché du travail en Éthiopie chaque année - soit autant que toute la population active d’Irlande, et de 1 million au Kenya). Lors de sa conférence le 25 janvier 2018 à l’Université de DCU, il a explicitement rendu hommage au leadership du président de laépublique sur le Sahel. S’agissant de l’avenir de l’accord de partenariat entre l’UE et les Etats ACP (Afrique Caraïbes Pacifique), il a souligné que les premières discussions en Conseil des ministres des affaires étrangères de l’Union européenne avaient été positives et marqué l’importance que l’Irlande y attachait

Aide au développement

L’aide au développement irlandaise se concentre sur l’Afrique, notamment les pays les moins avancés et les zones de conflits. Le budget de l’aide irlandaise s’élève à 0,36% du PIB, avec l’objectif d’atteindre 0,7%.

Défense

Historiquement neutre, l’Irlande a montré une certaine hésitation à formuler une politique de défense de manière explicite et spécifique. Le budget consacré à la défense est faible (0,35 % du PIB) et le total des forces irlandaises s’élève à 9 500 hommes.

Le livre blanc paru en août 2015 présente cependant une réelle dimension stratégique, et révèle une nouvelle prise de conscience : l’Irlande s’estime directement concernée par les nouvelles menaces, dans un « environnement sécuritaire volatil et imprévisible ». Le principe du « triple lock » (qui, avant toute intervention extérieure, implique d’obtenir le triple accord du gouvernement, de la chambre basse du Parlement (Dáil) et des Nations Unies) est réaffirmé mais il est mis en balance avec l’importance de répondre collectivement et de manière intégrée à ces menaces : terrorisme et radicalisation, migrations de masse, menace cyber, catastrophes naturelles, situation aux frontières orientales de l’Europe. C’est dans ce contexte d’ensemble que peut être notée la décision irlandaise, prise en décembre 2017, de rejoindre la Coopération structurée permanente (CSP).

Les forces de défense irlandaises sont déployées à l’extérieur uniquement dans le cadre d’opérations multinationales de maintien de la paix ou à caractère humanitaire.

Mise à jour : 14.03.18

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