Coopération universitaire et scientifique

La coopération universitaire et scientifique constitue un autre axe prioritaire de la diplomatie d’influence française en Asie et en Océanie. Malgré la forte hétérogénéité de cette région, de nombreux pays se sont dotés de système d’enseignement supérieur de grande qualité ainsi que d’écosystèmes de recherche et d’innovation de plus en plus performants. La région Asie-Océanie est ainsi une zone de premier plan en termes d’échanges universitaires et scientifiques.

Dans un souci d’intérêt mutuel, la France cherche à développer avec les pays d’Asie et d’Océanie une coopération d’excellence permettant aux étudiants de venir se former en France à tous les niveaux, et aux chercheurs de nouer des collaborations de haut niveau.

Coopération scientifique et réseaux des centres de recherche français

La promotion de la recherche et de la coopération scientifique est pilotée, en fonction des dispositifs diplomatiques de chaque pays, par les services de coopération et d’action culturelle (SCAC), les services pour la science et la technologie (SST). Des travaux de veille scientifique et de valorisation de l’expertise et des savoir-faire français sont également confiés aux missions diplomatiques.

Les Partenariats Hubert Curien (PHC)

La France développe des partenariats bénéficiant de cofinancements de la part du pays partenaire, à l’instar des programmes « Partenariat Hubert Curien » (PHC), financés et pilotés en France par le ministère de l’Europe et des affaires étrangères en liaison avec le ministère de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation. Ces programmes soutiennent la mobilité des chercheurs et favorisent l’émergence de collaborations autour de projets de recherche conjoints
En 2017, 13 partenariats Hubert Curien et programmes assimilés, ont été mis en place avec 11 pays d’Asie et d’Océanie. Des appels à projets sont lancés régulièrement et simultanément en France et dans le pays partenaire. La gestion des PHC pour la partie française est confiée à Campus France.

Les instituts français de recherche en sciences humaines et sociales à l’étranger (UMIFRE)

Le ministère de l’Europe et des affaires étrangères assure la tutelle du réseau desUMIFRE en partenariat avec le Centre national de la recherche scientifique (CNRS).

6 UMIFRE sont basés ou actifs en Asie et en Océanie :

  • la Maison franco-japonaise (MFJ) à Tokyo, dont la zone de compétence couvre le Japon, la Corée du Nord, la Corée du sud et la Mongolie).

Le Centre franco-indien pour la promotion de la recherche avancée (CEFIPRA)

La France a mis en place avec l’Inde un dispositif unique, financé à parité entre les deux pays : le Centre franco-indien pour la promotion de la recherche avancée. Vitrine de la coopération franco-indienne, il contribue à promouvoir la coopération dans les secteurs de pointe de la recherche scientifique, fondamentale et appliquée, et stimule la mobilité des étudiants et des chercheurs.

L’archéologie française en Asie Océanie

Une vingtaine de missions archéologiques françaises sont organisées chaque année dans le cadre de programmes de coopération internationale et soutenues par le ministère de l’Europe et des affaires étrangères, dans 14 pays de la région de l’Afghanistan jusqu’au Vanuatu en passant par la Mongolie, la Corée du Nord, la Birmanie, le Cambodge et les Philippines.
L’école française d’Extrême-Orient (EFEO) est au cœur de ce dispositif. Son domaine de recherche est l’étude des civilisations classiques de l’Asie, au travers des sciences humaines et sociales. Créée à Saigon en 1898, l’EFEO est un établissement public qui regroupe 18 centres de recherche, dans 12 pays d’Asie. Cette spécificité permet à une quarantaine de chercheurs français permanents (anthropologues, archéologues, linguistes, historiens, philologues, sociologues des religions, etc.) d’être sur les terrains de leurs études, et d’animer un réseau de coopérations locales et d’échanges internationaux entre scientifiques orientalistes.

Les principaux organismes français de recherche actifs dans la région Asie-Pacifique

La France s’appuie également sur les grands organismes nationaux de recherche qui ont développé des structures en Asie et dans le Pacifique :

  • L’Institut de recherche pour le développement (IRD) et le Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (CIRAD), deux établissements placés sous la double tutelle du ministère de l’Europe et des affaires étrangères et du ministère de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation.
    L’IRD a des implantations dans les pays d’Asie du Sud-Est et son bureau de Nouvelle-Calédonie assure également le lien avec les partenaires des Îles Fidji, Samoa, de Papouasie-Nouvelle-Guinée et du Vanuatu. www.ird.fr
    Le CIRAD déploie une cinquantaine de chercheurs en Asie du Sud-Est. www.cirad.fr
  • Le Centre national de la recherche scientifique (CNRS), qui compte 4 bureaux dans la zone (New Dehli, Pékin, Singapour et Tokyo) et 17 Unités mixtes internationales (UMI). Le CNRS s’appuie par ailleurs sur une cinquantaine de laboratoires internationaux associés (LIA), et développe une cinquantaine de programmes internationaux de coopération scientifique.
  • L’Institut Pasteur, et son réseau international (RIIP), compte 8 centres en Asie (Cambodge, Chine, Hong-Kong, Corée du Sud, Laos et Vietnam) et un en Nouvelle-Calédonie pour le Pacifique.
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Tokyo - 2013 © F. de La Mure / MEAE

