Relations bilatérales

Présentation

Relations politiques

La victoire d’Adama Barrow, candidat de l’opposition, lors de l’élection présidentielle du 1er décembre 2016, a ouvert une nouvelle ère pour la Gambie, après 22 ans de dictature. Le lieutenant Yahya Jammeh avait pris le pouvoir par un coup d’Etat en 1994. Il a dirigé le pays de manière autocratique et souvent imprévisible. Les remaniements ministériels ont été fréquents, et le président était coutumier de décisions brutales. Les droits de l’Homme y ont été constamment bafoués (détentions arbitraires, disparitions forcées, torture, restrictions de la liberté d’expression, persécution des homosexuels).

La Gambie de Jammeh était également un acteur du conflit en Casamance. Son soutien à la rébellion dans cette région du Sénégal a contribué à la perpétuation de la violence armée, tendant la relation avec le Sénégal, dans lequel le pays est enclavé.
Selon les résultats définitifs proclamés par la commission électorale le 2 décembre, Adama Barrow, soutenu par une coalition de sept partis d’opposition, a été élu avec 43,2% des voix, Yahya Jammeh arrivant deuxième avec 39,6% des voix.
Yahya Jammeh a reconnu publiquement sa défaite au lendemain de l’élection avant d’annoncer, huit jours plus tard, qu’il contestait finalement l’issue du scrutin et demandait son annulation.

Plusieurs tentatives de médiation ont eu lieu, impliquant des chefs d’Etat mandatés par la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), puis des Etats à titre individuels.

Le 19 janvier 2017, date d’échéance du mandat de son prédécesseur, Adama Barrow était investi à l’ambassade de Gambie à Dakar. Yahya Jammeh refusant de quitter le pouvoir, une force de la CEDEAO (Nigéria, Sénégal, Ghana) se préparait à entrer en Gambie, à la demande du nouveau président. Le 20 janvier, les présidents Aziz et Condé arrivaient à Banjul pour convaincre Jammeh de quitter le pays.
Le 20 janvier au soir, Jammeh annonçait son départ. Il s’envole le lendemain vers la Guinée équatoriale.

Suite aux élections législatives du 6 avril 2017, l’UDP dispose de 33 sièges (sur 58). Le président Barrow dispose ainsi de la majorité absolue à l’Assemblée Nationale.
Les élections locales (12 avril 2018) ont confirmé l’UDP, qui emporte la majorité avec 62 sièges sur 120, tandis que le GDC (Gambia Democratic Congress) de Mama Kandeh arrive en deuxième position avec 23 sièges, l’APRC (parti de Jammeh) passant au 3ème rang avec 18 sièges.

Les élections municipales (12 mai 2018) se sont traduites par une large victoire de l’UDP, qui remporte 7 sièges (de maires ou de chefs de région) sur 8, tandis que le candidat du GDC emporte la région administrative de Kuntaur.
La force de la CEDEAO, la MICEGA, déploie toujours 500 hommes en Gambie, à la demande du gouvernement.

Relations économiques

Les relations commerciales entre la Gambie et la France demeurent modestes. La France est le 15e fournisseur du pays et son 15e client. Les importations françaises sont constituées exclusivement de produits agroalimentaires (arachide et produits dérivés), tandis que les exportations concernent principalement des biens d’équipement et des biens intermédiaires.

En 2016, nos exportations s’élevaient à 8M€. Nos importations représentaient 5 M€, concernant en quasi-totalité les huiles alimentaires.

Les entreprises françaises sont peu présentes en Gambie. Total dispose d’un réseau de stations-services. Castel a repris en 2009 une unité de production de bière et de boissons non alcoolisées. CFAO conserve une concession automobile. CMA CGM et AGS sont présents dans les transports et la logistique, Eiffage dans les travaux publics, Bolloré dans la logistique. Le secteur électrique notamment les ENR (solaire, éolien) et le traitement de l’eau pourraient représenter de nombreuses opportunités. Une délégation d’entrepreneurs basés à Dakar s’est rendue à Banjul les 15 et 16 mai 2017.

Lors du comité interministériel de la coopération internationale et du développement (CICID) du 8 février 2018, présidé par le Premier Ministre, la Gambie a été ajoutée à la liste des 19 pays prioritaires de l’aide au développement française. L’AFD soutient déjà l’Organisation de mise en valeur du fleuve Gambie (OMVG), et peut intervenir en Gambie en prêt non souverain via sa filiale PROPARCO. L’ajout de la Gambie sur la liste des pays prioritaires lui ouvre de nouvelles perspectives d’intervention sous forme de subvention projet.

Coopération culturelle, scientifique et technique

La coopération culturelle franco-gambienne a pour objectif principal de promouvoir le bilinguisme en Gambie dans une perspective d’intégration régionale. En effet, si la langue officielle de la Gambie est l’anglais, le français y tient une place importante compte tenu de la situation géopolitique de ce pays. Le bilinguisme anglais-français étant perçu comme facteur de développement économique, les autorités gambiennes en ont fait un objectif de leur politique d’éducation.

L’école française de Banjul compte une centaine d’élèves dont une vingtaine de Français. Seul « centre culturel » étranger en Gambie, l’Alliance Française de Banjul constitue le pilier de notre action culturelle dans le pays. Fondée en 1949, elle dispose d’une bibliothèque de plus de 3000 ouvrages, d’une médiathèque et d’un centre de ressources pédagogiques mis gratuitement à la disposition des enseignants de français. La coopération linguistique et éducative pourrait reprendre à partir de cette année, notamment dans le domaine de la formation au français.

Afin d’accompagner les réformes en cours en Gambie, un séminaire portant sur la « justice transitionnelle » a été organisé en octobre 2017.Des rencontres culturelles sur ce thème ont été organisées en avril 2018.

Coopération sécurité et défense

La France, depuis 2012, n’avait plus de coopération de sécurité et de défense avec la Gambie. Pour tenir compte du dénouement positif de la crise électorale, elle s’est mise en mesure, dès 2017, d’initier de nouvelles actions, notamment en matière de formation de militaires gambiens. Plusieurs projets ont été lancés : appui à la réforme du secteur de la sécurité (un expert français, conseiller auprès du Ministre de l’intérieur, a été nommé en novembre 2017), consolidation de l’Etat de droit, formation linguistique.

Mise à jour : 03.07.18

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