Migrations

« Le sujet de l’immigration est un des grands défis politiques d’aujourd’hui et des prochaines années, parce qu’il ne s’arrêtera pas. Ce défi, il plonge l’Europe dans une crise morale et politique, et il naît, il faut bien le dire, d’une crise africaine. Et cette crise est liée d’abord à un contexte sécuritaire défaillant – ces migrants, ces exilés arrivent par des trafiquants – et donc l’émotion qu’on vit côté européen nous fait parfois oublier qu’il y a, derrière, le pire du crime organisé » (Emmanuel Macron, Lagos, 4 juillet 2018)

La question des migrations africaines concerne, bien au-delà de la France, l’Europe dans son ensemble. La France, avec ses partenaires européens, a pris plusieurs initiatives afin de venir en aide aux populations prises au piège en Libye et en luttant contre les réseaux de passeurs en lien avec l’Union Africaine et l’Organisation internationale pour les migrations. Des missions de l’Office Français de Protection des Réfugiés et des Apatrides ont été menées au Niger et au Tchad afin de travailler, en lien avec l’Agence des Nations unies pour les réfugiés (HCR), à l’identification et à la protection en France de réfugiés africains.

Mais la question des migrations recoupe également le volet des échanges caractérisés par la délivrance de visas par la France, en progression continue depuis plusieurs années.

L’Afrique, 1er continent d’origine des demandeurs d’asile en France

Avec 38 026 demandes d’asile déposées en 2017 sur un total de 100 755, l’Afrique constitue le premier continent d’origine des demandeurs d’asile en France. Selon les données de l’OFPRA, les principaux pays de provenance des demandeurs d’asile africains ont été en 2017 le Soudan, la Guinée, la Côte d’Ivoire, la République démocratique du Congo et le Mali.

En 2017, 9 410 demandeurs d’asile africains ont fait l’objet d’une décision de protection par l’OFPRA, sur un total de 23 958 admissions. Parmi les populations réfugiées en France, les ressortissants de la République Démocratique du Congo demeurent la deuxième population la plus importante derrière les ressortissants sri-lankais.

Consulter le rapport d’activité de l’OFPRA pour 2017

Immigration et visas

La question de la délivrance de visas par la France est souvent présentée comme un frein à la circulation de forces vives qui pourraient étudier, se perfectionner, entreprendre, valoriser leur talent en France pour les réinvestir dans leur pays d’origine et y jouer un rôle moteur. Les données chiffrées sur tous les types de visas (tourisme, études, regroupement familial, travail) démontent ces idées communément reçues.

  • Une demande de visas pour la France en progression continue, qui augmente sensiblement au même rythme que la demande mondiale (2018 : + 8,5 % ; monde : + 7,1 %).
  • Un dynamisme largement comparable à celui des pays d’Asie.
    Cinq États totalisent à eux seuls 51 % de la demande : Côte d’Ivoire (56 575, soit + 9 %), Sénégal (54 724, soit + 10 %), Afrique du Sud (38 006, soit + 9 %), Nigeria (34 239, soit + 15 %) et Cameroun (25 077).
  • Un taux de délivrance qui reste également stable : 73,67 % des demandes sont satisfaites

Visas pour études

Le dynamisme de la délivrance de visas long séjour pour études à destination des étudiants africains reflète l’importance de leur présence en France. En 2017, près de la moitié (44,8 %) des 323 933 étudiants étrangers était originaire d’Afrique. 20,60 % proviennent d’Afrique subsaharienne avec des progressions importantes enregistrées depuis 2011 : Côte d’Ivoire (+ 64,70 %), Congo (+ 34,00 %).

L’Afrique enregistre l’augmentation la plus forte toutes zones géographiques confondues en nombre de visas long séjour pour études depuis 2011 : + 75,28 % de visas délivrés. La répartition des étudiants est sensiblement comparable avec celle des autres zones géographiques : universités (78,50 %), écoles de management et de commerce (5,60 %), écoles d’ingénieurs hors universités (4,90 %), autres établissements (11,00 %).

Stratégie d’attractivité pour les étudiants internationaux : consulter le dossier de presse

Des facilités particulières sont en outre proposées aux anciens étudiants africains ayant un diplôme universitaire français, afin de leur proposer une « véritable circulation dans la durée » entre leur pays d’origine et la France. Un nouveau dispositif, proposé par France Alumni, permet d’enregistrer en ligne son diplôme pour authentification, ce qui permet aux étudiants africains de bénéficier d’un traitement facilité de leur demande de visa.

Un passeport talent doit également permettre de favoriser la circulation des élites en devenir afin qu’elles puissent à terme valoriser en France un savoir-faire qu’elles pourront mettre au service de leur pays.

Autres catégories de visas

D’après les données de l’Office Français de l’Immigration et Intégration, 4 pays d’Afrique subsaharienne figurent parmi les 10 premiers en termes de demandes de regroupement familial, mais le nombre de demandes reste limité en chiffres absolus : la Côte d’Ivoire (687 demandes, soit 3,7 % du total), le Cameroun (667, 3,7 %), le Sénégal (519, 2,8 %) et le Mali (372 demandes, 2 % du total). Pour les visas de long séjour, deux pays africains, le Sénégal et la Côte d’Ivoire, figurent parmi les dix premiers pour le nombre de délivrances (respectivement 4 661 et 2 803 visas de long séjour délivrés en 2017).

La signature de contrats d’intégration républicaine pour les étrangers souhaitant s’établir durablement en France concerne pour l’Afrique subsaharienne au premier chef trois pays : le Sénégal, la Côte d’Ivoire et la RDC. Entre 2 500 et 2 700 contrats ont été signés pour les ressortissants de chacun de ces États en 2017.

Consulter le rapport 2017 de l’OFII
Lire le communiqué de presse conjoint de Jean-Yves Le Drian, ministre de l’Europe et des affaires étrangères, et William Swing, directeur général de l’Organisation internationale pour les migrations (08.02.2018)

Lutter contre les trafics de migrants

Conformément aux engagements du sommet de Paris du 28 août 2017, la France est déterminée à lutter avec ses partenaires européens et africains contre le trafic de migrants sous toutes ses formes et à démanteler le modèle économique des trafiquants.

C’est la raison pour laquelle elle promeut dans son dialogue avec la Libye notamment une solution politique inclusive avec l’appui d’une armée unifiée, placée sous l’autorité du pouvoir civil, dans la continuité de la réunion de la Celle-Saint-Cloud du 25 juillet 2017, et en relation avec l’Union européenne et les partenaires régionaux.

Outre la lutte contre les réseaux de passeurs et l’aide aux migrants pris au piège des trafiquants, la France entend également aider à lutter contre les trafics par l’aide au développement, la promotion de l’éducation, l’enseignement supérieur et de la recherche en Afrique et la création d’emplois par l’entreprenariat.

Mise à jour : février 2019