Vision commune du président de la République française, Emmanuel Macron et du premier ministre d’Australie, Malcolm Turnbull sur la relation franco-australienne (Sydney, 2 mai 2018)

1. La France et l’Australie sont aujourd’hui des partenaires fidèles prêts à affronter l’avenir. Nos liens étroits, noués sur les champs de bataille de la Première Guerre mondiale, sont plus forts que jamais au moment où nous saisissons de nouvelles opportunités et devons faire face à des défis mondiaux. Nos deux pays ont beaucoup en commun. Ce sont des démocraties dynamiques et ouvertes, fermement résolues à préserver l’ordre multilatéral fondé sur le droit ainsi qu’à promouvoir les droits de l’Homme et des échanges commerciaux transparents, libres et fondés sur des règles.

2. Les dirigeants ont affirmé nos valeurs économiques communes ainsi que notre engagement à travailler ensemble pour résister au protectionnisme, faire respecter les règles du système commercial mondial et contribuer à l’expansion d’un commerce mondial qui soutienne le développement durable. Ils sont convenus de renforcer leur coopération afin de faire face aux défis qu’affrontent actuellement l’OMC et son Organe de règlement des différends et de promouvoir les réformes auprès d’autres partenaires commerciaux, ainsi que d’améliorer et de faire appliquer plus efficacement les règles du système commercial mondial, pour éliminer les pratiques faussant les échanges commerciaux et favoriser des règles du jeu équitables. En ce qui concerne le commerce et l’investissement, notre relation bilatérale est forte et ne cesse de se renforcer, avec des échanges de biens et de services s’élevant à 5,6 milliards d’euros (9milliards de dollars australiens) et des investissements français en Australie atteignant plus de17,5 milliards d’euros (28milliards de dollars australiens).

3. Les dirigeants sont convenus d’œuvrer au lancement rapide des négociations d’un accord de libre-échange entre l’Union européenne et l’Australie, qui concrétiserait notre engagement à ouvrir les marchés et un système commercial fondé sur des règles et s’appuyant sur l’Organisation mondiale du commerce, tout en renforçant considérablement nos liens commerciaux et d’investissement, pour le bénéfice des deux parties. Cet accord de libre échange promouvra des normes environnementales, sociales et sanitaires élevées, en reconnaissance de nos engagements multilatéraux communs, y compris l’application effective de l’Accord de Paris. Ils ont réaffirmé leur engagement de mettre en œuvre les accords multilatéraux auxquels ils sont parties dans le domaine de l’environnement.

4. En 2016, nous avons annoncé notre partenariat visant à réaliser le programme des futurs sous-marins australiens au cours des cinquante prochaines années. À cet effet, nous envisageons une coopération industrielle stratégique de long terme, non seulement dans le domaine de l’industrie de défense mais également dans toute une série de secteurs économiques.

5. En reconnaissance de nos liens forts et croissants en matière de commerce et d’investissement, les dirigeants sont convenus de mettre en place un dialogue ministériel franco-australien annuel en matière de commerce et d’investissement, afin d’élargir et d’approfondir les liens et la coopération économiques, y compris en ce qui concerne l’accord de libre-échange entre l’Union européenne et l’Australie et le programme des futurs sous-marins.

6. La France et l’Australie sont toutes deux fermement engagées dans le combat contre l’évasion fiscale internationale, en particulier via la mise en œuvre généralisée et rapide des recommandations du G20 et de l’OCDE concernant l’érosion de la base d’imposition et le transfert de bénéfices (BEPS), et soutiennent les travaux menés actuellement aux fins d’adapter le système fiscal international aux défis fiscaux engendrés par l’économie numérique.

7. Nos deux pays sont attachés à la promotion de l’égalité entre les femmes et les hommes et de l’autonomisation des femmes dans nos politiques nationales et notre action internationale. La France et l’Australie chercheront à identifier des occasions de coopérer pour faire progresser l’égalité via notre politique étrangère et nos programmes d’aide.

