Présentation du Brésil

Le Brésil est un partenaire incontournable de la France en Amérique latine. Le « partenariat stratégique global, réciproque et pluridimensionnel » conclu en 2006 couvre l’ensemble des domaines de dialogue et de coopération : commercial, militaire, spatial, énergétique, éducatif ou encore transfrontalier, s’agissant des relations de voisinage avec la Guyane. Il entend répondre aux intérêts de la France comme à ceux du Brésil, et engage les deux pays sur le long terme.

Site de l’ambassade de France au Brésil :
http://www.ambafrance-br.org/

Données générales

Présentation du pays

BRÉSIL {JPEG}

Nom officiel : République fédérative du Brésil
Nature du régime : République fédérale présidentielle, composée de 26 Etats et d’un district fédéral
Chef de l’Etat et/ou du Gouvernement : M. Jair Bolsonaro, depuis le 1er janvier 2019

Données géographiques

Superficie : 8 511 965 km² (quinze fois la France), 5ème rang mondial
Capitale : Brasilia
Villes principales : São Paulo, Rio de Janeiro, Belo Horizonte, Porto Alegre, Salvador de Bahia, Fortaleza, Curitiba, Recife, Belém, Goiânia
Langue officielle : Portugais
Monnaie : Real (1€ = 4,19 reais, juillet 2019)
Fête nationale : 7 septembre

Données démographiques

Population : 209,2 millions (FMI), 6ème rang mondial
Densité : 25 hab./km2
Taux d’urbanisation : 85,7%
Croissance démographique : 0,91%
Espérance de vie : 74,66 ans (70,99 ans pour les hommes et 78,35 ans pour les femmes)
Taux d’alphabétisation : 92,6%
Religion (s) : catholiques (68%) ; évangéliques (20%)
Indice de développement humain : 0,759 (79e)

Données économiques

PIB (USD courants) (2017) : 6 600 Mds R$ (2,05 Mds USD, 8e rang mondial)
PIB par habitant (2017, FMI) : 9 896 USD
Taux de croissance (est. 2019, FMI) : +2,5% ; (2018) +1,4% ; (2017) +1% ; (2016) -3,6% ; (2010) +7,5 %
Taux de chômage (est. 2018) : 13,1% ; (2017) 12,7% ; (2015) 7,5% ; (2014) 4,8%
Taux d’inflation (est. 2019) : 4,2% ; (2018) 3,7% ; (2017) 2,9% ; (2016) 6,3% ; (2015) 10 %

Balance commerciale (est. 2018) : 50 Mds USD ; (2017) 67 Mds USD ; (2016) 47,7 Mds USD
Principaux clients : Chine, Etats-Unis, Argentine, Pays-Bas, Japon (France 26ème)
Principaux fournisseurs : Chine, Etats-Unis, Argentine, Allemagne, Corée du Sud (France 9ème)

Réserves internationales (est. 2017) : 365 Mds USD

Exportations de la France vers le Brésil (2017) : 4,2 Mds EUR ; (2016) 4,3 Mds EUR ; (2015) 4,8 Mds EUR (record historique, +12% par rapport à 2014 en raison de grands contrats d’exportation de matériel aéronautique et spatial) ; Brésil = 24ème client de la France (0,9% des exportations françaises)

Importations françaises depuis le Brésil (2017) : 2,9 Mds EUR ; (2016) 2,7 Mds EUR ; (2015) 2,9 Mds EUR (+1,8% par rapport à 2014, mais -14% par rapport à 2013) ; Brésil = 33ème fournisseur de la France (0,5% des importations françaises)

Solde commercial (2017) : 1,2 Mds EUR ; (2016) 1,6 Mds EUR ; (2015) 1,9 Mds EUR ; 11e excédent mondial de la France

http://www.tresor.economie.gouv.fr/pays/Bresil

Consulats de France : São Paulo, Rio de Janeiro, Recife
Communauté française au Brésil : 19 942 inscrits au registre des Français établis hors de France ; environ 30 000 Français résidents selon la police fédérale
Communauté brésilienne en France : 2 000 enregistrés (25 000 estimés)

Éléments d’actualité

Politique intérieure

Au terme d’une campagne extrêmement polarisée, marquée par une utilisation massive d’ informations douteuses voire ouvertement fausses, par l’inéligibilité de l’ex-président Lula après sa condamnation à plus de 12 ans de prison pour corruption, puis par l’attentat à l’arme blanche contre le candidat d’extrême-droite Jair Bolsonaro, ce dernier a été élu Président de la République du Brésil au 2nd tour le 28 octobre 2018, avec plus de 55% des voix, face à Fernando Haddad (PT).

