Le G5 Sahel et l’Alliance Sahel

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72ème AGNU

Évènement G5 Sahel avec les chefs d’État du Niger, de la Mauritanie, du Mali, du Burkina-Faso et du Tchad, en présence d’Alpha Condé, président de l’Union africaine, Moussa Faki Mahamat, président de la Commission de l’UA et Najim Elhadj Mohamed, secrétaire permanent du G5 Sahel, autour d’Emmanuel Macron, président de la République et d’Antonio Guterres, secrétaire général des Nations Unies (New York, ONU).
18/09/2017

© RP France auprès des Nations Unies/Martin Loper

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Mission du Conseil de sécurité au Mali, en Mauritanie et au Burkina-Faso dans le cadre de la présentation et l’observation de la force G5 Sahel (octobre 2017)

© RP France auprès des Nations Unies

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Mission du Conseil de sécurité au Mali, en Mauritanie et au Burkina-Faso dans le cadre de la présentation et l’observation de la force G5 Sahel (octobre 2017)

© RP France auprès des Nations Unies

Les pays du G5 Sahel (Burkina Faso, Mali, Mauritanie, Niger, Tchad) sont confrontés à la progression de la menace terroriste et du crime organisé, causes de déstabilisation de la région. Face à ces défis communs, la réponse doit être politique, militaire et en matière de développement. Deux initiatives répondent à ces défis. La Force conjointe transfrontalière du G5 Sahel, qui illustre la volonté des Africains de prendre en charge leur propre sécurité ; l’Alliance Sahel, qui est basée sur une approche de redevabilité réciproque entre les grands partenaires du développement et les Etats du G5. La France participe à la mobilisation internationale en faveur de ces deux initiatives exemplaires.

Le G5 Sahel : une décision politique avant tout africaine

La force conjointe transfrontalière du G5 Sahel a été officiellement lancée le 2 juillet 2017, à Bamako, par les présidents des cinq États du Sahel exposés à la menace terroriste. Cette force militaire conjointe, avait été endossée par l’Union africaine et actée par le Conseil de sécurité de l’ONU par sa résolution 2359 (21 juin 2017), portée par la France.

Son mandat est la lutte contre le terrorisme, le crime organisé transfrontalier et le trafic d’êtres humains dans l’espace du G5 Sahel. Sa première opération a eu lieu en novembre 2017 avec les armées du Burkina Faso, du Mali et du Niger.

Elle doit rassembler, en pleine capacité opérationnelle, 5 000 hommes (7 bataillons répartis sur trois fuseaux- Ouest, Centre et Est). Elle intervient sur une bande de 50 km de part et d’autre des frontières communes. Dans un second temps, il est prévu qu’une brigade sahélienne contre-terroriste se déploie au nord du Mali.

Le contrôle politique de la force est assuré par la présidence en exercice du G5 (le Niger en 2018) et son contrôle stratégique par la réunion des ministres de la Défense des pays du G5. Son quartier général de Sévaré au Mali a été inauguré le 9 septembre par le Président malien, Ibrahim Keïta. Trois postes de commandement (PC), un par fuseau, sont prévus. Celui du fuseau Centre (région des « trois frontières » entre le Mali, le Burkina Faso et le Niger) est opérationnel. Les trois bataillons déjà déployés sous son égide ont réalisé plusieurs opérations conjointes.

La force du G5 Sahel est un dispositif souple prévu pour s’adapter à l’évolution de la menace et être modulable selon les priorités d’intervention. Elle ne remplace pas mais complète l’action de la Mission des Nations Unies au Mali (MINUSMA) dont le mandat est d’aider les autorités maliennes à stabiliser leur pays. L’articulation de la Force conjointe avec la MINUSMA est cadrée par la résolution 2391 (8 décembre 2017) qui prévoit un soutien opérationnel et logistique de la seconde à la première.

