Relations bilatérales

Depuis les élections de 1990, la France a appelé à la reprise d’un processus politique permettant, par le dialogue, de parvenir à la réconciliation nationale et à l’établissement de la démocratie. La Birmanie connaît une transition politique depuis l’été 2011, initiée par le Président Thein Sein. Réalisées dans de bonnes conditions, les élections générales du 8 novembre 2015 ont conduit à la large victoire de la Ligue nationale pour la Démocratie (LND), parti d’Aung San Suu Kyi. Cette dernière cumule les fonctions de Ministre des Affaires étrangères, Ministre du Cabinet de la Présidence et de Conseillère pour l’Etat, poste créé spécifiquement pour elle. La France souhaite accompagner la transition démocratique menée par le gouvernement civil dirigé par Aung San Suu Kyi pour qu’elle se consolide et se pérennise. Face au drame des Rohingyas, la France continue à veiller avec ses partenaires à ce que les Nations Unies restent saisies de la situation des droits de l’Homme en Birmanie, et poursuit son dialogue avec les autorités birmanes à ce sujet.

Sur le plan humanitaire, la France continue de soutenir l’action des Nations Unies et des organisations non gouvernementales sur le terrain.

Son aide humanitaire s’élève à 7.7 millions d’euros depuis le début de la crise, qui s’ajoutent à une aide européenne de près de 94 millions d’euros.

Avec ses partenaires européens, la France a renforcé l’embargo sur les armes à destination de la Birmanie et a placé sous sanctions (gel des avoirs placés dans des banques européennes et interdiction de voyager sur le territoire européen), le 25 juin 2018, sept officiers supérieurs des forces armées et de la police des frontières, responsables de graves violations des droits de l’Homme envers la population rohingya. Le 21 décembre 2018, sept officiers supérieurs de l’armée et de la police des frontières ont été ajoutés à cette liste.

Les échanges commerciaux entre la France et la Birmanie sont en augmentation depuis 2012 : nos exportations vers la Birmanie sont passées de 19 M€ en 2012 à 129 M€ en 2017 et nos importations de 66,1 M€ à 224 M€. La France est le 12ème investisseur en Birmanie avec 0,7% du stock d’IDE. Le groupe Total est la principale implantation française. Il permet à la Birmanie d’exporter des quantités de gaz importantes vers la Thaïlande. La présence française s’est néanmoins diversifiée ces dernières années, les secteurs de la construction, du développement urbain, de l’énergie restant les mieux représentés. La France est très attachée à ce que les investissements s’effectuent conformément aux principes internationaux de responsabilité sociale et environnementale des entreprises.
Depuis 2012, l’AFD accompagne la Birmanie afin de lutter contre la pauvreté : le développement urbain (à Rangoun et Mandalay), l’énergie et la santé sont ses secteurs prioritaires d’intervention.

L’appui à la société civile birmane, notamment à la liberté d’expression et de la presse, constitue l’une de nos priorités pour soutenir la transition démocratique birmane. Notre engagement s’est matérialisé par la création de la première école de journalisme du pays en juillet 2014 et qui fait désormais référence ; une déclinaison en Birmanie du forum « convergences » a par ailleurs été organisée en 2017. Une grande partie de notre enveloppe globale de coopération est destinée au soutien de groupes défavorisés ou marginalisés en milieu urbain ou rural ainsi qu’à la coopération culturelle et linguistique développée par l’Institut Français de Birmanie (800 étudiants), et le Centre de français de Mandalay (près de 300 étudiants). La France a par ailleurs organisé en 2016 avec le gouvernement régional de Rangoun un festival d’arts de rue d’une ampleur inédite, « Mingalabar ! », qui a réuni près de 200 000 spectateurs en trois jours.

L’Institut français de Birmanie, qui a été le seul espace de liberté culturelle et artistique du pays pendant des décennies de dictature, organise des événements majeurs (festival du film de patrimoine « Memory », festival de photo-documentaires…) et introduit les technologies les plus modernes et les cultures numériques sur la scène artistique birmane (films 3D, festival de l’art numérique, opération de réalité virtuelle Micro-folie).

Une coopération culturelle existe depuis des décennies sur des projets archéologiques et paléontologiques, notamment via le travail de terrain de la mission archéologique française.

Mise à jour : 05.04.19

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