Présentation du Brésil

Données générales

Présentation du pays

Nom officiel : République fédérative du Brésil
Nature du régime : République fédérale présidentielle, composée de 26 Etats et d’un district fédéral
Chef de l’Etat et/ou du Gouvernement : M. Michel Temer, depuis le 31 août 2016

Données géographiques

Superficie : 8 511 965 km² (quinze fois la France), 5ème rang mondial
Capitale : Brasilia
Villes principales : São Paulo, Rio de Janeiro, Belo Horizonte, Porto Alegre, Salvador de Bahia, Fortaleza, Curitiba, Recife, Belém, Goiânia
Langue officielle : Portugais
Monnaie : Real (1€ = 3,69 réaux, octobre 2017)
Fête nationale : 7 septembre

Données démographiques

Population : 207,8 millions (est. IBGE), 6ème rang mondial
Densité : 25 hab./km2
Taux d’urbanisation : 85,7%
Croissance démographique : 0,91%
Espérance de vie : 74,66 ans (70,99 ans pour les hommes et 78,35 ans pour les femmes)
Taux d’alphabétisation : 92,6%
Religion (s) : catholiques (68%) ; évangéliques (20%)
Indice de développement humain : 0,754 (79e)

Données économiques

PIB (USD courants) (2016, FMI) : 1799 Mds USD (9ème rang mondial) ; (2011) 2476 Mds USD
PIB par habitant (est. 2016, FMI) : 8 795 USD
Taux de croissance (est. 2018, FMI) : +1.9% ; (est. 2017) entre +0,9% et +1,2% ; (2016) -3,6% ; (2015) -3,8% ; (2010) +7,5 %
Taux de chômage (est. 2017,) : 12% ; (2015) 7,5% ; (2014) 4,8%
Taux d’inflation (est. 2017) : 3% (2016) ; 6,3% ; (2015) 10 %

Balance commerciale (est. 2017, FMI) : 49 Mds USD ; (2016) 45 Mds USD
Principaux clients : Etats-Unis, Argentine, Chine, Pays-Bas (France 19ème)
Principaux fournisseurs : Etats-Unis, Argentine, Chine, Allemagne, Corée du Sud (France 7ème)

Réserves internationales (est. 2017) : 365 Mds USD

Part des principaux secteurs d’activités dans le PIB :

  • agriculture : 6 %
  • industrie : 27%
  • services : 67%

Exportations de la France vers le Brésil (2016) : 4,3 Mds EUR ; (2015) 4,8 Mds EUR (record historique, +12% par rapport à 2014 en raison de grands contrats d’exportation de matériel aéronautique et spatial) ; Brésil = 17ème client de la France
Importations françaises depuis le Brésil (2016) : 2,7 Mds EUR ; (2015) 2,9 Mds EUR (+1,8% par rapport à 2014, mais -14% par rapport à 2013) ; Brésil = 28ème fournisseur de la France
Solde commercial (2016) : 1,6 Mds EUR (-14% par rapport à 2015, avec 1,9 Mds EUR) ; 6e excédent mondial de la France

http://www.tresor.economie.gouv.fr/pays/Bresil

Consulats de France : São Paulo, Rio de Janeiro, Recife
Communauté française au Brésil : 20 500 inscrits au registre des Français établis hors de France ; environ 30 000 Français résidents selon la police fédérale
Communauté brésilienne en France : 2 000 enregistrés (25 000 estimés)

Composition du gouvernement

Président de la République : Michel Temer (MDB), suite à la destitution de Dilma Rousseff

La Présidente Rousseff a été suspendue de ses fonctions le 12 mai 2016. Le 31 août 2016, le Sénat brésilien a voté sa destitution et mis un terme à la procédure d’impeachment ouverte début décembre 2015. 61 sénateurs ont voté en faveur de la destitution (54 voix étaient nécessaires). Ils ont ainsi qualifié de « crime de responsabilité » la pratique des « pédalages fiscaux » visant à masquer l’ampleur des déficits publics. En revanche, par un 2nd vote, seuls 42 sénateurs se sont prononcés pour une interdiction d’exercer toute fonction publique pendant 8 ans (36 ont voté contre, 3 se sont abstenus), le quorum des 2/3 n’a donc pas été atteint.

