Présentation

Données générales

Présentation du pays

Nom officiel : Royaume d’Espagne
Nature du régime : Monarchie parlementaire constitutionnelle
Chef de l’Etat : Felipe VI, Roi d’Espagne
Chef du Gouvernement : Mariano Rajoy (Parti populaire)

Données géographiques

Superficie : 504.782 km²
Capitale : Madrid (3,2 millions habitants)
Villes principales : Madrid, Barcelone, Valence, Séville, Bilbao
Langue officielle : espagnol. Langues co-officielles à territorialité limitée (la Constitution précise que dans les régions qui le souhaitent, une « langue officielle régionale » peut être reconnue) : basque, catalan, galicien, valencien.
Monnaie : Euro
Fête nationale : 12 octobre (découverte de l’Amérique)

Données démographiques

Population (2016) : 46,52 millions hab
Densité : 92,47 hab./km2
Croissance démographique (2016) : + 0,1% de variation annuelle
Espérance de vie (2016) : 80,1 pour les hommes et 85,5, pour les femmes
Taux d’alphabétisation (2016) : 98,25%
Religion (s) : catholique (80%), athées ou agnostiques (17%), autres religions 3% (musulmans : 1.000.000 fidèles, protestants : 150.000 fidèles et juifs 15.000 fidèles). La constitution proclame le principe de neutralité de l’Etat vis-à-vis de la religion
Indice de développement humain : 27ème (2016)

Données économiques
(chiffres Commission européenne)

PIB 2016 : 1113,8 Mds d’euros
PIB par habitant (2016) : 24 000 €

Croissance (2016) : 3,2%
Chômage (2016) : 19,6%
Inflation (2016) : -0,3 %
Déficit public (2016) : - 4,7% du PIB (Dette publique (2016) : 99,7 % du PIB Balance commerciale (2015) : - 25 Mds d’euros
Principaux clients (2015) : France (15,5%), Allemagne (10,8 %), Italie (7,5%), Royaume-Uni (7,3%), Portugal (7,2%)
Principaux fournisseurs (2015) : Allemagne (13,1 %), France (10,8 %), Chine (8,6%), Italie (6,3%), Etats-Unis 4,7%
Part des principaux secteurs d’activités dans le PIB (2015) :

  • agriculture : 2,7%
  • industrie : 26,1 %
  • services : 72,8%

Exportations françaises vers l’Espagne (2015) : 32,5milliards
Importations françaises depuis l’Espagne (2015) : 31,6milliards d’euros
Solde commercial français 2015 : retour à l’excédent : 915M€ (contre un déficit de -1,8 Md€ en 2013, et alors qu’il était excédentaire à +6,4 Mrd € en 2007).

Présence française

Consulats généraux de France : Madrid, Barcelone, Bilbao et Séville
Communauté française : près de 92 000 inscrits aux registres des Français de l’étranger, dont 41 000 à Madrid et 35 700 à Barcelone (estimation des non-inscrits : environ 60 000).
Communauté espagnole en France : 190.000 personnes

Eléments d’actualité

Politique intérieure

Aucune coalition de gouvernement n’ayant pu être constituée sur la base des élections générales du 20 décembre 2015 (équivalent de nos législatives), de nouvelles élections se sont tenues le 26 juin 2016. Le Parti populaire (PP) de Mariano Rajoy est arrivé en tête, avec 33% des voix (+4,3% par rapport à décembre 2015) et 137 sièges (+ 14). Le Parti socialiste (PSOE) est arrivé second avec 22,6% des voix, soit 85 sièges. Podemos-Unidos a obtenu 21,2% des voix et 71 sièges. Ciudadanos a recueilli 13% des voix et 32 sièges.

Le Congrès des députés a tenu sa session constitutive le 19 juillet, élisant à sa tête la députée du Parti populaire Ana Pastor. Après des consultations avec l’ensemble des formations politiques comme le veut la constitution, le roi Felipe VI a proposé au Président en fonctions Mariano Rajoy d’être le candidat à l’investiture pour la présidence du gouvernement. M. Rajoy a échoué une première fois à obtenir l’investiture du Parlement le 26 juillet, face au refus ferme que lui a opposé le secrétaire général du PSOE, Pedro Sanchez.
Le 29 octobre 2016, la seconde tentative d’investiture de M. Rajoy a abouti, après la mise en minorité et la démission du secrétaire général du PSOE le 2 octobre et la décision du comité fédéral socialiste de s’abstenir pour « débloquer la situation institutionnelle exceptionnelle subie par le pays ». Après dix mois de blocage politique, Mariano Rajoy a donc prêté serment sur la Constitution espagnole pour un second mandat en présence du Roi le 31 octobre et annoncé la composition du nouveau gouvernement le 3 novembre.

