Présentation de l’Éthiopie

Données générales

Présentation du pays

ÉTHIOPIE {JPEG}

Nom officiel : République fédérale démocratique d’Éthiopie
Nature du régime : République fédérale
Chef de l’État (poste honorifique) : Mme Sahle-Work Zewde (depuis le 25 octobre 2018)
Premier ministre (chef de l’exécutif) : M. Abiy Ahmed Ali (depuis le 2 avril 2018)

Données géographiques

Superficie : 1 104 300 km²
Capitale : Addis Abeba
Villes principales : Addis Abeba, Debre Zeit, Nazareth, Baher Dar, Dire Dawa, Mekele
Langue(s) officielle(s) : amharique, anglais, arabe, oromo (langue régionale officielle), tigrinya (langue régionale officielle)
Langue(s) courante(s) : amharique, oromo, tigrinya, somali, gurage, sidamo, hadiyya, anglais, arabe
Monnaie : le birr éthiopien ; 1 € = 32 ETB (juillet 2019)
Fête nationale : 28 mai (chute du régime du Derg en 1991)

Données démographiques

Population : 105 millions (2017)
Densité : 105 habitants/km² (2017)
Croissance démographique : 2,5 % (2017)
Espérance de vie : 65 ans (2017)
Taux d’alphabétisation : 54 % (2017)
Indice de développement humain : 0,463 – 211 sur 228 (2017)
Religions : orthodoxes 43,5 % ; musulmans 33,9 % ; protestants 18,6 % ; animistes 2,6 %, catholiques 0,7 % ; autres 0,7 %
Nombre de réfugiés présents sur le territoire éthiopien : 655 105 (2019)

Données économiques

(source Banque mondiale)
PIB : 84,3 Mds $ (2018)
PIB par habitant : 768 $ (2017)
Taux de croissance : 6,8 % (2018)
Taux d’inflation : 6,3 % (2017)
Taux de chômage (au sens du BIT) : 5,2 %
Déficit public : 3,3 % du PIB (2016)
Dette publique : 55 % du PIB (2016)

Part des principaux secteurs d’activités dans le PIB (2017) :

  • Agriculture : 34 %
  • Industrie : 22,9 %
  • Services : 43,1 %

Exportations de la France vers l’Éthiopie : 832,1 M € (2017) / 615 M € (2018)
Importations françaises depuis l’Éthiopie : 40,5 M € (2017) / 38,5 M € (2018)

Consulter la fiche pays économique sur le site du Trésor

Présence française

Ambassade de France : Addis Abeba
Consulat de France : Section consulaire de l’Ambassade
Site internet de l’ambassade de France : https://et.ambafrance.org/
Communauté française en Éthiopie : 1 033 Français inscrits au registre des Français établis hors de France (juin 2018)
Communauté éthiopienne en France : environ 3 000 personnes

Éléments d’actualité

Politique intérieure

Le 27 mars 2018, Abiy Ahmed a été élu à une large majorité à la tête de la coalition au pouvoir, le Front démocratique révolutionnaire des peuples éthiopiens (EPRDF). Cette élection marque un tournant dans l’histoire moderne de l’Éthiopie puisque c’est la première fois qu’un Oromo accède à la primature. Rapidement, le Premier ministre a fait libérer des milliers de manifestants et d’opposants politiques, a rétabli plusieurs libertés fondamentales, et a appelé à un retour des groupes d’opposition en Éthiopie. Le Parlement a ainsi voté le retrait de tous les groupes armés d’opposition de la liste des organisations terroristes (Oromo Liberation Front, Gimbot 7, Afar Liberation Front, etc.).

Abiy Ahmed a également procédé à un renouvellement profond des élites politiques et militaires, au détriment de la minorité tigréenne, au cœur du pouvoir depuis 1991.

Par ailleurs, après avoir permis la nomination d’un gouvernement paritaire, le Premier ministre a poussé à la nomination de Sahle-Work Zewde à la présidence de la République (poste honorifique). Deux femmes ont également été nommées à la tête de la Cour suprême et de la Commission électorale, renforçant davantage cette dynamique paritaire.

Néanmoins, une série d’assassinats ciblés en région Amhara et à Addis Abeba, le 22 juin 2019, a mis en lumière la montée du nationalisme ethnique, qui constitue l’une de principales fragilités de l’Éthiopie. Lors de ces attentats, deux soutiens de poids au Premier ministre sont décédés : le président de la région Amhara, Ambachew Mekonnen, ainsi que le chef d’état-major de l’armée, Seare Mekonnen. Les prochaines élections générales qui se tiendront en 2020 constitueront une échéance majeure pour l’avenir du pays.

Situation économique

La croissance éthiopienne connait depuis une dizaine d’année une augmentation de l’ordre de 10 % par an. Le PIB par habitant a doublé en 10 ans, contribuant à un recul significatif de la pauvreté. L’objectif du pays est de rejoindre le groupe des pays à revenu intermédiaire d’ici 2025.

