Données générales

Présentation du pays

Nom officiel : République de Gambie
Nature du régime : République, régime présidentiel
Chef de l’Etat : Adama BARROW

Données géographiques

Superficie : 11.295 km²
Capitale : Banjul
Villes principales : Brikama, Bakau, Farafenni, Serrekunda
Langue officielle : anglais
Langue (s) courante (s) : wolof, mandingue, fula, jola, serere.
Monnaie : Dalasi
Fête nationale : 18 février (proclamation de l’indépendance, en 1965)

Données démographiques

Population : 2 million d’habitants en 2016 (dont la moitié à Banjul)
Densité : 177 hab/km² (plus forte densité d’Afrique de l’Ouest)
Croissance démographique : 3 % en 2016 (Banque mondiale)
Espérance de vie : 61 ans en 2015 (Banque mondiale)
Taux d’alphabétisation des plus de 15 ans : 55,6% en 2015 (Banque mondiale)
Religion (s) : Islam (85%), christianisme et religions traditionnelles (15%)

Données économiques

PIB (2016) : 965 M$
PIB par habitant s’élève à 435 USD en 2017 (DGPTE)
Croissance : 2.9% en 2016 (FMI), 3% en 2017 (estimation FMI)
Taux d’inflation : 7,21 % en 2015
Solde budgétaire : estimé à - 9,5% en 2016 (FMI), - 3% en 2017 (prévision FMI)
Dette publique totale de la Gambie : 120 % du PIB en 2016, 112 % en 2017
Stock d’IDE (en 2014) : 340 M$
Balance des paiements (2017) : déficit équivalent à - 22%
Principaux clients en 2015 : Mali, Guinée, Sénégal, Inde (
Principaux fournisseurs en 2017 : Chine, Brésil, Inde, Sénégal
Part des principaux secteurs d’activités dans le PIB en 2016 :

  • agriculture :, principalement l’arachide (21% du PIB et 70% des emplois de la population active)
  • industrie : 16 %
  • services : 63% %
    Classement Doing Business 2016 : 151ème sur 189 pays
    Exportations de la France vers la Gambie : 8 M€ en 2016 (Douanes françaises)
    Importations françaises depuis la Gambie : 5 M€ en 2016 (Douanes françaises)

 Site de la mission économique : http://www.tresor.economie.gouv.fr/Ressources/Pays/gambie

Présence française

Ambassade de France au Sénégal et en Gambie : https://sn.ambafrance.org/
Un chargé d’affaire pour la Gambie a été nommé à Banjul en novembre 2017.
Alliance Française de Banjul : http://www.afbanjul.org
Communauté française : 139 inscrits (2017), un consul honoraire (également directeur de l’Alliance française)
Communauté gambienne en France : estimée à plusieurs milliers

Éléments d’actualité

Politique intérieure

La victoire d’Adama Barrow, candidat de l’opposition
, lors de l’élection présidentielle du 1er décembre 2016, a ouvert une nouvelle ère pour la Gambie, après 22 ans de dictature. Le lieutenant Yahya Jammeh avait pris le pouvoir par un coup d’Etat en 1994. Il a dirigé le pays de manière autocratique et souvent imprévisible. Les remaniements ministériels ont été fréquents, et le président était coutumier de décisions brutales. Les droits de l’Homme y ont été constamment bafoués (détentions arbitraires, disparitions forcées, torture, restrictions de la liberté d’expression, persécution des homosexuels).

La Gambie de Jammeh était également un acteur du conflit en Casamance. Son soutien à la rébellion dans cette région du Sénégal a contribué à la perpétuation de la violence armée, tendant la relation avec le Sénégal, dans lequel le pays est enclavé.
Selon les résultats définitifs proclamés par la commission électorale le 2 décembre, Adama Barrow, soutenu par une coalition de sept partis d’opposition, a été élu avec 43,2% des voix, Yahya Jammeh arrivant deuxième avec 39,6% des voix.
Yahya Jammeh a reconnu publiquement sa défaite au lendemain de l’élection avant d’annoncer, huit jours plus tard, qu’il contestait finalement l’issue du scrutin et demandait son annulation.

