Présentation du Cameroun

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Présentation du pays

CAMEROUN {JPEG}

Données générales

Nom officiel : République du Cameroun / Republic of Cameroon
Nature du régime : République
Chef d’État : M. Paul Biya, Président de la République
Chef du gouvernement : M. Joseph Dion Nguté, Premier ministre

Données géographiques

Superficie : 475 442 km²
Capitale : Yaoundé
Villes principales : Douala, Yaoundé, Bafoussam, Garoua, Maroua
Langue officielle : français, anglais
Monnaie : Franc CFA (1EUR = 655,96 XAF)
Fête nationale : 20 mai

Données démographiques

Population : 25,9 millions d’habitants (2019)
Croissance démographique : 2,6 % (2017)
Espérance de vie : 58 ans (2016)
Religion(s) : Christianisme (35-40 %), Islam (15-20 %), animisme (45 %)
Indice de développement humain : 150e (PNUD, 2019)

Éléments d’actualité

Politique intérieure

Le Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC), parti du Président Paul Biya, au pouvoir depuis 1982, a largement remporté les derniers scrutins électoraux. Le Président Biya a été reconduit dans ses fonctions lors de la présidentielle du 7 octobre 2018, où il a remporté 71,28 % des suffrages exprimés. Maurice Kamto est arrivé en deuxième position avec 14,23 % des voix, tandis que Cabral Libii et Joshua Osih ont recueilli respectivement 6,28 % et 3,35 % des suffrages. Le RDPC a obtenu 84 % des sièges à l’Assemblée nationale et 87 % des sièges de conseillers municipaux lors des élections législatives et municipales de février 2020. Les élections régionales, qui se sont déroulées pour la première fois au Cameroun le 6 décembre 2020, ont également vu la victoire du RDPC sur la majeure partie du territoire (9 régions sur 10).

Une partie de l’opposition, dont le Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC) de Maurice Kamto, a boycotté ce dernier scrutin. Après avoir appelé à la mobilisation pour une manifestation interdite le 22 septembre 2020, Maurice Kamto a été assigné à résidence, jusqu’au lendemain des élections régionales. De nombreux militants du MRC ont été arrêtés. Maurice Kamto avait déjà été inculpé en janvier 2019 pour « rébellion, insurrection et hostilité contre la patrie » suite à la tenue de manifestations interdites, et incarcéré plusieurs mois.

Depuis novembre 2016, les régions anglophones du Sud-Ouest et du Nord-Ouest (NOSO) du Cameroun connaissent des mouvements de contestation, animés par des revendications d’indépendance, qui ont évolué vers un conflit armé opposant les forces camerounaises aux sécessionnistes. Celui-ci a entraîné de nombreuses violations des droits de l’Homme, provoqué une grave crise humanitaire et sapé l’activité économique de ces régions. Près de 3000 personnes auraient été tuées depuis le début de la crise. Un grand dialogue national, présidé par le Premier ministre, a été organisé à l’automne 2019.

Dans la foulée, une loi portant promotion des langues officielles et une loi portant code général des collectivités décentralisées, qui prévoit notamment la mise en place d’un statut spécial des régions du NOSO, ont été adoptées.

Politique étrangère

Par sa situation géographique, le Cameroun est la porte d’entrée naturelle de l’Afrique centrale, désenclavant la République centrafricaine et le Tchad.

Les attaques menées depuis 2013 par le groupe terroriste Boko Haram ont conduit les autorités camerounaises à renforcer le dispositif militaire dans le Nord du pays. Membre de la Commission du bassin du lac Tchad, le Cameroun a participé au sommet de Paris pour la sécurité au Nigéria de mai 2014. L’action des forces armées camerounaises, ainsi que la mise en place en 2016 d’une Force multinationale mixte par les pays de la région (Nigéria, Tchad, Cameroun, Niger, Bénin), ont contribué à réduire la pression exercée par Boko Haram, mais la menace demeure active. Le Cameroun accueille plus de 100 000 réfugiés nigérians sur son territoire

Le Cameroun a pris part à la Mission de consolidation de la paix en Centrafrique (MICOPAX) puis à la Mission internationale de soutien à la Centrafrique sous conduite africaine (MISCA) avec 850 hommes. Ce bataillon a été intégré en 2014 au sein de la Mission des Nations unies en République centrafricaine (MINUSCA). Pays frontalier de la RCA, dont il est l’unique voie de communication commerciale avec l’extérieur via le port de Douala, le Cameroun accueille près de 320 000 réfugiés centrafricains.