8. La France et l’Australie sont toutes deux résolument engagées dans la lutte contre les menaces communes qui pèsent sur un ordre mondial pacifique, prospère et fondé sur des règles : terrorisme, extrémisme violent, cyberattaques, ingérences étrangères, changement climatique, dégradation environnementale, protectionnisme commercial et érosion de l’état de droit. Aujourd’hui, nous élevons notre relation à un nouveau niveau en approfondissant et en élargissant notre coopération.

9. Les dirigeants sont convenus de lancer une initiative baptisée AFiniti (Australie France INITIative) visant à soutenir leur vision de la relation bilatérale et à établir une relation durable et prospère dans tous les domaines de développement humain. Cela fait suite à la signature enmars2017 de la Déclaration conjointe de rehaussement de notre partenariat stratégique.

10. Les dirigeants ont chargé leurs ministres des Affaires étrangères de mener cette entreprise en collaboration avec d’autres ministres, afin d’identifier et de mettre en œuvre des initiatives nouvelles et innovantes. Les industries de défense, la science, la technologie, les écosystèmes de start-ups, l’espace, le commerce et l’investissement, l’environnement et les activités de coopération maritime représentent quelques uns des domaines dans lesquels nos deux pays travailleront de concert. Les ministres des Affaires étrangères superviseront l’élaboration d’un rapport destiné aux dirigeants d’ici à la fin 2018.

Coopération en matière de défense

11. Réaffirmant leur attachement mutuel à l’approfondissement de la coopération bilatérale en matière de défense, les deux dirigeants notent avec satisfaction l’engagement fort et constant de nos deux nations à garantir des approches communes face aux défis de sécurité mondiale et la collaboration sur des capacités clés. Ils ont également salué le partenariat noué entre la France et l’Australie dans la réalisation du programme des futurs sous-marins australiens afin de garantir le succès de sa mise en œuvre, et prennent note de la nécessité de conclure un accord de partenariat stratégique solide et durable entre le Commonwealth d’Australie et Naval Group, ainsi qu’un accord intergouvernemental contraignant en matière de sécurité sociale dans les mois à venir.

12. Les dirigeants se sont félicités de la signature de l’Accord bilatéral relatif à la fourniture de soutien logistique mutuel entre les forces armées françaises et les forces de défense australiennes visant à renforcer leur interopérabilité. Cet accord est emblématique de la profondeur et de la maturité stratégiques des relations entre la France et l’Australie en matière de défense.

13. La France et l’Australie sont convenues d’organiser un symposium du secteur des industries de défense sous la direction de la ministre française des Armées et du ministre australien des Industries de défense ainsi que des représentants de leurs administrations et des industries de défense, afin de promouvoir une coopération mutuellement bénéfique dans ce domaine.

14. Les deux pays sont convenus de travailler ensemble au développement d’une main-d’œuvre formée et qualifiée de manière appropriée pour soutenir leur étroite collaboration dans l’industrie navale australienne.

Coopération dans l’indopacifique

15. Les deux dirigeants ont réaffirmé l’importance de leur coopération dans la région indopacifique. La France et l’Australie ont un intérêt commun à promouvoir le respect des règles et des normes internationales, la liberté de navigation et de survol, le respect des droits de tous les États, la résistance à la contrainte, le règlement pacifique des différends et l’ouverture des marchés pour faciliter la libre circulation des biens, des capitaux et des idées dans la région.

16. Ils sont convenus de renforcer cet engagement dans toute la région en y développant des activités de coopération maritime dans les années à venir, y compris au travers d’exercices d’opportunité avec le groupe aéronaval Charles de Gaulle et une participation australienne aux futurs déploiements de la mission Jeanne d’Arc dans la région indopacifique.

17. Les deux dirigeants se sont engagés à renforcer l’architecture de la région de l’océan Indien et à développer la coopération régionale en matière de sécurité commune et d’autres défis. Ils ont décidé en particulier de coopérer étroitement et avec des partenaires ayant des intérêts similaires pour renforcer la sécurité maritime régionale. Ils sont convenus d’associer plus largement d’autres partenaires stratégiques à la coopération croissante entre la France et l’Australie dans la région indopacifique en tant que de besoin, et sont disposés à mettre en place des dialogues trilatéraux ou d’autres dialogues de haut niveau à cet effet.

