Présentation de l’Erythrée

Données générales

ÉRYTHRÉE {JPEG}

Présentation du pays

Nom officiel : Etat d’Erythrée
Nature du régime : République
Chef de l’Etat : M. Issayas Aferworki (ou Afwerki)

Données géographiques

Superficie : 117 600 km²
Capitale : Asmara
Villes principales : Asmara, Massaoua, Assab, Keren
Langue (s) officielle (s) : tigrinya, arabe, anglais
Langue (s) courante (s) : tigrinya, arabe, tigré, kunama, afar, bilen, saho, nara et autres langues couchitiques
Monnaie : Nakfa ; 1€ = 17,2 ERN (juin 2017)
Fête nationale : 24 mai (Jour de l’Indépendance)

Données démographiques

Population : nc
Densité : nc
Croissance démographique : nc
Espérance de vie : 65 ans
Taux d’alphabétisation : nc
Indice de développement humain : 0,442 – 179ème sur 187 (2018)
Religions : Musulmans sunnites 50% ; Chrétiens orthodoxes 30% ; Catholiques 13% ; Autres 7% (Protestants, Adventistes du Septième Jour, Témoins de Jéhovah)

Données économiques

PIB : 2,2 Mds$ (estimation Banque Mondiale 2019)
PIB par habitant : nc
Taux de croissance : 3,3% (estimations 2017)
Taux d’inflation : 9 % (estimations 2017)
Taux de chômage (au sens du BIT) : 6,4 %
Déficit public : nc
Dette publique : 267% du PIB (estimations Banque Mondiale 2019)
Part des principaux secteurs d’activités dans le PIB (estimations 2015) :
• Agriculture : 15%
• Industrie : 22%
• Services : 63%

Présence française

Ambassade de France : Asmara
Communauté française en Erythrée : 12
Communauté érythréenne en France : nc

Éléments d’actualité

Politique intérieure

A la tête du pays depuis l’indépendance en 1993, le Président Issayas Aferworki du Front Populaire pour la Démocratie et la Justice (parti unique issu en 1994 du Front populaire de Libération de l’Erythrée qui mena la lutte pour l’indépendance) concentre tous les pouvoirs. Le processus de démocratisation engagé en 1997 avec l’adoption d’une constitution est au point mort.

Le régime érythréen a supprimé la plupart des libertés et la situation des droits de l’homme y est très préoccupante : interdiction des partis politiques ; absence d’indépendance de la justice et des prisonniers politiques toujours plus nombreux ; liberté de la presse et liberté syndicale inexistantes ; liberté de religion fortement encadrée ; arrestations et détentions arbitraires.

Depuis la guerre contre l’Ethiopie entre mai 1998 et juin 2000, le service national est à durée illimitée. Il peut se dérouler au sein des forces armées érythréennes mais également dans toutes les administrations civiles. L’opposition n’a pas de rôle actif et se trouve pour l’essentiel en Ethiopie, aux Etats-Unis ou en Europe.

Situation économique

L’Erythrée fait partie des pays les moins avancés (PMA) et ne bénéficie pas d’une croissance économique significative.
Le PIB du pays est estimé à 2,2 Md$. Le secteur des services dispose du poids le plus important dans l’économie en raison des activités de commerce liées au positionnement géographique du pays.

Le secteur primaire est très peu développé en raison des faibles ressources agricoles et, s’il emploie 70% de la population, il ne représente moins de 15% du PIB. Le secteur industriel représente quant à lui 22% de l’économie et repose sur l’industrie extractive : le pays dispose d’importantes ressources de cuivre, d’or, de minerai de fer, de nickel, de granite et de potasse.

Le secteur privé est quasi-inexistant en Erythrée notamment en raison d’un environnement des affaires très difficile.

Le déficit budgétaire s’est élevé en moyenne à 10% du PIB au cours des dernières années en raison de ressources domestiques extrêmement faibles (moins de 14% du PIB). Cela contribue à accroître la dette publique qui s’élève en 2019 à près de 267% du PIB selon les estimations de la Banque Mondiale.

Le niveau de l’aide publique au développement reçue par l’Erythrée est relativement faible pour un PMA. Les deux principaux donateurs sont le Fonds mondial et la Commission européenne (au titre du 11ème FED, 200M€ ont été programmés pour la période 2014-2020, sans pour autant qu’aucun décaissement n’ait pu se faire jusqu’à présent). Un projet de rénovation des routes en Erythrée, à hauteur de 20 M€ a récemment été voté via le Fonds Fiduciaire d’Urgence (FFU) de l’Union européenne.

Politique étrangère

Ethiopie

Le Front de Libération du Peuple Erythréen et le Front de Libération du peuple du Tigré éthiopien ont collaboré dans leur lutte contre le régime du Derg, dirigé par Mengistu Haile Mariam. Les Ethiopiens ont accepté l’indépendance de l’Erythrée après la chute de Mengistu. Néanmoins, les frictions frontalières, notamment autour de la ville de Badme, suivies de l’introduction de la monnaie érythréenne en 1997 ont mené à une rapide détérioration des relations.

