Relations bilatérales

Relations politiques

Proches par une langue et une histoire partagées, voisines par la présence des collectivités françaises d’Amérique, Haïti et la France entretiennent des liens étroits d’amitié et de solidarité. Si nos relations commerciales sont traditionnellement modestes, les relations politiques se renforcent par des visites de haut niveau, notamment le déplacement à Port-au-Prince du président François Hollande le 12 mai 2015 et celui du président Jovenel Moïse à Paris les 11 et 12 décembre 2017.

Visites

M. Jean-Pierre Bel, président du Sénat, du 29 juillet au 2 août 2014, accompagné du sénateur Bernard Piras, président du groupe d’amitié France-Caraïbe (entretiens avec le président Martelly, le premier ministre Lamothe et le président du Sénat Desras).

M. François Hollande, président de la République, a effectué le 12 mai 2015, une visite officielle à Port-au-Prince. Il était accompagné de la ministre de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie, Mme Ségolène Royal, de la ministre de la Justice, Mme Christiane Taubira, de la ministre de la Culture et de la Communication, Mme Fleur Pellerin, de la ministre des Outre-mer, Mme George Pau-Langevin, de la ministre des Affaires sociales, de la Santé et des Droits des femmes, Mme Marisol Touraine, de la secrétaire d’État au Développement et à la Francophonie, Mme Annick Girardin, et du secrétaire d’État chargé du Commerce extérieur, de la promotion du Tourisme et des Français de l’étranger, M. Matthias Fekl.

M. Jean- Marc Ayrault, ministre des Affaires étrangères et du Développement international, a effectué une visite de travail les 17 et 18 décembre 2016 à Port-au-Prince et à Jérémie.

M. Jean-Marie Le Guen, secrétaire d’État chargé du Développement et de la Francophonie a effectué une visite de travail du 6 au 8 février 2017. Il a assisté à la cérémonie d’investiture du président élu, Jovenel Moïse.

M. Jovenel Moïse, président de la République d’Haïti était en France du 11 au 13 décembre 2017. Il a été reçu à l’Élysée par le président Emmanuel Macron le 11 décembre en amont du Sommet One Planet le 12 décembre 2017.

Relations économiques

Le commerce entre la France et Haïti est très réduit, avec un volume d’échanges de 69,6 M€ en 2017, dont 51,9 M€ d’exportations françaises. Elles sont constituées à 37 % par des produits issus des industries agroalimentaires. Les équipements mécaniques, le matériel électrique et informatique représentent 32 % de nos exportations. Enfin, les véhicules automobiles constituent 6,5 % du total.
Les exportations de produits haïtiens vers la France ont progressé : elles s’élevaient à 18 M€ en 2017 alors qu’elles se situaient entre 6 et 9 M€ les années précédentes. Elles sont composées aux trois quarts d’huiles essentielles, principalement du vétiver.
Alors qu’avant le séisme, seuls trois groupes français disposaient d’une représentation active en Haïti (Total, Air France et CMA-CGM), aujourd’hui une vingtaine d’entreprises françaises relancent le courant d’affaires entre nos deux pays.
Ces sociétés à capitaux français, souvent de taille plus réduite, sont actives dans le domaine des services (commerce, publicité, hôtellerie, restauration notamment) et du BTP (gros et second œuvres, constructions modulaires, fourniture de matériaux). Plusieurs PME ont également remporté, ces dernières années, des marchés lancés par les bailleurs de fonds internationaux (Matière, pour la reconstruction du pont de Montrouis).

Coopération culturelle, scientifique et technique

L’action de la France en Haïti repose principalement sur des projets pilotés par l’Agence française de développement (AFD), le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères, ainsi que sur les collectivités territoriales, et des organismes publics ou parapublics. Elle s’inscrit également dans un cadre européen et multilatéral. L’UE a mobilisé plus de 1,2 Md € pour la reconstruction du pays après le tremblement de terre (2010-2015), puis 420 M€ dans le cadre du XIe FED.
Notre coopération s’inscrit dans le cadre de la déclaration conjointe signée par le président Martelly et le président de la République, lors de sa visite officielle à Port-au-Prince le 12 mai 2015. L’objectif de cette feuille de route, financée par la France à hauteur de 50 M€ sur cinq ans, est la mise en œuvre d’un plan « Éducation », dans un continuum associant la coopération éducative (formation des maîtres, formation professionnelle, relevant de l’AFD), le renforcement du bilinguisme, la coopération universitaire, scientifique et de recherche, en mettant l’accent sur l’accès et l’usage des nouvelles technologies. Elle s’appuie sur les activités des 5 alliances françaises implantées dans le pays, de l’Institut français d’Haïti et du lycée Alexandre Dumas, qui accueille environ 770 élèves.

Autres types de coopération

Dans le domaine de la coopération policière, outre la participation française à la MINUJUSTH, la professionnalisation de la Police judiciaire haïtienne fait l’objet d’un appui de long terme de la France. L’accent est désormais mis sur la lutte contre la criminalité organisée, dans une logique régionale et des programmes étendus à l’ensemble des grandes Antilles.

L’aide alimentaire française est désormais entièrement consacrée à des achats locaux, qui visent à renforcer les capacités des agriculteurs haïtiens, dont les productions sont ensuite affectées au programme national des cantines scolaires. Depuis les années 1990, les collectivités françaises métropolitaines et d’Outre-mer sont particulièrement impliquées en Haïti. Avec près d’une trentaine de partenariats actifs et une Aide publique au développement des collectivités territoriales d’environ 2,6 M€ en 2017, Haïti est le 5e pays bénéficiaire de l’APD des collectivités françaises et le pays comptant le plus de partenariats en Amérique après le Canada et les États-Unis.

La 2e édition des assises de la coopération décentralisée s’est tenue à Port-au-Prince les 5 et 6 décembre 2017. L’événement, ouvert par le président haïtien, a regroupé plus de 500 participants (dont 150 représentants des collectivités territoriales françaises) et a abouti à la signature de nombreux accords de partenariats.

La coopération régionale avec les collectivités françaises d’Amérique bénéficie des financements ouverts sur les Fonds de coopération régionale (FCR) de la zone Antilles-Guyane. Ces coopérations concernent les secteurs suivants : l’éducation (coopération entre l’Université Antilles-Guyane et l’Ecole normale supérieure de Port-au Prince) ; la santé (formation des médecins haïtiens en Guadeloupe, appui à l’école d’infirmières sages-femmes de Port-au-Prince, etc.) ; la justice et la sécurité (lutte contre le trafic de stupéfiants, brigades financières et des mineurs) et la culture.

Mise à jour : 07.01.19

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