Présentation du Botswana

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Données générales

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Présentation du pays

Nom officiel : République du Botswana
Nature du régime : présidentiel
Chef de l’État : Mokgweetsi Masisi (depuis le 01/04/2018)

Données démographiques

Données démographiques (Banque mondiale, PNUD)
Population : 2,254 millions (Banque mondiale, 2018)
Croissance démographique : 1,9 %
Population vivant sous le seuil de pauvreté : 19,3 %
Prévalence du VIH : 25 % des 15/49 ans. 350 000 séropositifs.
Espérance de vie : 68 ans
Taux d’alphabétisation : 85 %
Indice de développement humain (PNUD, 2018) : 101e sur 188 (IDH : 0,717 ; 3e en Afrique subsaharienne après Maurice et les Seychelles)
Religions : Chrétiens en majorité (environ 72 %) et présence d’autres communautés : musulmane (originaire d’Asie du Sud-est ), hindouiste et bouddhiste

Données économiques

(Banque mondiale, DG Trésor)
PIB (Banque mondiale, 2017) : 17,4 Mds USD
PIB par habitant (Banque mondiale, 2017) : 7 596 USD (le double en parité de pouvoir d’achat)
Taux de croissance (Banque mondiale, 2017) : 2,4 % (4,3 % en 2016)
Taux de chômage : 17,4 % (2017)
Taux d’inflation : 3,5 % (2017)
Classement Doing Business de la Banque mondiale (2018) : 81e sur 190 pays.
Classement selon l’indice de la perception de la corruption de Transparency International (2017) : 34e sur 180 pays.
Part des principaux secteurs d’activités dans le PIB (Banque mondiale, 2017) :

  • Agriculture : 2 %
  • Industrie et mines : 30,2 % (dont mines 35 % environ)
  • Services : 67,8 % (dont 18 % gouvernement – 40 % des actifs sont fonctionnaires)
    Exportations de la France vers le Botswana (Douanes françaises, 2018) : 48,6 M € (+71 % sur la période 2014/18)

Importations françaises du Botswana (Douanes françaises, 2018) : 15,6 M€ (+214 % sur la période 2014/18 - à noter que ces chiffres sont minorés par le fait qu’une partie importante du commerce bilatéral transite par l’Afrique du Sud)

Éléments d’actualité

Politique intérieure

Le Botswana est une démocratie parlementaire stable et respectueuse des libertés individuelles. Le pays est souvent cité en exemple pour sa bonne gouvernance par la Fondation Mo Ibrahim, comme en atteste sa cinquième place du classement africain 2018. Dans le respect des dispositions constitutionnelles limitant la durée d’exercice du mandat présidentiel à dix ans, le président Ian Khama a démissionné le 31 mars 2018 et son vice-président de l’époque, Mokgweetsi Masisi, en poste depuis 2017, lui a succédé.

La victoire du Bostwana Democratic Party (BDP) aux élections parlementaires et l’élection de Mokweetsi Eric Masisi à la présidence de la République du Botswana ont été entérinées en octobre 2019. Les 57 sièges de l’Assemblée nationale se répartissent désormais de la façon suivante : Botswana Democratic Party (BDP) : 38 (+1 siège par rapport à 2014) ; Umbrella for a Democratic Change (UDC) : 15 (-2 sièges) ; Botswana Patriotic Front (BPF) : 3 (nouveau parti) ; Alliance for Progressives (AP) : 1. Le Parlement nouvellement élu s’est quant à lui réuni pour la première fois lundi 4 novembre 2019. Sans surprise, le président Masisi a proposé de reconduire M. Slumber Tsogwane, fidèle soutien, dans ses fonctions de vice-président. Le Parlement dispose de 63 députés, dont 47 sont élus pour la première fois. Seuls sept sièges sont occupés par des femmes. Celui-ci a réussi à conserver six circonscriptions sur les 19 de la région centrale, traditionnellement acquise à l’ancien président Khama et dont il est le chef tribal. Le BDP a réussi à regagner de nombreuses circonscriptions urbaines, et notamment la capitale, qui avaient été conquises par l’UDC lors des élections de 2014. Le BDP confirme sa présence massive dans les régions sud et ouest. Il s’agit d’un revers de taille pour l’opposition, dont les trois candidats présidentiels, Duma Boko, Ndaba Gaolathe et Biggie Butale, n’ont pas été réélus dans leurs circonscriptions respectives.

Le président de la République Mokgweeti Masisi s’est livré lundi 4 novembre 2019 à l’exercice du discours sur l’état de la Nation. Les principales lignes de son action seront l’économie (l’amélioration du climat des affaires, la facilitation de l’immigration et l’obtention de permis de travail) le développement des huit zones économiques spéciales, la création d’une loterie nationale, la construction de nouvelles infrastructures, notamment les lignes de chemin de fer. Le Président compte également renforcer la bonne gouvernance, réformer la constitution, réviser les portefeuilles ministériels, lutter contre la corruption, créer une Cour de justice dédiée, adopter diverses lois dont celle sur la déclaration des biens. Le président Masisi souhaite réformer le secteur de l’éducation et de la formation, lutter contre l’addiction aux drogues et à l’alcool, lutter contre les violences faites aux femmes et protéger les ressources naturelles et environnementales du pays.