L’appui financier et matériel au G5 Sahel progresse. La conférence de la Coalition Sahel organisée le 13 décembre à l’initiative de la France à La Celle Saint-Cloud a permis de conforter le niveau des soutiens internationaux. Elle a été suivie par une conférence de soutien en faveur du G5 Sahel, organisée le 23 février à Bruxelles par l’Union européenne, l’Union africaine, l’ONU et le g5 Sahel. A la suite de ces deux événements qui témoignent de l’engagement de la communauté internationale pour le Sahel, des contributions financières d’un montant total de 414 millions d’euros ont été entérinées. Ces sommes serviront à équiper et former les armées du G5.

L’Alliance Sahel, deuxième volet de l’initiative Sahel

L’effort consenti pour la sécurité de la région sera sans lendemain s’il n’est pas accompagné d’un effort durable en matière de développement.
Pour stabiliser la région et prévenir la radicalisation violente, il est indispensable de créer les conditions d’un développement économique créateur d’emplois, notamment pour une jeunesse en forte expansion.

Cela suppose des efforts de développement renforcés au bénéfice de cette région. L’Alliance Sahel lancée sous impulsion franco-allemande le 13 juillet à Paris, en présence du Président de la République et de la Chancelière, associe les principaux partenaires du développement multilatéraux et bilatéraux des États du Sahel. L’Alliance compte aujourd’hui 9 membres : la France, l’Allemagne, l’Union européenne, la Banque africaine de développement, le Programme des Nations-Unies pour le développement, la Banque mondiale, l’Italie, l’Espagne et le Royaume-Uni.

L’Alliance n’est pas une nouvelle structure ni une enceinte de plaidoyer financier, mais un mécanisme de renforcement de la coordination des partenaires pour une aide plus rapide, plus efficace et mieux ciblée en faveur des zones vulnérables. Cinq secteurs clefs sont ciblés : employabilité des jeunes -éducation et formation- ; agriculture, développement rural et sécurité alimentaire ; énergie et climat ; gouvernance ; décentralisation et appui au déploiement des services de base.

Les bailleurs regroupés au sein de l’Alliance Sahel financeront plus de 400 projets dans la zone, pour un montant total supérieur à 6,5 milliards d’euros. La France sera intégralement partie à cet effort, puisque l’Agence française de développement financera plus de 1,2 milliards de projets – soit une hausse de 40% de son action en faveur du Sahel sur la période 2018-2022.

Le 6 décembre 2018, une conférence internationale des bailleurs se tient à Nouakchott, en soutien au programme d’investissements prioritaires (PIP) du G5 Sahel. Il s’agit de 40 projets concernant principalement les zones frontalières du Sahel, illustrant ainsi la solidarité et la coopération entre ces pays traversés par les mêmes crises. Le PIP contient principalement des initiatives d’infrastructures en matière de désenclavement (routes, ponts, liaisons aériennes, extension de la couverture téléphonique), d’accès aux ressources (projets agro-hydrauliques, électrification) et de gouvernance (inclusion des femmes, appui à la justice). Il comprend également un programme de stabilisation d’urgence à déployer immédiatement dans les régions les plus vulnérables. La France annoncera à Nouakchott son soutien à hauteur de 499M€ (avec 496M€ mis en œuvre par l’Agence française de développement) pour œuvrer au développement de la région, dont 90M€ au titre du programme de stabilisation d’urgence.

Pour aller plus loin (vidéos, article)

Vidéo : décryptage par Jean-Marc Châtaigner, Ambassadeur - Envoyé spécial pour le Sahel

Vidéos : Colloque - les enjeux de la crise sécuritaire au Sahel (6.06.18 - Institut des Études sur la Guerre et la Paix)

Intervention de Jean-Marc Châtaigner, Ambassadeur - Envoyé spécial pour le Sahel
Intervention de Jean-Marc Gravellini - Responsable de l’Unité de Coordination de l’Alliance Sahel

Interview de Jean-Marc Châtaigner dans Sécurité et Défense Magazine (13.06.2018) : lire l’article

Mise à jour : mars 2018

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