Des élections régionales anticipées se sont par ailleurs tenues en Catalogne le 27 septembre 2015. Ce scrutin revêtait une importance particulière dans la mesure où les indépendantistes prétendaient en faire un « referendum » pour l’indépendance, un an après le processus de « consultation populaire » (9 novembre 2014). Le camp indépendantiste (la liste d’Artur Mas, « Junts pel Si », et la CUP, « Candidad de Unidad Popular »), avec un score de 47,8 %, n’a pas obtenu la majorité des voix, mais la majorité des sièges. Le 26 octobre, le Parlement régional a désigné sa nouvelle présidente : il s’agit de Carme Forcadell, ancienne présidente de l’association indépendantiste ‘Assemblée Nationale Catalane’ et membre de la liste d’Artur Mas.
Les indépendantistes ont ensuite trouvé un accord, le 10 janvier 2016, pour se doter d’un exécutif. Le nouveau président de la « généralité » est Carles Puigdemont. Membre de la liste « Junts pel Si » et ancien maire de Gérone, Carles Puigdemont a annoncé la tenue d’un référendum sur l’indépendance de la Catalogne.L’ex-président de la Generalitat Artur Mas a pour sa part été condamné à deux ans d’inéligibilité pour l’organisation jugée illégale de la consultation de 2014 et l’actuelle président du parlement de Catalogne Carme Forcadell fait actuellement l’objet de poursuites judiciaires pour le même motif.

A la suite de la consultation du 1er octobre 2017déclarée illégale par le Tribunal constitutionnel et dénoncée fermement par le Roi Philippe VI dans un discours télévisé le 3 octobre, Carles Puigdemont a pris la parole le 10 octobre pour présenter au Parlement catalan les résultats tels qu’établis par la Generalitat (90% en faveur du oui ; participation de 42 ,3%, chiffres non valides faute de légalité du scrutin et de respect des garanties minimales en matière électorale) et suspendre la déclaration unilatérale d’indépendance avec l’objectif affiché de négocier avec Madrid. La société catalane est divisée, comme le montrent les mobilisations populaires fortes tant en faveur de l’indépendance, que contre celle-ci. Après avoir indiqué que la possibilité d’une sécession devait être écartée et le retour à la légalité constitutionnelle assuré avant l’engagement d’un dialogue, Mariano Rajoy a demandé à C. Puigdemont de clarifier sa position sur l’existence ou non d’une déclaration d’indépendance d’ici le 16 octobre. Ce dernier a répondu sous la forme d’un courrier appelant de nouveau à la négociation sans répondre directement à la question de Madrid. Le Gouvernement espagnol a fixé un ultime délai : le 19 octobre à 10h. Fautes de garanties à cette date, Mariano Rajoy pourrait avoir recours à l’article 155 de la Constitution qui permet au Gouvernement de Madrid de prendre « les mesures nécessaires » si l’une des communautés autonomes d’Espagne « ne respecte pas les obligations que la Constitution ou d’autres lois lui imposent, ou si elle agit de façon à porter gravement atteinte à l’intérêt général de l’Espagne ».

Un double attentat revendiqué par l’organisation Etat islamique a frappé Barcelone et la station balnéaire de Cambrils les 17 et 18 août 2017. Le bilan de cet attentat s’élève à 16 morts et 125 blessés (dont 30 Français)

Situation économique

L’Espagne a connu depuis le début des années 2000 une croissance plus forte que le reste de l’Europe, porteuse de grands déséquilibres suivie d’une violente récession après 2008. Le dynamisme économique reposait essentiellement sur la vigueur de la demande interne, stimulée par un fort endettement. L’effet pervers en a été la création d’une bulle immobilière dont l’éclatement (baisse des prix de l’immobilier de 30%, augmentant le risque d’insolvabilité des propriétaires ayant bénéficié de crédits bancaires), conjugué avec la crise de la dette souveraine en zone euro, a plongé le pays dans la récession. Après avoir cru de 3,8% par an de 1998 à 2008, le PIB a ainsi diminué de 7% entre 2007 et 2013, le chômage est passé de 8% à 27% de la population active, la dette publique de 36% à 93% du PIB, son financement n’étant plus possible qu’au prix d’une prime de risque considérable.

