Présentation de l’Ethiopie

Données générales

Présentation du pays

Nom officiel : République fédérale démocratique d’Ethiopie
Nature du régime : République fédérale
Chef de l’Etat (poste honorifique) : M. Mulatu Teshome Wirtu (depuis le 7 octobre 2013)

Données géographiques

Superficie : 1 104 300 km²
Capitale : Addis Abeba
Villes principales : Addis Abeba, Debre Zeit, Nazareth, Baher Dar, Dire Dawa, Mekele
Langue(s) officielle(s) : amharique, anglais, arabe, oromo (langue régionale officielle), tigrinya (langue régionale officielle)
Langue(s) courante(s) : amharique, anglais, arabe, oromo, tigrinya, somali, gurage, sidamo, hadiyya
Monnaie : le birr éthiopien ; 1€ = 32,6 ETB (janvier 2018)
Fête nationale : 28 mai (chute du régime du Derg en 1991)

Données démographiques

Population : 102 millions (2016)
Densité : 104 habitants/km² (2016)
Croissance démographique : 2,5% (2016)
Espérance de vie : 65 ans (2016)
Taux d’alphabétisation : 49,1% (2015)
Indice de développement humain : 0,442 – 174ème sur 187 (2015)
Religions : Orthodoxes 43,5% ; Musulmans 33,9% ; Protestants 18,6% ; Animistes 2,6%, Catholiques 0,7% ; autres 0,7%
Nombre de réfugiés présents sur le territoire éthiopien : 787 000 (2016)

Données économiques

PIB : 72,5 Mds$ (2016)
PIB par habitant : 795 $ (2016)
Taux de croissance : 7,5% (2016)
Taux d’inflation : 9,5% (2016)
Taux de chômage (au sens du BIT) : n.d.
Déficit public : 3,3% du PIB (2016)
Dette publique : 55% du PIB (2016)

Part des principaux secteurs d’activités dans le PIB (2016) :

  • Agriculture : 39%
  • Industrie : 15%
  • Services : 47%

Exportations de la France vers l’Ethiopie : 430,9 MEUR (2016) / 625,1 MEUR (1er semestre 2017)
Importations françaises depuis l’Ethiopie : 44,9 MEUR (2016)

Lien : http://www.tresor.economie.gouv.fr/pays/ethiopie

Composition du gouvernement

  • Premier ministre : M. Abiy Ali AHMED (chef de l’exécutif) -
  • Vice-Premier ministre et coordonnateur du secteur social : M. Demeke MEKONNEN
  • Ministre de la Défense : M. Mottuma MEKASSA
  • Ministre des Affaires étrangères : M. Workeneh GEBEYEHU
  • Ministre des Affaires fédérales et du développement des régions pastorales : M. Kebede CHANE
  • Ministre de la Justice : M. Berhanu TSEGAYE
  • Ministre des Finances et de la coopération économique : M. Abraham TEKESTE
  • Ministre de la communication et de la technologie de l’information : M. Ubba MOHAMED
  • Ministre de l’Agriculture et de l’élevage : M. Shiferaw SHIGUTE
  • Ministre de l’Industrie :Dr. Ambachew MEKONNEN
  • Ministre du Commerce : M. Melaku ALEBEL
  • Ministre des Sciences et des Technologies : M. (Dr) (Ing) Getahun MEKOURIA
  • Ministre des Transports : M. Sirag FERGESA
  • Ministre du développement urbain et de l’habitat : M. Jantrar ABAY
  • Ministre de la construction : Mme (Ing) Aïcha MOHAMED
  • Ministre de l’Eau, de l’irrigation et de l’électricité : M. (Dr) (Ing) Selechi BEKELE
  • Ministre de l’Education : M. (Dr) Tilaye GETE
  • Ministre des Mines, du pétrole et du gaz naturel : M. Melese ALEMU
  • Ministre de la Santé : M. Amir AMAN
  • Ministre du Travail et des Affaires sociales : Dr. Hirut WOLDEMARIAM
  • Ministre de la Culture et du Tourisme : Mme Fozia AMIN
  • Ministre des Femmes et de l’Enfance : Mme Yalem TSEGAYE
  • Ministre de l’Environnement, du développement des forêts et du changement climatique : M. (Dr) Gemedo DALLE
  • Ministre de la Jeunesse et des sports : M. Erestu YIRDAW
  • Ministre de la fonction publique et du développement des ressources humaines : M. Tagesse CHAFFO
  • Ministre des Entreprises publiques : M. (Dr) Teshome TOGA
  • Ministre, Chef du bureau des affaires de communication du gouvernement (porte-parole) : M. (Dr) Negeri LENCHO
  • Ministre, Directeur général des impôts et des douanes : M. Umer HUSSEN
  • Ministre, Représentant du gouvernement auprès du parlement : M. Ahmed SHEDE Asmelach
  • Ministre, Commissaire au Plan national : M. Yinager DESSE

