Présentation du Brésil

Données générales

Le Brésil est un partenaire incontournable de la France en Amérique latine. Le « partenariat stratégique global, réciproque et pluridimensionnel » conclu en 2006 couvre l’ensemble des domaines de dialogue et de coopération : commercial, militaire, spatial, énergétique, éducatif ou encore transfrontalier, s’agissant des relations de voisinage avec la Guyane. Il entend répondre aux intérêts de la France comme à ceux du Brésil, et engage les deux pays sur le long terme.

Site de l’ambassade de France au Brésil :
http://www.ambafrance-br.org/

Présentation du pays

Nom officiel : République fédérative du Brésil
Nature du régime : République fédérale présidentielle, composée de 26 Etats et d’un district fédéral
Chef de l’Etat et/ou du Gouvernement : M. Michel Temer, depuis le 31 août 2016

Données géographiques

Superficie : 8 511 965 km² (quinze fois la France), 5ème rang mondial
Capitale : Brasilia
Villes principales : São Paulo, Rio de Janeiro, Belo Horizonte, Porto Alegre, Salvador de Bahia, Fortaleza, Curitiba, Recife, Belém, Goiânia
Langue officielle : Portugais
Monnaie : Real (1€ = 3,69 réaux, octobre 2017)
Fête nationale : 7 septembre

Données démographiques :

Population : 207,8 millions (est. IBGE), 6ème rang mondial
Densité : 25 hab./km2
Taux d’urbanisation : 85,7%
Croissance démographique : 0,91%
Espérance de vie : 74,66 ans (70,99 ans pour les hommes et 78,35 ans pour les femmes)
Taux d’alphabétisation : 92,6%
Religion (s) : catholiques (68%) ; évangéliques (20%)
Indice de développement humain : 0,754 (79e)

Données économiques :

PIB (USD courants) (2017) : 6 600 Mds R$ (1,9 Mds USD, 8e rang mondial)
PIB par habitant (est. 2016, FMI) : 8 795 USD
Taux de croissance (est. 2018, FMI) : +2.3% ; (2017) +1% ; (2016) -3,6% ; (2010) +7,5 %
Taux de chômage (est. 2018) : 11,8% ; (2017) 12,7% ; (2015) 7,5% ; (2014) 4,8%
Taux d’inflation (est. 2018) : 3.5% ; (2017) ; (2016) 6,3% ; (2015) 10 %

Balance commerciale (est. 2018) : 50 Mds USD ; (2017) 67 Mds USD ; (2016) 47,7 Mds USD
Principaux clients : Chine, Etats-Unis, Argentine, Pays-Bas, Japon (France 26ème)
Principaux fournisseurs : Chine, Etats-Unis, Argentine, Allemagne, Corée du Sud (France 9ème)

Réserves internationales (est. 2017) : 365 Mds USD

Part des principaux secteurs d’activités dans le PIB :

  • agriculture : 6 %
  • industrie : 27%
  • services : 67%

Exportations de la France vers le Brésil (2016) : 4,3 Mds EUR ; (2015) 4,8 Mds EUR (record historique, +12% par rapport à 2014 en raison de grands contrats d’exportation de matériel aéronautique et spatial) ; Brésil = 17ème client de la France
Importations françaises depuis le Brésil (2016) : 2,7 Mds EUR ; (2015) 2,9 Mds EUR (+1,8% par rapport à 2014, mais -14% par rapport à 2013) ; Brésil = 28ème fournisseur de la France
Solde commercial (2016) : 1,6 Mds EUR (-14% par rapport à 2015, avec 1,9 Mds EUR) ; 6e excédent mondial de la France

http://www.tresor.economie.gouv.fr/pays/Bresil

Consulats de France : São Paulo, Rio de Janeiro, Recife
Communauté française au Brésil : 20 500 inscrits au registre des Français établis hors de France ; environ 30 000 Français résidents selon la police fédérale
Communauté brésilienne en France : 2 000 enregistrés (25 000 estimés)

Composition du gouvernement

Président de la République : Michel Temer (MDB), suite à la destitution de Dilma Rousseff

La Présidente Rousseff a été suspendue de ses fonctions le 12 mai 2016. Le 31 août 2016, le Sénat brésilien a voté sa destitution et mis un terme à la procédure d’impeachment ouverte début décembre 2015. 61 sénateurs ont voté en faveur de la destitution (54 voix étaient nécessaires). Ils ont ainsi qualifié de « crime de responsabilité » la pratique des « pédalages fiscaux » visant à masquer l’ampleur des déficits publics. En revanche, par un 2nd vote, seuls 42 sénateurs se sont prononcés pour une interdiction d’exercer toute fonction publique pendant 8 ans (36 ont voté contre, 3 se sont abstenus), le quorum des 2/3 n’a donc pas été atteint.