Chef de cabinet de la Présidence de la République : Eliseu Padilha (MDB)

- Gouvernement

  • Ministre de la Justice et de la Citoyenneté : M. Torquato Jardim
  • Ministre de la Défense : M. Joaquim Silva e Luna
  • Ministre de la Sécurité publique : M. Raul Jungmann (PPS)
  • Ministre des Relations Extérieures : M. Aloysio Nunes (PSDB)
  • Ministre des Finances : M. Henrique Meirelles (PSD)
  • Ministre des Transports, des Ports et de l’Aviation civile : M. Maurício Quintella (PR)
  • Ministre de l’Agriculture, de l’Elevage et de l’Approvisionnement : M. Blairo Maggi (PP)
  • Ministre de l’Education : M. Mendonça Filho (DEM)
  • Ministre de la Culture : M. Sergio Sá Leitão
  • Ministre du Travail : xxx
  • Ministre du Développement social : M. Osmar Terra (MDB)
  • Ministre de la Santé : M. Ricardo Barros (PP)
  • Ministre de l’Industrie, du Commerce et des Services : M. Marcos Jorge de Lima (intérim - PRB)
  • Ministre des Mines et de l’Energie : M. Fernando Coelho Filho (PSB)
  • Ministre du Plan, du Développement et de la Gestion : Dyogo Oliveira
  • Ministre de la Science, de la Technologie, de l’Innovation et de la Communication : M. Gilberto Kassab (PSD)
  • Ministre de l’Environnement : M. Sarney Filho (PV)
  • Ministre des Sports : M. Leonardo Picciani (MDB)
  • Ministre du Tourisme : M. Marx Beltrão (MDB)
  • Ministre de l’Intégration Nationale : M. Helder Barbalho (MDB)
  • Ministre des Villes : M. Alexandre Baldy (PP)

- Rattachés à la présidence de la République

  • Ministre de la Transparence et du Contrôle de l’Union : M. Wagner Rosário (intérim)
  • Ministre des Droits de l’Homme : M. Gustavo do Vale Rocha (intérim)
  • Secrétaire général de la Présidence de la République : M. Wellington Moreira Franco
  • Ministre, Chef du Secrétariat du gouvernement : M. Carlos Marun
  • Ministre, Chef de cabinet de la sécurité institutionnelle : M. Sérgio Etchegoyen

- Choisis par la présidence de la République

  • Avocate Générale de l’Union : Mme. Grace Mendonça
  • Président de la Banque Centrale du Brésil : M. Ilan Goldfajn

Depuis l’arrivée au pouvoir de Michel Temer, plusieurs ministres de son gouvernement ont dû démissionner en raison de révélations dans le cadre de l’enquête dite du « Lava Jato » (ministres du Plan, de la Transparence et du Tourisme). L’avenir politique du pays est dicté à court et moyen terme par le « Lava Jato » : les délations primées, notamment celles des cadres de l’entreprise Odebrecht, et les soubresauts de l’enquête pourraient encore faire tomber de nombreuses personnalités politiques. Près d’un tiers des parlementaires est visé par une ou plusieurs enquêtes.

Michel Temer a fait lui-même l’objet d’une procédure devant le Tribunal supérieur électoral (TSE) portant sur le financement de la campagne présidentielle de 2014 qui a abouti à un non-lieu le 9 juin 2017, par 4 voix à 3. Suite à la révélation d’enregistrements réalisés par le patron du géant de l’agro-business JBS, une mise en accusation pour des faits de corruption passive a été déposée à son encontre le 26 juin 2017, et rejetée par la Chambre des députés le 2 août 2017. Le 14 septembre 2017, le Procureur général a déposé une seconde demande de mise en accusation à l’encontre de Michel Temer et d’autres leaders du Mouvement démocratique brésilien (MDB – ancien PMDB, redevenu MDB en décembre 2017) (dont Eliseu Padilha et Wellington Moreira Franco), pour participation à une organisation criminelle et obstruction à la justice. Celle-ci a également été rejetée le 25 octobre 2017, par 251 voix contre 233. Ce nouvel épisode de la crise politique a toutefois paralysé pendant plusieurs semaines l’agenda gouvernemental et les travaux du Congrès.