Pour sortir de la crise, le gouvernement espagnol a œuvré en trois domaines :

  • Sauvetage du secteur bancaire, dont la faillite menaçait le pays et l’Europeet qui souffrait de son exposition excessive au risque immobilier alors que les banques étaient trop nombreuses et faiblement capitalisées. Un financement de 127 Mds€ a été nécessaire pour remettre le secteur bancaire à flot, en contrepartie de conditions strictes et socialement douloureuses (réduction du nombre d’agences et du nombre d’employés). Le nombre d’établissements bancaires a été divisé par 3, et les banques espagnoles ont toutes passé l’épreuve des stress test et de l’AQR à l’automne 2014. Ces efforts ont permis à l’Espagne de sortir officiellement du programme d’aide européen le 22 janvier 2014.
  • Réduction des déficits publics de 57 Mds€ tout en augmentant les recettes fiscales de 33 Mds€ de 2012 à 2014, grâce à une diminution des dépenses de l’Etat de 22% en 5 ans dans les domaines régaliens (sécurité, défense, justice, politique extérieure), et de 10 à 30% dans les secteurs de la culture, la santé, et l’éducation ; les dépenses consacrées aux infrastructures ont baissé de 53%, à la recherche de 33%. Ces mesures se sont accompagnées du non remplacement de 9 fonctionnaires sur 10, de laréduction des allocations (chômage, retraite) et de la hausse du taux de l’impôt sur le revenu de l’activité et de l’épargne ainsi que de la TVA. En juillet 2016, la Commission européenne a renoncé à proposer des sanctions contre l’Espagne, dont le déficit public a atteint 5,1 % du PIB en 2015 (contre un objectif de 4,2 %). En novembre 2016, elle a également exclu de proposer l’ouverture d’une procédure de suspension des fonds structurels accordés à l’Espagne.
  • Rétablissement de la compétitivité par l’adoption de mesures visant à faciliter les licenciements et l’embauche et à favoriser la flexibilité de l’organisation du travail au sein des entreprises. Quatre millions d’emplois ont été détruits en 5 ans, dont 60% dans le secteur de la construction. Le chômage de longue durée a augmenté (60% des 5 millions de chômeurs le sont depuis plus d’un an). Les emplois à temps partiel et en CDD occupent une part prépondérante dans les emplois créés depuis la fin 2013.. Entre 2008 et 2013, les exportations ont crû en moyenne de 4,5% par an alors que les importations ont baissé de 2,3% par an.

Avec la reprise économique, l’Espagne a connu en 2015 l’un des taux de croissance les plus élevés de la zone euro (3,2%). Ce haut niveau de croissance s’est confirmé en 2016. Cependant la crise a laissé des traces et les difficultés persistent : les déficits publics restent élevés, la dette publique, qui dépasse déjà les 100% du PIB, a continué à augmenter en 2016, la dette privée reste élevée (près de 190% du PIB) et pèsera sur les capacités d’investissement. La position extérieure nette de l’Espagne reste déficitaire et la maintient en situation de fragilité par rapport à un choc extérieur. L’évolution du marché immobilier reste, quant à elle, incertaine. Enfin, le bilan social de la crise est lourd : le taux de chômage reste très élevé (23 %), notamment chez les jeunes (46 %), la précarité a augmenté et 25% des ménages sont en situation d’exclusion ou de menace d’exclusion sociale.

Politique étrangère

La politique étrangère espagnole est traditionnellement européenne et atlantiste, avec un tropisme méditerranéen et latino-américain par une mise en avant du rôle de la langue espagnole, perçue comme un instrument économique de première importance.

L’engagement méditerranéen : s’agissant du voisinage de l’UE, les relations avec le Maroc sont considérées comme prioritaires. Avec ce grand voisin, second partenaire commercial de l’Espagne hors UE, des tensions agitent sporadiquement la relation bilatérale, au sujet des enclaves de Ceuta et Melilla, de migrants clandestins, ou du Sahara occidental (dossier sur lequel le gouvernement espagnol, ex-puissance coloniale, entend mener une politique de « neutralité active » en s’alignant sur les positions du Conseil de sécurité des Nations unies). Avec l’Algérie, l’Espagne cherche à préserver ses intérêts économiques et commerciaux. Enfin, Madrid est particulièrement préoccupée par la situation sécuritaire dégradée en Libye et les risques de déstabilisation au Sahel et en Tunisie.

L’Amérique latine : l’Espagne entretient des relations denses avec l’espace latino-américain (importants liens humains, historiques, sociaux, culturels, politiques, économiques et linguistiques). Un Secrétaire d’Etat est chargé de la coopération et des relations avec la zone ibéro-américaine. L’Espagne compte s’appuyer sur des partenaires de poids comme le Mexique et surtout le Brésil afin de jouer plus efficacement son rôle de « pont entre l’Europe et l’Amérique latine », même si cette ambition se heurte parfois à certains obstacles (nationalisation brutale de Repsol en Argentine, divergences politiques entre Madrid et les Etats latino-américains dirigés par les gouvernements bolivariens). L’appui au processus de paix en Colombie et de la transition à Cuba sont aujourd’hui des priorités pour Madrid.

Mise à jour : 17.10.17

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