Entré en fonctions le 2 février 2019, le nouveau Congrès brésilien affiche un morcellement et un taux de renouvellement historiques. Avec 55 députés chacun, les deux plus grands partis sont désormais le PSL (8 députés précédemment) et le PT (61 députés précédemment), aux dépens notamment du MDB (34 députés, contre 51 précédemment) et du PSDB (29 députés, contre 49 précédemment). Rodrigo Maia (Démocrates – DEM) est massivement réélu (334 voix sur 513) pour un troisième mandat consécutif à la tête de la chambre des députés, avec le soutien de 16 partis (dont le PSL, mais aussi le Parti démocratique travailliste (PDT) de Ciro Gomes et le Parti communiste du Brésil (PCdoB), ex-allié du PT).

L’élection de Davi Alcolumbre (élu de l’Amapá – DEM) à la présidence du sénat (42 voix sur 81), plus laborieuse faute d’accord sur les modalités du scrutin, marque la défaite du MDB qui a assumé le poste ces 18 dernières années (à l’exception de deux courts mandats intérimaires, du DEM et du PT). Avec deux alliés à la tête du Congrès, le Président Bolsonaro peut dorénavant s’appuyer sur un soutien partisan plus large que la coalition qui le soutient formellement. Il dispose en outre de nombreux gouverneurs alliés, notamment dans les Etats de São Paulo, Minas Gerais et Rio de Janeiro.

A l’échelle locale, les élections municipales de 2016 ont déjà conduit à une recomposition du paysage politique. Le MDB a remporté plus de 1 000 mairies (à peu près autant qu’en 2012) et le PSDB a nettement progressé, avec un peu plus de 800 mairies (contre 718 en 2012), dont 7 capitales régionales. Il s’est installé dans des bastions historiques de la gauche, notamment Porto Alegre ou l’ancienne « ceinture rouge » pauliste. La gauche n’a pas disparu pour autant du paysage politique local, d’autres petits partis de gauche étant parvenus à améliorer leurs scores. Le déclin du PT a toutefois été sans appel (254 mairies, contre 638 en 2012).

Avec l’arrivée au pouvoir de Michel Temer en août 2016, le Brésil amorce un virage à droite, confirmé deux ans plus tard avec l’élection de Jair Bolsonaro. Au cours de ses deux ans de mandat, le Président Temer s’attache en effet à donner la priorité au redressement des finances publiques et à la restauration de l’attractivité du pays auprès des investisseurs étrangers, avec pour mot d’ordre « le Brésil est de retour ».

Conformément à cette nouvelle ligne politique, le Brésil formalise sa candidature à l’OCDE en mars 2017. Sur le plan intérieur, l’adoption à une très large majorité par le Congrès d’un gel des dépenses publiques (limitation pendant 20 ans de l’augmentation des dépenses publiques d’une année à l’inflation de l’exercice précédent) par amendement constitutionnel en décembre 2016, constitue l’une des principales réalisations de l’administration Temer. La réforme du Code du travail en juillet 2017, qui permet la négociation d’accords d’entreprise, une flexibilisation des congés pour les travailleurs et la fin de la cotisation syndicale obligatoire, est plus controversée. Une ambitieuse campagne de concessions et de privatisations d’actifs publics est également menée. Au plan politique, le Président Temer se distingue par l’adoption en octobre 2017 d’une série de mesures de réforme du système politique et électoral (création d’un nouveau fonds électoral, établissement de nouveaux plafonds de dépenses pour les campagnes électorales, interdiction de la pratique du transfert de voix dès 2020, instauration d’une clause de performance).

Les 100 premiers jours du Président Bolsonaro ont été marqués par des divergences au sein du gouvernement et par des difficultés à tracer les contours d’une coalition parlementaire. La réforme très attendue du système de retraites a toutefois été adoptée par l’assemblée après de difficiles négociations, et doit à présent être examinée par le Sénat. Il doit permettre de réduire significativement le déficit public du pays. Le Congrès a aussi approuvé une version profondément modifié de la proposition de loi visant à libéraliser le port d’armes au Brésil. Le gouvernement a annoncé que ses priorités futures concerneraient une réforme fiscale et une accélération des privatisations.

