L’Afrique et la francophonie

La diffusion et la promotion de la langue française sont une priorité de la diplomatie française. Le 20 mars 2018, le président Emmanuel Macron réaffirmait la priorité que revêt pour la France la promotion de la langue française et de la Francophonie. Cette logique de rayonnement rencontre la volonté des autorités locales de développer les compétences en langue française de la population, pour des motifs divers et dans des contextes linguistiques hétérogènes et mouvants.

Des logiques diverses selon les régions

En Afrique francophone, le français est souvent la langue d’enseignement et la langue de l’administration, mais rarement la langue maternelle. Plusieurs dizaines de langues peuvent cohabiter au sein d’un même pays et avoir des statuts différents. Dans ce cadre, le français peut jouer le rôle fédérateur de langue de dialogue interethnique.

En Afrique non francophone, le français est enseigné en 1e ou 2e langue étrangère. Son apprentissage peut être encouragé dans une logique d’intégration régionale et continentale du pays qui entend ainsi favoriser les échanges économiques et les liens diplomatiques avec ses voisins.

Mais ces perspectives encourageantes ne sauraient se réaliser sans un appui inédit aux systèmes éducatifs des pays d’Afrique.

Un soutien indispensable aux systèmes éducatifs nationaux

Les systèmes éducatifs nationaux font face à des difficultés structurelles importantes et peinent à répondre à la demande croissante et rapide de scolarisation. Si de grands progrès ont été accomplis en termes d’accès à l’éducation, la qualité des enseignements est désormais un enjeu prioritaire pour les autorités locales.

La France vient en aide aux États sur la base des besoins qu’ils expriment, dans le cadre de ses actions de coopération bilatérale ou à travers ses contributions aux financements internationaux.

C’est dans ce contexte que s’inscrivent les mesures du Plan langue française et plurilinguisme du président de la République : soutien aux systèmes éducatifs des pays d’Afrique francophone, développement du réseau d’établissements d’enseignement français et d’enseignement bilingue francophone, développement de l’usage du français dans les organisations internationales et valorisation du métier de professeur…

  • Mobiliser des moyens inédits pour l’éducation dans les pays francophones, notamment pour la formation de millions de professeurs

La formation des enseignants, y compris le développement des compétences linguistiques, constitue un axe majeur d’amélioration des enseignements autant qu’un gage de développement de la francophonie.

  • Conforter le plurilinguisme au sein de l’espace francophone en soutenant l’introduction des langues africaines pour les premiers apprentissages

La France soutient le programme Écoles et Langue Nationale en Afrique (ELAN), de l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF). Ce programme entend améliorer la qualité des apprentissages en mettant en place une transition progressive, d’un enseignement en langues nationales vers un enseignement en langue française. ELAN-Afrique incarne une politique renouvelée de promotion de la langue française qui considère le plurilinguisme comme une richesse.

Par ailleurs, l’Institut français, opérateur du ministère de l’Europe et des affaires étrangères, a développé une plateforme numérique de formation linguistique des enseignants africains, IF classe. Elle est en phase d’expérimentation au Mali, en République Démocratique du Congo, au Maroc et au Sénégal.

  • Conforter le réseau des lycées français en Afrique pour répondre à une demande croissante

Au sein du réseau des lycées français, l’Afrique ne représentait à la rentrée 2017 que 46 000 élèves sur un total de 350 000 répartis dans le monde. Près de la moitié de cet effectif se trouve en Afrique de l’ouest, où l’on distingue deux bassins : Dakar au Sénégal, et Abidjan en Côte d’Ivoire. Une forte demande d’enseignement à programme français, enseignement reconnu pour sa qualité, permet d’envisager un élargissement du réseau en Afrique.

L’objectif est de doubler le nombre d’élèves accueillis au sein du réseau scolaire français d’ici à 2030 en Afrique.

  • Donner une impulsion nouvelle à l’enseignement bilingue francophone

Crée en 2012, le LabelFrancEducation est attribué par le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères aux filières d’excellence bilingues proposant un enseignement renforcé de la langue française et d’au moins une discipline non linguistique en français, conformément au programme officiel du pays d’accueil.

L’objectif est qu’en 2022 ce réseau regroupe 500 établissements dans le monde. En Afrique, il est encore peu développé : 3 établissements en Angola et un au Libéria ont rejoint en 2018 le seul établissement jusque-là labellisé au Rwanda.

  • Renforcer le français dans les organisations internationales régionales et promouvoir le français langue de travail

Des projets de formation des fonctionnaires internationaux en poste dans les organisations régionales ou continentales africaines sont en cours (Union Africaine, Communauté des États d’Afrique de l’est). Ils visent à pérenniser la place du français comme deuxième langue des organisations internationales.

  • Valoriser le métier de professeur de français dans le monde

En Afrique, 25 pays sont dotés d’association(s) nationale(s) que la Fédération internationale des professeurs de français (FIPF) accompagne dans une professionnalisation croissante. En 2018, la France doublera sa subvention à la FIPF.

  • Renforcer la coopération bilatérale menée par les ambassades

Dans le cadre de sa politique de développement, le ministère de l’Europe et des affaires étrangères s’appuie sur l’Agence française de développement. Le ministère dispose également d’un réseau de 131 services de coopération et d’action culturelle qui développe dans le cadre de sa coopération éducative et linguistique des projets structurants auprès des ministères locaux de l’éducation.

De plus, l’enveloppe du fonds de solidarité pour les projets innovants (FSPI) permet le soutien à des projets ponctuels. En 2018, 9 services de coopération et d’action culturelle en Afrique ont ainsi bénéficié d’enveloppes comprises entre 100 000 € et 500 000 € pour des projets de soutien à la langue française.

Enfin, le ministère met à disposition des systèmes éducatifs nationaux des experts techniques internationaux qui viennent en appui à la structuration des politiques éducatives.

  • Soutenir l’essor des réseaux sociaux et projets collaboratifs impliquant le français

L’Institut français a développé un réseau social professionnel permettant aux professionnels de l’éducation du monde entier de communiquer, d’échanger des pratiques de consulter des ressources et de partager leur expérience professionnelle : IF Profs. 9 pays africains ont rejoint IFprofs depuis 2016 : Bénin, Égypte, Ghana, Mali, Sénégal, Togo, Afrique du sud, Maroc, Nigéria. 53 animateurs nationaux africains ont été formés. En juin 2018, 3 353 professeurs africains (sur un total de 17 134 membres) sont actifs sur IFprofs. On attend 5 000 enseignants africains membres fin 2018 et 15 000 en 2019.

Mise à jour : février 2019

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