Présence française

Ambassade de France : Addis Abeba
Consulat de France : Section consulaire de l’Ambassade
Communauté française en Ethiopie : 1025 Français inscrits au registre des Français établis hors de France (janvier 2018)
Communauté éthiopienne en France : n.d.

Éléments d’actualité

Politique intérieure

En 1991, le Front Démocratique et Révolutionnaire du peuple Ethiopien (EPRDF), qui regroupe divers mouvements d’opposition armée, notamment le Front de Libération du peuple du Tigré (FLPT), dirigé par Meles Zenawi et allié à la rébellion indépendantiste du Front populaire de Libération de l’Erythrée (FPLE dirigé par Issayas Afeworki, actuel Président érythréen), met fin à la dictature marxiste du colonel Mengistu (régime du Derg). Meles Zenawi devient Président du gouvernement de transition, puis Premier ministre de l’Ethiopie en août 1995.

Après le décès de Meles Zenawi, Hailemariam Desalegn, ancien Vice-premier ministre et Ministre des Affaires étrangères, est nommé Premier ministre en septembre 2012. Les dernières élections générales (mai 2015) ont abouti à une nouvelle victoire sans partage de l’EPRDF, qui remporte l’intégralité des sièges au Parlement.

Le pays reste traversé par des tensions sociales et ethniques  : persistance de dissensions irrédentistes (ONLF dans l’Ogaden ; OLF en région Oromia ; ARDUF en région Afar) ; mécontentement des agriculteurs confrontés à des expropriations de terrains que le gouvernement éthiopien concède à des investisseurs étrangers ; tensions sporadiques avec la communauté musulmane ; manque d’ouverture de l’espace politique et arrestations d’opposants politiques ; ressentiment croissant des Oromos et des Amharas contre la mainmise sur le pouvoir de la minorité tigréenne.

L’Ethiopie est secouée, depuis 2015, par des mouvements de grogne sociale de grande ampleur. Ces mouvements ont initialement pris corps dans la région oromo, en réaction à un projet d’agrandissement de la capitale Addis Abeba, qui avait provoqué de nombreuses expropriations d’agriculteurs oromos. La contestation s’est par la suite propagée à la région amhara, dont la population se sent marginalisée alors que les Amharas ont historiquement dominé l’Ethiopie. L’état d’urgence, décrété entre octobre 2016 et août 2017, a permis au gouvernement de reprendre très largement le contrôle de la situation sécuritaire.

En parallèle, ont été annoncées des mesures d’ouverture (réforme de la loi électorale en vue d’y insérer une dose de proportionnelle, promesses d’ouverture de l’espace politique, investissements pour l’emploi, etc.). Dans un second temps, à partir de l’été 2017, des affrontements entre communautés oromo et somalie se sont multipliés pour des questions d’accès à la terre et aux points d’eau. Ces violences ont fait des centaines de morts et près de 700 000 déplacés.

Le gouvernement a pris des mesures d’apaisement depuis le début de l’année 2018, en procédant à la libération de plusieurs centaines de personnes, dont les principaux opposants politiques (notamment le président du parti d’opposition Oromo Federalist Congress (OFC), Merera Gudina, et son vice-président, Bekele Gerba).