Le modèle de développement et de croissance de l’Éthiopie repose essentiellement sur la demande intérieure et plus particulièrement sur l’investissement public (23 % du PIB) notamment dans les infrastructures (barrage géant dit de la Renaissance sur le Nil bleu, ligne ferroviaire Addis-Abeba – Djibouti) et les parcs industriels.

La croissance éthiopienne s’est accompagnée de réels efforts en termes de développement humain et social : 70 % de ses dépenses consacrés à des programmes sociaux et de réduction de la pauvreté (- 15 points en 10 ans) ; augmentation de l’espérance de vie (+ 10 ans sur la dernière décennie), réduction des inégalités.

L’économie éthiopienne doit néanmoins faire face à des faiblesses conjoncturelles (sécheresse, chute des cours du café et baisse de la croissance chinoise) mais surtout structurelles :

  • la pauvreté. Avec 768 $ par habitant en 2017, le revenu par habitant éthiopien reste l’un des plus faibles du monde ;
  • un secteur privé en revanche peu développé et peu diversifié (rigidités institutionnelles, manque de financement, environnement des affaires encore insuffisant – 159e en 2018 au classement Doing Business de la Banque mondiale) ;
  • des ressources domestiques encore faibles (les recettes publiques et fiscales représentent 15 % et 12,7 % du PIB) ;
  • une situation extérieure fragile (détérioration du déficit courant, surévaluation de la monnaie nationale ; politique monétaire peu flexible ; réserves internationales faibles ; besoins de financements extérieurs importants). La tendance à la hausse des ratios d’endettement (dette publique de 55 % du PIB) a conduit le FMI à dégrader le risque sur la soutenabilité de la dette éthiopienne de « faible » à « modéré » le 21 septembre 2015 puis de modéré à « élevé » en janvier 2018.

Le Premier ministre Abiy Ahmed a annoncé début juin 2018 une évolution du modèle économique éthiopien qui reposait sur un rôle important de l’État dans l’économie. Elle passe par la volonté de développer le secteur privé et d’engager des privatisations partielles (Ethiopian Airlines et Ethio Telecom et Ethiopian Electric Power notamment).

Ce programme de réformes est soutenu par la Banque mondiale qui prévoit une aide budgétaire exceptionnelle de 3 milliards USD pour le triennium 2018-2020.

Aide publique au développement

Avec un indice de développement humain de 0,463 la classant au 211e rang sur 228 et un revenu national brut par habitant de 768 $ (2017), l’Éthiopie appartient à la catégorie des pays les moins avancés (PMA). Le pays est l’un des principaux pays d’Afrique subsaharienne bénéficiaires de l’aide publique au développement (APD).
Les principaux bailleurs de l’Éthiopie sont la Banque mondiale (905 M$ en 2016), les États-Unis (770 M $ en 2016), le Royaume-Uni (400 M £ pour 2016-17), la Banque africaine de développement (850 M $ pour 2016-2020). La France est le 8e bailleur bilatéral.

Avec un montant de 745 M€, l’Éthiopie est le premier pays bénéficiaire du 11e Fonds européen de développement (2014-2020).

Politique étrangère

L’Éthiopie est un acteur reconnu sur la scène internationale au niveau bilatéral (visite du président Obama en 2015 ; mise en place d’un dialogue politique renforcé avec l’UE ; poursuite d’un partenariat étroit avec la Chine) et multilatéral (premier pays contributeur de troupes aux opérations de maintien de la paix des Nations unies – 7 500 casques bleus) ; réélection quasi-unanime au Conseil des droits de l’homme, membre non-permanent du Conseil de sécurité en 2017-2018). Elle est un acteur-clé pour la stabilisation de la Corne de l’Afrique. Elle est l’un des premiers pays d’accueil de réfugiés en Afrique subsaharienne (+/- 900 000 réfugiés principalement venus du Soudan du Sud, de Somalie et d’Érythrée).

Érythrée

Le désaccord sur le tracé de la frontière entre Addis-Abeba et Asmara, suite à l’indépendance de l’Érythrée en 1993, a généré entre les deux pays un conflit meurtrier ayant fait près de 80 000 victimes de mai 1998 à juin 2000.

Rapidement après son accession au pouvoir, Abiy Ahmed s’est engagé à appliquer pleinement 1/ l’accord d’Alger de 2000, qui a mis fin au conflit armée entre les deux pays, et 2/ la décision de la commission frontalière éthio-érythréenne de 2002 qui octroie notamment la localité de Badmé à l’Érythrée. Le 8 juillet 2018, le Premier ministre s’est rendu à Asmara, mettant fin à plus de 18 ans de conflit larvé avec son voisin érythréen. Dans les jours qui ont suivi, les relations diplomatiques ont été rétablies, tout comme les liaisons téléphoniques et aériennes (le premier vol Addis-Abeba – Asmara a eu lieu le 18 juillet). En retour, le président érythréen Issayas Afeworki s’est déplacé en Éthiopie du 14 au 16 juillet. Il y a inauguré la réouverture de l’ambassade érythréenne. Le 16 septembre 2018, à l’invitation du roi d’Arabie Saoudite, le Premier ministre éthiopien et le président érythréen se sont rendus à Djeddah où ils ont signé un accord de paix formel. L’Éthiopie a par ailleurs favorisé la levée des sanctions contre l’Érythrée le 14 novembre 2018. Dans le même temps, à la faveur d’une ouverture épisodique de la frontière éthio-erythréenne, 50 000 Érythréens (majoritairement des femmes et des enfants) ont franchi la frontière entre septembre 2018 et avril 2019. Néanmoins, la question de la situation administrative de Badmé n’a pas encore été résolue, et ce malgré un récent déplacement d’Abiy Ahmed en Érythrée les 18 et 19 juillet.