Avec l’élection de Geraldo Alckmin à la Présidence nationale du Parti de la Social-démocratie brésilienne (PSDB) le 9 décembre 2017, la rupture avec la coalition gouvernementale est consommée, entrainant la démission de deux ministres du PSDB (Bruno Araujo, ministre des Villes – le 13 novembre ; Antonio Imbahassy, Chef du Secrétariat du gouvernement – le 8 décembre). La ministre des Droits de l’Homme, Luislinda Valois, a préféré quitter le PSDB et rester au gouvernement. Le ministre des relations extérieures, Aloysio Nunes, a également fait le choix de rester.

Éléments d’actualité

Politique intérieure

Dilma Rousseff a été élue pour un 2nd mandat le 26 octobre 2014, au 2nd tour de l’élection présidentielle, avec 51,6% des voix, devant le candidat de l’opposition, Aécio Neves (Parti de la Social-démocratie brésilienne). Elle était, depuis 2010, la première femme Présidente de la République du Brésil. Une procédure de destitution lancée contre elle fin 2015 a conduit à sa suspension le 12 mai 2016, sur décision conjointe des deux chambres, pendant la durée de son procès politique et dans la limite de 180 jours. Son vice-président, Michel Temer (MDB) a exercé l’intérim jusqu’au verdict final, rendu le 31 août 2016. Le Sénat fédéral a voté la destitution de Dilma Rousseff (61 sénateurs ont voté en faveur de la destitution ; 54 voix étaient nécessaires). Michel Temer a pris ses fonctions en tant que Président de la République du Brésil le même jour, pour un mandat courant jusqu’au 31 décembre 2018.

Les élections municipales d’octobre 2016 ont conduit à une recomposition politique profonde à l’échelle locale. Le MDB demeure le premier parti du pays avec plus de 1000 mairies remportées (soit un nombre à peu près équivalant à 2012) et le PSDB a nettement progressé, avec un peu plus de 800 mairies gagnées (contre 718 en 2012) dont 7 capitales régionales. Il s’est installé dans des bastions historiques de la gauche : Porto Alegre ou l’ancienne « ceinture rouge » pauliste. La gauche n’a pas disparu pour autant du paysage politique puisque les autres petits partis de gauche parviennent à améliorer légèrement leurs scores. Le déclin du PT a toutefois été sans appel : 254 mairies conservées contre 638 en 2012.

Au total, le Brésil traverse aujourd’hui une période de transition sur le plan économique et social, après l’euphorie des années Lula. Comme ailleurs en Amérique latine, l’accès à un niveau de bien-être élémentaire s’est traduit par une montée en puissance des revendications de la population. Alors que les acquis politiques et économiques de « l’émergence » commençaient à être engrangés, les classes moyennes ont aspiré à un saut qualitatif dans leurs conditions de vie, en matière d’éducation, de couverture sociale, de réduction des inégalités, d’efficacité de la justice et de l’administration, de lutte contre la corruption, de droits des minorités et d’évolutions sociétales. La crise économique a entamé ces acquis et fait retomber une partie des classes moyennes dans la pauvreté. Le souci qu’a eu le Président Temer, dès son arrivée, de promettre la préservation des acquis sociaux de l’ère luliste illustre la sensibilité du sujet et la peur du déclassement qui traverse la société brésilienne.

Situation économique

Confronté à une conjoncture délicate depuis plusieurs années, l’économie brésilienne peine à se relancer après deux années de forte récession (-3,8% en 2015, -3,6% en 2016). L’année 2017 affiche une performance encore limitée (entre +0,9% et +1,2%). Le taux d’inflation est historiquement bas (3%) et le taux de chômage est en baisse (12%). L’instabilité politique et la faiblesse de la reprise économique entretiennent l’incertitude à court terme.

La croissance économique devrait toutefois connaître une accélération en 2018 (estimation FMI : +1,9%). Elle bénéficie en effet de la reprise de la consommation des ménages (+2% sur 2017), principal moteur de l’économie brésilienne (63% du PIB), et des exportations (est. 2017, excédent commercial cumulé de 67 Mds USD, soit +38%), ainsi que de la diminution de la contraction de l’investissement.