Plusieurs tentatives de médiation ont eu lieu, impliquant des chefs d’Etat mandatés par la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), puis des Etats à titre individuels.
Le 19 janvier 2017, date d’échéance du mandat de son prédécesseur, Adama Barrow était investi à l’ambassade de Gambie à Dakar. Yahya Jammeh refusant de quitter le pouvoir, une force de la CEDEAO (Nigéria, Sénégal, Ghana) se préparait à entrer en Gambie, à la demande du nouveau président. Le 20 janvier, les présidents Aziz et Condé arrivaient à Banjul pour convaincre Jammeh de quitter le pays.
Le 20 janvier au soir, Jammeh annonçait son départ. Il s’envole le lendemain vers la Guinée équatoriale.

Suite aux élections législatives du 6 avril 2017, l’UDP dispose de 33 sièges (sur 58). Le président Barrow dispose ainsi de la majorité absolue à l’Assemblée Nationale.
Les élections locales (12 avril 2018) ont confirmé l’UDP, qui emporte la majorité avec 62 sièges sur 120, tandis que le GDC (Gambia Democratic Congress) de Mama Kandeh arrive en deuxième position avec 23 sièges, l’APRC (parti de Jammeh) passant au 3ème rang avec 18 sièges.

Les élections municipales (12 mai 2018) se sont traduites par une large victoire de l’UDP, qui remporte 7 sièges (de maires ou de chefs de région) sur 8, tandis que le candidat du GDC emporte la région administrative de Kuntaur.
La force de la CEDEAO, la MICEGA, déploie toujours 500 hommes en Gambie, à la demande du gouvernement.

Situation économique

La Gambie (11 300 km²), PMA imbriqué dans le territoire sénégalais, couvre une étroite bande de 15 à 25 km de part et d’autre du fleuve éponyme.
Le secteur agricole représente 27,5 % du PIB et emploie 70% de la population active. Le secteur secondaire ne représente que 15,5% du PIB. Le secteur des services représente 57,1 % du PIB, alimenté par les NTIC, notamment la téléphonie mobile. Le tourisme, en majorité britannique et allemand, représente 19% des services et constitue le premier poste de salariés déclarés en Gambie.

Selon le FMI, le déficit budgétaire a été ramené de 9,8% du PIB en 2016 à 3,9% en 2017. Le nouveau gouvernement a dénoncé des détournements massifs de fonds par le régime Jammeh, notamment au niveau des entreprises publiques, qui ont épuisé les recettes de l’Etat et entrainé des chocs budgétaires importants. Les résultats provisoires de l’audit actuellement en cours au sein de l’administration, estiment ces détournements à au moins 4% du PIB par an depuis 2014. Cela a renforcé la nécessité de renflouer des fonds d’entreprises publiques par le biais d’emprunts supplémentaires, ce qui a conduit à l’augmentation significative de la dette publique à 123,2% du PIB en 2017 Cette augmentation est aussi en partie due à une accélération en 2017 des projets d’investissement.

Depuis le rétablissement de la stabilité politique, les organismes et partenaires internationaux de développement ont engagé des soutiens substantiels à l’économie gambienne.

Les autorités ont engagé dès leur arrivée l’élaboration d’un plan de développement (National Development Plan 2018-2021), présenté aux bailleurs en amont de la conférence de Bruxelles (22 mai 2018). Ce plan prévoit un besoin de financement de 1,6 Mds $ pour 21 projets prioritaires.

Relations avec le Fonds monétaire international : En 2017, la Gambie a sollicité le FMI pour un soutien autour de deux aspects :

  • Une Facilité Rapide de Crédit (FRC) de 11,662 M DTS (16,2 M$)
  • Un programme de suivi du Fonds (SMP – Staff Monitoring Program) d’une durée maximale d’un an.

    Relations avec la Banque mondiale
     : Le conseil d’administration de la Banque mondiale a adopté en 2017 une aide budgétaire d’urgence de 56 M$ en soutien à la Gambie. La Banque Mondiale a annoncé lors de la conférence des bailleurs de la Gambie, le 22 mai 2018 à Bruxelles, 288M$ de nouveaux fonds sous forme de subventions pour soutenir le plan et 62M$ en prêts, ce qui porte la contribution à 350M$.

    Relations avec la Banque africaine de développement
     : la BAD a réalisé un appui institutionnel d’urgence de 6 M€ à l’automne et a engagé 18 M€ sur trois ans (2017-2019) sur l’enveloppe du fonds africain de développement . Elle a également annoncé en mai à Bruxelles un financement complémentaire de 100 M€ pour financer le plan de développement sur 2018-2021. Sa priorité est à la réalisation d’un document de stratégie pays intérimaire. Elle prévoit un appui institutionnel de 5 M€. Elle contribue également via le SEFA (Fonds d’énergie durable pour l’Afrique) à un projet de renforcement du cadre règlementaire en faveur de l’investissement privé dans l’énergie renouvelable. La BAD a à ce jour sept projets actifs nationaux pour des engagements totaux de 40 M$ notamment dans l’agriculture et l’eau/assainissement et elle cofinance un projet phare de pont sur le fleuve Gambie.