18. Les deux dirigeants ont salué la contribution apportée par l’Union européenne sur les questions de sécurité, notamment dans l’océan Indien, la région Pacifique et en Asie du Sud-Est. Ils ont appelé à approfondir la coopération entre l’Union européenne et l’Australie dans ce domaine, en particulier dans le contexte de l’Accord-cadre et de l’Accord-cadre de participation entre l’Union européenne et l’Australie. Ils ont plaidé pour une implication accrue de l’Union européenne dans la région indopacifique, y compris par l’intermédiaire des processus pertinents conduits par l’ASEAN.

19. Ils se sont félicités de notre solide partenariat dans le Pacifique, où nous travaillons en étroite collaboration pour renforcer les capacités régionales en matière de sécurité et coordonner les opérations humanitaires et de secours en cas de catastrophe.

20. Reconnaissant les effets croissants des événements climatiques destructeurs dans le Pacifique, et renouvelant leur ferme engagement à fournir soutien et assistance à leurs partenaires de la région, les dirigeants ont salué la coopération à l’œuvre actuellement dans le cadre de l’Accord FRANZ pour répondre aux crises humanitaires dans le Pacifique. Les dirigeants sont convenus d’améliorer la coordination de l’aide, notamment en renforçant les réponses intégrées à la fois civiles et militaires, et de coordonner les interventions internationales en cohérence avec les orientations des gouvernements du Pacifique.

Coopération en Antarctique et dans l’océan Austral

21. Les deux dirigeants ont renouvelé leur attachement au système du Traité de l’Antarctique et à son rôle de garant de la liberté de la recherche scientifique, qui réserve l’Antarctique exclusivement à des fins pacifiques et à la protection de son environnement, et interdit notamment toute activité relative aux ressources minérales, autre que la recherche scientifique.

22. Ils se sont félicités de la collaboration étroite et durable entre la France et l’Australie visant à soumettre à la Commission pour la conservation de la faune et de la flore marines de l’Antarctique (CCAMLR) une proposition de création d’une aire marine protégée dans l’Antarctique de l’Est, afin de garantir la protection de la biodiversité et la résilience des écosystèmes marins.

23. Ils ont salué les mesures encourageantes lancées en vue de renforcer ensemble l’exercice des pouvoirs de police dans le cadre du contrôle des pêches dans l’océan Austral, ainsi qu’à soutenir la sécurité de nos territoires respectifs dans la région.

24. Les deux dirigeants se sont félicités de l’importance de la coopération logistique existant entre les deux pays s’agissant de l’Antarctique, qui inclut la mise à disposition de nos stations respectives. Ils se sont félicités des possibilités de collaboration scientifique et éducative offertes à l’avenir par l’installation de L’Astrolabe, nouveau navire brise-glace français, en Tasmanie.

25. Ils ont également salué la poursuite de la vaste coopération scientifique entre les deux pays. Ils se sont félicités du possible approfondissement de la coopération en matière de recherche sur les carottes de glace, susceptible de produire des bénéfices majeurs en climatologie.

Coopération en matière de sécurité et de renseignement

26. Les deux dirigeants ont souligné la profonde confiance réciproque entre les deux pays et ont rappelé l’importance du développement de nos partenariats en matière d’échange d’information, de cybersécurité, de lutte contre le terrorisme et contre les ingérences étrangères.

27. Les dirigeants ont réaffirmé leur détermination commune, en collaboration avec d’autres partenaires, à vaincre Daech, Al-Qaïda et d’autres organisations terroristes et à promouvoir la paix et la stabilité au Moyen-Orient et en Afrique du Nord.

28. Ils ont reconnu la menace commune que les groupes terroristes font peser sur la cohésion nationale et ont évoqué les enseignements pouvant être partagés entre nos pays en matière de lutte contre la propagande terroriste, de prévention des attentats et de réponse efficace à ces derniers ainsi que de lutte contre le financement du terrorisme.

29. L’Australie salue l’organisation par la France de la Conférence « No money for terror » à Paris les25 et26avril2018. Les organisations internationales et les États participants ont réaffirmé leur engagement fort contre le financement du terrorisme et ont identifié des actions permettant de le combattre plus efficacement. L’Australie accueillera la prochaine conférence en2019 dans le but de limiter l’accès des terroristes au financement et d’empêcher d’autres attentats terroristes dans le monde.