Le Cameroun a accueilli, en juin 2013, le sommet des chefs d’Etat et de gouvernement de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), de la Communauté économique des Etats de l’Afrique centrale (CEEAC) et de la Commission du golfe de Guinée sur la sûreté et la sécurité maritime dans le Golfe de Guinée. Au cours de ce sommet, une architecture régionale de lutte contre la piraterie a été adoptée, coiffée par le centre interrégional de coordination (CIC), inauguré à Yaoundé en 2014.

Membre de l’Organisation de la conférence islamique (OCI) depuis 1975, Yaoundé a rejoint l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) en 1991 et le Commonwealth en 1995.

Yaoundé a ratifié en juillet 2014 un accord de partenariat économique intérimaire avec l’Union européenne, entré en vigueur en août 2016. Le Cameroun bénéficie d’une enveloppe de 282 millions EUR au titre du 11e FED (2014-2020).

Situation économique

PIB (2020) : 44,41 milliards USD (FMI)
PIB par habitant (2020) : 1 660 EUR (FMI)
Croissance : 3,4 % en 2021 (prévision), -2,8 % en 2020, 3,9 % en 2019 (FMI)
Inflation : 2,2 % en 2021 (prévision), 2,8 % en 2020, 2,5 % en 2019 (FMI)
Exportations de la France vers le Cameroun (2019) : 519,7 millions EUR (DG Trésor)
Importations françaises depuis le Cameroun (2019) : 225,6 millions EUR (DG Trésor)

Le Cameroun est considéré comme un pays à revenu intermédiaire de la tranche inférieure. La croissance apparaît peu inclusive : le taux de pauvreté est passé de 39,9 % en 2007 à 37,5 % en 2014, soit un taux comparable à celui des Pays les moins avancés (PMA).

L’économie camerounaise, qui représente plus de 40 % du PIB de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC), est la plus diversifiée de la région. Elle reste toutefois très dépendante de productions non transformées : hydrocarbures, produits agricoles (cacao, café, coton, huile de palme, etc.), bois, etc. Après une phase de décélération suite à la crise des matières premières de 2014, la croissance de l’économie camerounaise s’est légèrement raffermie en 2018 (4,1 % contre 3,5 % en 2017) avant de ralentir à nouveau en 2019 (3,7 %).

La production pétrolière est depuis de nombreuses années orientée à la baisse. Elle n’atteignait plus que 70 000 barils/jour en 2018. Des espoirs sont néanmoins placés dans la mise en exploitation des réserves de gaz. Un premier gisement de gaz naturel destiné à l’exportation, dont la capacité de production maximale en année pleine est estimée à 35 000 équivalent barils/jour, a été mis en exploitation en mars 2018 au large de Kribi. Un autre projet est actuellement à l’étude, mais il ne devrait pas voir le jour avant plusieurs années. L’activité dans le secteur non-pétrolier est restée relativement dynamique malgré la crise. Son rythme de croissance a toutefois sensiblement ralenti (3,7 % en 2019 contre 5,3 % en 2016), en raison de la persistance de conditions économiques difficiles (baisse de la commande publique, lenteurs dans le processus d’apurement des arriérés de paiement de l’État, dégradation des conditions sécuritaires et du climat des affaires). La croissance camerounaise a été tirée par l’investissement public, moyennant un endettement en augmentation rapide : la dette publique représentait 40,9 % du PIB en 2019 contre 21,5 % en 2014.

Face à la crise sanitaire mondiale, le Gouvernement a présenté un plan de réponse socio-économique estimé à 479 milliards FCFA sur trois ans, dont 180 milliards en 2020.

Le Cameroun a conclu le 26 juin 2017 un programme de Facilité élargie de crédit (FEC) de trois ans avec le FMI d’un montant de 666 millions USD. Celui-ci s’est conclu en septembre 2020. Les principaux objectifs étaient de restaurer les équilibres macroéconomiques qui se sont dégradés sur la période récente, et d’enrayer la chute des réserves de devises (centralisées à l’échelle de la CEMAC). Ces dernières atteignaient 4 903 milliards FCFA à fin avril 2020 (+25 % sur un an), soit un niveau équivalent à environ 4,5 mois d’importations. Le programme FMI impliquait également une limitation de l’endettement non concessionnel et visait l’apurement des arriérés intérieurs accumulés. Des négociations pour la conclusion d’un nouveau programme sont en cours.

Dans le cadre de la réponse à la crise sanitaire, le pays a également bénéficié de deux prêts du FMI au titre de la Facilité de crédit rapide (FCR) d’un montant de 136 milliards FCFA en mai 2020 puis de 87 milliards FCFA en octobre 2020, du moratoire sur le service de la dette extérieure décidé par le Club de Paris et le G20, ainsi que d’appuis budgétaires et d’aides directes pour renforcer le système de santé.

Mise à jour : 23.04.21

Informations complémentaires