Ces tensions ont débouché sur un conflit meurtrier (54 000 à 137 000 victimes selon les estimations) de mai 1998 à juin 2000. La médiation de l’Organisation de l’Union africaine, soutenue par le Conseil de sécurité des Nations unies et l’Union européenne, a abouti à la signature des accords d’Alger le 12 décembre et à la délimitation de la frontière par une commission arbitrale, dont les décisions ont attribué la ville de Badme à l’Erythrée. Néanmoins, les Ethiopiens ne s’étant jamais retirés de cette ville et de ses environs, un état de guerre froide a perduré jusqu’à l’accession d’Abiy Ahmed à la primature éthiopienne. Le 5 juin 2018, le parti au pouvoir en Ethiopie, l’EPRDF, a annoncé son intention d’appliquer pleinement les accords d’Alger et de renouer avec l’Erythrée. Le 8 juillet 2018, le Premier ministre éthiopien s’est rendu à Asmara. Dans les jours qui suivent, les relations diplomatiques ont été rétablies, tout comme les liaisons téléphoniques et aériennes. En retour, le président érythréen s’est déplacé en Ethiopie du 14 au 16 juillet. Il y a inauguré l’ambassade d’Erythrée.

En septembre 2018, un accord de paix formel a été signé à Djeddah sous les auspices du roi d’Arabie Saoudite. Dans le même temps, deux points de passage ont été ouverts à la frontière éthiopienne laissant passer près de 30.000 érythréens jusqu’en 28 décembre 2018, date à laquelle ces deux points de passage ont été fermés. En janvier 2019, un troisième poste frontière a été inauguré non loin de la frontière soudanaise mais a également été fermé quelques semaines plus tard sur décision des autorités érythréennes, laissant les populations locales perplexes quant aux intentions du régime d’Issayas Afeworki.

Djibouti

Les relations entre l’Erythrée et Djibouti se sont dégradées en 2008, lorsque l’Erythrée a déployé ses troupes dans la zone contestée du Doumeira (mort d’une cinquantaine de soldats djiboutiens et d’une centaine de soldats érythréens).

Ce différend a été porté, à la demande djiboutienne, devant le Conseil de sécurité des Nations unies et a abouti au vote, à l’unanimité, de la résolution 1862 le 14 janvier 2009. Cette résolution condamne l’action militaire conduite par l’Erythrée contre Djibouti et exige le retrait érythréen.

Face aux réticences érythréennes, le Qatar a entrepris des efforts de médiation entre les deux pays en 2010. La médiation a connu une première avancée en mai 2010 lorsque les Erythréens ont accepté de retirer leurs troupes du Ras Doumeira et permis l’envoi d’observateurs militaires qatariens à la frontière. L’obtention d’un accord sur le fond – la démarcation de la frontière entre les deux pays – se heurte principalement à la question des prisonniers de guerre (lors des combats de juin 2008, 19 militaires djiboutiens et 21 soldats érythréens avaient en effet été faits prisonniers). Conséquence de la crise du Golfe entre l’Arabie Saoudite et le Qatar, ce dernier a rappelé ces troupes en juin 2017, sans pour autant que des incidents aient lieu entre les armées érythréenne et djiboutienne.

La main tendue d’Abiy Ahmed à l’Erythrée en 2018 et la réconciliation qui s’en est suivie ont donné un autre relief au conflit entre Djibouti et l’Erythrée. En effet, Djibouti entretenait des relations étroites avec le régime éthiopien, en particulier parmi l’élite tigréenne (groupe ethnique minoritaire) au pouvoir en Ethiopie depuis 1991, mais l’arrivée à la primature d’Abiy Ahmed, issue d’une autre ethnie, les Oromo, et l’accord de paix signé entre l’Ethiopie et l’Erythrée, le 16 septembre 2018, ont remis en question le soutien exclusif dont Djibouti bénéficiait de la part d’Addis-Abeba. Abiy Ahmed avait appelé, dès le mois de juillet 2018, à la levée des sanctions onusiennes contre l’Erythrée de manière immédiate et sans conditions, soulevant de vives réactions de la part des Djiboutiens qui n’avaient pas été consultés. Le régime de sanctions (essentiellement un embargo sur les armes) comportait un « volet djiboutien » exhortant Asmara et Djibouti à œuvrer à la résolution de leurs contentieux bilatéraux (sort des 13 prisonniers de guerre djiboutiens et tracé de la frontière).

Le 14 novembre 2018, le CSNU a voté à l’unanimité la résolution 2444 mettant fin au régime de sanctions à l’encontre de l’Erythrée. Cette étape marque une évolution de la position de nos principaux partenaires, soucieux d’accompagner les dynamiques nouvelles dans la Corne de l’Afrique. Si le président djiboutien a pu rencontrer son homologue érythréen à Djeddah, en septembre 2018, sous l’égide des Saoudiens, cette prise de contact n’a été suivie d’aucune avancée concrète.

Rapprochement Ethiopie – Erythrée – Somalie

Parallèlement à son rapprochement avec l’Ethiopie, l’Erythrée a également rétabli ses relations diplomatiques avec la Somalie, qui soupçonnait auparavant le régime d’Issayas Afeworki de soutenir le groupe Al-Shabab. Le président érythréen a récemment effectué une visite à Mogadiscio, en décembre 2018.

Après s’être rencontrés en Erythrée en septembre 2018, les présidents érythréen et somalien et le Premier ministre éthiopien se sont de nouveau retrouvés, en Ethiopie, les 9 et 10 novembre 2018.

Intégration régionale

L’Erythrée est membre de l’Union africaine (UA). Elle a suspendu sa participation en 2009 suite à la demande de sanctions effectuée par l’UA. Elle a rouvert un bureau permanent et nommé un représentant permanent en décembre 2010.

L’Erythrée est membre de l’IGAD (Intergovernmental Authority on Development). Elle a suspendu sa participation en 2006 et ne semble plus vouloir la réintégrer, malgré la réconciliation avec l’Ethiopie, très active au sein de l’organisation.

L’Erythrée est aussi membre du COMESA (Marché commun d’Afrique orientale et australe).

Mise à jour : 14.06.19

Informations complémentaires

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