La France et l’IORA

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La France et l’Association des pays riverains de l’océan indien (IORA – Indian Ocean Rim Association)

Depuis deux ans, la France est membre de l’Association des pays riverains de l’océan indien (IORA – Indian Ocean Rim Association) aux côtés de 22 États allant de l’Australie à l’Afrique du Sud [1]. Organisation régionale de type intergouvernemental, l’IORA promeut depuis vingt-cinq ans le développement et la coopération économique dans la région du pourtour de l’océan Indien. Par son action, elle contribue à faciliter les échanges d’expertise technique sur les grands enjeux communs de la région. Depuis 2012, sous l’impulsion de présidences ambitieuses, l’Association s’est imposée sur la scène internationale dans des secteurs-clés tels que l’économie bleue, la sécurité maritime, et le changement climatique.

Pourquoi la France est-elle membre de l’IORA ?

La France a adhéré à l’IORA pour la première fois en 2001 en qualité de « partenaire du dialogue » [2]. Elle a formellement intégré l’IORA comme État-membre le 17 décembre 2020 (effectif depuis le 1er janvier 2021). Les statuts de l’IORA permettent à des entités régionales de candidater en tant que membre. La France est ainsi devenue membre à part entière de l’association au titre de la Réunion.

L’adhésion de la France à l’IORA s’inscrit dans la vision Indopacifique développée depuis 2018, pour la construction d’un espace libre, ouvert et inclusif.

L’adhésion de la France est également un vecteur pour permettre à La Réunion de participer pleinement à la coopération régionale dans l’océan Indien. Nos territoires et les États riverains de la zone partagent en effet des liens forts de par leur histoire, un patrimoine culturel commun et des échanges économiques, commerciaux et humains denses (près d’un million de citoyens français résident dans l’océan Indien).

L’adhésion à l’IORA permet en outre de poursuivre l’action reconnue de la France dans la région depuis 1986 au sein de la Commission de l’océan Indien (COI).

En 2021, la France a organisé un atelier sur la lutte contre la pêche illégale à La Réunion. La France soutient également l’IORA en finançant, via l’Agence française de développement (AFD), un programme de renforcement de ses capacités à hauteur de 1 million d’euros sur 3 ans depuis 2019.

Quels sont les objectifs et les missions de l’IORA ?

L’action de l’Association des États riverains de l’océan Indien se décline en plusieurs axes stratégiques :

  • la sûreté et la sécurité, notamment dans le domaine maritime ;
  • l’intégration économique de la région par la création d’un espace économique dynamique ;
  • la promotion de l’économie bleue, label pour l’utilisation éthique et durable de la mer ;
  • la coopération pour une gestion responsable et durable de la pêche dans l’océan Indien ;
  • la préservation des écosystèmes et la gestion des risques climatiques et environnementaux ;
  • la coopération scientifique et universitaire ;
  • la coopération en matière de tourisme et de patrimoine culturel ;
  • la promotion de l’autonomisation économique des femmes dans les États membres.

Des réunions de travail sont régulièrement organisées pour élaborer les projets permettant de concrétiser ces objectifs. L’IORA se compose de dix groupes de travail thématiques spécialisés sur chaque axe et associant les États membres volontaires.

Quel est l’intérêt pour la France d’être membre de l’IORA ?

En tant que membre de l’IORA, la France bénéficie d’un cadre de dialogue permanent avec les Etats de la région. Outre la facilitation des échanges bilatéraux, la participation de la France à l’Association permet également à la Réunion de s’intégrer pleinement à la coopération régionale dans l’Indopacifique.

Avec la Commission de l’océan indien (COI), l’IORA est la seule organisation dans l’océan indien à laquelle la France est membre de plein exercice. La double adhésion de la France à l’IORA et la COI favorise le développement des coopérations, en accentuant les relations entre institutions et en renforçant les synergies entre les programmes portés multilatéralement.

L’IORA est une organisation régionale visible sur les 4 priorités portés par la France dans l’Indopacifique :

  • la sécurité et la surveillance maritime,
  • la lutte contre le changement climatique et la protection de la biodiversité,
  • l’économie bleue et la connectivité,
  • le renforcement des échanges humains, touristiques, universitaires et scientifiques.

Qu’apporte la France à l’IORA ?

La France mène de nombreuses actions dans les domaines prioritaires de l’IORA, notamment en matière de sécurité maritime, de tourisme, d’économie bleue et la connectivité, de coopération scientifique et universitaire et de lutte contre le réchauffement climatique. La France porte la présidence de sous-groupes de travail thématiques dans les domaines du tourisme et académique. Des représentants français participent à tous les ateliers et évènements de l’IORA.

La France, via l’Agence française de développement (AFD), a conclu le 9 mars 2020 avec l’IORA un Memorandum of understanding (MoU) d’1 million d’euros afin de renforcer les capacités de son Secrétariat général et d’appuyer des actions en matière d’économie bleue (gestion durable des ressources halieutiques et protection de l’environnement marin).

Plus d’informations :

Mise en ligne : septembre 2022

[1Les 23 États-membres sont : Afrique du Sud – Australie – Bangladesh – Comores - Émirats arabes unis – France – Inde – Indonésie – Iran – Kenya – Madagascar – Malaisie – Maldives – Maurice – Mozambique – Oman – Seychelles – Singapour – Somalie – Sri Lanka – Tanzanie – Thaïlande – Yémen

[2Les partenaires du dialogue sont (date d’adhésion entre parenthèses) : Japon (1999), Égypte (1999), Chine (2000), Royaume-Uni (2000), États-Unis (2012), Allemagne (2015), Turquie (2018), Corée du Sud (2018), Russie (2021)