Coopération universitaire, attractivité et mobilité internationale des étudiants

La France se situait en 2017 au quatrième rang des pays d’accueil d’étudiants étrangers, derrière les Etats-Unis, le Royaume-Uni et l’Australie, et était le premier non-anglophone.

La coopération universitaire vise, d’une part, à accroître la mobilité étudiante vers la France et, d’autre part, à exporter son modèle académique. Pour atteindre ces objectifs, elle met en œuvre une politique de bourses d’études et de stages, de plus en plus souvent en cofinancement avec les pays partenaires et les entreprises, et promeut le système français d’enseignement supérieur à travers les actions conduites par les Espaces Campus France rattachés localement aux services de coopération et d’action culturelle, et en lien avec l’opérateur Campus France.

La coopération française universitaire apporte également son soutien à la création de cursus intégrés, ainsi que de formations diplômantes à l’étranger, et contribue à l’ouverture de structures conjointes, à l’instar de l’Université des sciences et technologies de Hanoï ou des instituts franco-chinois.

Outre les projets soutenus par le ministère de l’Europe et des affaires étrangères, l’exportation de l’enseignement supérieur français est assurée par l’extension à l’international des universités et grandes écoles françaises. On recense ainsi plusieurs véritables « campus délocalisés » de grandes écoles et d’universités françaises en Asie. Ils forment sur place les étudiants asiatiques, lesquels ont la possibilité de poursuivre une partie de leurs études en France. L’INSEAD, l’ESSEC et l’EDHEC disposent de campus délocalisés à Singapour. En Chine, c’est le cas de Centrale (Pékin), de l’EM Lyon (Shanghai), de KEDGE Business school (Shanghai, Suzhou), de SKEMA Business School (Suzhou), ou encore de l’école nationale d’aviation (Tianjin). L’EM Lyon a également ouvert un campus en Inde au printemps 2017.

Les étudiants asiatiques : 16% des étudiants étrangers en France

Les étudiants asiatiques représentent près de la moitié des mobilités internationales dans le monde (environ 2 millions d’étudiants en mobilité). S’ils choisissent une destination en Asie-Océanie pour un tiers d’entre eux, et en Amérique du Nord pour un autre tiers, environ 20% choisissent de se rendre dans un pays de l’Union européenne.

En France, les étudiants asiatiques et océaniens étaient près de 52 000 en 2016-2017 à être inscrits dans les établissements supérieurs reconnus par le ministère de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation (source : Campus France), soit 16% des étudiants étrangers en France.
Le nombre d’étudiants ayant effectué une mobilité en France au cours des cinq dernières années a cru de 5% et cette tendance devrait se poursuivre dans le futur.

Dans plusieurs pays de la région, la France a mis en place un réseau de centres d’accueil et d’orientation des étudiants désireux d’aller étudier sur son territoire, appelés Espaces Campus France gérés par les ambassades de France. On dénombre 39 Espaces Campus France (et 17 Antennes) dans 19 pays de la zone Asie-Pacifique.

La procédure Etude en France facilite la mise en relation des étudiants internationaux avec les universités et grandes écoles françaises. La procédure est mise en œuvre dans 8 pays d’Asie (Chine, Corée du Sud, Inde, Indonésie, Japon, Singapour, Taïwan, Vietnam).

Garder le lien avec les Alumni

Le Ministère de l’Europe et des affaires étrangères a également mis en place, en lien avec Campus France, le réseau France Alumni : une plateforme visant à fédérer les étudiants étrangers ayant poursuivi des études en France. Ce réseau est très dynamique en Asie et dans le Pacifique. https://www.francealumni.fr

Les Bourses du Gouvernement français

Le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères propose enfin des bourses du gouvernement français, de nature diverse et ciblant des publics variés.
Le programme EIFFEL, créé en 1999, permet notamment aux étudiants issus des pays émergents, principa¬lement d’Asie, de préparer en France un diplôme de niveau master ou doctorat.

Les programmes de bourses mis en place par les services de coopération et d’action culturelle des ambassades de la région sont consultables sur leurs sites internet.

(Mise à jour : juin 2018)

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