Deux incertitudes pèsent néanmoins sur ces prévisions encourageantes : (i) croissance des déséquilibres budgétaires et difficultés à faire adopter des réformes (notamment du système des retraites), qui ont conduit Standard & Poor’s à dégrader la note souveraine de crédit du Brésil à « BB- » mi-janvier 2018 ; (ii) les soubresauts récurrents qui agitent le monde politique depuis l’éclatement de l’affaire « Lava Jato » en 2014 et figent les institutions dans l’attentisme.

Malgré ses difficultés, le Brésil reste un grand émergent. Première économie de l’Amérique latine et 9ème PIB mondial, ce géant économique est doté d’indéniables atouts : des ressources naturelles abondantes (pétrole, gaz, minerais, potentiel hydro-électrique), associées à une industrie dynamique et diversifiée (industrie agro-alimentaire, biocarburants, aéronautique, automobile) et à une économie de services moderne. Depuis quelques années, l’Etat s’est engagé dans une stratégie de développement massif des infrastructures de transports, point faible traditionnel du pays, et d’augmentation de sa capacité de production électrique basée sur les énergies renouvelables (près de 80% du mix énergétique actuel). Il doit également faire face à d’autres faiblesses structurelles : coûts de production élevés, déficit chronique de travailleurs qualifiés, complexité et lourdeurs administratives.

Le Président Temer a ainsi donné la priorité au redressement des finances publiques et à la restauration de l’attractivité du Brésil auprès des investisseurs étrangers, avec pour mot d’ordre « le Brésil est de retour ». A l’été 2017, il a lancé un vaste programme de concessions et privatisations d’actifs publics, qu’il est déterminé à étendre en 2018. Conformément à cette ligne politique, le Brésil a formalisé sa candidature à l’OCDE en mars 2017.

Politique étrangère

La relation avec l’Argentine est une priorité de la Présidence Temer, de même que la relance de l’intégration régionale, et principalement la réforme du Mercosur. Les Brésiliens sont très attentifs à l’avancée des négociations de l’accord Union européenne-Mercosur.

Sur le moyen terme, la diplomatie brésilienne s’articule autour des priorités suivantes :

• appuyer la réforme de l’ordre international : le Brésil milite pour l’élargissement du Conseil de Sécurité des Nations Unies et est candidat à un siège de membre permanent. Il défend le G20 comme instance privilégiée de la gouvernance mondiale et de la réforme des institutions financières internationales. Il plaide pour la conclusion du cycle de Doha à l’OMC, dont le Brésilien Roberto Azevedo a pris la tête en septembre 2013. Il joue un rôle important dans les négociations relatives au changement climatique et à la préservation de la biodiversité aux côtés des pays émergents et des pays du Sud ;
• jouer un rôle actif dans les grands dossiers internationaux : lors du sommet des BRICS à Fortaleza en juillet 2014, Dilma Rousseff avait réaffirmé le statut de « pays émergé » et d’acteur majeur sur la scène internationale de son pays, désireux de jouer un rôle dans la résolution de certains problèmes régionaux aux enjeux internationaux comme le conflit israélo-palestinien (reconnaissance de l’Etat palestinien le 1er décembre 2010) et le dossier iranien (projet d’accord Turquie-Brésil-Iran sur le nucléaire iranien de mai 2010) ;

• être le moteur de l’intégration et le leader de l’Amérique du Sud. Sous l’impulsion du Président Lula et sous la présidence de Mme Rousseff, le Brésil s’est impliqué dans le règlement des crises régionales : Colombie, Venezuela, Bolivie et Haïti (commandement de la MINUSTAH). Il souhaite aujourd’hui renforcer l’UNASUR (Union des Nations sud-américaines, douze Etats membres), initiative du Président Lula, qui vise à se concentrer sur des réalisations concrètes (commerce, énergie, infrastructures, défense). Cette stratégie passe également par une protection militaire accrue de ses frontières terrestres et maritimes, contre les trafics illégaux (immigration illégale, drogues, armes, marchandises) et le crime organisé ;

• mettre en place le marché commun du Cône Sud (Mercosul) entre le Brésil, l’Argentine, le Paraguay, l’Uruguay et le Venezuela (intégré en juillet 2012). Le Mercosur reste une priorité à très haut niveau, s’agissant en particulier de la négociation d’un accord de libre-échange avec l’Union européenne.

Mise à jour : 09.03.18

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