30. Les deux dirigeants ont exprimé leurs inquiétudes face à la menace grave et persistante que les programmes de missiles balistiques et nucléaires nord-coréens font peser sur la paix et la sécurité régionales et mondiales. Ils ont exhorté la Corée du Nord à respecter immédiatement et pleinement les obligations lui incombant en vertu de toutes les résolutions pertinentes du Conseil de sécurité des Nations Unies. Ils se sont engagés à travailler ensemble pour garantir la mise en œuvre et le respect pleins et entiers des résolutions du Conseil de sécurité et ont appelé tous les États membres de l’ONU à faire de même.

31. Ils ont réaffirmé leur soutien à la dénucléarisation complète, vérifiable et irréversible de la Corée du Nord. Ils sont convenus de maintenir une pression diplomatique et économique maximale jusqu’à ce que la Corée du Nord ait pris de réelles mesures dans ce but. Les deux dirigeants ont salué la réunion au sommet entre les chefs d’État des deux Corée, ainsi que le sommet à venir entre les États-Unis et la Corée du Nord, et ont mentionné la Déclaration de Panmunjom, qui s’engage à établir la paix dans la péninsule coréenne comme une étape vers l’objectif de dénucléarisation.

32. Les dirigeants ont condamné l’utilisation d’armes chimiques, notamment les attaques abominables en Syrie et au Royaume-Uni, qui violent le droit international, y compris la Convention sur l’interdiction des armes chimiques. Ils ont condamné dans les termes les plus vifs l’utilisation d’un agent innervant lors de l’attaque de Salisbury et ont réaffirmé leur solidarité avec le Royaume-Uni et avec l’analyse britannique concluant à une responsabilité hautement probable de la Fédération de Russie. Ils sont convenus de la nécessité de faire respecter la norme interdisant l’utilisation d’armes chimiques et de faire rendre des comptes aux responsables, notamment via le Partenariat international contre l’impunité d’utilisation d’armes chimiques, dirigé par la France, dont la prochaine réunion aura lieu les17 et18mai2018 et dont l’Australie est un membre fondateur.

33. Les deux dirigeants ont apporté leur soutien au maintien du Plan d’action global commun (JCPoA) avec l’Iran sur le nucléaire, tout en formulant des inquiétudes à propos du programme de missiles balistiques et des activités régionales de l’Iran.

Cybercoopération

34. Alors que la dépendance aux réseaux mondiaux des technologies de l’information et de la communication s’accentue, le potentiel de perturbation des activités malveillantes en ligne est considérable et ne cesse de croître, que celles-ci soient l’œuvre d’acteurs étatiques ou de personnes à leur solde, de réseaux criminels ou de terroristes.

35. Comme de nombreux pays, la France et l’Australie s’inquiètent de la volonté accrue d’acteurs étatiques et non étatiques de poursuivre leurs objectifs en menant en ligne des activités malveillantes et contraires aux lois et aux normes internationales. L’ordre international fondé sur des règles doit être respecté en ligne, comme il l’est dans les échanges réels.

36. Les dirigeants ont réaffirmé leur attachement à un cyberespace ouvert, libre et sûr, sous-tendu par un cadre international de stabilité basé sur l’application du droit international en vigueur, des normes volontaires agréées de comportement responsable des États et des mesures de renforcement de la confiance, et soutenu par un renforcement des capacités dans le cyberespace.

37. La France et l’Australie ont réaffirmé que le droit international en vigueur s’applique aux activités des États dans le cyberespace, notamment le droit relatif à l’usage de la force, le droit international humanitaire, le droit international des droits de l’Homme et le droit international concernant la responsabilité des États. Nous réaffirmons que la Charte des Nations Unies s’applique dans sa totalité aux activités des États dans le cyberespace.

