L’ASEAN

Fondée le 8 août 1967 à Bangkok, l’association des nations de l’Asie du Sud-Est (ASEAN) regroupe 10 pays d’Asie du Sud-Est : Indonésie, Malaisie, Philippines, Singapour, Thaïlande, qui en sont des pays fondateurs et signataires de la Déclaration de Bangkok ; rejoints par le Brunei (8 janvier 1984), le Vietnam (28 juillet 1995), le Laos et la Birmanie (23 juillet 1997) et le Cambodge (30 avril 1999).

La Papouasie Nouvelle-Guinée a le statut de pays observateur depuis 1976. Le Timor oriental, observateur depuis 2002, formule régulièrement son intention de devenir également Etat membre de l’ASEAN, sans succès jusqu’à ce jour.

Le Traité d’Amitié et de Coopération en Asie du Sud-Est, signé en 1976, énonce les principes fondamentaux de l’ASEAN : respect de la souveraineté, de l’égalité et de l’intégrité territoriale entre les Etats membres ; non-ingérence ; résolution pacifique des différends.

La signature de la Charte en 2008 dote l’ASEAN de la personnalité juridique, énonce les valeurs communes de ses membres (promotion de la démocratie, obligation de transparence et de bonne gouvernance, promotion d’une identité régionale, réduction des écarts de développement entre Etats membres) et prévoit l’instauration d’un mécanisme de promotion et de protection des droits de l’Homme.

Selon les termes de la déclaration de Bangkok, le but de l’ASEAN est la promotion de la paix, de la stabilité et de la croissance économique en Asie du Sud-Est par le biais de coopérations fondées sur trois piliers : politique, économique et socioculturel.

Objectifs de l’ASEAN (extraits de la déclaration de Bangkok)
  • Soutenir la croissance économique, le progrès social et le développement culturel dans la région par des efforts collectifs, dans un esprit d’égalité et de coopération, afin d’assurer la fondation d’une communauté des nations d’Asie du Sud-Est prospère et pacifique ;
  • Promouvoir la paix et la stabilité régionale par des relations entre Etats animées d’un esprit de justice et du respect de l’état de droit, ainsi que par l’adhésion aux principes énoncés par la charte des Nations Unies ;
  • Promouvoir une coopération active et une assistance mutuelle sur des questions d’intérêt commun relatives aux domaines économique, social, culturel, technique, scientifique et administratif ;
  • Fournir une entraide mutuelle en matière de formation et de partage d’expertise dans les domaines éducatif, professionnel, technique et administratif ;
  • Coopérer efficacement en vue d’améliorer les capacités agricoles et industrielles, de développer le commerce, notamment le commerce international de marchandises, d’améliorer les infrastructures de transport et de communication, d’augmenter le niveau de vie des populations ;
  • Promouvoir les études spécialisées dans le sud-est asiatique ;
  • Coopérer étroitement avec les organisations internationales et régionales partageant les mêmes objectifs, et explorer toutes les voies permettant une coopération encore plus étroite entre Etats membres de l’ASEAN.

L’ASEAN est dotée depuis 1976 d’un secrétariat permanent dont le siège se trouve à Jakarta. Nommé pour un mandat de quatre ans non renouvelables, le Secrétaire général est en charge de veiller à la bonne coordination des Etats membres, tant en matière de dialogue institutionnel que de gestion des crises et des programmes conjoints. Il est assisté d’adjoints dédiés aux trois piliers de l’ASEAN : la politique et la sécurité, l’économie, les enjeux socio-culturels.
Pour la période allant de 2018 à 2022, le secrétaire général de l’ASEAN est le brunéien M. Dato Lim Jock Hoi.

Outre les réunions régulières au niveau des chefs d’Etat (sommet annuel de l’ASEAN) et les rencontres ministérielles thématiques, l’ASEAN s’est dotée d’une fondation, ainsi que de centres consacrés à des problématiques spécifiques, notamment l’énergie, le développement agraire, la gestion des ressources pétrolières, la prévention des tremblements de terre ou encore la préservation de la biodiversité.

L’ASEAN sert de cadre politique au déploiement d’initiatives d’intégration régionale telles que l’accord de libre-échange entre ses membres (ASEAN Free Trade Agreement ou « AFTA »), entré en vigueur en 2003 (voir rubrique économie) et l’initiative « ASEAN Connectivity 2025 » visant à améliorer les infrastructures terrestres et à développer les échanges humains dans la région.

La France est le 1er pays européen à avoir signé le Traité d’amitié et de coopération de l’ASEAN (TAC). Notre ambassadeur en Indonésie est accrédité auprès du secrétariat de l’ASEAN installé à Jakarta. Le Ministre des affaires étrangères s’y est rendu pour la 1ere fois en août 2013. La France accorde une grande importance au concept de « centralité » de l’ASEAN dans le cadre de sa vision d’un espace indopacifique inclusif.
Depuis juin 2014, Expertise France développe un programme avec l’ASEAN sur le renforcement des capacités pour la surveillance du processus d’intégration et des statistiques (« EU–ASEAN Compass »), d’un montant d’environ 6 M € sur 4 ans.

L’Union européenne est partenaire de dialogue de l’ASEAN depuis 1977. Dialogue de haut niveau sur la sécurité maritime, sur les droits de l’Homme et sur les objectifs du développement durable. L’UE développe des programmes en matière d’intégration régionale (EU ARISE), des droits de l’Homme (E READI) et d’éducation (EU SHARE).

Le Sommet de l’Asie orientale (EAS)

Le Sommet de l’Asie orientale (East Asia Summit) est une émanation de l’ASEAN dédiée aux enjeux stratégiques et de sécurité. Il réunit en 2018 les chefs d’État des dix membres de l’ASEAN, ainsi que ceux de la Chine, du Japon, de la Corée du Sud, de l’Inde, de l’Australie, de la Nouvelle-Zélande, de la Russie et des Etats-Unis.
Letexte fondateur qui établit ce forum est la déclaration de Kuala Lumpur du 14 décembre 2005. Elle stipule notamment que les membres du forum s’efforceront de promouvoir la paix, mais également le développement et la stabilité financière. Les sommets de l’EAS traditionnellement adossés à ceux de l’ASEAN, se tiennent annuellement depuis 2005.
L’idée assez ancienne d’une instance régionale centrée sur l’Asie est revenue au goût du jour au milieu des années 1990, en contrepoint à l’APEC, initiative australienne endossée par les États-Unis.
L’UE, qui aspire à être plus présente sur les enjeux de sécurité traditionnels et non-traditionnels en Asie est candidate pour devenir membre de l’EAS.

Consulter les déclarations publiées dans le cadre de l’EAS

La réunion élargie des ministres de la défense de l’ASEAN (ADMM+)

L’ADMM+ (ASEAN Defense Ministers Meeting+), créé en 2010, réunit chaque année depuis 2018 (tous les 2 ans précédemment) les ministres de la défense de l’ASEAN et les 8 autres partenaires de l’EAS. L’ADMM+ anime des exercices conjoints et des groupes d’experts (contre-terrorisme, sécurité maritime, médecine militaire, assistance humanitaire, opérations de maintien de la paix, cyber sécurité).
La France est candidate en tant que membre observateur de groupe d’experts de l’ADMM+.

(Mise à jour : juin 2018)

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