Chef de cabinet de la Présidence de la République : Eliseu Padilha (MDB)

- Gouvernement

  • Ministre de la Justice et de la Citoyenneté : M. Torquato Jardim
  • Ministre de la Défense : Gal Joaquim Silva e Luna (intérim)
  • Ministre de la Sécurité publique : M. Raul Jungmann (PPS)
  • Ministre des Relations Extérieures : M. Aloysio Nunes (PSDB)
  • Ministre des Finances : M. Eduardo Garcia
  • Ministre des Transports, des Ports et de l’Aviation civile : M. Valter Casimiro Silveira (PR)
  • Ministre de l’Agriculture, de l’Elevage et de l’Approvisionnement : M. Blairo Maggi (PP)
  • Ministre de l’Education : M. Rossieli Soares da Silva
  • Ministre de la Culture : M. Sergio Sá Leitão
  • Ministre du Travail : M. Helton Yomura (intérim) (PTB)
  • Ministre du Développement social : M. Alberto Beltrame
  • Ministre de la Santé : M. Gilberto Occhi (PP)
  • Ministre de l’Industrie, du Commerce et des Services : M. Marcos Jorge de Lima (intérim) (PRB)
  • Ministre des Mines et de l’Energie : Wellington Moreira Franco
  • Ministre du Plan, du Développement et de la Gestion : M. Esteves Conalgo
  • Ministre de la Science, de la Technologie, de l’Innovation et de la Communication : M. Gilberto Kassab (PSD)
  • Ministre de l’Environnement :) M. Edson Duarte (intérim)
  • Ministre des Sports : M. Leandro Cruz Fróes da Silva
  • Ministre du Tourisme : M. Vinícius Lummertz
  • Ministre de l’Intégration Nationale : M. Antônio de Pádua de Deus
  • Ministre des Villes : M. Alexandre Baldy (PP)

- Rattachés à la Présidence de la République

  • Ministre de la Transparence et du Contrôle de l’Union : M. Wagner Rosário (intérim)
  • Ministre des Droits de l’Homme : M. Gustavo do Vale Rocha (intérim)
  • Secrétaire général de la Présidence de la République : à déterminer
  • Ministre, Chef du Secrétariat du gouvernement : M. Carlos Marun (PMDB)
  • Ministre, Chef de cabinet de la sécurité institutionnelle : M. Sérgio Etchegoyen

- Choisis par la Présidence de la République

  • Avocate Générale de l’Union : Mme. Grace Maria Mendonça
  • Président de la Banque Centrale du Brésil : M. Ilan Goldfajn

Depuis l’arrivée au pouvoir de Michel Temer, plusieurs ministres de son gouvernement ont dû démissionner en raison de révélations dans le cadre de l’enquête dite du « Lava Jato » (ministres du Plan, de la Transparence et du Tourisme). L’avenir politique du pays est dicté à court et moyen terme par le « Lava Jato » : les délations primées, notamment celles des cadres de l’entreprise Odebrecht, et les soubresauts de l’enquête pourraient encore faire tomber de nombreuses personnalités politiques. Près d’un tiers des parlementaires est visé par une ou plusieurs enquêtes, alors que le Tribunal supérieur fédéral (TSF) a restreint, début mai 2018, leur privilège de juridiction (foro privilegiado).

Michel Temer a fait lui-même l’objet d’une procédure devant le Tribunal supérieur électoral (TSE) portant sur le financement de la campagne présidentielle de 2014 qui a abouti à un non-lieu le 9 juin 2017, par 4 voix à 3. Suite à la révélation d’enregistrements réalisés par le patron du géant de l’agro-business JBS, une mise en accusation pour des faits de corruption passive a été déposée à son encontre le 26 juin 2017, et rejetée par la Chambre des députés le 2 août 2017. Le 14 septembre 2017, le Procureur général a déposé une seconde demande de mise en accusation à l’encontre de Michel Temer et d’autres leaders du Mouvement démocratique brésilien (MDB – ancien PMDB, redevenu MDB en décembre 2017) (dont Eliseu Padilha et Wellington Moreira Franco), pour participation à une organisation criminelle et obstruction à la justice. Celle-ci a également été rejetée le 25 octobre 2017, par 251 voix contre 233. Ces épisodes ont toutefois paralysé pendant plusieurs semaines l’agenda gouvernemental et les travaux du Congrès.