Le 15 février 2018, le Premier ministre éthiopien, Hailemariam Desalegn a annoncé sa démission. Il expédie les affaires courantes dans l’attente de la désignation de son successeur par la coalition au pouvoir. Le lendemain, un nouvel état d’urgence de six mois a été décrété, provoquant de vives réactions de la part des partis d’opposition. Il a été approuvé par le Parlement éthiopien le 2 mars 2018. Plusieurs arrestations de manifestants mais également de militants politiques et de journalistes ont lieu. Dans le même temps, au sud du pays, des combats ont opposé l’armée éthiopienne et des unités de l’OLF et à l’est, les forces régionales somalies et l’ONLF.

Le 27 mars 2018, Abiye Ali Ahmed, président de l’Oromo Peoples’ Democratic Organization (OPDO), parti oromo au sein de l’EPRDF, est élu à une large majorité à la tête du conseil de la coalition. Son élection en tant que premier ministre est confirmée par une approbation à la Chambre des représentants le 2 avril 2018. Cette élection marque un tournant dans l’histoire moderne de l’Ethiopie puisque c’est la première fois qu’un Oromo accède à primature.

Situation économique

Bien qu’elle soit descendue en dessous des 8% en 2016, l’Ethiopie connait depuis une dizaine d’année une croissance de l’ordre de 10% par an. Le PIB par habitant a doublé en 10 ans, contribuant à un recul significatif de la pauvreté. L’objectif du pays est de rejoindre le groupe des pays à revenu intermédiaire d’ici 2025.

Le modèle de développement et de croissance de l’Ethiopie repose essentiellement sur la demande intérieure et plus particulièrement l’investissement public (23% du PIB) notamment dans les infrastructures (barrage géant dit de la Renaissance sur le Nil bleu, ligne ferroviaire Addis-Abeba – Djibouti) et les parcs industriels.

La croissance éthiopienne s’est accompagnée de réels efforts en termes de développement humain et social  : 70% de ses dépenses consacrés à des programmes sociaux et de réduction de la pauvreté (- 15 points en 10 ans) ; augmentation de l’espérance de vie (+ 10 ans sur la dernière décennie), réduction des inégalités.

L’économie éthiopienne doit néanmoins faire face à des faiblesses conjoncturelles (sécheresse, chute des cours du café et baisse de la croissance chinoise) mais surtout structurelles :

  • la pauvreté. Avec 795 $ par habitant en 2016, le revenu par habitant éthiopien reste l’un des plus faibles du monde ;
  • un secteur privé en revanche peu développé et peu diversifié (rigidités institutionnelles, manque de financement, environnement des affaires encore insuffisant -146e en 2016 au classement Doing Business de la Banque mondiale) ;
  • des ressources domestiques encore faibles (les recettes publiques et fiscales représentent 15% et 12,7% du PIB) ;
  • une situation extérieure fragile (détérioration du déficit courant, surévaluation de la monnaie nationale ; politique monétaire peu flexible ; réserves internationales faibles ; besoins de financements extérieurs importants). La tendance à la hausse des ratios d’endettement (dette publique de 55% du PIB) a conduit le FMI à dégrader le risque sur la soutenabilité de la dette éthiopienne de « faible » à « modéré » le 21 septembre 2015 puis de modéré à « élevé » en janvier 2018.

La dévaluation du birr décidée en 2017 et le développement d’une dizaine de parcs industriels disséminées dans le pays, ont un double objectif : réduire le taux d’inactivité des jeunes éthiopiens et permettre un redressement de la balance commerciale par une relance des exportations.

Aide publique au développement

Avec un indice de développement humain de 0,442 la classant au 174e rang sur 187 et un revenu national brut par habitant de 795$ (2016), l’Éthiopie appartient à la catégorie des pays les moins avancés (PMA). Le pays est l’un des principaux pays d’Afrique subsaharienne bénéficiaires d’aide publique au développement (APD).
Les principaux bailleurs de l’Ethiopie en 2014 sont la Banque mondiale (905 M$ en 2016) les États-Unis (770M$ en 2016), le Royaume-Uni (400M£ pour 2016-17), la Banque africaine de développement (850 M$ pour 2016-2020). La France est le 8e bailleur bilatéral.
Avec un montant de 745 M€, l’Ethiopie est le premier pays bénéficiaire du 11ème FED (2014-2020).

