Les relations économiques entre la France et la région Asie - Océanie

Des marchés qui demeurent très hétérogènes et souvent complexes

Le potentiel des marchés en Asie-Océanie ne doit pas occulter leur très grande hétérogénéité en matière de facilité d’accès pour des entreprises étrangères qui souhaitent les aborder. Si certaines économies figurent parmi les plus avancées au monde, tant en matière de facilité à y faire des affaires que de lutte contre la corruption (Singapour), un grand nombre d’entre elles continuent de pratiquer des formes de protectionnisme se traduisant notamment par l’imposition aux entreprises étrangères de barrières non-tarifaires et d’obligations juridiques particulières (association à des entreprises locales, transferts de technologie forcés, etc.). Ainsi les marchés asiatiques sont attractifs mais leur « coût » d’accès demeure souvent très élevé.

Classement « Doing Business » (Banque mondiale, 2017) – un panorama asiatique

Des échanges commerciaux déséquilibrés

Les échanges commerciaux de la France avec l’Asie-Océanie s’élevaient à 157 Milliards d’Euros en 2017 : 64 Milliards d’Euros d’exportations et 92,8 Milliards d’Euros d’importations. Le déficit de la balance commerciale française avec la grande région s’élevait donc à 28,8 Milliards d’Euros fin 2017, un résultat en légère diminution par rapport à l’année précédente mais représentant néanmoins une part significative du déficit global de la France (62,3 Milliards).

La situation doit toutefois être nuancée selon les sous-régions. De manière schématique, nos échanges sont équilibrés avec l’ASEAN et avec l’Inde. Ils sont excédentaires avec les pôles commerciaux régionaux (Hong Kong, Singapour) et avec l’Océanie (l’Australie est notre 7e excédent commercial, avec 1,3 Mds EUR en 2017), tandis qu’ils demeurent structurellement déficitaires avec le Japon (déficit de 3,5 Mds EUR en 2017) et surtout avec la Chine continentale (le premier déficit bilatéral mondial, à 30 Mds EUR fin 2017).

Dans un contexte récent marqué par la stagnation, voire une légère diminution des échanges commerciaux de la France entre 2015 et 2016, la zone Asie-Océanie fait figure d’exception, avec des marchés dont le dynamisme ne se dément pas. Entre 2016 et 2017, les exportations comme les importations françaises ont ainsi progressé dans la totalité des zones de la région, avec un rythme particulièrement soutenu de hausse des exportations françaises vers l’Asie méridionale (+31 %) et l’Asie du Nord et de l’Est (+16,9 %).

Les échanges de services sont pour leur part à l’avantage global de la France. La balance des services est en effet structurellement excédentaire avec l’Asie et l’Océanie (+3,6 Mds EUR en 2016). Mais là encore, ce résultat masque d’importantes disparités. Si le solde français est excédentaire vers le Japon, la Corée du Sud et l’Australie, il est en revanche structurellement déficitaire vis-à-vis de Hong Kong, de l’Inde et est passé d’excédentaire à déficitaire avec la Chine entre 2014 et 2015.

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Japon 2013 - © F. de La Mure / MEAE

Des marchés offrant de nombreux débouchés aux entreprises françaises

En 2017, on recensait en France 31 902 entreprises ayant exporté vers l’Asie, un chiffre en légère augmentation par rapport à 2016 (31 455). Un quart des entreprises exportatrices françaises vend désormais à cette région du monde, à un niveau quasi équivalent à celui de l’Amérique du Nord.
Les exportations françaises du secteur aéronautique représentent près de 30 % de l’ensemble des exportations de la France à destination de l’Asie-Océanie. Viennent ensuite les exportations de produits de luxe (maroquinerie, parfums) (9 % des exportations), les produits pharmaceutiques (7 %), les vins et spiritueux (6 %). L’automobile, les équipements électriques et électroniques, l’agroalimentaire (hors vins et spiritueux) constituent également, de manière traditionnelle les premiers postes d’exportations françaises vers l’Asie.

La France, première puissance économique européenne en Asie-Océanie

S’agissant des investissements, le stock d’actifs détenus par la France en Asie-Océanie a été multiplié par sept en une quinzaine d’années, passant de 16 milliards d’Euros fin 2000 à plus de 113 milliards d’Euros fin 2016. Leur dynamique soutenue les a fait passer dans cet intervalle de temps de 4 % à 10 % du stock des IDE français dans le monde. En termes de flux, les IDE français en Asie-Océanie sont en hausse continue depuis 2000 et s’établissent en moyenne aux alentours de 4 milliards d’Euros par an, selon la Banque de France.

Selon Eurostat, on recensait en 2015 un total de 7 175 filiales d’entreprises françaises implantées en Asie-Océanie. Ces entreprises y réalisaient un chiffre d’affaires consolidé de 233 Mds d’Euros et y employaient 1 286 193 personnes. Ce résultat place la France en tête des pays européens en termes de nombre d’entreprises présentes en Asie-Océanie et en termes d’emplois, et au deuxième rang du chiffre d’affaires généré dans la région, derrière l’Allemagne.

Une progression récente mais forte des investissements originaires d’Asie-Océanie en France

Bien que demeurant à des niveaux modestes en valeur absolue, les investissements d’Asie-Océanie en France ont progressé de façon substantielle au cours des dernières années. Ils étaient de 4,2 milliards d’Euros en 2000 mais s’établissaient fin 2016 à 33,6 Milliards d’Euros. Le Japon demeure le premier investisseur de la région en France, détenant près de la moitié de ce stock d’actifs, mais l’on constate depuis plusieurs années une progression soutenue du nombre d’opérations réalisées par des entreprises et institutions financières chinoises. Selon Business France, 14 % des décisions d’investissement en France sont le fait d’investisseurs originaires d’Asie-Océanie, plaçant la zone au 3e rang derrière l’UE (60 % des décisions d’investissement) et l’Amérique du Nord (22 %).

(Mise à jour : juin 2018)

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