38. Nous continuerons de promouvoir l’opérationnalisation des normes de comportement responsable des États recommandées par le rapport2015 du Groupe d’experts gouvernementaux des Nations Unies chargé d’examiner les progrès de l’informatique et des télécommunications dans le contexte de la sécurité internationale. Nous appelons l’attention en particulier sur la règle d’interdiction d’utilisation d’outils informatiques pour endommager des infrastructures essentielles ou altérer leur utilisation et leur fonctionnement de façon intentionnelle en temps de paix. Nous rappelons l’obligation des États de répondre aux demandes pertinentes d’atténuer les activités malveillantes en ligne qui visent les infrastructures essentielles d’un autre État et proviennent de leur territoire.

39. Les dirigeants se sont félicités de la signature d’un accord visant à approfondir la coopération entre leurs organismes opérationnels respectifs en charge de la cybersécurité. Considérant l’importance accordée par les deux pays à l’efficacité des réponses apportées aux incidents informatiques importants, ils sont convenus d’étudier des moyens d’améliorer le partage immédiat d’informations et de travailler ensemble à des réponses efficaces à ces incidents. Ils sont également convenus de travailler en étroite collaboration dans les enceintes internationales afin de plaider en faveur de réponses plus fortes aux défis mondiaux liés à l’informatique.

40. Ces défis sont d’envergure mondiale : nos réponses doivent donc l’être également. Les dirigeants sont convenus de travailler ensemble pour faciliter une action coordonnée plus forte au niveau mondial, afin d’empêcher les incidents informatiques qui causent des dommages considérables et d’y répondre. Ils se sont engagés à coopérer afin de préserver un environnement en ligne pacifique et stable qui stimule la croissance économique, promeut la stabilité internationale et protège la sécurité nationale.

41. Les dirigeants ont reconnu que les acteurs étatiques ne sont pas les seuls à dépasser les limites d’un comportement acceptable dans le cyberespace. L’Internet est de plus en plus utilisé à des fins malveillantes par des terroristes, des pédophiles et des groupes criminels. Comme convenu lors duG20 de2017, les lois en vigueur hors ligne devraient également s’appliquer en ligne. Nous sommes attachés à garantir l’existence de cadres visant à préserver la sécurité des populations tout en faisant respecter les droits et les libertés fondamentales. À cet égard, les dirigeants ont réitéré leur attachement commun à la Convention de Budapest sur la cybercriminalité

42. Les gouvernements ne peuvent relever seuls les défis de l’âge du numérique. Nous travaillerons ensemble, main dans la main avec les entreprises, pour protéger la population contre ceux qui souhaitent lui nuire en utilisant l’Internet à des fins malveillantes. Nous continuerons à travailler en étroite collaboration avec les entreprises de médias sociaux, de technologie et de télécommunications et nous les exhorterons à redoubler d’efforts pour réduire les risques pesant sur la sécurité numérique, garantir la confiance dans l’écosystème numérique mondial et protéger leurs utilisateurs.

Coopération dans le domaine des sciences et technologies, de l’innovation et de l’enseignement supérieur

43. Les deux dirigeants ont salué le maintien d’une coopération de haut niveau dans le domaine des sciences et technologies, de l’innovation et de l’enseignement supérieur, fondée sur l’accord culturel et l’accord de coopération scientifique et technique signés entre la France et l’Australie, respectivement en 1977 et en 1988. Ils sont convenus de continuer de renforcer la relation entre les deux pays dans le domaine de l’enseignement supérieur ainsi que des sciences et de l’innovation au moyen, pour ces deux derniers domaines, de la feuille de route identifiant des thématiques prioritaires pour nos pays à compter de 2018.

44. Ils se sont félicités de la collaboration accrue entre universités, instituts de recherche, entreprises et communautés de France et d’Australie dans une série de domaines, en particulier :

a. la coopération dans l’industrie navale, avec notamment le lancement du programme d’accélération « Maritime Connections Days in Australia », qui vise à stimuler les investissements français dans l’industrie navale australienne et à renforcer les partenariats entre nos industries navales ;

b. la coopération dans le domaine de l’espace entre l’agence spatiale française et les institutions australiennes de recherche, notamment en matière d’observation de l’espace et de la terre et d’utilisation des données d’observation de la terre pour faire face aux grands enjeux de société ;

c. des initiatives pour agir ensemble dans le domaine des sciences et technologies, afin de mener notre mission commune de préservation des récifs coralliens et des écosystèmes associés partout dans le monde ;

d. la coopération entre l’Institut polaire français et le gouvernement australien sur la climatologie en Antarctique.