Sur le plan social, on assiste à une opposition de la part d’organisations environnementales et indigènes face à la politique gouvernementale (volonté d’assouplir les règles environnementales, de repousser la frontière agricole et de stimuler l’activité minière et pétrolière).

Situation économique

Confronté à une conjoncture délicate depuis plusieurs années, l’économie brésilienne peine à se relancer après deux années de forte récession en 2015 et 2016 (respectivement -3,8% et -3,6%). L’année 2017 marque le retour à la croissance, avec une performance limitée (+1%) qui se consolide timidement en 2018 (+1,1%). Le taux d’inflation est historiquement bas (3,7% en 2018 et 4,2% en 2019). La reprise devrait s’accélérer en 2019 (+2,3%), grâce notamment à la fin de l’incertitude politique. Les déséquilibres budgétaires croissants (déficit primaire chronique, autour de -2,3% du PIB en 2018), les difficultés à faire adopter les réformes économiques nécessaires et la chute de la demande externe pèsent toutefois sur ces prévisions encourageantes. Pour relancer l’économie, l’administration Bolsonaro entend accélérer la politique d’assainissement des finances publiques (réforme du système des retraites, programme de privatisation), de dérégulation et de réforme de la gouvernance monétaire (à travers une plus grande autonomie de la Banque Centrale notamment).

Certains États du pays se trouvent dans une situation financière très délicate, comme Rio de Janeiro et Rio Grande do Sul, placés en juin 2016 en situation de « calamité publique » pour ne pas pouvoir honorer le remboursement de leurs dettes, ainsi que le Minas Gerais et le Goias.

Malgré ses difficultés, le Brésil reste un grand émergent. Première économie de l’Amérique latine et 8ème PIB mondial, ce géant économique est doté d’indéniables atouts : des ressources naturelles abondantes (pétrole, gaz, minerais, potentiel hydro-électrique), associées à une industrie dynamique et diversifiée (industrie agro-alimentaire, biocarburants, aéronautique, automobile) et à une économie de services moderne. Depuis quelques années, l’Etat s’est engagé dans une stratégie de développement massif des infrastructures de transports, point faible traditionnel du pays, et d’augmentation de sa capacité de production électrique basée sur les énergies renouvelables (près de 80% de la production d’électricité). Il doit toutefois faire face à des faiblesses structurelles : coûts de production élevés, déficit chronique de travailleurs qualifiés, complexité et lourdeurs administratives.

Politique étrangère

Ces deux dernières années, la diplomatie brésilienne s’est concentrée sur :

  • la recherche d’une meilleure insertion du Brésil dans l’économie mondiale (ouverture du marché, politique d’attractivité, investissement dans la recherche et la technologie) ;
  • l’intégration sud-américaine (notamment à travers le Mercosur), avec pour piliers la disparition des barrières tarifaires, la sécurité aux frontières et la stabilité démocratique ;
  • l’ouverture de nouveaux « fronts » de coopération en Afrique et en Asie (au-delà des grands partenaires que sont la Chine et le Japon, avec les pays d’Asie du Sud-est et l’ASEAN) ;
  • la défense de l’ordre international basé sur des règles ;
  • un meilleur suivi de la communauté brésilienne de l’étranger (3 millions d’expatriés), avec notamment pour objectif de fluidifier les déplacements (programme de visa électronique signé avec les Etats Unis, le Japon, le Canada et l’Australie).

Sous l’impulsion du président Bolsonaro, le Brésil entend se repositionner sur la scène régionale et internationale, et vise un rapprochement avec les Etats-Unis, Israël, l’Italie, la Hongrie et la Pologne, ainsi qu’avec les pays latino-américains conservateurs. Pour l’heure, cette politique s’est notamment traduite par le retrait du Brésil du Pacte mondial pour les migrations sûres, ordonnées et régulières le 9 février 2019 ; par la fin de la coopération médicale avec Cuba ; et par l’ouverture d’un bureau diplomatique à Jérusalem. En dépit des annonces faites par le président Bolsonaro lors de sa campagne, le Brésil a indiqué à plusieurs reprises qu’il n’entendait pas se retirer de l’Accord de Paris sur le climat et honorerait ses engagements.

Mise à jour : 23.07.19

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