Politique étrangère

L’Ethiopie est un acteur reconnu sur la scène internationale au niveau bilatéral (visite du Président Obama ; mise en place d’un dialogue politique renforcé avec l’UE ; poursuite d’un partenariat étroit avec la Chine) et multilatéral (premier pays contributeur de troupes aux opérations de maintien de la paix des Nations unies) ; réélection quasi-unanime au Conseil des droits de l’Homme, membre non-permanent du Conseil de sécurité pour 2017-2018). Elle est un acteur-clé pour la stabilisation de la Corne de l’Afrique. Elle est l’un des premiers pays d’accueil de réfugiés en Afrique sub-saharienne (+/-900 000 réfugiés principalement venus du Soudan du Sud, de Somalie et d’Erythrée).

Erythrée

Le désaccord sur le tracé de la frontière entre Addis-Abeba et Asmara, suite à l’indépendance de l’Erythrée en 1993, a généré entre les deux pays un conflit meurtrier ayant fait près de 80 000 victimes de mai 1998 à juin 2000.
Malgré les accords de paix d’Alger (décembre 2000) et la décision de la commission arbitrale neutre sur la frontière Ethiopie–Erythrée (2002), le processus de normalisation des relations entre les deux pays reste dans l’impasse et les relations inexistantes  : frontières fermées ; relations diplomatiques rompues ; aucune relation économique. Les regains de tension entre les deux pays sont ponctuels mais réguliers.

Somalie

Après avoir chassé les milices des Tribunaux islamiques en décembre 2006, l’Ethiopie a retiré ses troupes en janvier 2009. Par la suite, en novembre 2011, l’armée éthiopienne s’est à nouveau déployée en Somalie. Depuis janvier 2014, la majorité des troupes éthiopiennes en Somalie sont intégrées à la force d’intervention de l’Union africaine en Somalie (AMISOM).

Soudan et Soudan du Sud

Voisine du Soudan avec lequel elle entretient des échanges économiques importants, l’Ethiopie suit avec attention la situation intérieure soudanaise et plaide pour une solution politique aux conflits du Darfour et des deux régions (Nil Bleu et Sud-Kordofan).
L’Ethiopie mobilise, depuis 2008, près de 2 565 casques bleus au Darfour dans le cadre de la Mission des Nations unies et de l’Union Africaine au Darfour (MINUAD) et 4500 autres à Abyei, à la frontière entre le Soudan et le Soudan du Sud, dans le cadre de la Force Intérimaire de sécurité des Nations Unies pour Abyei (FISNUA).
Au Soudan du Sud, l’Ethiopie s’investit dans la résolution de la crise pour éviter un conflit régional : elle s’est engagée dans la médiation conduite par l’IGAD à Addis Abeba et a déployé 1 300 casques bleus au Soudan du Sud dans le cadre de la Mission des Nations unies pour le Soudan du Sud (MINUSS).

Egypte

Dans le cadre de sa politique de développement, l’Ethiopie a lancé la construction d’une quinzaine de barrages hydroélectriques, dont celui de la Renaissance sur le Nil Bleu. La question des eaux du Nil étant un enjeu majeur pour Le Caire, les projets éthiopiens sont ponctuellement sources de crispations politiques entre les deux pays. L’Ethiopie, l’Egypte et le Soudan ont signé un accord de principes sur la gestion des eaux du Nil en mars 2015 mais depuis mai 2017, les discussions concernant le barrage de la Renaissance sont bloquées.

Intégration régionale

Elle est membre de l’IGAD, dont elle exerce la présidence depuis 2008, ainsi que du COMESA (Marché commun d’Afrique orientale et australe).

Mise à jour : 20.04.18

Informations complémentaires

PLAN DU SITE