Avec l’élection de Geraldo Alckmin à la Présidence nationale du Parti de la Social-démocratie brésilienne (PSDB) le 9 décembre 2017, la rupture avec la coalition gouvernementale est consommée. Elle avait été préfigurée par la démission de 2 ministres du PSDB (Bruno Araujo, ministre des Villes, le 13 novembre ; Antonio Imbahassy, Chef du Secrétariat du gouvernement, le 8 décembre). En janvier et février 2018, les ministres du Travail (Ronaldo Nogueira), des Droits de l’Homme (Luislinda Valois) et de l’Industrie (Marcos Pereira), ont également quitté le gouvernement, en raison de différents politiques ou pour briguer des mandats électifs. La législation brésilienne exige en effet que les candidats à un mandat électif (gouverneur, sénateur, député, Président de la République), qui exercent un mandat exécutif, démissionnent 6 mois avant les élections, soit le 7 avril 2017. Début avril, 10 ministres ont ainsi démissionné. En tout, depuis décembre 2017, 17 ministres ont quitté leur poste ou changé de portefeuille.

Politique intérieure

Dilma Rousseff a été élue pour un 2nd mandat le 26 octobre 2014, au 2nd tour de l’élection présidentielle, avec 51,6% des voix, devant le candidat de l’opposition, Aécio Neves (Parti de la Social-démocratie brésilienne). Elle était, depuis 2010, la première femme Présidente de la République du Brésil. Une procédure de destitution lancée contre elle fin 2015 a conduit à sa suspension le 12 mai 2016, sur décision conjointe des deux chambres, pendant la durée de son procès politique et dans la limite de 180 jours. Son Vice-Président, Michel Temer (MDB) a exercé l’intérim jusqu’au verdict final, rendu le 31 août 2016. Le Sénat fédéral a voté la destitution de Dilma Rousseff (61 sénateurs ont voté en faveur de la destitution ; 54 voix étaient nécessaires). Michel Temer a pris ses fonctions en tant que Président de la République du Brésil le même jour, pour un mandat courant jusqu’au 31 décembre 2018.

Les élections municipales d’octobre 2016 ont conduit à une recomposition politique profonde à l’échelle locale. Le MDB demeure le premier parti du pays avec plus de 1000 mairies remportées (soit un nombre à peu près équivalant à 2012) et le PSDB a nettement progressé, avec un peu plus de 800 mairies gagnées (contre 718 en 2012) dont 7 capitales régionales. Il s’est installé dans des bastions historiques de la gauche : Porto Alegre ou l’ancienne « ceinture rouge » pauliste. La gauche n’a pas disparu pour autant du paysage politique puisque les autres petits partis de gauche parviennent à améliorer légèrement leurs scores. Le déclin du PT a toutefois été sans appel : 254 mairies conservées contre 638 en 2012.

Au total, le Brésil traverse aujourd’hui une période de transition sur le plan économique et social, après l’euphorie des années Lula. Comme ailleurs en Amérique latine, l’accès à un niveau de bien-être élémentaire s’est traduit par une montée en puissance des revendications de la population. Alors que les acquis politiques et économiques de « l’émergence » commençaient à être engrangés, les classes moyennes ont aspiré à un saut qualitatif dans leurs conditions de vie, en matière d’éducation, de couverture sociale, de réduction des inégalités, d’efficacité de la justice et de l’administration, de lutte contre la corruption, de droits des minorités et d’évolutions sociétales. La crise économique de 2014 a entamé ces acquis et fait retomber une partie des classes moyennes dans la pauvreté. Le souci qu’a eu le Président Temer, dès son arrivée, de promettre la préservation des acquis sociaux de l’ère luliste illustre la sensibilité du sujet et la peur du déclassement qui traverse la société brésilienne.

Le président Temer a néanmoins donné la priorité au redressement des finances publiques et à la restauration de l’attractivité du Brésil auprès des investisseurs étrangers, avec pour mot d’ordre « le Brésil est de retour ». Conformément à cette ligne politique, le Brésil a formalisé sa candidature à l’OCDE en mars 2017. Sur le plan intérieur, l’adoption à une très large majorité par le Congrès d’un gel des dépenses publiques (limitation pendant 20 ans de l’augmentation des dépenses publiques d’une année à l’inflation de l’exercice précédent) par amendement constitutionnel en décembre 2016, a constitué une première victoire. Celle de la réforme du Code du travail en juillet 2017, qui permet la négociation d’accords d’entreprise, une flexibilisation des congés pour les travailleurs et la fin de la cotisation syndicale obligatoire, a été plus controversée. Le président Temer a par ailleurs mené une ambitieuse campagne de concessions et de privatisations d’actifs publics, qui est toujours en cours. Le projet de réforme des retraites, qui devait permettre d’économiser 800 Mds R$ en 10 ans et d’éviter la faillite du système, s’est toutefois soldé par un échec. Dans le domaine politique, le président Temer s’est distingué par l’adoption d’une série de mesures de réforme du système politique et électoral (création d’un nouveau fonds électoral, établissement de nouveaux plafonds de dépenses pour les campagnes électorales, interdiction de la pratique du transfert de voix dès 2020, instauration d’une clause de « performance ») en octobre 2017, ainsi que la création d’un ministère de la sécurité publique en février 2018.