45. Les dirigeants se sont engagés à étudier les moyens de renforcer la coopération dans le domaine des sciences, de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation, et notamment la mobilité des étudiants et des chercheurs en cohérence avec nos priorités et stratégies nationales respectives.

Coopération dans le domaine spatial

46. Les dirigeants se sont félicités de la lettre d’intention signée enseptembre dernier entre le Centre national d’études spatiales (CNES) et le ministère australien de l’Industrie, de l’Innovation et des Sciences (DIIS), et ont exprimé leur volonté d’étendre la coopération dans le domaine de l’espace, en vue de renforcer la relation via l’identification de sujets d’intérêt commun, ainsi que de sujets d’intérêt dans le futur pouvant déboucher sur des collaborations dans le secteur spatial. Les deux dirigeants sont convenus de poursuivre cette importante coopération une fois que l’agence spatiale australienne aura été établie.

Coopération en matière éducative et culturelle

47. Notant avec satisfaction l’importance des nombreux échanges culturels, linguistiques et éducatifs qui se sont développés ces dernières années entre les deux pays, en particulier au niveau de la société civile et des jeunes, les deux dirigeants s’engagent à œuvrer au renforcement des liens éducatifs et culturels entre les peuples français et australien, en particulier leur jeunesse, ainsi qu’à encourager, le développement de programmes multilingues dans les établissements scolaires et les arts.

Coopération en matière de mémoire partagée de la Première Guerre mondiale

48. Rappelant la place de la mémoire partagée de la Première Guerre mondiale dans l’amitié franco-australienne, les deux dirigeants ont salué l’inauguration du centre Sir John Monash à Villers-Bretonneux et sont convenus de mettre en place un programme conjoint de coopération à l’appui d’échanges culturels, scientifiques, pédagogiques et touristiques liés à cette mémoire partagée.

Coopération en matière d’environnement et de lutte contre le changement climatique

49. Les deux dirigeants ont rappelé la nécessité urgente d’agir à l’échelle mondiale contre le changement climatique. Ils ont renouvelé leur engagement en faveur du développement durable et de la protection de l’environnement.

50. Ils ont réaffirmé leur attachement commun à l’Accord de Paris et ont appelé à le mettre en œuvre de façon rapide et complète. À cet effet, ils ont souligné qu’il importait de finaliser les règles d’application de l’Accord de Paris à laCOP24 et de mettre en œuvre rapidement leurs contributions déterminées au niveau national (NDCs). Ils ont reconnu le dialogue de Talanoa comme un moment opportun pour faire le point sur l’efficacité de l’action climatique collective et sur les efforts mondiaux nécessaires pour atteindre les objectifs à long terme de l’Accord de Paris. Ils sont conscients du fait que les résultats du dialogue de Talanoa seront cruciaux pour l’accomplissement de notre ambition ainsi que pour les contributions déterminées au niveau national.

51. Ils ont souligné le soutien concret apporté par leurs deux pays à ces objectifs, sur le plan mondial comme régional, en particulier grâce aux initiatives de l’Agenda de l’action, comme celles relatives aux Systèmes d’alerte précoce aux catastrophes du climat (CREWS), le Partenariat pour les contributions déterminées au niveau national et l’Alliance solaire internationale.

52. Les dirigeants sont convenus de l’importance de l’action des acteurs économiques et des institutions financières pour assurer la transition vers une économie globale à faible émission de gaz à effet de serre et plus résiliente aux changements climatiques, et en particulier du besoin d’accentuer les efforts pour faciliter la mobilisation des financements privés. Ils ont pris acte des efforts respectifs fructueux réalisés en ce sens, tels que l’ensemble de l’agenda porté par la France en matière de finance verte et la Clean Energy finance corporation australienne. Ils sont convenus de renforcer la coopération pour mobiliser les financements privés en faveur du climat.

