L’après-Daech : comment la France s’engage

L’après-Daech en Irak : comment la France s’engage

La libération de Mossoul en juillet 2017 par les forces irakiennes appuyées par les frappes de la Coalition internationale, a constitué une défaite majeure pour Daech. Depuis, l’organisation terroriste n’a cessé de reculer en Irak comme en témoigne la reprise de la ville de Tall Afar au nord-ouest de Mossoul le 31 août 2017.

Cette succession de victoires est le reflet du courage des autorités, des combattants et du peuple d’Irak dans leur lutte contre le terrorisme. La France, qui prend une part active aux efforts de la Coalition internationale pour défaire militairement Daech, sera à leurs côtés jusqu’à la libération complète du territoire irakien.

L’éradication de Daech est indispensable, mais les défis que l’Irak aura par la suite à relever sont considérables. Le pays entre aujourd’hui dans une phase de stabilisation, de réconciliation nationale et de reconstruction des régions libérées sans lesquelles il n’y aura pas de victoire durable contre le terrorisme ni de retour des populations déplacées.

Une aide humanitaire et de stabilisation

La France, avec ses partenaires, poursuit ses efforts et se tient aux côtés des populations et du gouvernement irakiens pour reconstruire le pays, relancer l’économie et venir en aide aux populations durement affectées par le conflit.

Depuis 2014, l’aide humanitaire et de stabilisation de la France en Irak s’est élevée à 70 millions d’euros dont 35 millions pour la seule année 2017, dont une partie sera dédiée spécifiquement à la stabilisation de la ville de Mossoul.

Lors de leur visite conjointe en Irak le 26 août 2017, le ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, M. Jean-Yves Le Drian, et la ministre des Armées, Mme Florence Parly, ont en outre confirmé l’octroi d’un prêt budgétaire de 430 millions d’euros au gouvernement irakien.

La France mène également ses actions en matière d’aide humanitaire et de stabilisation par le biais d’agences onusiennes (HCR, PAM). Elle a contribué à hauteur de 3 millions d’euros au Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) en Irak et a annoncé en 2017 une nouvelle contribution de 1 million de dollars au ICRRP (Iraq Crisis Response and Resilience Programme) visant à soutenir des projets de relèvement socio-économique mis en œuvre par des ONG françaises.

Des chantiers multiples

Sécurité

Le rétablissement de la sécurité est indispensable afin de permettre le retour libre et volontaire des déplacés et de permettre aux populations de reprendre une vie normale. La France appuie la formation des forces de sécurité irakiennes ainsi que des actions de déminage.

Santé

Tous les projets menés par la France accordent une attention particulière à la santé des populations irakiennes durement affectées par la guerre ou l’exil. Au-delà de l’aide humanitaire d’urgence, la France a mis en œuvre des programmes de soutien aux infrastructures de santé (hôpitaux, centres de santé dans des camps de déplacés) et de réhabilitation des réseaux d’eau et d’assainissement afin de prévenir la propagation de maladies et d’épidémies.

Éducation et soutien aux populations déplacées

La violence de Daech a très fortement mis en péril les réseaux éducatifs dans les territoires contrôlés par l’organisation terroriste. De plus, un grand nombre d’enfants ont été déplacés par le conflit et privés d’accès à l’éducation.

L’éducation constitue un des axes prioritaires de l’aide française.

En 2015-2016, la France a soutenu, au titre de l’action humanitaire, le camp de Bardarash situé près de Mossoul et accueillant 12 000 personnes déplacées permettant – entre autres - la construction de deux écoles et la scolarisation de 1000 enfants supplémentaires dans le camp. En complément, les enfants ont bénéficié d’un soutien psycho-social axé sur le développement social et éducatif.

A la suite de la libération des villages d’origine des déplacés internes du camp de Bardarash, la France a appuyé des programmes d’aide au retour des populations dans leurs villages.

Cohésion nationale

L’unité de l’Irak dans le respect de toutes ses composantes est essentielle pour favoriser un processus de stabilisation durable et inclusif.

La France a créé un fonds de soutien pour les victimes de violences ethniques et religieuses au Moyen-Orient, doté de 10 millions d’euros pour 2017-2018. Ce fonds finance des projets portés par des ONG visant à répondre spécifiquement aux besoins de ces communautés et à encourager leur retour vers leurs villes et villages d’origine. L’Irak est, de loin, le premier pays bénéficiaire de ce fonds.

Patrimoine

Les liens entre la France et l’Irak en matière de préservation du patrimoine et d’archéologie sont anciens.

Au cours des dernières années, trois priorités ont été dégagées en concertation avec les autorités locales : la lutte contre les trafics, la protection des œuvres et la mémoire des sites. Plusieurs actions de formation destinées aux professionnels irakiens de la conservation du patrimoine ont été programmées en partenariat, notamment, avec l’Institut National du Patrimoine (INP) et le Département d’archéologie orientale et mésopotamienne du Louvre pour améliorer les techniques de lutte contre le trafic de biens et objets culturels.

De son côté, l’Institut français du Proche-Orient (IFPO) en Irak, qui dispose d’une antenne à Erbil a établi une coopération avec des établissements universitaires dans les domaines de l’archéologie et du patrimoine.

En 2018, l’Institut français de recherche à l’étranger (IFRE) prévoit de conduire plusieurs opérations de numérisation et de conservation sur des sites irakiens, dans le cadre du fonds de l’Alliance internationale pour la protection du patrimoine dans les zones de conflits (ALIPH).

Justice et lutte contre l’impunité

La France est résolument engagée en faveur de la lutte contre l’impunité des crimes commis en Irak et a saisi toutes les occasions pour faire progresser ce dossier, notamment au Conseil de sécurité et dans le cadre des autres instances onusiennes. Elle finance des projets de documentation des exactions commises afin d’alimenter les enquêtes. Des actions de formation pour renforcer les compétences des autorités de police et de justice irakiennes sont également menées afin de rendre la poursuite des auteurs de crimes plus efficace. La France apporte par ailleurs son soutien aux victimes par le biais d’un projet d’appui psycho-social.

Mise à jour : 03.10.17

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