Coopération de sécurité et de défense en Afrique

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La Direction de la coopération de sécurité et de défense (DCSD) est responsable au nom du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères de la coopération avec les États partenaires africains dans les domaines de la défense et de la sécurité, intérieure et civile. Complémentaire mais distincte de la coopération opérationnelle, la coopération structurelle vise au renforcement capacitaire humain et logistique des armées ou forces de sécurité des pays africains partenaires de la France. Elle s’appuie sur la fourniture d’expertise, la formation de cadres et l’appui à la constitution de capacités. La Direction de la coopération de sécurité et de défense (DCSD) est principalement présente en Afrique, où les menaces sur la sécurité et la stabilité du continent restent très élevées, et s’appuie sur 246 coopérants déployés dans 28 pays d’Afrique subsaharienne.

L’expertise française en matière de coopération de sécurité et de défense est proposée aux États partenaires qui en font la demande. Les coopérants mis en place par la Direction de la coopération de sécurité et de défense (DCSD) interviennent dans les domaines de la lutte anti-terroriste, de la sécurité maritime et aérienne, de la lutte contre les migrations illégales, de la protection civile, de la sécurité intérieure ou encore de l’enseignement du français en milieu militaire.

En savoir plus sur la coopération de sécurité et de défense

Les écoles nationales à vocation régionale : outil de formation et de partage d’expertise

Nées dans les années 1990, les Écoles nationales à vocation régionale (ENVR) sont des écoles de formation de cadres, basées en Afrique, dédiées à la montée en expertise des forces de défense et de sécurité des pays partenaires. Les ENVR fournissent un enseignement de qualité égale à celui dispensé en France, tout en l’adaptant aux réalités et aux moyens locaux.

En 2021, 16 Écoles nationales à vocation régionale (ENVR) sont implantées dans 11 pays africains. 35 coopérants affectés par la DCSD contribuent au soutien pédagogique et financier de ces écoles.

Les ENVR forment chaque année 1 400 stagiaires lors de 70 formations dans des domaines aussi variés que les opérations de maintien de la paix, la sécurité intérieure, la santé, le déminage, l’administration, l’action de l’État en mer ou plus récemment, la protection civile. Véritable force d’intégration régionale, elles sont devenues un élément clef de la politique de coopération française. Depuis 1997, plus de 20 000 stagiaires ont été formés dans ces écoles soutenues par la France. Par la qualité de l’enseignement dispensé, cette approche pédagogique est propice à développer l’interopérabilité nécessaire à l’efficacité d’actions coordonnées.

Le réseau des Écoles nationales à vocation régionale (ENVR) soutenues par la France :

Télécharger la brochure de présentation des ENVR

La coopération de sécurité et de défense en Afrique intégrée dans les réseaux multilatéraux

La coopération de sécurité et de défense répond au principe de « dialogue au niveau continental » entre l’Europe et l’Afrique tel que défini par le président de la République lors du discours à l’Université de Ouagadougou de 2017.

Dans le cadre de la politique européenne de défense et de sécurité en Afrique, la France défend ainsi une ouverture aux partenaires extérieurs des Écoles nationales à vocation régionale afin de permettre un échange avec le monde non francophone, l’élargissement des contributeurs et des contributions, ainsi que l’extension des domaines de formation rendue possible par la mutualisation des coûts. Le principe d’ouverture des écoles aux financements internationaux dans le cadre européen, assure stabilité et développement à ces centres de formation. L’Union européenne a ainsi mis en place un programme de soutien aux centres de formation africains à la paix et à la sécurité : Capacity building for security and development (CBSD).

La coopération de sécurité et de défense en Afrique au plus près des nouveaux enjeux régionaux

Afin d’adapter l’offre de formation et d’expertise aux menaces sécuritaires actuelles et futures, la France et ses partenaires africains ont décidé d’ouvrir de nouvelles Écoles nationales à vocation régionale (ENVR) et de soutenir de nouvelles initiatives adaptées.

L’école nationale de cybersécurité à vocation régionale – Dakar (Sénégal)

Inaugurée en 2018 par Jean-Yves Le Drian, ministre de l’Europe et des affaires étrangères, l’école est consacrée à la formation des cadres africains aux enjeux de cybersécurité.
S’appuyant sur un plateau technique qui comprend un centre d’entrainement cyber, une salle de simulation, un laboratoire école et un centre de documentation en ingénierie, l’école a pour but de renforcer les capacités des États africains à lutter contre la délinquance, le terrorisme ou la radicalisation et à développer des moyens d’investigation numérique contre les cybercriminels. Elle vise également à renforcer la coopération régionale des États africains dans ce domaine, grâce à l’harmonisation de l’expertise et des pratiques.

Ses formations, qui s’adressent aux cadres et experts concernés par le sujet de la cybersécurité portent sur la dimension stratégique de la cybersécurité à travers les enjeux juridiques et la gouvernance et sur la lutte contre la cybercriminalité et le recueil du renseignement.

L’Académie internationale de lutte contre le terrorisme (AILCT) – Jacqueville (Côte d’Ivoire)

Inaugurée en 2021 par Jean-Yves Le Drian, ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, l’Académie internationale de lutte contre le terrorisme (AILCT) rassemble plusieurs ministères français et ivoiriens qui allient leur expertise pour promouvoir une stratégie de lutte contre le terrorisme globale unique en son genre. L’école est effectivement pionnière en intégrant d’emblée les concours de tous les ministères participant à la lutte contre le terrorisme (Défense, Intérieur, Justice, Finances, Économie).

L’Académie internationale de lutte contre le terrorisme (AILCT) repose sur trois piliers :

  • Pilier 1 : Une école interministérielle des cadres pour les responsables nationaux de la lutte contre le terrorisme ;
  • Pilier 2 : Un centre d’entrainement des forces spéciales et des unités d’intervention spécialisées ;
  • Pilier 3 : Un institut de recherche stratégique.

Ancrée sur le continent africain, l’AILCT a vocation à devenir une structure de référence internationale dans lutte contre le terrorisme. L’académie contribue à créer une communauté et une culture commune de la lutte contre le terrorisme par la promotion d’une stratégie globale et interministérielle avec l’intégration du volet judiciaire. Son internationalisation à partir de 2022 permet de défendre une réponse globale, multidimensionnelle et évolutive aux défis soulevés par le terrorisme en Afrique.

Présentation de l’AILCT :

École Internationale de Perfectionnement à la Pratique de la Police Judiciaire (EI3PJ) – Djibouti

École unique en Afrique de l’Est, l’EI3PJ est initiée en 2016 par décret présidentiel. L’École est spécialisée dans le perfectionnement à la pratique de la police judiciaire et des investigations criminelles. L’École accueille des stagiaires originaires de l’Afrique francophone et de l’Océan Indien et forme des officiers de police judiciaire de toutes les forces de sécurité intérieure (police nationale, gendarmerie nationale, garde-côtes, sécurité nationale).

L’EI3PJ propose des formations de perfectionnement enquêteur, de directeur d’enquête, de techniciens en identification criminelle. L’objectif est de renforcer les capacités judiciaires des officiers de police judiciaire et des forces de sécurité intérieure et d’ancrer les bonnes pratiques suivant une méthodologie adaptée. L’EI3PJ permet de former des techniciens en identification criminelle aux pratiques les plus modernes de la criminalistique.

Mise à jour : août 2021