Politique étrangère

La coopération de l’Union européenne est importante, notamment dans le secteur de l’éducation. Le dialogue politique, qui peut être parfois difficile sur des sujets comme la peine de mort, est poursuivi alors même que le volume des programmes de coopération du 11e FED a été très sensiblement réduit, du fait du statut de pays à revenu intermédiaire supérieur du Botswana (33 M €, contre 85 M € lors du 10e FED). Le Botswana a coordonné, au sein de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC), les négociations d’un Accord de partenariat économique (APE UE-SADC) signé avec l’UE le 15 juillet 2014, permettant le maintien de l’accès en franchise de droits et sans contingent des produits botswanais au marché européen.

Gaborone, historiquement impliquée dans l’intégration régionale, accueille le siège de la SADC. Le pays n’a plus de contentieux territorial majeur avec ses voisins depuis l’arrêt de la Cour internationale de justice sur la bande de Caprivi, disputée avec la Namibie (1999) et le traité de démarcation frontalière, signé avec ce même pays en février 2018. Le Botswana entretient notamment d’étroites relations avec l’Afrique du Sud, pour des raisons historiques, géographiques (enclavement) et économiques (dépendance industrielle, énergétique), son économie étant intrinsèquement liée par l’Union douanière d’Afrique australe (SACU). L’Afrique du Sud est de très loin son premier partenaire commercial (77 % du marché) et le premier investisseur étranger (80 % du stock).
Le Botswana renforce ses liens avec les grands pays émergents (Chine, Inde, Brésil, Russie), qui disposent chacun d’une représentation diplomatique à Gaborone.

Une relation se maintient également avec Cuba, qui a soutenu la lutte contre l’apartheid et l’indépendance du pays, notamment dans le secteur médical.

Situation économique

Avec un PIB de 19 Mds USD et une population de 2,3 M habitants en 2018, le Botswana est une petite économie. Il s’agit d’un des cinq pays les plus riches d’Afrique sub-saharienne, avec un PIB par habitant de 8 140 USD, classé par la Banque mondiale dans la catégorie des pays à revenu intermédiaire de la tranche supérieure. Avec un taux de croissance annuel moyen de 5 % depuis le début des années 2010, le pays croit plus vite que la moyenne des économies d’Afrique sub-saharienne (4,1 %). Cette dynamique a été soutenue par un cours du diamant élevé, un cadre institutionnel stable, une gouvernance solide et une politique budgétaire plutôt expansionniste. Elle s’explique aussi par une bonne gestion de la rente diamantifère, illustrée par la création en 1994 d’un fonds souverain, le Pula Fund. L’économie du pays est largement dépendante du secteur minier (environ 30 % du PIB en moyenne ces dernières années, mais soumis à des variations substantielles) et notamment du diamant (80 % des exportations en moyenne et jusqu’à 90 % comme en 2017, constituées en grande partie de production au Botswana mais aussi d’importations réexportées ; et 40 % des recettes fiscales). Bien que les industries extractives soient l’atout majeur du pays, elles entretiennent parallèlement le sous-développement des secteurs agricole (un peu plus de 2 % du PIB ces dernières années) et manufacturier (5,5 % du PIB). La croissance est ainsi peu créatrice d’emplois et le secteur public représente un poids non négligeable dans le PIB (troisième secteur, soit en moyenne 15 % du PIB depuis 2010) – en grande partie financé grâce à la rente diamantifère. C’est pourquoi le nouveau gouvernement affiche parmi ses priorités sa volonté d’accélérer la diversification de la base productive du pays grâce à une politique économique visant à favoriser l’investissement privé. Sur ce plan, on observe toutefois une montée en puissance du secteur du tourisme dont le poids dans le PIB est passé de 15 % en 2010 à près de 20 % en 2018. Sur le plan social, le pays souffre des mêmes maux que ses voisins : un niveau élevé de pauvreté (en dépit de progrès significatifs ces dernières années puisque 16,1 % de la population vivait avec moins de 1,9 USD par jour en 2018 contre 18,2 % en 2009), un taux de chômage élevé (environ 18 % de la population active) et des inégalités parmi les plus importantes au monde – avec l’Afrique du Sud et la Namibie. Néanmoins, le Botswana est le pays africain ayant l’Indice de développement humain (IDH) le plus élevé d’Afrique sub-saharienne – au 3e rang derrière les Seychelles et l’Ile Maurice – 101e sur 188 pays au niveau mondial. L’économie du Botswana est très volatile : après un taux de croissance record supérieur à 11 % en 2013, le PIB du pays s’est contracté de 1,7 % en 2015 avant de rebondir à 4,3 % en 2016. Le FMI a annoncé un taux de croissance de 3,9 % en 2019 et supérieur à 4 % au-delà, grâce notamment à des investissements qui devraient assurer la bonne performance des industries extractives – que ce soit la compagnie canadienne Lucara Diamond (mine de diamant Karowe) ou l’entreprise d’État Morupule Coal Mine (MCM – charbon). L’inflation botswanaise est restée exceptionnellement stable ces dernières années – avec un taux moyen annuel autour de 3 % depuis 2015 – permettant à la Banque centrale de mener une politique monétaire constante et relativement accommodante – avec un taux directeur de 5 % qui n’a pas évolué depuis octobre 2017. Pour 2019, le FMI a tablé sur un taux d’inflation légèrement supérieur à 3,6 % sous l’effet d’une hausse du prix des transports. Depuis 2017, les autorités ont mis en place une politique contra-cyclique visant à favoriser la diversification de l’économie vers les secteurs non-miniers.

Pour plus d’informations, consulter la fiche pays économique sur le site du Trésor

Mise à jour : 11.08.20

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