    Relations avec l’Union européenne :

L’Union européenne s’est rapidement mobilisée pour soutenir la prise de fonction des nouvelles autorités avec une aide de 225 M€ à l’économie gambienne. Face aux difficultés sous le précédent régime, la programmation d’aide sous 10e FED (2008-2013) avait été largement suspendue et seule une enveloppe initiale de 31 M€ pour 2015-2016 avaient été adoptée dans le cadre du 11e FED (2014-2020) essentiellement axée sur l’agriculture et les transports. La conférence des bailleurs de la Gambie, organisée le 22 mai 2018 à Bruxelles par la Commission a permis la mobilisation d’un total de 1,45 Mds€. Le Commissaire Neven Mimica a annoncé une contribution additionnelle de l’UE de 140M€, qui s’est ajoutée aux 225M€ promis en 2017 (soit une contribution totale de l’UE de 365M€ en appui budgétaire). La BEI a annoncé l’octroi de 90M d’euros en prêts à long terme ce qui porte l’effort européen supplémentaire (top up) à 230M€ au total. La contribution de la France, d’un montant total supérieur à 50 M€ sur la période 2018 2022, a été remarquée.

Par ailleurs, un soutien de la Facilité de paix (2 M€) a été accordé par l’UE à la CEDEAO dans le cadre du financement de la MICEGA (Mission de la CEDEAO en Gambie, force de stabilisation de 500 hommes). Pour la période du 7 juin 2017 au 20 mai 2018, ce soutien a été prolongé via l’enveloppe « Opérations de Maintien de Paix » pour un montant total de 7,46 M€.

Fonds fiduciaire d’urgence de l’Union européenne (FFU)  : deux projets ont été approuvés en Gambie (réintégration, 3,9M€ ; jeunesse 11M€).

Politique étrangère

En raison de sa position géographique enclavée, la Gambie dépend étroitement du Sénégal pour sa sécurité et son économie. L’éphémère fédération sénégambienne fondée en 1982 a été dissoute en 1989. Malgré les visites croisées entre les deux chefs d’Etat, les relations bilatérales sont longtemps restées empreintes de méfiance et plusieurs sujets ont provoqué périodiquement des tensions : tarifs des bacs permettant de franchir le fleuve Gambie, situation en Casamance, mise en cause des autorités sénégalaises par la Gambie au sujet de leurs liens supposés avec l’opposition gambienne. Le changement politique intervenu en janvier 2017 a transformé les relations entre la Gambie et le Sénégal, qui se sont rapprochés. Le Sénégal a eu un rôle déterminant (diplomatique et militaire) dans la résolution de la crise.
Ses troupes sont encore présentes en Gambie, dans le cadre de la MICEGA, dont le mandat a été prolongé d’un an par la CEDEAO le 5 juin 2017.

La première visite officielle du Président Barrow a été effectuée au Sénégal, et a donné lieu à la signature de plusieurs accords de coopération et à la reprise du projet de pont Sénégambien. La première session du Conseil présidentiel sénégalo-gambien, coprésidée par les présidents Macky Sall et Adama Barrow, s’est tenue à Banjul le 13 mars 2018. De nouveaux accords ont été signés à cette occasion (défense et sécurité, justice, transport routier, santé, sport, culture et enseignement supérieur et énergie).

La Gambie est membre de l’Organisation de mise en valeur du fleuve Gambie (OMVG), de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), du Comité inter-Etats de lutte contre la sécheresse au Sahel (CILSS) et de l’Organisation de la Coopération islamique (OCI). Elle s’est retirée du Commonwealth en octobre 2013, mais l’a rejoint de nouveau le 8 février 2018.
Une demande d’adhésion à l’Organisation internationale de la Francophonie avec le statut d’observateur a été déposée par la Gambie en 2010, mais elle est restée sans suite. Elle a été relancée suite aux changements politiques de janvier 2017.

La Gambie abrite le siège de la Cour africaine des droits de l’Homme et des Peuples (organe de l’Union africaine chargé de surveiller la mise en œuvre de la Charte africaine des droits de l’Homme et des peuples).

Mise à jour : 03.07.18

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