Déclaration conjointe des secrétaires d’Etat aux affaires européennes de l’Irlande et de la France (19 juillet 2019)

La France et l’Irlande ont une relation bilatérale dense et partagent l’ambition commune de bâtir une Union européenne qui garantisse liberté, protection et progrès à ses citoyens. Dans ce contexte, Amélie de Montchalin, secrétaire d’État française chargée des affaires européennes, a effectué une visite en Irlande les 18 et 19 juillet à l’invitation d’Helen McEntee, secrétaire d’Etat irlandaise aux Affaires européennes, pour avoir une discussion approfondie sur l’avenir de l’Union européenne.

Cette visite a eu lieu deux mois après la rencontre à Paris du Premier ministre irlandais, Leo Varadkar, avec le Président de la République française, Emmanuel Macron, le 2 avril 2019.

Les deux ministres se sont rencontrées dans le Comté de Meath pour évoquer un certain nombre de priorités communes.

Amélie de Montchalin et Helen McEntee ont visité une exploitation agricole à Louth City pour illustrer l’attachement des deux pays à la politique agricole commune (PAC). À cet égard, la France et l’Irlande considèrent que le prochain cadre financier pluriannuel de l’UE devra maintenir le budget alloué à la PAC à son niveau actuel à 27 États membres pour faire face aux défis économiques, environnementaux et stratégiques auxquels cette politique est confrontée.

Les deux ministres ont réaffirmé que l’Union européenne devait être à l’avant-garde de la lutte contre le changement climatique et ont rappelé leur détermination à œuvrer ensemble au Conseil pour soutenir l’objectif d’atteindre la neutralité carbone en 2050 et promouvoir les instruments pour y parvenir.

Les deux ministres ont abordé l’accord commercial annoncé entre l’UE et le MERCOSUR, en soulignant qu’il était nécessaire d’effectuer une évaluation de son impact.

Les deux ministres ont abordé la nécessité de réformer le régime d’asile européen en se fondant sur un juste équilibre entre responsabilité et solidarité.

Les discussions ont également porté sur les moyens de progresser sur l’Union économique et monétaire. Les deux ministres ont évoqué la réforme de la fiscalité internationale dans le cadre de l’OCDE et ont fait le point sur les débats en cours sur le projet de salaire minimum européen. Elles ont également réaffirmé leur attachement aux valeurs fondamentales de l’Union européenne et ont salué la communication de la Commission sur l’état de droit.

Les deux ministres se sont accordées sur la nécessité pour les institutions de l’Union de travailler avec les Etats membres et leurs représentants élus à inclure encore davantage les citoyens dans la mise en place de l’agenda stratégique européen 2019-2024.

Les deux ministres sont convenues que la France et l’Irlande devaient continuer à agir en étroite coordination sur chacune de ces priorités européennes communes et œuvrer pour apporter des résultats concrets répondant aux attentes des citoyens.

Elles ont également discuté du développement des relations bilatérales, notamment dans le contexte de l’étude conduite récemment par l’Irlande sur le renforcement de ses relations avec la France sur leurs priorités européennes partagées, en particulier à haut niveau. Dans cette perspective, le projet Celtic Interconnector revêt une importance particulière et favorisera le développement des énergies renouvelables dans les deux pays, contribuant ainsi aux objectifs climatiques de l’Union. À ce titre, il est important que ce projet puisse bénéficier de financements européens.

Les deux ministres ont aussi effectué une visite conjointe au point de passage frontalier de Ravensdale entre l’Irlande et l’Irlande du Nord. Elles ont réaffirmé qu’il était important pour le processus de paix en Irlande du Nord qu’il n’y ait pas de frontière physique, ce qui est l’objectif du « backstop » prévu par l’Accord sur le retrait. Les deux ministres ont souligné qu’il était important de conserver l’unité européenne en soutien au négociateur en chef de l’Union et de préserver l’intégrité du marché unique. Elles sont convenues qu’il était nécessaire de protéger les intérêts des pêcheurs et des agriculteurs européens.

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