53. La France et l’Australie agissent également ensemble pour trouver des stratégies ambitieuses de réduction des gaz à effet de serre dans le secteur des transports aériens et maritimes, notamment au sein de l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI) et de l’Organisation maritime internationale (OMI), et se félicitent de l’adoption d’une stratégie ambitieuse par cette dernière, comme le promeut la déclaration « Tony de Brum », à laquelle nos deux pays ont adhéré lors du One Planet Summit.

54. Les dirigeants ont affirmé leur engagement commun à œuvrer ensemble pour la durabilité de la planète, la lutte contre le changement climatique et la défense de l’environnement. Ils sont convenus d’améliorer la coordination des activités liées à l’adaptation et à la biodiversité dans le Pacifique. Ils coordonneront des activités de gestion des écosystèmes, de gestion intégrée des zones côtières, de lutte contre les espèces exotiques envahissantes et de promotion du développement durable dans le cadre des mécanismes existants comme le Programme régional océanien de l’environnement (PROE). Ils sont convenus de travailler ensemble pour améliorer la résilience aux catastrophes naturelles, notamment en renforçant les normes des infrastructures et les codes de la construction et en collaborant avec les banques multilatérales de développement pour définir et mettre en œuvre ces normes dans le Pacifique.

55. Ils ont salué les résultats obtenus par la présidence française de l’Initiative internationale pour les récifs coralliens (ICRI). L’Australie, qui co-présidera cette initiative avec Monaco et l’Indonésie en2018-2019, se réjouit de poursuivre ce travail en faveur de la protection et de la conservation des récifs coralliens.

56. La France et l’Australie sont des leaders mondiaux s’agissant de l’étude des récifs coralliens. Ils sont convenus de travailler en étroite collaboration par l’intermédiaire de l’ICRI, notamment en mobilisant d’autres nations du Pacifique et en complétant les activités de renforcement des capacités de gestion des récifs actuellement menées par la France et l’Australie dans le Pacifique.

57. En suivant cette dynamique, les dirigeants se sont engagés à approfondir notre collaboration et à travailler ensemble pour comprendre l’auto-résilience des récifs coralliens dans toute la région du Pacifique, y compris via une étude, co-financée sur trois ans, sur la résilience des récifs dans le Pacifique, qui visera également à renforcer les capacités des pays du Pacifique en matière de compréhension des facteurs favorisant l’auto résilience des récifs. Ils sont convenus de développer des actions concrètes en vue de construire la connaissance scientifique, et de permettre aux pays en développement, en particulier dans le Pacifique, d’avoir accès aux pratiques innovantes de gestion des récifs. Ils sont convenus d’étudier des moyens de coopérer via leurs efforts de recherche respectifs, notamment par l’intermédiaire du Programme australien de restauration et d’adaptation des récifs (Reef Restoration and Adaptation Program, RRAP), pour mieux comprendre l’auto-résilience des récifs.

58. Ils souhaitent mener un dialogue constructif sur un « Pacte mondial pour l’environnement » visant à compléter le droit international de l’environnement et à en améliorer la cohérence, notamment en ce qui concerne son application.

59. En tant que membres fondateurs de l’Alliance solaire internationale, ils sont convenus d’étudier les possibilités de collaboration dans la région Indopacifique. Cette collaboration devrait inclure la mise en place d’une formation de troisième cycle en ingénierie solaire adaptée spécifiquement à la situation des îles du Pacifique, ainsi que d’une formation au secteur solaire gratuite et en ligne destinée aux décideurs, dans le cadre du programme « Centre de ressources sur les applications de la technologie solaire » (Solar Technology Application Resource Center – STAR-C) de l’Alliance solaire internationale.

60. Ils ont salué le projet de cartographie des risques environnementaux dans la partie méridionale de l’océan Indien et dans l’océan Austral, qui permettra de comprendre et d’anticiper les conséquences des phénomènes climatiques en matière de sécurité.

Ils souhaitent associer la jeunesse à l’action climatique et sensibiliser davantage les jeunes à la protection de l’environnement et des océans et notent que le projet éducatif et linguistique « Shared Planet 2018-2021 » est un moyen d’y p

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