Somalie

Après avoir chassé les milices des Tribunaux islamiques en décembre 2006, l’Éthiopie a retiré ses troupes en janvier 2009. Par la suite, en novembre 2011, l’armée éthiopienne s’est à nouveau déployée en Somalie. Puis, en janvier 2014, la majorité des troupes éthiopiennes en Somalie ont été intégrées à la force d’intervention de l’Union africaine en Somalie (AMISOM).

Après avoir soutenu la création des États régionaux somaliens, l’Éthiopie se tourne actuellement vers le gouvernement fédéral du président Farmajo afin de renforcer le processus de fédéralisation.

Soudan et Soudan du Sud

Voisine du Soudan avec lequel elle entretient des échanges économiques importants, l’Éthiopie suit avec attention la situation intérieure soudanaise et plaide pour une solution politique aux conflits du Darfour et des deux régions (Nil Bleu et Sud-Kordofan).

En 2019, l’Éthiopie mobilise 915 casques bleus au Darfour dans le cadre de la Mission des Nations unies et de l’Union africaine au Darfour (MINUAD) et 4407 autres à Abyei, à la frontière entre le Soudan et le Soudan du Sud, dans le cadre de la Force intérimaire de sécurité des Nations unies pour Abyei (FISNUA).

Depuis la destitution d’Omar el Béchir en avril 2019, le Premier ministre éthiopien s’est personnellement engagé en appui à la médiation de l’Union africaine afin d’apporter sa contribution à la mise en place des instances de la transition. Abiy Ahmed était ainsi présent lors de la cérémonie de signature du Document constitutionnel le 17 août dernier et a été longuement applaudi par les manifestants présents sur place.

L’Éthiopie s’est par ailleurs longtemps investie, à travers l’Autorité intergouvernementale pour le développement (IGAD), dans la recherche d’un compromis politique entre le gouvernement de Salva Kiir et les forces d’opposition de Riek Machar, avant de céder la main à Omar el Béchir et Yoweri Museveni qui ont permis la signature de l’accord de paix revitalisé (R-ARCSS) en septembre 2018. Cet investissement éthiopien connaît des succès limités comme en témoigne l’annulation, début août, du déplacement du président sud-soudanais Salva Kiir à Addis, ce dernier craignant qu’Abiy Ahmed n’organise une rencontre de dernière minute avec Riek Machar. L’Éthiopie déploit 2176 Casques bleus au Soudan du Sud, dans le cadre de la Mission des Nations unies pour le Soudan du Sud (MINUSS).

Égypte

Dans le cadre de sa politique de développement, l’Éthiopie a lancé la construction d’une quinzaine de barrages hydroélectriques, dont celui de la Renaissance sur le Nil Bleu (Grand Ethiopian Renaissance Dam – GERD). La question des eaux du Nil étant un enjeu majeur pour Le Caire, les projets éthiopiens sont ponctuellement sources de crispations politiques entre les deux pays. L’Éthiopie, l’Égypte et le Soudan ont signé un accord de principe sur la gestion des eaux du Nil en mars 2015 mais depuis mai 2017, les discussions concernant le barrage de la Renaissance sont difficiles. La période de transition au Soudan a mis entre parenthèses le cycle des réunions tripartites entre les trois pays, qui pourrait néanmoins reprendre le 15 septembre prochain au Caire. La durée du remplissage du bassin et l’articulation avec le barrage d’Assouan en Égypte seront au centre des discussions.

Kénya

Malgré une visite du Premier ministre éthiopien au Kénya, en mai 2018, et des projets de relance du commerce bilatéral, les relations entre les deux pays restent compliquées, notamment du fait de leurs divergences d’appréciation sur le dossier somalien. L’Éthiopie se positionne en appui au Président somalien et à l’État fédéral alors que le Kénya est engagé dans un bras de fer avec Mogadiscio (notamment du fait de leur conflit maritime) et soutient les États fédérés, au premier rang desquels, le Jubaland, dont le président, Ahmed Madobe, a été réélu en aout 2019.

Intégration régionale

L’Éthiopie accueille le siège de l’Union africaine depuis la création de cette organisation panafricaine. Elle est également membre de l’IGAD, dont elle exerce la présidence depuis 2008. Depuis 2018, l’Éthiopie a fait part de sa volonté de laisser la tête de l’organisation à un autre pays. Le Kénya pourrait saisir l’opportunité pour prendre le relais et jouer ainsi un rôle plus significatif sur la scène régionale.

L’Éthiopie est également membre du COMESA (Marché commun d’Afrique orientale et australe).

Mise à jour : 03.09.19

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