Situation économique

Confronté à une conjoncture délicate depuis plusieurs années, l’économie brésilienne peine à se relancer après deux années de forte récession (-3,8% en 2015, -3,6% en 2016). L’année 2017 marque le retour à la croissance, avec une performance limitée (+1%). Le taux d’inflation est historiquement bas (3%). La reprise devrait s’accélérer en 2018 (2 à 2,3%), même si elle demeure contrariée par la dégradation du marché du travail (13,1% de chômage) et l’incertitude électorale, qui freine l’investissement et retarde les réformes économiques.

La croissance brésilienne est tirée par l’agro-négoce (+13% en 2017), la légère reprise de la consommation des ménages (+1% en 2017, principal moteur de l’économie brésilienne) et la hausse des exportations (excédent commercial record de 67 Mds USD, soit +38%).

Deux incertitudes pèsent néanmoins sur ces prévisions encourageantes : (i) des déséquilibres budgétaires croissants et des difficultés à faire adopter les réformes économiques nécessaires (notamment du système des retraites), qui ont conduit Standard & Poor’s et Fitch Ratings à dégrader la note souveraine du Brésil à « BB- » mi-janvier 2018 ; (ii) les soubresauts récurrents qui agitent le monde politique depuis l’éclatement de l’affaire « Lava Jato » en 2014 et la dégradation du climat politico-juridique à l’approche des élections d’octobre 2018.

Malgré ses difficultés, le Brésil reste un grand émergent. Première économie de l’Amérique latine et 9e PIB mondial, ce géant économique est doté d’indéniables atouts : des ressources naturelles abondantes (pétrole, gaz, minerais, potentiel hydro-électrique), associées à une industrie dynamique et diversifiée (industrie agro-alimentaire, biocarburants, aéronautique, automobile) et à une économie de services moderne. Depuis quelques années, l’Etat s’est engagé dans une stratégie de développement massif des infrastructures de transports, point faible traditionnel du pays, et d’augmentation de sa capacité de production électrique basée sur les énergies renouvelables (près de 80% du mix énergétique actuel). Il doit toutefois faire face à d’autres faiblesses structurelles : coûts de production élevés, déficit chronique de travailleurs qualifiés, complexité et lourdeurs administratives.

Politique extérieure

La relation avec l’Argentine est une priorité de la Présidence Temer, de même que la relance de l’intégration régionale, et principalement la réforme du Mercosur. Les Brésiliens sont très attentifs à l’avancée des négociations de l’accord Union européenne-Mercosur.

Sur le moyen terme, la diplomatie brésilienne s’articule autour des priorités suivantes :

• appuyer la réforme de l’ordre international : le Brésil milite pour l’élargissement du Conseil de Sécurité des Nations Unies et est candidat à un siège de membre permanent. Il défend le G20 comme instance privilégiée de la gouvernance mondiale et de la réforme des institutions financières internationales. Il plaide pour la conclusion du cycle de Doha à l’OMC, dont le Brésilien Roberto Azevedo a pris la tête en septembre 2013. Il joue un rôle important dans les négociations relatives au changement climatique et à la préservation de la biodiversité aux côtés des pays émergents et des pays du Sud ;
• jouer un rôle actif dans les grands dossiers internationaux : lors du sommet des BRICS à Fortaleza en juillet 2014, Dilma Rousseff avait réaffirmé le statut de « pays émergé » et d’acteur majeur sur la scène internationale de son pays, désireux de jouer un rôle dans la résolution de certains problèmes régionaux aux enjeux internationaux comme le conflit israélo-palestinien (reconnaissance de l’Etat palestinien le 1er décembre 2010) et le dossier iranien (projet d’accord Turquie-Brésil-Iran sur le nucléaire iranien de mai 2010) ;
• être le moteur de l’intégration et le leader de l’Amérique du Sud. Sous l’impulsion du Président Lula et sous la présidence de Dilma Rousseff, le Brésil s’est impliqué dans le règlement des crises régionales : Colombie, Venezuela, Bolivie et Haïti (commandement de la MINUSTAH). Cette stratégie passe également par une protection militaire accrue de ses frontières terrestres et maritimes, contre les trafics illégaux (immigration illégale, drogues, armes, marchandises) et le crime organisé ;

• mettre en place le marché commun du Cône Sud (Mercosur) entre le Brésil, l’Argentine, le Paraguay, l’Uruguay et le Venezuela (intégré en juillet 2012). Le Mercosur reste une priorité à très haut niveau, s’agissant en particulier de la négociation d’un accord de libre-échange avec l’Union européenne.

Mise à jour : 06.06.18

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